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Mardi 16 janvier 2007
J'aimerais apporter une contribution sur le blog et susciter des réaction : thème Environnement.
 
L'environnement et notamment le réchauffement de la planète devient une véritable liturgie.
Si on ne se méfie pas, le fait d'en parler en permanence, au quotidien  va exonérer progressivement de tout effort individuel. Le discours  va se substituer à l'action et, dans 10 ans, on en sera toujours à débattre.
 
Je propose donc :
    - une action permettant à chacun de s'approprier individuellement la lutte contre l'effet de serre ;
    - une action qui soit suffisamment marquante pour déclencher une modification des comportements ; là encore, sans cela, dans 10 ans, on en sera au même point ;
    - une action qui à des côtés ludiques et communicant.
 
Il s'agit (c'est le gvt de Tony Blair qui y réfléchit) de la création d'une carte type "carte à point" créditée d'une quantité de Kg de CO2. Cela fonctionnerait comme un compte banque.
Chaque action de type : achat d'essence, consommation de gaz, de fuel, voyage en avion représente une quantité de CO2 (ou GES si l'on souhaite élargir) que l'on comptabilise sur la carte en débit.
Certaines actions peuvent donner  lieu à des bonus  : prendre l'autoroute avec une voiture occupée à 75%, ..
 
Une telle carte (ou cpte chèque) a des vertus pédagogiques. Elle oblige à prendre conscience des émissions dont on est responsable et donc de changer son comportement.
On peut imaginer des challenges, des jeux TV (les astuces de ceux qui ont le plus réduit leurs émissions tout en conservant une grande mobilité par exemple). Elle peut être généralisée à la Communauté Européenne.
Un tel mécanisme introduit dans un premier à titre pédagogique peut à terme devenir plus contrain et,  si c'est souhaitable, donner lieu à des échanges de permis d'émissions.
 
merci de votre avis.
Elizabeth Bouffard-Savary
PS apportez votre avis par l'utilisation des commentaires ci-dessous.
Le Webmaster
Jeudi 11 janvier 2007
Pour des raisons techniques (incompatibilité de format) ce texte n'avait pu être mis sous forme d'article sur le blog en décembre mais seulement dans les commentaires de la partie 5 des thèmes. Le voici ci-dessous plus accessible =
Je vous remercie de votre courrier du 12 octobre me posant six questions sur le champ de la culture. Ce domaine est pour moi essentiel car je considère que le chef de l'Etat a une responsabilité particulière en matière de culture. Il doit garantir que le souci de la culture est présent dans l'ensemble de l'action gouvernementale. Ce dont la Nation a aujourd'hui le plus besoin, c'est l'assurance que le chef de l'Etat sera bien le garant de la promesse culturelle républicaine : liberté de création et d'expression, égalité d'accès à l'éducation et aux œuvres de l'esprit, fraternité du vivre ensemble dans la diversité et dans l'assurance que l'art est essentiel.
 
 
Question n°1 : Comme il est écrit dans le projet du PS, les socialistes veulent retrouver pour la culture les plus hauts niveaux budgétaires connus sous la gauche depuis 1981. Concrètement quel taux de progression réel envisagez vous dès le budget 2008 afin de réaliser cet objectif ?
 
 
 
Le bilan de la droite en matière de culture est consternant. Le ministre affiche une auto satisfaction qui n'est pourtant pas de mise. Tous les secteurs sous sa compétence sont en berne. Son administration, composée d’agents passionnés, est démobilisée dans une désespérance muette devant les trompe-l'œil et les mensonges.
 
Parmi tous les mensonges, le mensonge sur le budget est le plus flagrant. Si le Parti socialiste a qualifié l'ensemble du budget présenté par la droite " d'injuste et de virtuel ", le budget de la culture en est la parfaite illustration. Le Ministre présente un budget en progression de 7,8% et d’un montant de 3,2 Milliards d'euros. Cette évolution est liée pour l'essentiel à une augmentation mécanique des dépenses et non à une volonté politique. Si l'on enlève les ressources relatives aux taxes affectées, le taux de progression n'est déjà plus que de 2,6%. Si l'on observe enfin la croissance des dépenses fixes de structures, les marges de manœuvre deviennent quasiment inexistantes. Ainsi, comme seule inflexion, le budget 2007 se borne à répondre dans l'urgence au cri d'alarme lancé par le secteur patrimonial : les 140 millions d'euros supplémentaires pour les chantiers de restauration des monuments financés principalement à partir d'une recette fiscale issue des droits de mutations, ressource que, par ailleurs, le Président de l'UMP veut par principe baisser. Quelle cohérence ? Quelle pérennité ? Ce budget intègre aussi de grands projets portés principalement par les collectivités locales et l'Union Européenne, comme le Louvre à Lens.
Ce sera le devoir de la gauche de reconstruire une politique culturelle dotée de moyens suffisants.
Pour autant, le contexte dans lequel se situera cet effort n'est plus celui de 1981. D'une part, les collectivités territoriales ont pris une part croissante et considérable dans le financement de la culture. On le sait, quand l'Etat accorde 1 euro à la culture, les collectivités y consacrent, elles, plus de 3 euros. D'autre part, l'objectif du 1% qui a longtemps été notre horizon ne me paraît plus le seul indicateur pertinent pour refonder, comme j'en ai le projet, la politique de l'Etat en faveur de la culture, car cet objectif global ne garantit pas à lui seul qu'on mettra fin aux inégalités de répartition des crédits, aux lacunes et aux injustices.
 
Je souhaite donc :
·           lancer une vaste consultation des collectivités et des professionnels, pour définir domaine par domaine les mécanismes de financement les plus efficaces. L'objectif sera, tant pour les professionnels que pour l'ensemble des citoyens une plus grande clarté.
·            promouvoir une approche beaucoup plus large et plus ambitieuse du champ culturel. Les politiques culturelles interministérielles sont aujourd'hui en panne. Les départements chargés notamment de l'éducation, de l'agriculture, de la recherche, de la jeunesse, des affaires étrangères devront s'impliquer bien davantage, dans leurs actions et dans leur budget. Cette mise en cohérence de tous permettra de créer une dynamique commune dans l'action.
 
·           De la même façon, je compte me battre pour que l'Europe consacre une plus grande part du budget communautaire à la culture. Son effort est mince, 0,12% du budget communautaire, soit 0,28 € par habitant. Le projet socialiste prévoit de proposer une politique culturelle européenne qui puisse bénéficier, sur cinq ans, d'un pourcentage significatif du budget de l'Union Européenne.
 
·           Je ne néglige pas non plus l'importance des dispositifs fiscaux dans l'économie culturelle de la connaissance ; ce sont des leviers qui ont fait leur preuve, notamment pour le cinéma et l'audiovisuel. Le développement de contenus en ligne ambitieux ne se fera qu'avec des moyens frais insufflés, via des contributions qui viendront nourrir pour une part substantielle la création.
 
·           Enfin je suis convaincue que le mécénat peut s'inscrire dans une démarche de solidarité et de citoyenneté et donc jouer un rôle dans les initiatives culturelles. Mais il ne pourra jamais se substituer aux politiques publiques.
 
Question n° 2: L'éducation culturelle et artistique a été une des réussites de la gauche au pouvoir Comment imaginez-vous les moyens concrets d'une relance et d'un développement généralisé d'un plan d'éducation culturelle et artistique de la maternelle à l'université?
 
Le projet socialiste s'est engagé sur la relance de l'éducation artistique.
Le Plan "Art et Culture" lancé par la gauche en 2000 a créé un immense élan, stoppé net deux ans plus tard par la droite. Mais qui se souvient que la première "Société nationale de l'art à l'école" a été fondée en France en ... 1907 ! Un siècle plus tard, l'objectif n’est pas atteint. Il ne faut donc pas simplement « relancer » l'éducation artistique, mais se donner les moyens de la fonder comme une mission essentielle sans laquelle la démocratisation culturelle est un vain mot.
Le plan ambitieux en faveur de l'éducation artistique des jeunes que j'appelle de mes vœux repose sur trois piliers : l'Education nationale, principal pilier, l'action des professionnels, notamment des artistes sous l'impulsion du ministère de la culture mais aussi les auteurs, les spécialistes de l'histoire des arts, et enfin les collectivités locales qui ont la responsabilité de la très grande majorité des établissements d'enseignement artistique.
 
1. Le système scolaire.
L'éducation artistique relève en tout premier lieu de la responsabilité directe du ministère de l'Education nationale. Il faut alors sortir d'une situation structurellement bloquée. : pris par la lourdeur de ses tâches, mener un projet artistique et culturel pour un professeur peut souvent prendre des allures de parcours du combattant.
La première nécessité pour construire une action durable est de prévoir, sur l'ensemble de la vie scolaire, de la maternelle à la terminale, un programme avec des contenus et des horaires. On peut imaginer un cadre qui soit évolutif et garde une certaine souplesse mais, tant que l'on ne décide pas que, par exemple, une demie journée par semaine soit consacrée à l'éducation artistique, rien n'est possible. Une généralisation des enseignements artistiques à cette échelle suppose le recrutement et la formation d’enseignants spécialisés. Dans certains cas, dans le cadre de concertations avec les collectivités locales et avec les professionnels, des collaborations seront mises en place avec les établissements artistiques sous la responsabilité des collectivités locales.
 
2. Elargir et développer les partenariats avec les professionnels
L'expérience des budgets participatifs en Poitou-Charentes a montré que les jeunes désiraient plus de culture et de pratique artistique dans leur formation. Nous avons alors pris la décision de recruter pour chaque lycée un animateur chargé d'aider à mettre en œuvre les projets culturels. Cela peut se faire à une plus grande échelle. Il faut élargir les dispositifs existants qui permettent de mener des projets en partenariat avec des professionnels, notamment en favorisant le recrutement direct, sur contrat, de jeunes diplômés chargés d'assister les enseignants. Un grand travail a déjà été fait à partir de 2000 pour faire entrer les arts à l'école et tous les secteurs artistiques s'étaient mobilisés. Ils n'attendent qu'un signe pour reprendre le chemin de l'école.
Les financements qui avaient été mis en place pour le plan des arts à l'école seront rétablis.
 
3. Regagner la confiance des collectivités locales par un soutien particulier aux établissements d'enseignement artistique
Chaque établissement scolaire est inscrit dans un environnement plus ou moins riche en institutions culturelles. De nombreux "centres de ressources" existent dans les régions : scènes nationales, médiathèques, centres d'art… Je sais que les FRAC sont souvent désireux de faire circuler leurs œuvres dans les établissements scolaires et que des classes à PAC ont déjà tissé de nombreux liens. Il faut les faire renaître, les pérenniser, et en créer de nouveaux.
Cet ancrage dans les territoires doit avoir une visibilité pour gagner de l'ampleur. En 2008 l'entière responsabilité financière des établissements d'enseignement artistique incombera aux collectivités locales, à l'exception des établissements publics nationaux. La loi entérine ce que chacun sait depuis longtemps (ces établissements sont d'abord à la charge des collectivités et ils l'ont toujours été), mais elle ne dit rien de la manière dont l'Etat va continuer de contribuer ou non aux investissements nécessaires pour construire, équiper les établissements d'enseignement artistique municipaux ou intercommunaux. Je propose donc que soit mis en place une dotation pour les établissements d'enseignement artistique qui aurait pour objectif de veiller au maillage territorial, d'aider les collectivités les plus en difficulté et de permettre une diversification des enseignements.
 
 
 
Question n°3 : Au-delà des controverses récentes sur la question des droits d'auteur, pouvez-vous nous dire si vous considérez que la création est un moteur important du développement de notre économie dans les années à venir ? Quelles mesures envisagez-vous de prendre pour favoriser la création ?
 
Le développement de notre économie passe par un investissement massif dans l'innovation, la connaissance et l'immatériel dans lequel la création artistique occupe une place centrale. Les errances de la droite à l'occasion du débat lors du vote de la loi sur les droits d'auteur et droits voisins dans l'univers numérique témoignent que cette prise de conscience n'est pas générale
 
Deux axes sont à explorer, celui du lien entre politique culturelle favorisant la création et le développement économique d'une part, et celui des industries culturelles d'autre part. Dans le premier cas, l'initiative de l'Etat et des collectivités territoriales est un instrument direct de première nécessité. Dans le second, les collectivités publiques ont des moyens non négligeables de nature incitative.
 
1. Une politique culturelle favorisant la création :
 
Il est évident que la création artistique dans le cadre de grandes manifestations festivalières ou du programme des Capitales européennes est source de retombées économiques locales très importantes. Avignon et Lille 2004 en sont de bons exemples. Il faut donc que ces initiatives qui concentrent des rencontres entre des créateurs et de larges publics soient soutenues et encouragées. Néanmoins la multiplication de ces initiatives nécessairement concentrées dans le temps ne permet pas le même développement pour tous. C'est la raison pour laquelle je me réfèrerai volontiers au forum mondial des collectivités locales qui, à la suite de Porto Alegre a signé l'Agenda 21 en 2004 à Barcelone. Cette réunion internationale a permis de lancer les bases d'un concept que je veux faire mien, celui de développement durable en matière culturelle. Dans cet état d'esprit, je privilégierai le soutien à la création dans une perspective de long terme avec une vision et une évaluation tenant compte des inégalités en matière de développement territorial. Le rôle des collectivités territoriales est central.
 
Je ne citerai que deux exemples emblématiques pour illustrer mon propos : la Ville de Nantes et la Région Rhône-Alpes. Pour la première Jean-Marc Ayrault a su favoriser la création et les innovations les plus radicales en matière culturelle en créant des événements internationaux, dont la prochaine Biennale " Estuaire "et en soutenant le travail à l’année de lieux de production tel que le « LU le Lieu Unique ». Toutes les études menées à Nantes montrent que la qualité de la vie culturelle a fortement contribué à attirer des entreprises dans la région. De la même manière, quand Jean-Jack Queyranne en Rhône-Alpes crée un Fonds d'Innovation Artistique et Culturelle, il ne se situe pas seulement d'un point de vue culturel, mais il lie création et développement territorial.
 
Par ailleurs, la gauche a toujours été proche des artistes et a su les accompagner dans ce processus intime qu'est la création. C'est pourquoi je m'attacherai en priorité à garantir les conditions qui permettent d'abord à l'artiste de travailler dans un environnement social juste, à soutenir par des commandes, bourses ou achats les nouveaux talents, à accompagner par un partenariat transparent les commanditaires privés, et corriger les aléas et le formatage du marché.
 
 
2.         Les industries culturelles
Il faut soutenir vigoureusement la production indépendante dans le cinéma, la musique, l'audiovisuel et le multimédia.
Je prendrai un exemple dans l'audiovisuel : la contribution de ce secteur à l'emploi peut être significative et il faut sortir du " sous-développement " de la production française. Une comparaison avec le Québec le montre : dans cette province de 7 millions d'habitants, le nombre d'emplois équivalents temps plein dans l'audiovisuel au sens large (télévision, cinéma, vidéo, jeux) est de 35 000, ce qui, par extrapolation, donnerait exactement 318 000 emplois en France, soit plus du double de la situation actuelle.
 Les jeux vidéos français sont plébiscités dans le monde, mais notre savoir faire s'exerce d'abord à l'étranger et l'industrie américaine ou canadienne recrute dans nos écoles d'art. Je propose dans cette perspective de diversifier les sources de financement de la création. Une initiative pourrait être de développer un mécanisme de compte de soutien ou des Fonds d'investissement création calqué sur le régime des SOFICA, avec garantie des risques bancaires par un organisme de type IFCIC pour les projets de création innovants.
 
Question n°4 : Quel plan d'action pourriez vous mettre en place pour encourager la croissance de l'emploi culturel dans les différents domaines du spectacle vivant, des arts visuels, de l'audiovisuel ? En particulier comment envisagez vous de conforter l'indemnisation chômage des intermittents du spectacle et de l'audiovisuel ?
 
 
Depuis août 2003 et l'attaque sans précédent contre le régime d'indemnisation du chômage des artistes et des techniciens du spectacle, les socialistes, notamment leurs élus au Parlement, se sont battus sans relâche pour qu'un système juste et pérenne soit mis en place. De ce combat, qui n'est pas encore gagné, nous devons faire la base d'une vaste réflexion sur l'emploi artistique et culturel dans notre pays.
 
Tout d'abord, quelques rappels me semblent utiles :
 
Il est inexact de laisser croire que les politiques culturelles " à la française " ont conduit à une inflation galopante de l'emploi culturel dans notre pays. Selon le ministère de la culture, la part de l'emploi culturel en France en 2002 est de 2,1% de l'emploi total. Elle est de 2,7% en Allemagne, de 3,2% au Royaume-Uni et de 3,3% en Suède. On pourrait même penser que notre pays souffre d'un déficit d'emploi culturel pour gagner la bataille de la création, de la créativité et de l'intelligence dans la société de la connaissance du 21ème siècle.
Il est encore plus faux d'affirmer que les professionnels de la culture sont des privilégiés. Selon la même étude, on compte dans le secteur culturel davantage d'emplois temporaires, d'emplois à temps partiel et de deuxièmes emplois. Ici aussi, la France n'est pas en bonne place par rapport aux pays comparables : 30% des emplois culturels dans notre pays sont des emplois temporaires contre 19% en Allemagne et 10% au Royaume-Uni.
Agir sur l'emploi culturel, c'est agir de façon coordonnée sur plusieurs axes qui sont trop souvent traités de façon séparée.
 
1. le droit du travail
Ce sont d'abord les questions relatives à l'intermittence. L'existence spécifique des annexes 8 et 10 doit être garanti par la loi de même que les droits à la formation. La question de la " date anniversaire fixe" qui ne se retrouve pas dans l'accord du 18 avril 2006 me parait centrale, de même que le périmètre et la dotation du fonds de professionnalisation, créé par le Ministère de la Culture.
Bien sûr il faut faire cesser les abus. Mais grossir la question des abus, c'est faire semblant de ne pas savoir que l'immense majorité des artistes et des techniciens sont en situation précaire.
La question de l'intermittence ne doit pas faire oublier que d'autres artistes ne bénéficient pas de régimes spécifiques comme les plasticiens et les auteurs. Il faudra remettre à plat la question de l’emploi culturel pour toutes les disciplines.
 
2. les droits de la propriété intellectuelle
On le sait, le droit du travail et celui de la propriété intellectuelle ont évolué de façon très séparée. Dans la société du numérique, des réseaux et de la mobilité, le droit de la propriété intellectuelle devient un droit stratégique pour l'économie et pour la société tout entière. Les débats sur la transposition en droit français de la directive européenne sur les droits d'auteur et droits voisins dans la société de l'information (DADVSI) ont montré au sein même de notre parti la difficulté à trouver les bons équilibres. Le débat devra être repris.
Jean Zay, ministre de l'éducation nationale et des beaux-arts du Front populaire, présentant son projet de loi sur le droit d'auteur à la Chambre en août 1936 déclarait : " C'est sous le signe du travail, et non seulement sous le signe de la propriété, que doit être construit ce nouveau droit français accordant aux auteurs, dans leur intérêt propre, comme dans l'intérêt spirituel de la collectivité, la protection légitime due à ceux qui forment, suivant la magnifique expression d'Alfred de Vigny, la " Nation de l'Esprit ". "
 
3. la fiscalité
Une étude précise sur les taux de TVA pour les prestations artistiques devra être faite, notamment lorsqu'elles s'effectuent en milieu scolaire. Il en ira de même pour la question de la TVA sur le disque bloqué au niveau européen.
 
Question n°5 : Quelles sont les grandes orientations de votre politique en matière d'audiovisuel public?
 
Le projet socialiste est clair sur l'objectif : « Favoriser un audiovisuel public fort pour une télévision de qualité »
Il est en effet grand temps de changer de politique car je constate qu'aujourd'hui, l'audiovisuel public est en déshérence.
C'est tout particulièrement vrai pour la télévision qui ne répond pas véritablement à ce que l'on attend d'un service public. Ses programmes sont de plus en plus soumis à une logique commerciale, si bien que les téléspectateurs ne font plus la différence et contestent la légitimité d'une redevance dont ils ne voient pas la justification. L'équilibre souhaité entre un pôle public fort et des chaînes privées est mis à mal par la domination d'une seule société, TF1 qui obtient en 2005 près de 55% des recettes publicitaires nettes, soit 1647 M€ contre 731 M€ à FTV, et qui emporte aussi la quasi-totalité des 100 meilleures audiences de l'année.
 
C'est le libéralisme qui inspire la politique audiovisuelle actuelle : on laisse s'appauvrir le service public dont les moyens restent toujours plus limités et plus éparpillés que ceux de nos voisins allemands ou britanniques, et on multiplie les faveurs aux groupes privés.
Pour moi, il est donc grand temps de remettre France Télévisions au service du public, en lui permettant de se différencier enfin des chaînes commerciales. Pour réaliser cette ambition de la création, il faudra d'abord avoir le courage de lui donner une traduction financière juste : je proposerai que les chaînes publiques aient moins besoin de recourir à la ressource publicitaire, afin de les détourner de la logique d'alignement sur les chaînes commerciales dans laquelle elles sont conduites à s'inscrire. Cette réduction sera compensée par une taxation des recettes publicitaires des chaînes privées.
 
Un audiovisuel public fort suppose aussi une nouvelle gouvernance : le choix des dirigeants par un CSA réformé, indépendant dont les membres seront désignés par la représentation nationale à la majorité des 2/3.
 
Je compte proposer de donner au service public un rôle de pilote de l'innovation et conforter sa capacité d'adaptation et d'anticipation : développement de la haute définition et d'une offre sur les nouveaux supports, vidéo à la demande et tous nouveaux modes de diffusion mobile, privilégiant par ce biais des outils d'éducation à l'image, des programmes courts et toutes formes de création innovantes.
Il faudra aussi faire du service public audiovisuel et radiophonique un outil au service du pluralisme et de la diversité et renforcer les droits de ses journalistes et salariés, souvent sur des contrats trop précaires.
 
 
Question n°6 : Les inégalités culturelles sont souvent à la source des inégalités sociales notamment dans les environnements urbains les moins favorisés. Comment reconstruire des politiques publiques capables de répondre a ces injustices ?
 
 
La non maîtrise des " codes culturels " est un " marqueur " social, constituant un obstacle souvent cité dans les parcours de recherche d'emploi. La réussite scolaire dépend largement aussi de la familiarité avec un capital culturel. Ces constats d'inégalités sociales ne touchent d’ailleurs pas que les « environnements urbains » ; les populations des territoires ruraux connaissent aussi des discriminations. L’association La Source de Gérard Garouste travaille depuis de longues années en milieu rural pour des jeunes en grande difficulté.
Le discours incantatoire sur le rôle de la culture n’est plus de mise. L'objectif est de repenser une politique culturelle qui s'attaque clairement aux sources des inégalités et invente des modes inédits d'accompagnement et de soutien à la vie artistique. C'est en partant des obstacles que rencontrent les milieux populaires , de la connaissance des attentes de la jeunesse et de leurs familles que se reconstruira le lien social et non par des actions ciblées qui stigmatisent et accentuent les fractures.
Trois constats à partir desquels une redéfinition des politiques publiques pourrait être proposée :
Premier constat : on observe le renforcement des inégalités d'accès aux pratiques artistiques et culturelles accompagné de phénomènes accrus de ségrégation. Elles sont d'ordre géographique (contrairement aux idées reçues selon lesquelles la France serait suréquipée, il faut savoir que les périphéries des grandes villes et les départements ruraux sont peu pourvus d'établissements culturels), social (les lieux du spectacle vivant subventionnés par l'Etat, les écoles de musique ou d'art ne sont pas fréquentés par les jeunes des milieux populaires) et économique (aller au théâtre ou dans un musée coûte cher).
 
Deuxième constat: on note de fortes attentes de la population en matière de culture. Elles se traduisent par une demande de formation et de soutien aux pratiques amateurs qui se développent notamment en musique ou dans le domaine de l'image (cinéma, photo...). Le désir de faire, de pratiquer est évident. C'est à partir de ces attentes et non selon la démarche descendante habituelle que doit se bâtir un nouveau projet.
 
Troisième constat : les pratiques culturelles des jeunes évoluent rapidement, aussi bien dans leur forme que dans leur contenu, en raison principalement de l'utilisation des nouveaux modes de communication et de diffusion. On constate qu'elles s'éloignent de la culture « consacrée » et qu'une large majorité des professionnels de la culture méconnaissent largement ce que l'on a tendance à regrouper sous le terme de « cultures jeunes ou cultures urbaines ».
La prise en compte dans les projets à venir des caractéristiques des comportements culturels des jeunes est prioritaire. Ne répugnons pas à penser en termes d'une intelligence de consommation : le consumérisme culturel est un champ à investir et non à mépriser ; on ne peut le laisser aux seules sollicitudes des industries culturelles.
 
 
 
Propositions
Il serait injuste de dire que rien n'a été fait. Quelques exemples référents doivent nous servir de base pour étendre ces expériences réussies à d'autres territoires. Là où l'on peut agir au niveau de l'Etat et des collectivités locales, c'est lorsqu'un établissement, dont c'est la mission, pousse toutes ces nouvelles formes plus loin en les montrant à un public plus large et dans un souci permanent d'allers et retours. Je fonderai mes propositions à partir de deux exemples :
Les Rencontres de la Villette hors les murs, le mois dernier à Mantes, Chelles et Sénart, l'année dernière à Limoges en milieu rural, permettent à des artistes repérés de faire une carrière sans être programmés sur des critères de discrimination positive. Aujourd'hui un danseur hip hop comme Frank II Louise découvert il y a 7 ans en bas de son immeuble en train de tourner sur la tête, sera en résidence l'année prochaine au MIT à Boston pour affiner ses recherches sur les capteurs dont il affuble chacun de ses danseurs. C'est cet artiste, de retour sur son territoire d'origine, qui transmet aux autres générations et diffuse la fierté de sa nouvelle culture. Ce devra être le rôle d'autres établissements subventionnés dont je conforterai l'assise que d'accompagner ce type de démarches.
Culture Commune à Loos-en-Gohelle, une association intercommunale de développement artistique et culturel, composée de plus de 30 communes du Bassin Minier du Pas-de-Calais. C'est par un travail de fond avec les habitants, sur l'histoire du site minier sur lequel ils sont implantés que ce lieu a contribué à irriguer une autre culture. C'est ainsi que, in fine, le " Faut qu'on parle ", pièce chorégraphique mise en scène par Guy Alloucherie, artiste associé à Culture Commune, s'est retrouvé cette année programmé dans le festival in d'Avignon. Je compte donc développer ce type d'initiatives et favoriser les regroupements de collectivités territoriales sur des projets culturels qui partent et parlent du territoire ;
 
La création ou la reconnaissance d'une nouvelle génération de lieux culturels, qui casse enfin les ségrégations spatiales et sociales, impose le brassage des populations et des générations, lève « l'intimidation »   doit faire l'objet d'une politique publique particulièrement offensive. Et un meilleur maillage du territoire passe sans doute par une plus grande polyvalence des lieux existants.
 
Ainsi, je privilégie dans ce domaine comme dans d'autres, une approche de reconquête pragmatique ancrée dans la réalité économique et sociale de ces " environnements urbains (ou non urbains) défavorisés ". C'est une démarche qui s'appuie sur les acteurs de terrain, sur les équipements de proximité, sur des engagements forts d'artistes et de professionnels qui ont déjà ouvert des voies qu'il faut désormais transformer en boulevards.
 
Mardi 9 janvier 2007
COMPTE RENDU DE LA REUNION PUBLIQUE DU 21 DECEMBRE 2006
MAISON DU COMBATTANT 73 avenue Diderot à Saint Maur
SUR LE THEME : LUTTE CONTRE LES INSECURITES POUR L’ORDRE JUSTE
Animateur de la réunion : Roux Jean-Pierre
Nombre de personnes présentes : 16
Nombre de personnes adhérentes au PS : 14
 
Débutée à 20 h 45, la réunion s’est terminée à 22 h 30 en raison de la fermeture de la maison du combattant.
 
Le thème de la réunion était la « lutte contre les insécurités pour l’ordre juste » qui se déclinait sous forme de différentes questions :
 
Comment mettre un frein au développement de la délinquance et notamment des atteintes aux personnes ?
  1. 1-Comment lutter contre les violences domestiques ?
  2. 2-Quelles mesures préventives privilégier ?
  3. 3-Comment mettre fin à la violence en milieu scolaire ?
  4. 4-Comment rétablir les valeurs et les repères pour ceux qui s’en sont éloignés ?
  5. 5-Quel rôle pour la prison et les peines alternatives à l’incarcération ?
  6. 6-Comment garantir une juste réparation pour les victimes ?
L’animateur fait une présentation rapide de l’ordre du jour de cette réunion publique et insiste sur l’aspect restrictif des thèmes qui devaient faire l’objet du débat.
 
En effet, il n’est question, dans les propositions de discussions faites par le parti, que de la petite délinquance, celle finalement qui a alimenté les colonnes des journaux avec la crise des banlieues à la fin de l’année 2005 et qui continue de l’alimenter avec la délinquance…« ordinaire » et « banalisée » !
 
Mais parmi les 7 questions qui nous étaient soumises, il n’était pas question une seule fois de la délinquance en « col blanc ». C’est pourtant celle qui participe à la déliquescence de notre démocratie tout autant que les autres délinquances, sinon plus, car bien souvent elle est commise par des personnalités marquantes de la finance et/ou de l’industrie ou par des élus du peuple occupant parfois les plus hautes fonctions de l’Etat. Ceux-là mêmes qui ont valeur d’exemple pour le peuple et en particulier pour ces jeunes des banlieues, ont été souvent les héros des affaires les plus sordides de ces dernières années. Rappelons-nous l’affaire Elf, les faux électeurs du Vème arrondissement de Paris, les marchés truqués de l’Ile de France, la mutuelle des étudiants de France…la liste est malheureusement très longue. Et pour ces notables de la république mis en cause par la justice, celle-ci est souvent complaisante envers eux, tout comme le sont les partis qui abritent ces élus-délinquants. Certains camarades proposent que tout élu condamné pour corruption soit déclaré inéligible à vie.
L’autre remarque faite par l’animateur, concerne les violences relatives au racisme, elles aussi absentes du débat proposé. Peut-être parce que notre parti n’a pas donné l’exemple dans ce domaine, puisque Georges Frêche n’est toujours pas passé devant la commission des conflits pour ses derniers propos inadmissibles. Que peuvent en penser là encore les jeunes des banlieues…pour lesquelles la justice est toujours implacable ?
Par ailleurs, l’animateur considéra que le temps imparti, était trop court pour aborder de manière sérieuse toutes les questions. Il invita les participants à choisir les thèmes qui leur paraissaient les plus importants selon leur point de vue.
 
La sécurité scolaire fut le premier thème abordé. La première partie de la discussion fut consacrée aux causes de cette délinquance. Les causes évoquées sont celles que nous connaissons bien et qui font l’unanimité dans le parti : chômage, emplois précaires, logements déficients, concentration urbaine des plus défavorisés, déstructuration des jeunes pour des raisons essentiellement sociales, disparition des liens sociaux de notre société… Les frustrations dont peuvent souffrir les jeunes appartenant aux classes sociales les plus défavorisées ont été mises au compte des causes de ces mêmes violences.
 
De ces causes bien connues découlaient évidemment les remèdes non moins connus que les participants ont cru bon de rappeler : Retour, sinon au plein emploi difficile à atteindre, mais pour le moins augmentation des emplois offerts par une relance de l’économie, diminuer le nombre d’emplois précaires pour revenir à une situation plus normale et surtout augmenter en quantité et en qualité le nombre de logements sociaux, bref le programme classique du PS qui n’est pas nouveau en soi.
 
Par contre des propositions plus spécifiques à la section furent faites par les participants. Celles-ci peuvent se résumer comme suit :
 
-  Renforcement de l’encadrement scolaire pour éviter les dérives, comme celle qui s’est  produite le jour même de notre réunion et qui a entraîné le décès d’un jeune garçon au cours d’une bagarre dans la cour d’un collège.
-  Surveillance renforcée des cours de récréation
-  Rétablissement des anciens « pions » sous une forme peut-être plus pédagogique que celle d’antan
-  Remise à l’honneur de l’instruction civique et ce, dès le plus bas âge avec intervenants extérieurs et redonner du sens aux valeurs fondamentales indispensables pour vivre en société
-  Développer les organismes sportifs, culturels et de loisirs qui pourraient développer le goût des jeunes pour ces activités et encourager la vie associative
-  Revoir les centres de vacances pour les rendre à nouveau attractifs
-  Chercher à recréer des liens dans la population 
-  On souligne là qu’une présence plus dense des services publics remettrait du liant dans la société.
 Toujours à propos des violences scolaires, certaines remarques et interrogations ont été formulées au cours de la réunion :
-  Le rôle des médias, qui ont trop mis l’accent sur les violences urbaines, a été critiqué
-  Les jeunes ados des collèges et lycées sont souvent livrés à eux-mêmes entre 12 h 00 et 14 h 00. Ne pourrait-on pas trouver des formes d’encadrement particulières pour les occuper. Dans le même ordre d’idée, la cantine ne devrait-elle pas être rendue obligatoire ?
-  Ne pourrait-on pas trouver, à travers le tissu associatif qui joue un rôle de plus en plus important dans notre société, des formes de coopération active entre les associations de parents d’élèves et le corps enseignant pour tenter de prévenir cette délinquance rampante. Et effectivement, d’aucuns ont reconnu que cette coopération existait peu et que le corporatisme des uns et des autres y était pour quelque chose. Mais, à ce propos, certains participants ont exprimé leur désaccord en disant « ce n’est pas leur boulot » !
-  Les participants ont évoqué aussi le rôle de l’Etat qui devrait montrer l’exemple sur le plan de l’éthique et de la vertu
 
Le deuxième thème abordé concernait les violences conjugales. Sur ce thème, l’ensemble des participants a considéré qu’il serait difficile de ne pas sortir des généralités déjà connues sur les remèdes à apporter à ce terrible fléau qui fait chaque année des dizaines de victimes :
 
-  Faire stopper les violences conjugales le plus rapidement possible en protégeant mieux et plus rapidement les femmes battues
-  Accueillir les femmes battues dans des logements où elles pourraient emménager avec leurs enfants, et ce, dès les premiers signes de violence de leur partenaire
-  Punir de manière exemplaire les auteurs de violences
-  Eduquer les couples et les enfants
 
Enfin, le troisième thème abordé fut celui des mesures répressives pour  lutter contre la délinquance en général. Les remarques et propositions faites sont les suivantes :
 
-  Premier constat, la prison n’est pas la solution idéale, mais elle est toutefois indispensable pour certains crimes de sang. Il faut chercher d’autres formes pour punir les délinquants : centres fermés pour châtier mais aussi et surtout pour rééduquer les délinquants, travaux d’utilité publique pour la  petite délinquance…
-  Les prisons françaises, de par leur surpopulation, souvent leur vétusté, leur manque de moyens, sont montrées du doigt par la communauté européenne qui a même condamné le système carcéral français. D’énormes efforts sont à faire pour améliorer les conditions de détention.
-  Les détentions provisoires qui n’en finissent plus ont été condamnées avec la plus grande fermeté par les participants de même le fait que certains détenus soient en prison alors que leur cas mériterait plutôt l’hôpital psychiatrique
Un effort particulier doit être fait pour éviter la prison aux jeunes délinquants ; que des peines de substitution leur soient appliquées tendant vers leur réinsertion, notamment grâce à la formation.
 
Enfin, le débat s’est terminé par une question importante, a savoir, les socialistes auront-ils les moyens financiers d’appliquer les réformes qu’ils préconisent. Une discussion à bâtons rompus s’est établie sur ce thème. Les militants présents, ont répondu très rapidement que des solutions existaient : mieux utiliser les deniers publics, relancer le système économique, faire des économies sur certains budget comme celui de l’armée en développant l’idée d’une armée européenne etc…
 
Mardi 9 janvier 2007
Vendredi 5 janvier 2007
Aux organisateurs et participants aux débats EDUCATION, INSECURITE; VIE CHERE, CO-DEVELOPPEMENT,..... nous vous invitons à aller consulter la BOITE A OUTILS contenant entre autres le KIT DU DEBAT PARTICIPATIF
à l'adresse ci-dessous :
 
 
N'oubliez pas de  tenir au courant de l'organisation de vos débats en vous adressant à

ces débats doivent nourrir les propositions de Ségolène Royal ; c'est pourquoi, veillez bien à  envoyer vos compte-rendus sur le site http://debatslocaux.desirsdavenir.org.
Pour vous faciliter la rédaction de ces comptes-rendus et surtout la tâche des synthétiseurs, essayez d’utiliser le modèle qui est dans le kit.
Vendredi 5 janvier 2007
 
Bonsoir,
Je veux réagir à la fois au thème de L'INSECURITE et au texte transmis par Claude (texte d'origine indéterminée). Si j'ai bien écouté les médias depuis deux jours les chiffres de la criminalité en France cette année ne seraient pas en baisse comme l'annoncent ministères de l'Intérieur et de la Défense mais certaines plaintes ne seraient pas enregistrées ou non suivies d'effet. C'est un argument à double tranchant. Le ministre-candidat peut se targuer de chiffres en baisse mais le candidat démissionaire va jouer sur les autres chiffres. Il faut court-circuiter son futur discours en avançant des propositions pour lutter contre l'incivilité (ce qui rejoint en partie le thème de l'Education) et en affirmant bien fort l'absolue nécessité d'une prévention forte tant au niveau des animateurs sociaux qu'au niveau très important des forces de l'ordre. Pour fréquenter certains des représentants de la police (à la base comme au sommet) j'ai l'impression que la mission répressive qui leur a été confiée ne leur convient pas plus que ça. J'ai l'impression aussi que "les gens" craignent "les autres". Il faudrait peut-être proposer que les instances représentatives des communautés juives, islamiques, noires... se regroupent à certains niveaux pour proposer des solutions communes et identiques. Ces choses se passent sans le moindre doute dans certaines communautés (quartiers sensibles dit-on) mais l'impression générale est que chacun campe sur sa position et défend les siens contre les autres Enfin, et pour répondre au message anonyme relayé par Claude, j'ai l'impression qu'on en revient à la relégation. Envoyer un môme du Mont-Mesly dans le Larzac c'est comme envoyer les bagnards en Guyane ou en Nouvelle-Calédonie. L'idée d'un encadrement militaire des délinquants est un retour en arrière d'un bon siècle (Biribi) mais le retour à un certain service obligatoire me paraît une excellente chose. Certes ceux qui voudront s'engager au sein d'une association doivent y être encouragés. Il faut trouver pour les autres des formes indispensables de travail commun où le brassage des cultures se ferait. C'est une excellente façon de mettre fin à la crainte de l'autre, une manière d'imposer le respect mutuel entre sexes et origines. Tout ceci ne me semble pas bien original mais digne d'être rappelé.
 
                                               ****************
(l'émetrice de cette contribution n'ayant pas signalé son accord formel pour la parution de sa contribution, mais la jugeant utile au débat nous la publions en omettant sa signature. Si la personne se reconnait et souhaite voir son nom apparaître il suffit de la signaler au webmaster de Saint Maur à l'adresse   yc5blog@aliceadsl.fr  
Vendredi 5 janvier 2007
Débat participatif Education, Formation, Accès à l’emploi ;
Organisé par la section du parti socialiste de Saint-Maur
Tenu le 19 12 2006 à Saint-Maur.
 
Animé par Roger Letellier et Marie-Noëlle Cliquot.
 
L’école n’est plus la seule source de savoirs ; les médias, Internet, la famille, les fréquentations interviennent.
M-N Cliquot, enseignante en zone difficile fait le constat que certains jeunes sont illettrés à 16 ans et n’ont plus de vie sociale.
47% des jeunes sortent sans diplôme du système scolaire.
Elle ressent beaucoup de détresse face à une orientation subie plus que choisie.
 
1.Pourquoi la politique de l’Education Nationale qui visait à l’égalité des chances pour tous n’a-t-elle abouti qu’à une démocratisation en trompe l’œil ?
Egalité des chances ne signifie pas égalité des aptitudes. On regrette la disparition de classes spécialisées avec un enseignement mieux adapté et une prise en charge plus lourde des difficultés de chaque élève.
Il est indispensable de recréer un réseau d’aide aux enfants dès les premiers apprentissages : les difficultés se manifestent souvent dès l’école maternelle, mais ne sont jamais compensées, surtout pour les enfants des milieux défavorisés.
Des équipes ressources intervenant au sein de l’école doivent être constituées :
Psychologues, médecins, assistantes sociales, infirmières scolaires.( Actuellement, un médecin scolaire a en charge 7 000 élèves !)
On dispense un enseignement de masse qui ne s’intéresse plus spécifiquement à l’individu : il laisse sur le bord de la route ceux qui sont en trop grande difficulté et démobilise les plus vifs d’esprit.
Il est impératif que les lacunes des apprentissages de base (lire, écrire, compter) soient comblées par tous les moyens, individualisés, gratuits et dispensés à l’école avant la fin de la scolarité primaire pour que devienne intéressant et profitable pour chaque élève l’enseignement dispensé au collège.
Les fondamentaux devraient impérativement être maîtrisés à la fin des classes de collège.
 
2. Comment aider tous les enfants à faire une bonne scolarité?
De bonnes conditions matérielles sont incontournables : des écoles primaires ne dépassant pas 10 classes (300 élèves) comprenant des aires de détente suffisantes pour les enfants.
Les collèges ne devraient pas dépasser 500 élèves.
L’enfant doit être connu et reconnu dans son établissement scolaire.
Des équipes ressources aident les enseignants à mieux cerner les difficultés, à les analyser et mettent en œuvre les moyens qui conviennent pour aider l’enfant et sa famille le cas échéant.
Tous les enfants n’apprennent pas au même rythme : le soutien scolaire doit être organisé au sein même de l’école et dispensé par les enseignants de l’établissement. On constate que le soutien scolaire payé par les familles et dispensé à l’extérieur discrédite souvent les professeurs aux yeux des élèves et a aussi pour effet pervers d’exonérer les élèves d’être attentifs en classe.
Les relations de l’école avec les parents doivent être facilitées : parents peu disponibles, familles non francophones.
Des ethnopsychologies peuvent jouer un rôle important dans la compréhension avec des parents ne parlant pas le français. On propose aussi l’alphabétisation des parents pour une meilleure insertion de toute la famille dans la société française.
Il est nécessaire aussi de rétablir la confiance entre les différents partenaires de l’école.
 Un participant  évoque la nécessité d'agir sur le temps extra-scolaire avec la création d'un "tiers lieu"  à vocation d'ouverture sur le monde ainsi que d'écoute et de dialogue.
 
3.Comment réformer les Zones d’Education Prioritaire ?
La taille des établissements et la carte scolaire sont à réexaminer dans ces zones. On précise que la « carte scolaire » telle qu’elle existe actuellement crée des ghettos ethniques.
Les jeunes défavorisés méritent ce qu’il y a de mieux !!
Les équipes ressources devront y être particulièrement musclées et efficaces.
Devraient y enseigner les professeurs les plus motivés et les mieux formés et rompus au travail en équipe.
La répartition des horaires des professeurs pourrait être modulée différemment entre enseignement, animation et présence dans l’établissement.
 
Une participante évoque la suggestion  controversée de Ségolène Royale d’un service de 35H des enseignants effectué au sein des établissements scolaires. Une autre rappelle que ce problème a déjà été débattu avec sérieux dans les années 1980.
 
Les méthodes d’enseignement devraient être actives, vivantes, en prise plus directe avec les réalités, et donner accès à des formes de cultures qu’apprécient ces jeunes en musique, expression corporelle, arts plastiques ou graphiques.
Le soutien scolaire devra être renforcé et souvent individualisé.
Offrir à ces jeunes l’opportunité de découvrir d’autres horizons : la mer, la montagne, la campagne, des pays étrangers grâce à des dispositifs intégrés à l’école ou périscolaires.
 
4.Comment guider les enfants dans la modernité et les aider à se repérer dans un monde de savoirs diffus, fragmentaires et omniprésents?
Notre école est malheureusement encore trop souvent celle qui convenait aux enfants de paysans du siècle dernier.
Il faut la moderniser, innover dans le recrutement et la formation des maîtres pour qu’ils s’adaptent , qu’ils soient créatifs avec leurs élèves.
Il faut faire entrer très largement les nouvelles technologies dans les écoles.
L’emploi du temps des enseignants pourrait se répartir différemment pour faciliter le travail en équipe, pour élaborer et mener des projets d’établissements originaux qui remporteraient l’adhésion des élèves.
Les élèves, eux aussi pourraient travailler en équipe, se stimuler ou s’entraider, les meilleurs entraînant ceux qui ont des difficultés.
Pratiquer dans les classes des exercices de démocratie participative pour faire de nos enfants des adultes responsables, solidaires et citoyens.
Il est urgent de repenser complètement l’orientation des élèves qui en démoralise plus d’un.
 
Pour finir, offrir aux enseignants usés ou trop en décalage avec les jeunes, la possibilité de changer de métier sans préjudice majeur pour leur déroulement de carrière.
 
5. Comment rendre à notre université les moyens de l’excellence ?
Trop peu d’aides financières sont accordées aux étudiants, les loyers sont hors de prix : les étudiants sont obligés de travailler pour s’offrir des études, souvent au détriment des résultats.
Les inégalités sont là encore plus criantes .
L’urgence de construire des logements étudiants s’impose.
 
Les questions 5,6,7 et 8 de la liste de Désirs d’avenir n’ont pas été traitées faute de temps.
Mercredi 3 janvier 2007

précipitemment bien entendu, parce que ce gouvernement n'a jamais eu de vision à long terme, parce que ce gouvernement a toujours joué à aggrandir la fracture sociale, parce que la mobilisation autour des "enfants de don quichotte" est forte, parce qu'il y a des échéances électorales; parce que, depuis la fameuse fracture sociale de 1995, les gouvernements qui se sont succédés sous l'autorité de Chirac n'ont jamais agi en ce sens, et notamment sur les SDF, et parmi eux les travailleurs pauvres...

Ces gens-là (?) ne savent pas qu'une loi existe déjà concernant la réquisition de locaux laissés vacants, et qu'elle n'a jamais été appliquée!... Et pourquoi n'a-t-elle jamais été appliquée? Parce que ces fameux locaux non occupés sont généralement propriétés de groupes industriels et souvent destinés à de la spéculation immobilière..

"Trop de lois tuent la loi", nous a dernièrement dit Ségolène Royal. Appliquons celle déjà existante sur la réquisition en s'appuyant sur la charte des "enfants de don quichotte" au lieu de légiférer à tout va..

Et travaillons sur le long terme, et notamment à trouver la parade à la paupérisation des travailleurs et classes moyennes et à la précarisation du travail.

jean-do boulc'h

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