Désirs d'Avenir
Bonneuil / Choisy-le-Roi / Créteil / Saint-Maur
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source:
Créée au début de l'année, Désirs d'avenir, l'association de Ségolène Royal, survit à son investiture. Les membres des comités plébiscitent cette nouvelle forme de militantisme, loin du cadre du PS.
Il est dix heures du soir dans la salle municipale de Cendras, petite commune minière des environs d'Alès, dans le Gard. Après deux heures de discussion, l'heure est venue pour les trente militants du comité Désirs d'avenir du Grand Alès de boire un gobelet de vin en mangeant les tartes préparées par les militantes. L'association Désirs d'avenir, présidée par Christophe Chantepy, a été créée au début de l'année pour soutenir la candidature à l'investiture de Ségolène Royal. Plus d'une centaine de comités existent aujourd'hui, parallèlement aux sections du Parti socialiste.
Un jeune retraité de l'enseignement, adhérent du Parti socialiste depuis le printemps, raconte avoir été "subjugué par Ségolène, mais surtout par l'ambiance qu'elle crée autour d'elle" quand il est allé l'écouter à Florac, en Lozère. Mais ce qui l'enchante le plus, ce sont les débats : "Au fond, peu importe que nos propositions servent ou pas. Ce qui compte, c'est que cela crée une dynamique très forte." Cet homme qui n'avait jamais adhéré à un parti réfléchit à haute voix : "Qui, à un quelconque moment, m'a donné l'occasion de parler ? De dire librement ce que je pense ? On me laisse la parole, on me demande même de la prendre. C'est peut-être une utopie, mais les utopies sont belles."
Le trésorier de la section locale et "prof du technique" renchérit : "Ségolène a tout bousculé. Elle a lancé des débats sur ce qui se disait dans les couloirs du parti et pas dans les réunions." Pendant deux heures, vingt hommes et dix femmes ont confronté leurs arguments. Certains se retrouvaient sur les positions du PS quand d'autres, en particulier les jeunes femmes, bousculaient les vieux schémas.
Dominique, "toute nouvelle directrice d'école" et adhérente de fraîche date, se disait choquée de "l'attachement des professeurs à leur statut". Valérie expliquait que "souvent les parents d'élèves sont hallucinés par ce que leur répondent les profs." Tous ont parlé des "questions de fond, à partir de ce qu'on vit, de ce qu'on voit", souligne Dominique. C'est ce qui frappe quand on parle avec les adhérents de Désirs d'avenir : le plaisir pris à parler librement en partant de sa propre histoire.
A Marseille, peu avant le sacre de Ségolène, se tient une grande assemblée des comités des Bouches-du-Rhône. Parmi la centaine de présents, une écrasante majorité est membre du PS. Pourtant cette assemblée ne ressemble pas à une fédération.
D'abord, on s'assied en rond dans la grande salle, et non face à une estrade où sont installés les élus. Nadia Brya, présidente du réseau dans le département, explique : "On fait très attention à ce genre de choses, afin que chacun se sente à égalité avec les autres." Les interventions ont été choisies "en fonction de la démarche singulière de chaque collectif, de chaque groupe ou de l'individu qui a réfléchi sur un sujet".
Une militante dit que, s'intéressant à la décentralisation, elle a relu l'ensemble des textes qui l'ont fondée et "redécouvert l'importance du tournant de 1982", lors des lois Defferre. Un autre, voulant montrer qu'il faut "repenser le local et les spécificités du territoire", raconte l'histoire d'"apprentis sorciers" qui ont tenté de dessaler l'étang de Berre en faisant rejeter par EDF de l'eau douce. Il conclut : "On sauvera l'étang de Berre car Ségolène Royal sera présidente de la République et qu'elle a sauvé le Marais poitevin." Rires, applaudissements. Le débat reprend, fidèle à l'idée que "l'expérience est une expertise".
A Marignane (Bouches-du-Rhône), l'animateur, Vincent Gomez, au PS depuis 1989, confirme : "Dans ces réunions, chacun a son mot à dire, parce que chacun peut échanger à partir de son terrain. Et puis il n'y a aucune gêne, on peut sortir des clous du programme."
Au comité de Montpellier, qui se réunit dans l'arrière-salle d'un bar, les militants ont décidé de discuter de "démocratie d'opinion, démocratie représentative et démocratie participative." Yvan Nosbé, un des animateurs du groupe, dix-sept ans de parti et jospiniste rallié à Mme Royal, argumente : "Il faut traiter de la méthode avant de parler du fond."
Dans la salle bondée, une trentaine d'hommes et une vingtaine de femmes écoutent attentivement deux professeurs d'université invités à cadrer les débats. Le premier évoque Benjamin Constant et sa distinction entre "le peuple en gros et le peuple en détail", le second décrit des expériences contemporaines de démocratie participative. Une forêt de doigts se lève, chacun veut parler. L'un de son expérience "lors de la consultation sur la ligne 2 du tramway" ; l'autre de "l'élaboration, par des gens qui ne savent ni lire ni écrire, des budgets participatifs"...
Deux heures plus tard, chacun a parlé, et les coordinateurs proposent de "faire remonter tout ça""notre candidate ces réflexions, ces idées, ces propositions venues d'en bas", explique Mylène, trente ans de parti, "retraitée que les lois Raffarin ont remise au travail". Quand on lui demande en quoi ces assemblées diffèrent de celles du PS, alors qu'elles sont composées à peu près des mêmes gens, elle répond : "Ici il n'y a pas de hiérarchie, on a juste une équipe d'animation sans pouvoir. Rien ne vient d'en haut, sinon des demandes. Quand on est en section, on écoute le secrétaire, l'élu. Ici on s'écoute les uns les autres. C'est toute la différence." sur le site de Désirs d'avenir. Car, co mme après les autres réunions, il faut envoyer à "notre candidate ces réflexions, ces idées, ces propositions venues d'en bas", explique Mylène, trente ans de parti, "retraitée que les lois Raffarin ont remise au travail". Quand on lui demande en quoi ces assemblées diffèrent de celles du PS, alors qu'elles sont composées à peu près des mêmes gens, elle répond : "Ici il n'y a pas de hiérarchie, on a juste une équipe d'animation sans pouvoir. Rien ne vient d'en haut, sinon des demandes. Quand on est en section, on écoute le secrétaire, l'élu. Ici on s'écoute les uns les autres. C'est toute la différence."
Michel Samson

Ce texte très long et transmis sous format PDF n'a pu être mis en tant "qu'article" pour des raisons techniques. Cependant vous le trouverez en commentaire numéro 4 de la CATEGORIE THEMES DIVERS (Culture)
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