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Mercredi 9 juillet 2008

communauté : Soutiens à Ségolène Royal
Après les déclarations sur France 2 de Ségolène Royal, la polémique sur les déclarations de cette dernière à propos du cambriolage enfle...

Après les réactions 
furieuses de l'UMP, le PS fait bloc derrière Ségolène Royal...et par forcément de la part de "ségolènistes".

1) Les Ségolènistes
-Aurélie Filipetti, députée de Moselle et porte-parole du groupe PS à l'Assemblée :
"Avec l'UMP de Sarkozy, on n'est plus dans la
politique mais dans la vulgarité érigée en rhétorique. Dans la France de Nicolas Sarkozy, on peut désormais mettre à sac le domicile de la principale opposante politique et cela ne déclenche que l'hilarité des porte-parole, ou plutôt des porte-flingues, du pouvoir en place."

- François Rebsamen, maire de Dijon : "Une des chefs de l'opposition, l'ancienne candidate socialiste à l'élection présidentielle, est menacée dans sa sécurité quotidienne et la seule réponse est de l'accuser de «péter les plombs». La démocratie c'est d'abord le respect de l'opposition, j'appelle les représentants de la majorité à s'en souvenir."

- Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres : "Monsieur Fillon a manifestement perdu le sens des valeurs et des usages républicains, c'est tout à fait regrettable.On aurait préféré qu'il commente, tout comme les autres responsables de l'UMP, ce que Ségolène Royal a dit sur la mainmise du clan des puissants amis de Monsieur Sarkozy sur la France, et en particulier sur les médias. Leur silence gêné montre que Ségolène Royal a visé juste."


Les fidèles de Ségolène Royal font donc bloc autour de la présidente de Poitou-Charentes...Et ont décidé de rendre les coups!!!Mais ce ne sont pas les seuls...!


2) François Hollande, premier secrétaire du PS :
François Hollande a qualifié mercredi de "faits graves" le cambriolage de l'appartement de Ségolène Royal, une "mise à sac accompagnée d'une mise en scène" et a recommandé à François Fillon, très critique dans cette affaire, de prendre garde aux "mots" qu'il emploie.
"Il y a ce qui relève de l'attaque politique, de l'échange d'arguments", a-t-il observé. "Mais on ne doit pas insulter", a objecté le Premier secrétaire, à propos des termes "stupidité"(dans la bouche de Bernard Accoyer) ou "bourditude" (dans celle Luc Chatel, porte-parole du gouvernement)

3) Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée Nationale :
Jean-Marc Ayrault a déclaré mardi que si Ségolène Royal a mis en cause le "clan Sarkozy" dans "la mise à sac" de son appartement "c'est qu'elle a des bonnes raisons de le dire".
"Qu'il y ait un clan Sarkozy c'est une évidence", a souligné sur RMC le député-maire de Nantes, dénonçant "une attaque en règle, brutale, violente, voire à la limite de l'insulte de la part (...) de conseillers proches du président de la République" contre Ségolène Royal.
"On voit bien que Nicolas Sarkozy a un comportement étonnant, étrange qui est parfois éloigné de sa fonction",a indiqué Jean-Marc Ayrault

4) Gérard Collomb, maire de Lyon, gros "baron" du PS :
"Ce que je constate, c'est qu'il y a dans ce pays aujourd'hui un climat de stress. Ce climat de stress, le Président de la République en est largement responsable [...] Donc je comprends un peu la réaction de Mme Royal qui se sent agressée. Elle se sent agressée lorsque sur chacune de ses phrases il y a une espèce de pilonnage qui est fait systématiquement. Elle n'a peut-être pas tort de penser qu'elle est un peu la cible parce qu'elle peut représenter un danger pour le Président de la République."

5) Laurent Fabius,député de Seine-Maritime : 
Laurent Fabius a déclaré qu'il refusait "d'entretenir une polémique" sur les propos de Mme Royal mais a néanmoins comparé la présidence de Nicolas Sarkozy à "une monocratie inégalitaire, inefficace et fréquemment immature".


Le PS a donc décidé de faire bloc derrière la présidente de Poitou-Charentes, et ce quelque soit les tendances "idéologiques"...
La réaction d'un parti qui se veut uni et discipliné ou un positionnement stratégique en vue du congrès de Reims...?

in http://www.lepost.fr le 9 juillet 2008

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Mercredi 9 juillet 2008

Nouvel épisode de la bataille entre les deux ex-candidats à la présidentielle. Mardi soir, sur France 2, Ségolène Royal a trouvé qu’il y avait une drôle de "coïncidence" entre l’effraction de son appartement et ses critiques de Nicolas Sarkozy:
"J'observe que la semaine dernière, le lendemain où j'ai dit qu'il fallait mettre fin à la mainmise du clan Sarkozy sur la France, mon domicile a été mis à sac. (…) Je fais un rapport entre les deux."

Tandis que le porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre a estimé sur France Info qu’elle avait "pété un câble" et que le Premier ministre François Fillon l’a accusée sur RTL de "perdre le contrôle d'elle-même", François Rebsamen, numéro deux du PS et proche de Ségolène Royal, regrette que les faits, "qui se sont aussi produits chez ses collaborateurs", ne soient pas plus pris au sérieux : "Que se serait-il passé lorsque François Mitterrand par exemple ou Lionel Jospin étaient en responsabilité de l'Etat si l'appartement de Jacques Chirac avait été visité deux fois ou celui de Nicolas Sarkozy ? Bien évidemment, l'UMP, à raison, ou le RPR de l'époque, aurait demandé au ministère de l'Intérieur des explications, aurait fait des insinuations, et là rien. Même pas un mot de compassion."

"Deux poids et deux mesures"

François Rebsamen se plaint également de la lenteur de l’enquête. Selon lui, la police semblait plus mobilisée quand il s’agissait de retrouver le scooter de Jean Sarkozy : "Quand on pense aux moyens qui avaient été mis en œuvre pour retrouver le scooter du fils du président de la République qui était à l'époque ministre de l'Intérieur, je me dis que depuis un an, l'enquête a dû progresser et il y a là deux poids et deux mesures."

Ceci dit, ce n'est pas seulement la droite qui semble ne pas prendre l’affaire au sérieux. Le porte-parole du PS Julien Dray a, lui, dit sur iTélé souhaiter "dégonfler la polémique" et éviter "des jours et des jours de polémique inutile et stérile". Le député socialiste Arnaud Montebourg a également estimé, au micro de France Inter, qu'il y a "les risques du mandat comme il y a les risques du métier" et que les responsables politiques sont "souvent soumis à ce genre d'atteintes".

"Dans le domaine de l'intimidation"

Des intrusions dans les domiciles des responsables politiques, justement, il y en a déjà eu de nombreuses, rappelle Jean Guisnel, coauteur de "Histoire secrète de la Ve République" (éd. La Découverte). Mais pour le journaliste, interrogé par Rue89, on a changé de catégorie : "[On n'est plus dans le cadre] des visites domiciliaires qui visent à installer des micros ou à voler des documents. (...) Là, apparemment, il n'y pas eu de vol, donc on est plutôt dans le domaine de l'intimidation. (...) Il faut naturellement démontrer que c'est lié au pouvoir en place. C'est ce que dit Madame Royal."

Guillemette Faure et Julien Martin sur http://www.rue89.com le 9 juillet 2008

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Mardi 8 juillet 2008

Réagissant aux propos de Nicolas Sarkozy sur la perte d'influence des mouvements de grève, Ségolène Royal a affirmé mardi que le président de la République "ne se rend même plus compte de ce qu'il dit" car "il vit dans un autre monde".

L'ancienne candidate socialiste à la présidentielle a déclaré sur RTL que pour le chef de l'Etat "l'argent n'a pas d'importance puisqu'il croule sous l'argent", évoquant "une méconnaissance de ce qui se passe aujourd'hui en France" de la part de Nicolas Sarkozy.

"On se croirait revenu sous l'Ancien Régime où le Roi s'amuse, le Roi dilapide l'argent, le Roi soigne ses amis, le Roi enrichit ceux qui sont déjà riches et pendant ce temps là le peuple s'appauvrit", a dénoncé la présidente de la région Poitou-Charentes.

Mme Royal a également mis en garde la majorité contre tout excès de triomphalisme face à des grèves moins importantes qu'auparavant : "Il y a des colères muettes qui ne se manifestent pas forcément par des grèves ou des protestations parce que on a plus les moyens (...), parce que ça coûte cher", a-t-elle averti.

"Les gens sont désespérés, c'est très difficile aujourd'hui pour les salariés, modestes en particulier, de perdre une journée de salaire pour une journée de grève", a prévenu Mme Royal, pour qui "présider un pays, c'est d'abord respecter les Français et c'est répondre à leurs soucis et à leurs problèmes".

Dépêche de presse - 8 juillet 2008

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Mardi 8 juillet 2008

On pensait avoir définitivement basculé dans le conditionnement moderne, c’est-à-dire nappé du sucre glace de la religiosité. Processions pour la délivrance de l’héroïne, tee-shirts immaculés, rollers, lâchers de colombes, angelots, chorales, ballons, portraits géants aux frontons des mairies. Et après la résurrection, émotion obligatoire devant les retrouvailles familiales, la maman, les enfants, les deux maris, génuflexion devant les «orgies de baisers» des retrouvailles, prosternation collective. Ainsi la France entière, shootée aux photos du bonheur et aux flashes spéciaux, a-t-elle dû subir les scènes pieuses du retour de sainte Ingrid. Ainsi a-t-on entendu un journaliste de France Info, dans la liesse universelle, supplier la libérée d’accepter par avance le prix Nobel de la paix. Et l’ostentation-surprise, par l’otage délivrée, d’une foi proprement chrétienne (avec chapelet, et prière surprise sur le tarmac) ne fut que l’un des adjuvants du spectacle.

On pensait avoir basculé dans cette propagande-là, celle qui n’interdit plus rien, celle qui a laissé ses ciseaux au vestiaire, celle qui ne se donne plus la peine de mentir ou de cacher, puisque sourire, trembler de bonheur et pleurer de joie devant les caméras sont tellement plus efficaces. Mais stupeur ! Dans le tsunami modernissime de la libération d’Ingrid Betancourt, sont venues se glisser, aussi, quelques gouttes d’archaïque propagande.

Reprenons. L’ostensible combat pour cette libération fut l’un des tout premiers de Sarkozy, à peine élu. Réussir où Villepin et Chirac avaient échoué lui était, comme toujours, une motivation première. Toutes les voies de possibles négociations avec les Farc, notamment par l’entremise de Chávez, furent explorées. On proposa d’accueillir en France d’éventuels repentis guérilleros. De longs mois durant, Sarkozy et les Betancourt sommèrent Uribe de composer avec les preneurs d’otages. Interview après interview, ils avaient presque réussi à imposer l’idée que le co-ravisseur d’Ingrid était, tout bien pesé, Uribe lui-même. Et soudain, surprise ! C’est Uribe qui l’emporte, en mêlant force et ruse (tout au moins, jusqu’à remise en cause éventuelle de la version officielle). Aucune importance : à peine cette libération connue, des sarkolâtres plus dévots que Sarkozy lui-même accourent devant les caméras expliquer qu’il y est pour tout. Tous les arguments sont bons.

Sur le site du Figaro, le directeur adjoint de la rédaction, Yves Thréard, assure (en exclusivité mondiale) que c’est bel et bien la carte Chávez, jouée par Sarkozy, qui a abouti à la libération de Betancourt. Christophe Barbier, directeur de L’Express, l’organe central du carlabrunisme, se surpasse sur le plateau de LCI : «Quand Sarkozy se donne un objectif suprême, rien ne l’en détourne jamais. […] Sa mobilisation personnelle a participé de la mobilisation collective. Ça a bougé les lignes au niveau international. Et voir cette mobilisation collective de la France derrière son président, c’était bon pour le moral d’Ingrid Betancourt, et ça n’a pas de prix, grâces en soient rendues à Nicolas Sarkozy.» Le même jour, sur le même plateau, il somme Bertrand Delanoë : «Betancourt et sa famille ont remercié hier le président Sarkozy. Reconnaissez-vous que sa mobilisation personnelle a accéléré le jeu diplomatique ?» Seule à oser une note discordante, Ségolène Royal est lynchée en place publique par la machine TF1. «Ça tue la polémique de Ségolène Royal !» s’exclame par exemple en direct le commentateur de TF1, François Bachy, aussitôt après le discours (étincelant d’intelligence et d’habileté) de Betancourt à l’aéroport de Villacoublay.

Déjà, dans les premières heures de la libération de l’otage, le site du Figaro avait tout bonnement… diffusé une vidéo tronquée des remerciements de Betancourt, au saut de l’avion, escamotant ses remerciements à Chirac et Villepin, pour ne laisser que l’hommage à Sarkozy.

On pensait tournée la page de l’ORTF. Qu’aucun retour en arrière n’était plus possible. Que nos lavages de cerveaux prendraient désormais les couleurs avenantes de l’émotion.

Mais les chemins de la propagande n’en finissent pas de surprendre. La particularité de l’époque, c’est l’étonnante coexistence des deux techniques, l’ancienne et la nouvelle, celle qui mobilise l’émotion et celle qui efface les dissidents de la photo. Comme s’il fallait au message mettre toutes les chances de son côté. La grand-messe unanimiste ne suffit plus. Il faut encore prendre soin d’étouffer, activement, les dissonances. Comme si les servants, pourtant aux manettes d’une sono assourdissante, craignaient encore, étrangement, de ne pas être entendus.

Par Daniel Schneidermann le 7 juillet 2008
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Lundi 7 juillet 2008

communauté : Soutiens à Ségolène Royal

Nicolas Sarkozy se comporte comme un "chef de parti" et un "chef de clan", a estimé lundi le Parti socialiste après la remarque du président de la République lors du conseil national de l'UMP sur les grèves dont désormais "personne ne s'aperçoit".

"Quand on est chef de l'Etat, on doit avoir le souci de l'union du pays et ne pas rentrer de manière continuelle dans une provocation permanente", a estimé le député européen Stéphane Le Foll lors du point presse hebdomadaire de l'UMP. "Nicolas Sarkozy a humilié les syndicats, tous les syndicats avec cette formule."

"Le président de la République se comporte comme un chef de parti, cherche à diviser, stigmatiser et mépriser, ce n'est pas acceptable", a poursuivi le directeur de cabinet de François Hollande.

"Il est très clair que Nicolas Sarkozy comme la majorité sont bien décidés à faire tout ce qu'ils ont dit" lors de la campagne présidentielle, a répliqué lundi le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre. En particulier, "nous sommes décidés à supprimer le droit de nuire aux usagers" des services publics.

Mais le chef de l'Etat "n'a absolument pas, ni dans la forme ni dans le fond, tapé les syndicats", a-t-il assuré. "C'était tout sauf une provocation".

Stéphane Le Foll a également déploré les propos "à la limite de l'insulte" tenus contre Ségolène Royal samedi lors du conseil national de l'UMP, après qu'elle eut remarqué que M. Sarkozy n'avait joué aucun rôle dans la libération d'Ingrid Betancourt. Le nouveau secrétaire général adjoint de l'UMP Christian Estrosi a notamment jugé que l'ex-adversaire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007 avait "l'humanité d'un bigorneau".

Le bras droit de François Hollande a regretté que deux socialistes, Jack Lang et Philippe Martin, aient dénoncé publiquement les propos de Mme Royal. "Il y a une règle qui doit être réaffirmée: on respecte les membres du parti socialiste, on peut avoir des débats, des différences de position, mais on ne peut pas s'associer aux voix de la droite quand il s'agit de sujets aussi importants", a-t-il mis en garde. AP

egp/sb/co

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Lundi 7 juillet 2008

Pour l'économiste Thomas Piketty*, l'héritage est un élément de plus en plus structurant de notre paysage social et de ses inégalités

Le Nouvel Observateur. - En quoi la question de l'héritage et de la reproduction des inégalités se pose-t-elle de façon particulièrement aiguë en ce moment ?
Thomas Piketty.- Cela faisait très longtemps que les patrimoines, qu'ils soient financiers ou immobiliers, ne s'étaient pas aussi bien portés. Ils ont en fait retrouvé leur niveau d'il y a un siècle. Comme à la Belle Epoque, ils représentent aujourd'hui six années de revenus en moyenne, alors qu'ils s élevaient seulement à une année au début des Trente Glorieuses et à trois années durant la décennie 1980.

N. O.
- Comment expliquez-vous ce phénomène ?
T. Piketty.- L'accumulation des patrimoines est un phénomène très lent qui se déroule sur plusieurs générations. Les bulles financière et immobilière expliquent en partie leur bonne santé. Mais il a fallu aussi que le capitalisme se remette peu à peu des chocs qu'il a connus dans la première moitié du XXe siècle, notamment les deux guerresmondiales. Si bien qu'aujourd'hui il est nettement plus fréquent que par le passé d'hériter de plusieurs décennies de salaires. Ainsi, en2008, 15% de la population est en mesure de toucher vingt années de smic en héritage, soit 240 000 euros. Alors que la proportion n'était que de 4%, trois fois moins, en 1990. Comme il y a cent ans, nous sommes donc entrés dans une phase de capitalisme patrimonial. Et ce de façon durable. C'est dire que l'héritage est un élément de plus en plus structurant de notre paysage social, en particulier de ses inégalités,et que l'impôt sur les successions n'a jamais été aussi indispensable.

N. O.
- Les récentes mesures Sarkozy viennent pourtant nettement de l'alléger.
T. Piketty. - Leur impact sera encore plus négatif à long terme. Il faut dire que Nicolas Sarkozy a bénéficié d'un boulevard : les abattements (50 000 euros en ligne directe) n'avaient pratiquement pas bougé depuis vingt-cinq ans : ils n'avaient même pas été indexés sur l'inflation ! Mais en multipliant leur montant par trois (150 000 euros), avec la possibilité d'en bénéficier tous les six ans dans le cadre de donations, il a vraiment été très loin. Si chaque parent utilise cinq fois cet abattement pour chaque enfant, alors un couple avec deux enfants peut maintenant transmettre un patrimoine de trois millions d'euros sans payer aucun impôt ! On dépasse largement le niveau des classes moyennes. En fait, la réforme n a pas du tout été pensée et s'est faite dans la précipitation. Elle est contraire à deux principes économiques assez fondamentaux : le rajeunissement des successions et la valorisation du travail.

* Directeur d'études à l'EHESS et professeur à l'Ecole d'Economie de Paris.
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Vendredi 4 juillet 2008

communauté : Soutiens à Ségolène Royal
Réjouissons-nous de la libération d'Ingrid Betancourt et des otages qui l'accompagnaient !
Le moment n'est pas, ne devrait pas être, à la polémique politicienne.

Claude Gueant, secrétaire général de l'Elysée a dit dans un communiqué officiel que "la France et Sarkozy ne sont pour rien dans la libération d'Ingrid Betancourt".
La presse étrangère confirme cela et précise même que Nicolas Sarkozy jouait encore recemment la stratégie de négociations avec les FARC.

Nicolas Sarkozy n'a été mis au courant de l'opération des militaires Colombiens que dans les dernières minutes alors même que George W. Bush savait depuis de nombreuses heures ce qui se préparait. Le président Uribe l'a confirmé, il voulait remettre la France et son président à sa place.

Par ailleurs, les propos de Ségolène Royal ont été sortis de leur contexte puisque lors de son intervention, elle a appelé au respect des retrouvailles familiales si longtemps attendus et à la nécessité de n'alimenter aucune polémique. Ségolène Royal appelle simplement le gouvernement à faire preuve d'un peu de décence.

La vidéo qui suit démontre fort bien que la nouvelle polémique anti Royal lancée par l'UMP pour tenter de démolir l'adversaire que Sarkozy craint le plus.
Le lien:
http://www.dailymotion.com/video/x60nyn_royal-sarko-yade-ingrid-et-les-autr_news

L'équipe de DA94 www.desirsdavenir94.org
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Vendredi 4 juillet 2008

La journée des 400 ans de Québec a commencé dans la flotte, mais s’est terminée dans l’allégresse. Indisposés par la pluie matinale et pressés par l’horaire, les dignitaires invités pour cette fête du 3 juillet ont renoncé à assister au spectacle commémoratif devant le parlement. Dommage pour eux, car ils ne sauront jamais ce qu’ils ont manqué.

La présidente du Poitou-Charentes, Ségolène Royal, la cheffe du Parti québécois, Pauline Marois, et le chef Max Gros-Louis ont été les seuls à laisser tomber les mondanités et à braver les risques d’orages pour voir cet excellent spectacle signé Pierre Boileau. La population a aussi répondu à l’appel : le site du parlement était bien rempli et devait contenir 15 000 personnes même si l’événement a été décalé d’une heure trente.

Ce spectacle commémoratif aurait sans doute donné une meilleure opinion de Québec aux dignitaires étrangers, qui ont pataugé dans les flaques d’eau et revêtu des sacs en plastique une bonne partie de la journée. Dans 100 ans, les photos protocolaires du 3 juillet 2008 feront sûrement rigoler les gens qui voudront en apprendre davantage sur cette fête historique. On comprendra d’un coup d’œil que la journée a été bien arrosée.

La pluie s’est invitée à la fête dès 8h15, à la fin du déjeuner du maire Régis Labeaume, qui a attiré beaucoup de citoyens et plusieurs manifestants syndiqués de la Ville. Mais le pire de la tempête a malheureusement eu lieu pendant le salut à Champlain et le défilé militaire, qui ont duré plus d’une heure.

Une heure "longue"

Une heure qui a dû paraître bien longue aux premiers ministres français, canadien et québécois, à leurs épouses et aux autres dignitaires, exposés à une pluie diluvienne pendant tout ce temps. Il semble que la Société du 400e ait décidé de ne pas poser d’auvent au-dessus de l’estrade des dignitaires par souci d’économies. On a préféré offrir des parapluies. Résultat : le premier ministre français François Fillon a dû revêtir plusieurs couches de sacs pour se protéger et son épouse s’est même couvert les jambes d’un parapluie pour donner une chance à ses souliers.

Au moment du défilé militaire sur la rue Saint-Louis, vers 11h45, les visages étaient longs. Mais selon le maire de Québec, Régis Labeaume, il semble que la bonne humeur soit revenue pendant le dîner au Château Frontenac. «On n’est pas faits en chocolat! Les femmes ont réajusté leurs mèches et tout le monde a rigolé de se voir aussi détrempés. On avait imaginé d’autres sortes de photos, mais que voulez-vous...», a-t-il dit au Soleil.

Mais tout de même. La grande majorité de ces invités spéciaux ont accueilli avec soulagement l’idée de laisser tomber le spectacle en plein air sous de gros nuages gris au profit des réceptions prévues en soirée. Les 700 places réservées pour eux dans les estrades ont donc été offertes aux personnes qui les accompagnent à Québec parce que l’endroit était encore sous haute surveillance et qu’il aurait été impossible d’y faire entrer le public régulier à si courte échéance, a expliqué la Société du 400e. Les dignitaires pourront toutefois se reprendre aujourd’hui si le cœur leur en dit.

Un spectacle attendu

Et ils devraient franchement répondre favorablement à cette invitation. Car les Dufresne, Dubois, Pagliaro, Vigneault, Charlebois et autres vedettes d’ici et d’ailleurs qui montent sur la superbe scène du parlement leur donneront une idée précise du talent québécois. Et que dire de l’excellent Yves Jacques, qui campe le personnage de Champlain à la perfection. Ce spectacle est celui que tout le monde attendait depuis le 31 décembre 2007 et qui nous est enfin offert en cadeau.

Étrangement, les nuages se sont dispersés au fur et à mesure que les chanteurs nous transportaient dans leur monde. Après la tourmente du matin, le ciel s’est finalement éclairci en début de soirée. Un peu à l’image du 400e au fil de la dernière année...


Voyez des images du 3 juillet, d'heure en heure: Album photos

Julie Lemieux in Le Soleil, sur le site Internet http://www.cyberpresse.ca

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Vendredi 4 juillet 2008

Ingrid Betancourt a été libérée, enfin !
Plutôt que de reprendre des articles, récits et vidéos sur les circonstances de sa libération, il m'a semblé plus intéressant de faire un point sur l'histoire des Farc. Vous trouverez ci-dessous l'article écrit par Jean-Michel de Marchi sur le site Internet rue 89, que je vous conseille par ailleurs d'aller consulter directement, pour bénéficier de tous les liens qu'il contient et des échanges qu'il a suscités.




Tout a commencé par un meurtre. Celui de Jorge Eliécer Gaitàn, assassiné le 9 avril 1948 à Bogota. Annoncé gagnant aux élections présidentielles de 1950, le chef du Parti libéral colombien enthousiasmait les plus pauvres par ses critiques des inégalités et de l'interventionnisme américain. Leur dernier espoir tué, les membres du Parti libéral se radicalisent. Le soulèvement des paysans (Violencia) qui réclamaient des réformes sera réprimé dans le sang par le pouvoir.

Sans candidat en face, le Parti conservateur gagne les élections de 1949 avec Laureano Gomez. Son parti, installé sur des bases catholiques, et le Parti libéral, composé d'une gauche radicale et d'une gauche plus libérale, se livrent alors une lutte sans merci.

Jusqu'en 1953, la guerre civile fera entre 150 000 et 300 000 victimes, essentiellement des paysans. Ceux-ci tentent de se défendre au sein de petits comités, composés de quelques dizaines d'hommes tout au plus: les premières guérillas sont nées. Un dénommé Manuel Marulanda, encore inconnu, est à la tête de l'une de ces milices d'autodéfense.

1964, quelques vieilles escopettes en guise d'équipements

Pendant des années, le pays baigne ce climat de terreur et de violences. Sans grands moyens, plusieurs groupuscules vivotent. Certains se constitueront par idéologie. Un homme, Jacobos Arenas, fédère quelques guérillas -dont celle de Marulanda- pour le compte du Parti communiste colombien. Il fonde alors la République de Marquetalia sur un bout de territoire. L'expérience est vite anéantie par l'armée, mais Manuel Marulanda récupère ce qu'il en reste en 1964: les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) sont nées.

Les hommes qui composent le groupuscule sont de simples paysans armés de vieilles escopettes. Dispersés en quelques foyers, sans équipement ni expérience militaire, leur dangerosité est minime. Rapidement, l'armée capture d'ailleurs deux tiers des effectifs révolutionnaires. Le savoir-faire militaire viendra par la suite.

Progressivement, les groupes d'extrême-gauche voient apparaître un nouvel adversaire, avec les paramilitaires proches du pouvoir. Jusqu'en 1980, les Farc demeureront une entité relativement contrôlée. Le pouvoir ne prend d'ailleurs pas très au sérieux ces révolutionnaires.

1980, financés par la cocaïne et le kidnapping

Les années 80 marqueront un tournant avec le trafic de drogue et le début des enlèvements contre rançon. Est-ce compatible avec la lutte affichée contre les inégalités sociales? Jean-Jacques Kourliandsky, spécialiste de l'Amérique latine à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) explique cette attitude : "[Les Farc disent agir] au nom de la justice sociale et du principe selon lequel la fin justifie les moyens… Et puis, il ne faut pas oublier que Marulanda n'était pas un idéologue. C'était avant tout un militaire, il était donc très pragmatique."

Les Farc se lancent donc dans le trafic de cocaïne. Sous la direction d'un Marulanda pragmatique et sans état-d'âme, ils s'associent avec les cartels. Les narcotrafiquants produisent la cocaïne sur les territoires dont les Farc ont le contrôle. En échange, ces derniers empochent une partie des bénéfices. L'argent afflue et change la donne, explique Daniel Pécaut, spécialiste de la Colombie à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) : "la Colombie est alors un carrefour de la drogue, les effectifs des Farc montent à 3 500 et une atmosphère de Far West s'installe."

A partir des années 90, la guérilla s'implique et participe directement au trafic de drogue. Les enlèvements contre rançon et les impôts révolutionnaires imposés aux propriétaires et paysans se multiplient. La cocaïne devient la première source de financement des Farc.

Parallèlement, ils amplifient considérablement leurs actions violentes, ce qui a conduit l'Union européenne et les États-Unis à placer le groupe sur la liste des organisations terroristes en 2005.

A partir de 2002, les Farc reculent

La présidence d'Alvaro Uribe, élu en 2002 et réélu en 2006, marque un tournant dans les rapports avec les Farc. Sa politique ferme et offensive à l'égard du groupe révolutionnaire tranche avec celle de son prédécesseur Andrés Pastrana, dont le programme de paix de 1998 a été un échec. Le président Uribe a au contraire accentué la pression militaire et renforcé la collaboration avec Washington.

Ce qui semble porter ses fruits ces dernières années: diminution des zones contrôlées par les Farc, élimination de hauts dirigeants, et surtout baisse du nombre de soldats. Daniel Pécaut (EHESS) évalue entre 8 000 et 10 000 l'effectif actuel des Farc, alors qu'ils étaient 19 000 au plus fort de leur pouvoir en 1999. Le nombre d'otages détenus serait selon lui d'environ 1 500.

Les kidnappings sont devenus une pratique systématique des Farc à partir de la fin des années 1990. La détention de personnalités politiques comme Ingrid Betancourt, estimées à quelques dizaines, a permis d'attirer l'attention de la communauté internationale sur le conflit colombien.

Mais pour Jean-Jacques Kourliandsky (IRIS), les estimations que l'on entend ici ou là au sujet du nombre d'otages sont fantaisistes : "ce sont des chiffres qui ne reposent sur pas grand chose, l'Insee des otages colombiens n'existe pas… Tout juste peut-on avoir quelques tendances."

Si les observateurs s'accordent pour évoquer un affaiblissement des Farc, rien n'indique un dénouement rapide. Ni pour la paix en Colombie ni pour les otages.

Jean-Michel de Marchi - sur http://www.rue89.com le 3 juillet 2008 

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Vendredi 4 juillet 2008

Finis le "casse-toi, pauvre con" à un visiteur du Salon de l'agriculture ou les agressions contre le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet. Il devait se modérer, pour reconquérir une aura présidentielle auprès des Français et incarner dignement la présidence de l'Union européenne (UE), à compter du 1er juillet. Mais ce fut la rechute. En quelques jours, Nicolas Sarkozy a multiplié les attaques, mettant en cause personnellement plusieurs personnalités : le chef d'état major de l'armée de terre, Bruno Cuche, auquel il lance un "vous êtes tous des amateurs", et qui a présenté sa démission après la fusillade de Carcassonne ; le commissaire européen Peter Mandelson, accusé d'avoir "sapé" la position de l'Union dans la négociation à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), et qui a boudé le dîner offert à l'Elysée ; le président de France Télévisions, Patrick de Carolis, auquel il dicte depuis des mois la manière de diriger le service public de la télévision et qui a fini par qualifier de "stupide" le discours de M. Sarkozy.

"Nicolas Sarkozy touche à des institutions, à ce qui était des sanctuaires", s'inquiète François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, qui voit dans l'attitude du président "un comportement personnel et une méthode politique : en cherchant la responsabilité des autres, il cherche à exonérer la sienne". Pour l'ancien eurodéputé Jean-Louis Bourlanges, "Sarkozy a moins le goût du pouvoir que de l'arbitraire. Il veut, en face de n'importe quelle situation, affirmer sa supériorité". Cet observateur voit là l'explication de sa contestation des experts ou de sa propension à humilier ses interlocuteurs.

"LES GENS ONT PEUR"

Ses collaborateurs sont habitués à ses sautes d'humeur. "Si on prend ses critiques au premier degré, mieux vaut ne pas travailler avec lui", s'amuse un proche conseiller. Mais cela est mal vécu dans les cercles plus distants : "A l'UMP, les gens ont peur, peur de se faire engueuler", assure un ancien ministre. Certains conseillers ne réfutent pas une dose d'arbitraire, voire d'injustice délibérée du président : selon eux, il doit imposer sa "rupture" et il continue de jouer la carte d'une opinion à reconquérir contre les corps intermédiaires. Mais au-delà du premier cercle, le caractère présidentiel passe mal.

Sur l'Europe pourtant, les attaques se veulent maîtrisées. Nicolas Sarkozy entend briser la "chape de plomb de la pensée unique". Les critiques contre la BCE sont traditionnelles et, pour une fois, n'émanent pas uniquement de Paris. L'attaque contre Peter Mandelson s'explique par un conflit classique entre la France et la Commission et une brouille plus personnelle : "Mandelson ne s'est pas comporté de manière loyale ; nous n'avons pas les chiffres sur lesquels il est en train de négocier à l'OMC. Ce n'est pas correct", accuse-t-on à l'Elysée. Le débat sera clos fin août.

Mais s'ils sont assumés, les changements de stratégie politique ne se font pas sans risques. Ils peuvent passer pour une trahison. La décision de passer en force contre Bernard Thibault, leader de la CGT, et François Chérèque, numéro un de la CFDT, sur l'assouplissement des 35 heures, a été "soigneusement pesée", assure un conseiller. Tant pis pour les dégâts causés sur la confiance qui s'était instaurée avec les syndicats, notamment la CFDT, "un peu blessée", selon la litote employée à l'Elysée. Jugeant le rapport de force favorable, le président a préféré miser sur l'électorat de droite, qui regarde avec méfiance un excès de dialogue social.

La méthode sarkozienne occasionne, aussi, des cafouillages. M. Sarkozy avait décidé de priver les généraux militaires de promotion de la Légion d'honneur, dans la foulée de la fusillade de Carcassonne et d'une tribune d'officiers anonymes s'opposant au Livre blanc sur la défense. Avant de faire machine arrière, sur pression de certains conseillers : cela aurait été trop brutaliser l'institution.

"Nicolas Sarkozy ouvre beaucoup de fronts, et il y a un moment où la guerre devient générale", estime M. Hollande, qui prédit un effet "boomerang". Stéphane Rozès, de l'institut d'études CSA, est plus circonspect. "Même si le lien entre Nicolas Sarkozy et l'opinion s'est délité, il pense que, faute d'alternative, il a de grandes marges de manoeuvre." A l'Elysée, on est convaincu qu'"il n'y aura pas de retour de bâton". Et l'on cite René Char : "Va vers ton risque, à te regarder, ils s'habitueront."

Arnaud Leparmentier in Le Monde - 3 juillet 2008

publié dans : la présidence de(s) Sarkozy
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