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Mardi 27 février 2007

par Nicole Avril, écrivaine



L’opposant viscéral à François Mitterrand se signalait d’emblée par sa manière d’élider le "e" de son nom : "Mitt’rand". Ceux dont la survenue de Ségolène Royal a bousculé les habitudes de penser et les catégories grammaticales la traitent volontiers de madone. Il va sans dire que, dans leur bouche, cette madone ne renvoie guère à Giovanni Bellini, encore moins à Raphaël. La dénomination s’est changée en insulte. Il y a aussi des variantes régionales. Dans ce jeu de massacre à tir tendu, on peut à volonté la caparaçonner en Jeanne d’Arc, la Lorraine, ou l’affubler en Bécassine, la Bretonne.

Mais c’est la madone qui revient le plus souvent, son beau visage semblant exciter chez ses détracteurs une angoisse de castration. On voudrait voir Ségolène Royal incarner le bon vieux conformisme catholique. Jusqu’à son prénom dont on lui fait grief. Est-on responsable de son prénom ? Elle aurait raccourci le sien, la Marie-Ségolène des origines, pour avancer masquée et mieux dissimuler son passé d’enfant de Marie. Surprenante madone en effet, qui permit la distribution aux mineures, et sans autorisation parentale, de la pilule du lendemain.

Etrange madone, qui refuse dans son pacte présidentiel toute remise en cause de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat, et demande qu’on intègre à la Constitution une charte de la laïcité. Efficace madone, qui préfère prévenir que guérir. Des dispensaires dans les zones rurales, des soins gratuits pour les jeunes dont les parents n’ont pas de mutuelle, la contraception gratuite pour les jeunes femmes et la négociation de toute réforme sociale grâce à un syndicalisme au financement transparent et plus largement représentatif.

On disait, Ségolène Royal n’a aucune idée et elle a mis en place ces débats participatifs pour retarder l’échéance ou pour tenter de trouver chez les autres les idées qui lui font défaut. Depuis le 11 février, des idées, elle en a, trop, de plus elles coûteraient trop cher. Au moment où Ségolène Royal révèle les quelque cent propositions de son pacte présidentiel, nous découvrons le niveau très médiocre de notre commerce extérieur et une croissance qui, avec son maigre 2 %, ne tient pas ses promesses. Ces mauvais chiffres, on ne va pas en rendre responsable le gouvernement en place, ce serait un peu court et simpliste.

On a été tenté de se défausser en évoquant le prix du pétrole et la lourdeur de l’euro. Comme si les Allemands, dont les chiffres sont bien meilleurs que les nôtres, jouissaient d’un euro plus favorable et d’un pétrole moins cher. On s’est bien gardé d’établir une comparaison avec les chiffres obtenus quelques années plus tôt par le gouvernement de Lionel Jospin. Comparaison, surtout si elle tourne à votre désavantage, n’est pas raison ! La parade en revanche n’a pas tardé.

Il fallut admettre qu’une croissance à 2 %, ce n’était pas brillant. Mais précisément, après un si piètre résultat, dites-moi comment Ségolène Royal avec ses cent propositions pourrait-elle s’en tirer ? Appréciez l’astuce. On s’appuie sur les mauvais chiffres présents pour démolir l’avenir. Le démineur a toujours tort. Ne prend-il pas des risques inconsidérés pour sécuriser un espace laissé par d’autres en trop mauvais état ?

La candidature de Ségolène Royal à la présidentielle était déjà inscrite dans son triomphe aux élections régionales. La presse nationale n’avait presque pas parlé de la campagne qu’elle menait en silence sur ses terres du Poitou-Charentes. Je le connais ce pays-là, il est le mien. J’ai du côté de La Rochelle des attaches d’enfance et j’ai goûté mes premières huîtres avec mes premiers biberons. Je sais que ce pays ne se livre pas aisément, qu’il garde le secret de sa beauté, qu’il ne se jette jamais à la figure des gens. Ségolène Royal l’a conquis de haute lutte. Il n’est pas un village ni un hameau, il n’est pas une école, une ferme ou une entreprise qu’elle n’ait un jour visité.

Elle a labouré à l’ancienne son terrain, comme Jacques Chirac et François Hollande en Corrèze, comme François Mitterrand dans la Nièvre. Mais, quand elle a été élue, il m’est apparu qu’elle irait plus loin encore. Elle semblait à la fois croire à son projet et avoir la volonté de le réaliser grâce à une méthode pragmatique et originale, de plus elle était portée par une revigorante ambition. Certes, on ne leur a pas facilité la tâche, c’est peu de le dire, mais les femmes ont longtemps péché par manque d’ambition et plus particulièrement par manque d’ambition politique. Elle n’eut pas d’autre choix pour s’imposer aux caciques du Parti socialiste que de contourner le parti en empruntant la double voie de la région et de l’opinion. Il fallait l’arracher, la candidature à l’élection présidentielle. Une femme reste une femme aux yeux de ses pairs. Elle a pourtant gagné à la loyale. Revigorés eux aussi par de nombreuses et nouvelles adhésions, les militants ont tranché. On aurait tort de se lamenter et de répéter à l’envi que le niveau baisse. Le débat politique a retrouvé quelques couleurs et les citoyens ont de nouveau le goût de la dispute. Ni la candidate ni même les candidats ne laissent indifférents. C’est déjà ça. Il y a du côté de Ségolène Royal et de son équipe un projet, encore inachevé, qui surprend parce qu’il privilégie l’action dans la durée et les réformes en profondeur. Elle veut éviter à la France de mourir d’une thrombose. Pour mieux irriguer l’ensemble de ses territoires, il est nécessaire de décentraliser vraiment avec transfert des moyens et des compétences, de donner une autonomie aux universités, de renforcer le tissu des petites et moyennes entreprises par la défiscalisation de leurs bénéfices réinvestis, de réinscrire la France au centre de l’Europe, de revitaliser les cités asphyxiées par le chômage et la drogue, par le mépris et la violence, de faire de l’éducation et de la recherche les deux piliers de l’avenir.

Elle dérange. Mais, têtue comme elle est, elle tiendra ses promesses. Oui, il y a un élan et une cohérence dans le projet de Ségolène Royal. Ce n’est ni le grand soir ni la grande illusion. C’est la volonté opiniâtre de remettre peu à peu chacun dans le jeu collectif quels que soient son origine sociale ou son sexe. De plus, les débats participatifs, la longueur et l’intensité de la campagne électorale, la rapidité (et la brutalité) des échanges sur Internet, permettent de libérer des forces qui seront précieuses au moment de passer à la réalisation des propositions. Faisons le pari que ce moment viendra.

-  Ce texte a été publié également dans Le Monde, édition du 22 février 07, section Point de vue. L’auteure a choisi ce titre pour la publication de son texte sur Sisyphe.

Mis en ligne sur Sisyphe.org, le 26 février 2007

Mardi 27 février 2007

La candidate socialiste Ségolène Royal, en déplacement lundi à Niort (Deux-Sèvres), a dit s'étonner que Nicolas Sarkozy, "après avoir cassé la police de proximité", envisage "peut-être de la rétablir".

La présidente de la région Poitou-Charentes a avoué être "très étonnée, car après avoir cassé pendant cinq ans la police de proximité, aujourd'hui il réalise qu'il va falloir peut-être la rétablir". Le candidat de l'UMP a demandé récemment à un groupe d'experts de réfléchir sur la création d'une "police de quartier".

Selon Ségolène Royal, "la morale publique de l'action exige des responsables politiques lorsqu'ils peuvent agir, d'agir. S'ils pensent avoir fait une erreur, mieux vaut tard que jamais. Il a deux mois pour agir. Il est toujours ministre de l'Intérieur et bénéficie de moyens considérables".

"Qu'il en profite pour faire son travail et rétablir la police de proximité", a ajouté la candidate socialiste. Et de s'interroger: "Est-t-il le mieux placé pour reconstruire ce qu'il a cassé? Je ne le crois pas".

"Moi, je crois beaucoup à la police de quartier, c'est dans mon projet présidentiel. Police de quartier, parce que c'est une police qui est au plus près des habitants, qui est donc respectée des habitants et réciproquement", a ajouté Ségolène Royal.

La police de proximité a été créée sous le gouvernement de Lionel Jospin avant d'être abandonnée en 2002 par Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur.

AP | 26.02.2007 | 19:50 in nouvelobs.com

sans commentaire....

Lundi 26 février 2007
 

Nicolas Sarkozy trébuche à son tour sur les sous-marins nucléaires

PARIS, 26 fév 2007 (AFP) - Nicolas Sarkozy a trébuché à son tour, lundi, sur
la question du nombre de sous-marins nucléaires français, un mois après sa
rivale socialiste Ségolène Royal qui s'était attirée les railleries de l'UMP
pour s'être trompée sur le même sujet.
A la question "combien la France possède-t-elle de sous-marins nucléaires
d'attaque ?", le candidat UMP à la présidentielle a répondu sur RMC/BFM TV:
"quatre".
"Non, c'est cinq", lui a rétorqué le journaliste.
Selon le ministère de la Défense, la France dispose en réalité de six
sous-marins nucléaires d'attaque (SNA). Elle possède également quatre
sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE), porteurs de missiles
nucléaires.
"Honnêtement, la question est un peu spécieuse", a ajouté le candidat UMP
tout en estimant que la question du nucléaire est "capitale car le président
de la République, c'est lui qui appuie sur le bouton".
Il y a un mois, au même micro, Mme Royal avait elle aussi commis une erreur
en déclarant que la France comptait un seul SNLE. L'UMP et des proches de M.
Sarkozy l'avaient vivement critiquée, la jugeant incompétente.

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Ce qu'a dit Mme Royal il y a quelques temps : 1 sous-marin.  Cela n'était pas tout à fait faux en terme de situation de dissuasion : en effet la Marine nationale a un SNLE (sous-marin lanceur d'engins), en permanence sous les eaux. Un autre étant en réserve à quai.  Le reste en entretien : un en courte durée et l'autre en grand carénage.

Ne pas confondre les SNLE avec les sous-marins d'attaque qui ne sont pas lanceurs de missiles  nucléaires mais qui patrouillent en fonction de surveillance et de défense d'intrusions ennemies. Les actuels SNLE du type "LE TRIOMPHANT" ont été conçus pour rester en service 90 mois (au lieu de 72) entre 2 grands carénages avec un équipage réduit à un peu plus de 100 marins : essentiellement Officiers et Officiers Mariniers.(l'équivalent de sous-officiers dans les autres armes).

Je tiens cette information d'un commandant en second d'un sous-marin nucléaire d'attaque de la Marine nationale avec lequel j'étais en vacances il y a quelques années. Le potentiel de sous marins n'ayant pas évolué on peut penser que cela est toujours valable (à vérifier toutefois)

Pour information le programme actuel comprend la construction de 6 unités (sous-marin d'attaque) qui entreront en service entre 2017 et 2026. Le coût total du programme est estimé à 8 milliards d'euros dont 1.4 milliard payés lors de la signature de la notification (qui devait avoir lieu fin 2006)

de YC : Un ex-officier de Marine Marchande qui connaît assez bien la "Royale".

Lundi 26 février 2007

1) Quelle place considérez-vous que doit occuper la politique de concurrence pour que l'économie française soit pleinement compétitive ? Quelle place considérez-vous que la politique de concurrence doit occuper dans la réalisation des politiques que vous proposez de mettre en place si vous êtes élu Président(e) de la République ?

 

 

Ségolène Royal : La politique de la concurrence est bien sûr essentielle à la compétitivité de l’économie française en empêchant quelques entreprises qui ne jouent pas le jeu de créer des rentes à leur profit. Elle est aussi, ne l’oublions pas, au service de nos concitoyens. Je pense par exemple à la décision récemment rendue par le Conseil de la concurrence sur les opérateurs de téléphonie mobile ou à la décision de la Commission européenne qui a obligé ces mêmes opérateurs à réduire le coût des appels passés à l’étranger. Bien sûr, ce n’est pas suffisant pour réconcilier les Français avec l’Europe mais c’est avec ce type de décisions, concrètes et au service de tous, que l’Union européenne apporte une preuve de sa valeur ajoutée. Je défends donc une politique de la concurrence qui bénéficie avant tout au consommateur.

Je rappellerai d’ailleurs que c’est en s’appuyant sur ce raisonnement que le gouvernement Jospin avait fait voter en mai 2001 la loi sur les nouvelles régulations économiques afin de  renforcer l'efficacité de la lutte contre les pratiques anticoncurrentielles, d’améliorer la coopération internationale dans ce domaine et de contrôler les concentrations de manière plus systématique et plus transparente. A ce sujet, je regrette que le gouvernement actuel ait cru bon de relever très nettement le seuil de contrôle des concentrations, ce qui entraîne un contrôle plus faible que dans une majorité de pays européens.
 
La politique que j’entends conduire est fondée sur la revalorisation du pouvoir d’achat des Français, par une augmentation des bas salaires et des petites retraites et par une opération vérité sur les prix. La politique de la concurrence occupera toute sa place dans le cadre de ce dispositif. Je crois cependant qu’il ne faut pas ériger les règles de concurrence en dogmes intouchables et que celles-ci ne s’appliquent pas de la même manière aux services publics.


 

2) La Commission européenne poursuit depuis maintenant plus de quinze ans une politique de libéralisation sectorielle (énergie, postes, transports…). Comment jugez-vous cette politique ? La qualité du service public vous semble-t-elle en avoir été diminuée ? Les résultats économiques vous paraissent-ils à la hauteur des objectifs annoncés ? Seriez-vous favorable à la poursuite de cette politique dans certains secteurs, à une pause dans d’autres ?

Le sens de la construction européenne depuis vingt ans a été celui d’une libéralisation de pans toujours plus larges de nos économies. Les dogmes appliqués de manière souvent brutale ont donné une mauvaise image de l’Europe.

 

 

Quant aux résultats, ils ne sont pas vraiment au rendez-vous. Il serait d’ailleurs intéressant que la Commission fasse un bilan sur l’évolution des prix et de la qualité du service dans les secteurs libéralisés. En France, le prix de l’électricité a augmenté au moment de la mise en concurrence pour les entreprises.  
 
Nous continuerons donc de nous battre pour l’adoption d’une directive cadre européenne sur les services d’intérêt général qui permettra de faire reconnaître un droit spécifique des services publics. Dans le même esprit, nous demanderons un nouveau débat européen avant toute mise en concurrence de l’électricité pour les particuliers.


 

 3) Etes-vous favorable à la constitution de "champions nationaux" ? Si oui, la politique communautaire de concurrence vous semble-t-elle constituer un obstacle à la constitution de champions nationaux ?

Je crois en effet que la politique de la concurrence doit évoluer sur ce point. A l’heure des OPA planétaires et de la très forte concurrence des Etats-Unis et des pays asiatiques, elle ne favorise pas la constitution de champions européens qui, plus que les champions nationaux, peuvent s’imposer sur les marchés mondiaux. Au contraire, il est arrivé qu’elle les pénalise par une approche tatillonne et finalement contre productive : les Français sont restés marqués par les exemples de Pechiney, de Schneider-Legrand, de Mittal et Arcelor. Il semble cependant que la Commission , dont plusieurs décisions d’interdiction ont été récemment annulées par le juge européen, soit aujourd’hui plus ouverte à la question du maintien de la compétitivité internationale de nos entreprises.

 

 

Ce n’est donc pas tant la règle européenne que son interprétation par la Commission qui doit évoluer : la règle est très générale et permet plusieurs interprétations. En revanche, les services de la Commission ont souvent eu une approche trop dogmatique, imperméable aux impératifs de politique industrielle. La Commission doit savoir être pragmatique. Quant à nos entreprises, elles doivent être plus agressives à l’étranger,  pour ne pas devenir elles-mêmes des proies. Ce sont des champions européens dont nous avons besoin aujourd’hui.


 

4) La Commission européenne devrait-elle assouplir sa politique en matière d’aides d’Etat dans un contexte d’économie mondialisée où les principaux partenaires économiques de l’Europe n’applique pas une politique comparable ? 

Là encore, je pense que la Commission devrait être moins rigide dans l’application des normes et prendre mieux en compte la nécessité de défendre les intérêts de l’Union européenne contre ses principaux concurrents. Il ne faut pas se tirer une balle dans le pied en s’appliquant à nous-mêmes des règles trop strictes tandis que d’autres puissances commerciales ne se privent pas pour aider leurs entreprises. Dans ce domaine également, le contrôle de la Commission européenne peut être extrêmement tatillon, voire incompréhensible. C’est le cas par exemple du découpage géographique des aides régionales. Il est nécessaire d’avoir moins de bureaucratie et plus de souplesse dans l’utilisation des aides aux entreprises et des fonds européens au niveau local.

Les instruments européens doivent également être mobilisés pour aider nos entreprises à accompagner les reconversions. Le fonds européen d'ajustement à la mondialisation est opérationnel depuis quelques semaines et doit permettre de financer la reconversion des salariés touchés par des restructurations liées à la mondialisation. C’est un pas positif mais il faudra augmenter fortement la dotation de ce fonds, qui ne dispose pour l’instant que de 500 millions d'euros par an pour les 27 Etats membres.

 

 

 

 


 

5) Quel rôle voyez-vous pour la politique de concurrence en matière de lutte contre les délocalisations et de renforcement des PME ?

La lutte contre les délocalisations passe à titre principal par une politique commerciale européenne plus offensive. Il n’y a pas de raison que les pays européens soient les seuls à ne pas défendre leurs intérêts dans la compétition internationale qui se déroule. Il faut donc mettre en œuvre des instruments capables de mieux protéger l’industrie européenne contre les délocalisations extra-européennes.

 

 


 

6) Le législateur français a entendu mettre fin à certaines dérives observées dans la grande distribution ; par ailleurs, la Commission européenne remet en cause la loi Royer en matière d’urbanisme commercial. Les réformes successives visant à équilibrer les différentes formes de commerce et les relations producteurs/distributeurs vous semblent-elles avoir atteint leurs objectifs ?  

Je crois qu’il faut tirer le bilan des effets d’annonces du ministre de l’économie de l’époque qui se sont révélées sans conséquences visibles pour les consommateurs. Les « marges arrières » des grandes surfaces n’ont pas disparu, elles ont simplement pris d’autres formes.

 

 

Tout reste donc à faire dans ce domaine comme dans celui de l’urbanisme commercial. Nos villages et nos villes ont besoin de commerces de proximité. Ce sont des lieux de vie qui contribuent à l’animation économique et sociale d’un territoire. Pour ces raisons, le commerce de proximité doit être soutenu partout et son implantation dans les banlieues doit être encouragée. Et je souhaite que le développement de l’urbanisation en périphérie des grandes villes se traduise par la création de zones consacrées au petit commerce.
 
Mais nos instruments de soutien au commerce de proximité devront être revus, pour gagner en efficacité et pour nous conformer au droit communautaire. La loi Royer, qui est vieille de plus de trente ans, est de toutes les façons à bout de souffle. Il faudra ouvrir une concertation entre les acteurs concernés pour trouver des solutions intégrant les objectifs de protection de l’environnement, de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire.

 

 

 

 

 

 

7) Le Conseil de la concurrence et la Commission européenne ont prononcé en 2006 des sanctions financières importantes vis-à-vis de grandes entreprises. Afin de dissuader les comportements les plus néfastes pour les consommateurs, seriez-vous favorable à un renforcement de la politique pénale des pratiques anti-concurrentielles les plus graves ou récurrentes, tels les cartels ou les récidives ? Etes-vous favorable à la mise en place de mécanismes d’actions en dommages et intérêts des consommateurs, tels des actions de groupe ?

Je ne suis personnellement pas favorable à une pénalisation à outrance des pratiques anticoncurrentielles, telle qu’elle existe par exemple aux Etats-Unis. Il y a déjà des dispositions pénales pour les pratiques les plus graves qui sont très peu utilisées. Il faut au contraire renforcer le niveau des sanctions pécuniaires et encourager les programmes de clémence qui ont été créés par la loi de 2001 et qui marchent bien aujourd’hui.

 

 

En revanche, il est urgent de se doter, en France, d’un système d’actions de groupe digne de ce nom, c'est-à-dire qui ne soit pas que la somme des recours individuels comme c’est le cas dans le projet actuel du gouvernement, mais qui au contraire bénéficie réellement au petit consommateur et protège efficacement ses droits. Je rappelle que le Parti Socialiste a déposé à l’Assemblée nationale fin décembre un contre-projet de loi sur les procédures judiciaires collectives, élargies entre autres à l’environnement, qui a été salué par toutes les associations de consommateurs.


 

8) En France, le régime des concentrations d’entreprises est placé sous le contrôle du Ministère de l’économie, le Conseil de la concurrence pouvant être appelée à formuler un simple avis. Le régime communautaire des concentrations est quant à lui sous le contrôle de la Commission européenne. Une évolution de ce régime communautaire vous semble-t-elle souhaitable ? Transfert du pouvoir de décision à une autorité ou juridiction ad hoc ; création d’un mécanisme d’intervention du Conseil européen des ministres ? ou toute autre mesure ? 

Comme je l’ai déjà indiqué, le régime européen me semble moins devoir modifier sa structure que sa vision économique. Cela dit, un système où le Conseil des ministres pourrait outrepasser un véto donné par la Commission à une fusion majeure pour l’économie européenne est une idée intéressante. Cela renvoie à ce que je disais sur la nécessaire émergence de champions européens, qui ne doit pas être contrariée par une approche trop tatillonne du droit de la concurrence par la Commission.

 

 


 

9) Le rapport Novelli, rédigé au nom de la Commission des finances, de l'économie générale et du Plan, a posé la question d’un éventuel rapprochement de la DGCCRF et du Conseil de la concurrence à la faveur de ce dernier. Verriez-vous des avantages à une évolution de la répartition actuelle des fonctions ?  

Là encore, la question institutionnelle n’est pas majeure. Il faut que les deux autorités de concurrence, le Conseil et la DGCCRF , apprennent à mieux travailler ensemble. En matière de contrôle des concentrations, je pense que notre système, qui laisse le dernier mot au ministre, doit être préservé. Il faut de toute façon que le gouvernement et le ministre de l’économie conservent le pouvoir d’aller contre une décision de l’autorité de concurrence en matière de concentration pour des motifs d’intérêt général, comme c’est le cas en Allemagne ou en Grande-Bretagne.

 

 


 

10)  Le rapport Gélard sur les autorités administratives indépendantes, réalisé par l'Office parlementaire d'évaluation de la législation, recommande notamment une rationalisation du système français des autorités administratives indépendantes. Dans ce cadre, les questions de regroupement de régulateurs intervenant dans des secteurs connexes ainsi que du mode de nominations ont été posées. Que pensez-vous de cette position ?

Parmi les autorités administratives indépendantes, il y a sans doute des aménagements à apporter. Mais le vrai problème reste le mode de désignation de leurs membres. Il faut plus de transparence dans ces modes de désignation, avec un vrai contrôle parlementaire et un débat démocratique

 

 

Lundi 26 février 2007

Ségolène Royal amorce une nouvelle stratégie. Pour cela, elle s'est assurée le soutien des éléphants du PS, au premier rang desquels Lionel Jospin. Un préalable indispensable au lancement de la deuxième phase de sa campagne : la confrontation avec la droite

Laurent Fabius espère guider la candidate du PS jusqu’à l’Elysée (photo AFP)

"Nous sommes ici rassemblés dans le même esprit offensif et amical pour dire notre souhait que d'ici peu de semaines, la présidente de la République s'appelle Ségolène Royal". Le message est plutôt clair. Il est de Laurent Fabius, candidat malheureux à l'investiture du parti socialiste. Ségolène Royal était invitée à partager un meeting avec lui samedi dans son fief de Grand-Quévilly en Seine-Maritime.
L'ancien Premier ministre n'est pas le seul rival d'hier a appliquer à la lettre le mot d'ordre qui règne depuis quelques jours au parti socialiste : rassembler. Ségolène Royal a annoncé jeudi la composition d'une nouvelle équipe de campagne qui intègre les éléphants du parti, toutes tendances confondues. Treize figures historiques du parti tels que Dominique Strauss-Kahn, Pierre Mauroy, Martine Aubry, Bernard Kouchner, Henri Emmanuelli et Lionel Jospin lui même resserrent les rangs autour de la candidate socialiste.
Offensive
Le soutien le plus inattendu est de loin celui de Lionel Jospin. "C'est un appui très important à ce moment de la campagne", reconnaît Ségolène Royal. La candidate socialiste, souvent critiquée pour son absence de prise de position sur des sujets tels que les 35 heures ou la politique internationale entend bien profiter du rassemblement de ses troupes pour engager l'offensive contre la droite.
Jugée  "indispensable" par Ségolène Royal elle-même, la confrontation est aussi réclamée par les électeurs de gauche. "Les militants sont très demandeurs d'une offensive anti-Sarkozy", a confirmé lundi Jean-Louis Bianco, co-directeur de la campagne.Cette union sacrée fait aussi office de réponse à la démission du secrétaire national du PS à l'économie, Eric Besson, qui pointait du doigt les ratés de la campagne et l'absence de coordination. Il a été entendu.
Ségolène Royal peut désormais ce prévaloir de “la meilleure équipe qui soit”, selon ses propres termes. Les urnes diront si cette nouvelle équipe permettra à la candidate socialiste, qui talonne Nicolas Sarkozy d'un point au second tour selon un sondage IFOP paru samedi, de battre le ministre de l'Intérieur ou tout autre candidat.
Séverine FIEVET (
www.lepetitjournal.com) 26 février 2007

journal des français de l'étranger

Lundi 26 février 2007

Pour la première fois depuis la mi-janvier, la candidate socialiste a renforcé sa position dans le parti et l'opinion, la semaine dernière. Rejoint par tous les éléphants du PS, y compris Lionel Jospin, elle s'est affichée samedi en compagnie de Laurent Fabius.

En une semaine, le climat a changé autour de Ségolène Royal. A cinquante-cinq jours du premier tour de la présidentielle, la candidate socialiste dispose, pour la première fois depuis la mi-janvier, de plusieurs cartes maîtresses pour relancer véritablement sa campagne. Sa bonne prestation télévisée de lundi dernier et son record d'audience lui ont redonné du souffle.

Deux sondages ont enregistré un rebond des intentions de vote en sa faveur, le dernier en date Ifop-« Le Journal du dimanche » la donnant au coude-à-coude avec Nicolas Sarkozy au premier (28 % chacun) et au second tour (49,5 % contre 50,5 % en faveur du candidat de l'UMP). Forte de ce bol d'air et pour calmer les doutes sur sa capacité à « rassembler la famille socialiste », elle a sollicité jeudi les ténors du PS, qui ont tous répondu présent, y compris Lionel Jospin.

Embrassades et rose offerte

L'assentiment de celui qui la jugeait illégitime à l'automne a fait événement au point d'éclipser celui de Dominique Strauss-Kahn et de Laurent Fabius. Ce dernier s'est rattrapé samedi en Seine-Maritime en multipliant les occasions de photos aux côtés de la candidate. Petite promenade (50 mètres) en bord de Seine, déjeuner commun, embrassades et rose offerte à l'issue d'un meeting dans son fief du Grand-Quevilly... Au-delà des images, l'ancien Premier ministre n'a pas mégoté son soutien : « Désormais, chère Ségolène, c'est une pour tous et tous pour une », a-t-il lancé. Laurent Fabius a cogné sur François Bayrou (« Il n'est pas question de lui laisser capter des voix de gauche pour faire finalement gagner la droite ») et Nicolas Sarkozy rebaptisé « monsieur Supercherie », notamment sur l'incitation aux heures supplémentaires, dont le choix n'est, a souligné l'élu socialiste, pas du ressort du salarié. S'il a une nouvelle fois souhaité « une augmentation rapide et précise du SMIC » (quand la candidate est plus floue sur le calendrier), il a surtout mis en valeur le « pacte présidentiel ».

« La meilleure équipe qui soit »

Ségolène Royal est apparue plus retenue, en comparaison. Même si elle déclare disposer désormais de « la meilleure équipe qui soit », la candidate n'a pas oublié les accusations de populisme (proférées par les fabiusiens pendant la campagne interne) et y a répondu une nouvelle fois samedi. En signe à l'ancien porte-drapeau du « non » à la Constitution européenne, elle a souhaité une harmonisation fiscale en Europe et « l'instauration de taux planchers » pour l'impôt sur les sociétés. Ce qui ne l'a pas empêchée de vouloir « rassembler toute la gauche bien sûr, mais bien au-delà ».

Puis elle a défini sa conception de la « gauche moderne » - expression autrefois fabiusienne : une gauche « du XXIe siècle » qui « n'oublie rien » et « ne renonce pas à l'espérance du progrès social », mais une « gauche efficace » qui « sait que faute d'être confrontées au réel, les idées se transforment en dogmes » et qui « ne confond pas la conviction avec le sectarisme ».

Pour le moment, Ségolène Royal a assigné pour seule mission aux ténors socialistes de populariser son « pacte présidentiel » et par là même de contrer la puissance de feu de la droite. « Elle dispose désormais d'une palette de couleurs à utiliser », explique le fabiusien Claude Bartolone, nommé « chef de presse » dans la nouvelle équipe de la candidate. Et de préciser à sa manière : « DSK pour dire « non » à l'UDF, Jospin pour incarner la gauche qui obtient des résultats économiques et rappeler la nécessité du vote utile, Fabius pour l'Europe et l'international... » Mais la candidate n'a pas officiellement confié cette mission à Fabius samedi. Toujours attentive à préserver sa liberté d'action, elle attend peut-être de mesurer l'impact sur son image du « retour des éléphants » raillé par la droite, pour doser leur degré d'association à sa campagne.

ELSA FREYSSENET - les echos.fr[ 26/02/07 ]
Lundi 26 février 2007
Le sondage paru hier dans le Figaro, qui exploite le panel des candidats possibles à l’élection présidentielle de 2007, donne Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy au coude à coude. Avec 51 % d’intention de vote chez les sondés (1 000 personnes), la candidate socialiste s’imposerait au second tour face à celui de l’UMP (49 %). Elle est donnée comme meilleure candidate du PS (34 %), supplantant Lionel Jospin (23 %), Jack Lang (22 %), Dominique Strauss-Kahn (18 %) et Laurent Fabius (15 %). Nicolas Sarkozy est considéré comme meilleur candidat pour l’UMP, avec 30 % contre 6 % pour Dominique de Villepin. Jean-Marie Le Pen n’est crédité, dans le meilleur des cas, que de 10 % d’intention de vote, quels que soient les candidats au premier tour.
humanité.fr
Lundi 26 février 2007
 
Désormais, chère Ségolène, c’est une pour tous et tous pour une !

 

 

Laurent Fabius, membre de "l’équipe du pacte présidentiel" de Ségolène Royal a affirmé un net soutien à la candidate socialiste.

"Nous sommes ici rassemblés pour dire notre souhait que d’ici quelques semaines, la présidente de la République s’appelle Ségolène Royal. Désormais, chère Ségolène, c’est une pour tous et tous pour une !

Le vote anti-Sarkozy, c’est le vote Ségolène Royal".

Un peu plus tôt dans la journée, Ségolène Royal a déclaré qu’il s’agissait d’ "une journée de rassemblement et de contact avec la population".

"J’ai besoin de tous les talents, de toutes les énergies" a-t-elle réaffirmé lors d’un déjeuner avec Laurent Fabius, Alain Le Vern, président de la région Haute-Normandie, Didier Marie, président du Conseil général de Seine-Maritime, Jean-Louis Destants, son homologue de l’Eure et d’autres responsables locaux.

"On a besoin que la gauche gagne pour redonner du dynamisme au pays. Ça ne peut venir que du rassemblement de la gauche et d’abord du rassemblement des socialistes", a ajouté Laurent Fabius.

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