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Vendredi 28 septembre 2007
Ce sont deux mauvais chiffres que l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a publiés vendredi 28 septembre : le premier révèle un net recul du moral des ménages (- 6 points) en septembre, le second confirme le chiffre décevant de la croissance française au deuxième trimestre (+ 0,3 %). Il éloigne – voire compromet – les chances de voir le produit intérieur brut (PIB) progresser de 2 % en 2007, ce qui était l'hypothèse basse retenue par le gouvernement Villepin pour bâtir son projet de budget pour 2007.

 

Publiés au plein cœur de l'été, les premiers résultats de la croissance française au deuxième trimestre avaient surpris nombre d'économistes par leur faiblesse – un petit + 0,3 % –, liés notamment au ralentissement de l'industrie manufacturière, à la contribution négative du commerce extérieur et au fléchissement de l'investissement. Vendredi matin, l'Insee a confirmé ce chiffre et réévalué de 0,1 point à + 0, 6 % la progression du PIB au premier trimestre. Selon Ronan Mahieu, chef de division des comptes trimestriels, "ces révisions à la marge portent l'acquis de croissance pour 2007 de 1,3 % à 1,4 %". "Il faudrait, ajoute-t-il, une croissance soutenue au second semestre, de l'ordre de + 0,8 % à chacun des deux derniers trimestres, pour atteindre les 2 % de croissance en 2007". Compte tenu de l'environnement international, du ralentissement de la croissance aux Etats-Unis et de l'appréciation de l'euro qui va creuser le déficit commercial français (plus de 30 milliards d'euros en cumulé), on voit mal les raisons qui pourraient permettre un tel redécollage de l'économie française.

Sur la foi notamment des chiffres "catastrophiques" de la balance commerciale, Jean-Christophe Caffet, économiste France chez Natixis, table sur une progression de 0,5% du PIB aux deux derniers trimestres, et sur une croissance annuelle de 1,8% cette année comme en 2008. Depuis l'été, la plupart des économistes ont revu à la baisse leurs prévisions et s'attendent à la persistance d'une croissance molle en 2008. Si leurs chiffres se révélaient justes, ils compliqueraient singulièrement la tâche du ministre du budget Eric Woerth et celle de la ministre de l'économie Christine Lagarde.
 
PESSIMISME

Le climat, en tout cas, a bien changé depuis le printemps. En mai, dans la foulée de l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence, l'Insee avait constaté une amélioration spectaculaire du moral des ménages : une hausse de 6 points. Il fallait remonter aux législatives de juin 1997 pour trouver une plus forte progression (+ 9 points). En septembre, c'est l'évolution inverse qui est relevée : l'indicateur mesurant ce moral est en net recul, puisqu'il s'établit à - 21 points contre - 15 en juillet. La baisse la plus notable, souligne l'Insee, concerne l'opinion des ménages sur les perspectives d'évolution du niveau de vie en France, qui se dégrade fortement (- 15 points). Les ménages sont de nouveau plus pessimistes sur leur situation financière future et plus nombreux, ce qui est mauvais signe, à douter de l'opportunité de faire des achats importants. Tout se passe comme si l'opinion publique française n'anticipait pas d'effet bénéfique sur le pouvoir d'achat des mesures prises depuis le printemps par le gouvernement Fillon, "paquet fiscal" présidentiel en tête.

Claire Guélaud - LE MONDE | 28.09.07 
Jeudi 27 septembre 2007

La dépêche AFP

PARIS (AFP) — Le président français Nicolas Sarkozy a demandé mercredi aux sociétés privées françaises, parmi lesquelles le groupe pétrolier Total, de geler leurs investissements en Birmanie en raison de la répression des manifestations, dans une déclaration à la presse.

"La France appelle l’ensemble de ses sociétés privées, Total par exemple, à faire preuve de la plus grande retenue, s’agissant des investissements en Birmanie en demandant qu’il n’y en ait pas de nouveau", a déclaré M. Sarkozy après avoir reçu le Premier ministre de l’opposition birmane en exil, le Dr Sein Win, au siège de la présidence.

Ce que la presse ne dit pas.

Une dictature sanglante. Même les américains ont renoncé à y investir. La seule entreprise occidentale est Total. Les associations humanitaires dénoncent le travail forcé. On estime que plus de 15 000 personnes ont été contraintes de travailler à la construction d’un oleoduc, sous la surveillance de l’armée. M. Kouchner s’est décrédibilisé en faisant un rapport après un voyage éclair de deux jours tous frais payés par Total. En ce moment même, l’armée tire sur la foule.

On tire sur la foule ! et la réponse française est : "si vous continuez, on n’investira plus chez vous dans trois ans" !

Si la France a décidé de se bafouer elle-même, qu’au moins elle se cache !


Betapolitique | 26 septembre 2007 

Total est si coutumier du fait, et a été depuis si longtemps si bien protégé par les gouvernements successifs!...

Mercredi 26 septembre 2007
Même dans son camp présumé, le discours économique de Sa Majesté Sarko Ier fait un fiasco.

Pour les libéraux, c’est mathématique, imparable : la politique menée par Nicolas Sarkozy conduit à une impasse. Comme le dit le secrétaire d’État chargé des entreprises et du commerce extérieur Hervé Novelli : « Entre politique de l’offre et politique de la demande, la question n’a pas été tranchée. Nicolas Sarkozy est persuadé qu’on peut agir sur les deux leviers. Faire baisser les prix, libérer du pouvoir d’achat avec les heures sup ou les baisses fiscales, et mener des réformes structurelles à moyen terme. » Offre ou demande. Quelle importance ? Sauf que – le secrétaire d’État au Commerce Extérieur est bien placé pour le savoir – redonner du pouvoir d’achat aux Français, avant d’avoir rendu l’appareil productif plus compétitif, aura pour principale conséquence d’accroître les importations, et donc d’aggraver le déficit du commerce extérieur !

« En relançant la demande, on subventionne les usines chinoises », grince le président de la commission des finances Jean Arthuis. Les libéraux sont convaincus que les faits leur donneront raison. À court terme, la France sera confrontée à une situation intenable : dette, déficits… Et Bruxelles ne laissera pas faire. Quand ? Entre le début 2008, et le printemps 2008. En attendant les avertissements ne servent à rien, le président n’en démord pas : il peut arracher un point de croissance supplémentaire avec les dents. N’a-t-il pas sauvé Alsthom, quand tout le monde lui disait que c’était plié ? N’a-t-il pas réussi à faire repartir la consommation avec la prime auto du temps où il était à Bercy ?

Tous ces débats sur l’offre et la demande, ne sont pour lui que des querelles d’experts qui se torturent les méninges inutilement. Le président de la République l’a répété à maintes reprises, il est un pragmatique. « Inutile de réinventer le fil à couper le beurre. Toutes ces théories économiques… moi-même, parfois je suis un peu perdu. Ce que je veux c’est que les choses marchent », déclarait-il à Lyon, le 29 juin dernier. En 2004, il avait déclaré au Time magazine : « Quand j’ai un dossier sur mon bureau je ne passe pas mon temps à me demander ce que Ricardo, Smith ou Hayek aurait fait ». Il est bien décidé à continuer à jouer cette petite musique en stéréo concoctée par Henri Guaino, qui lui a permis de conquérir le pouvoir. À l’Élysée, où libéraux et keynésiens se regardent en chien de faïence, chacun attend l’heure de vérité.


 mardi 25 septembre 2007 par Vanessa Serarien in Backchich

Mercredi 26 septembre 2007

Le président a plaidé pour un "partenariat renforcé entre l'ONU et l'Union africaine" afin d'apporter une "une solidarité opérationnelle" au continent.

Nicolas Sarkozy (Reuters)

Nicolas Sarkozy (Reuters)

Nicolas Sarkozy a dit mardi 25 septembre croire à un "partenariat renforcé entre l'ONU et l'Union africaine" afin d'apporter "une solidarité opérationnelle" au continent, lors d'un sommet du Conseil de sécurité des Nations unies sur l'Afrique,
Le chef de l'Etat a également salué le feu vert du Conseil de sécurité au déploiement au Tchad et en Centrafrique d'une force de l'Union européenne chargée de protéger les civils affectés par le conflit au Darfour, se félicitant du rôle de la France dans cette initiative.
"Avec Bernard Kouchner, on peut quand même être assez contents du résultat. On avait fait de la crise au Darfour et de sa solution une priorité de l'action diplomatique française. A l'arrivée, je ne dis pas que c'est réglé, mais les choses ont bougé", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à l'issue de la réunion.

"Pas si évident"

"Ce n'était pas si évident, c'est fait. Avec une unité de la Chine, des Etats-Unis, de la Russie, de l'ensemble des membres du Conseil de sécurité. Si c'était si facile, il ne fallait pas que les autres se gênent pour le faire", a-t-il ajouté.
Evoquant la situation en Somalie, Nicolas Sarkozy a également indiqué que "la France est prête à envoyer un navire militaire pour protéger le ravitaillement humanitaire" des populations prises dans les violences qui continuent de secouer le pays. "Nous sommes prêts à mettre ce bateau à la disposition de façon à protéger les convois humanitaires".
De manière générale, le président français a estimé que "ce qui se passe en Afrique nous concerne tous". "On ne peut pas laisser la pauvreté progresser en Afrique, on ne peut pas laisser la guerre déchirer l'Afrique, on ne peut pas laisser la maladie décimer les Africains", a-t-il déclaré au terme d'une réunion du Conseil de sécurité au niveau des chefs d'Etats et de gouvernements intitulée "Paix et sécurité en Afrique". "C'est un problème pour la stabilité du monde"

"Des actions concrètes"

Soulignant la volonté de la communauté internationale d'aider l'Afrique "à prendre (son) destin en main", Nicolas Sarkozy a toutefois affirmé qu'"il y a des crises qui sont si graves, si importantes, que l'Afrique ne peut pas s'en sortir seule". Et c'est pour cela que "je crois au partenariat renforcé entre l'ONU et l'Union africaine", a-t-il indiqué.
"Ce dont a besoin l'Afrique ce sont des actions concrètes", a-t-il estimé. "Il ne s'agit pas pour nous seulement d'une solidarité intellectuelle, il s'agit d'une solidarité opérationnelle".
Mais, a souligné le président français, la communauté internationale doit être "sans concession sur le respect des droits de l'Homme, sur la progression de l'Etat de droit, sur l'impératif de la justice et sur l'impunité pour les criminels".
"C'est un ensemble cohérent que nous voulons: travailler avec les Africains pour la paix, le développement et la stabilité en Afrique", a martelé Nicolas Sarkozy. "Et pour cela, n'accepter aucune complaisance sur le non-respect de l'Etat de droit et sur le non-respect de la personne humaine", sans vouloir "donner des leçons a qui que cela soit". 


(AP) in NOUVELOBS.COM | 26.09.2007 | 09:19
      

Il aurait pu parler de co-développement qui est une idée intéressante pour lutter contre l'immigration clandestine...
Il aurait pu parler du blanchiment d'argent des dirigeants africains...
Mercredi 26 septembre 2007

RESF s’indigne du délai des autorités pour annoncer le décès de Chulan Zhang Liu.

 
 
Chulan Zhang Liu, la sans-papiers chinoise qui s’est défenestrée jeudi dernier à l’arrivée de la police boulevard de la Villette à Paris (Xe), est décédée des suites de ses blessures, vendredi à 23 h 55, à l’hôpital Georges Pompidou. C’est le Réseau éducation sans frontières (RESF) qui a révélé l’information, hier, en s’indignant du silence des autorités. «L’issue fatale de ce drame a été soigneusement cachée pendant deux jours, a souligné RESF. Le gouvernement se sentirait-il enfin responsable après cette quatrième défenestration ?»


Alors qu’un nouveau rassemblement s’est tenu, hier soir, boulevard de la Villette, plusieurs élus parisiens ont interpellé, eux aussi, le gouvernement. Le maire de Paris, Bertrand Delanöe a dénoncé
«la pression grandissante qui s’exerce sur les étrangers et la multiplication des contrôles d’identité et des interpellations collectives»
. «On a imposé à la police une politique de rendement, a déploré Tony Dreyfus, le député maire (PS) du Xe. Les contrôles systématiques font que les gens sont paniqués. Cela va trop loin, et c’est vrai, cela donne une impression de rafle.»
Lors du rassemblement, Mouloud Aounit, le président du Mrap, s’est plaint du silence d’Etat entourant le décès de Chulan Zhang Liu : «Le gouvernement n’est pas naïf, il devait être informé au plus haut niveau de l’Etat.»
«Qui-vive».  Chulan, âgée de 51 ans, n’était arrivée que depuis peu dans l’appartement du boulevard de la Villette. «C’était quelqu’un qui était sur le qui-vive tout le temps, résume Tran, un ami des colocataires chinois. Elle ne parlait pas un mot de français.» Un autre occupant du studio avait été arrêté, deux jours plus tôt, au marché sauvage près du métro Belleville.
De son côté, le parquet a estimé que «le comportement de la police n’était pas en cause» dans l’accident survenu à Chulan. Les policiers du Xe arrondissement étant venus remettre une convocation, sans entrer dans l’appartement. L’objet de cette convocation est plus surprenant. Il s’agissait en effet d’une enquête pour «vol d’effets personnels» diligentée par le parquet de Meaux (Seine-et-Marne) à la suite d’une plainte déposée par un Chinois ayant habité au 41 boulevard de la Villette, avant son expulsion, il y a plusieurs mois… «La police n’a pas l’habitude de suivre ce type de plainte pour des effets personnels à moitié perdus ou à moitié retrouvés, surtout six mois après une expulsion», commente, dubitatif, un responsable d’association de soutien aux sans-papiers. «Il y avait un turn-over continuel dans l’appartement, rapporte Chan, et vraiment rien à voler ! Moi-même j’ai oublié souvent mes affaires, et je les ai toujours retrouvées.»
Un récepissé grec.  Présenté comme le «logeur», et soupçonné du vol d’effets personnels, Wenkui Nie un autre sans-papiers, avait été placé, jeudi, en garde à vue par les policiers de la deuxième DPJ. Aucune charge n’a finalement été retenue à son encontre, mais il été placé en rétention administrative à Vincennes, samedi. Arrivé en France en août 2002, Wenkui Nie, originaire du Nord de la Chine, avait pour tout document un récépissé grec.
Une avocate de permanence, Me Syrine Saïeb, a plaidé, dimanche, devant le juge des libertés et de la rétention (JLD) la nullité de sa garde à vue au vu de plusieurs mentions rectificatives figurant sur les procès-verbaux et du caractère tardif de la «notification des droits». Le JLD ayant rejeté ces arguments, Wenkui Nie doit comparaître en appel aujourd’hui.
    • Lire aussi BLOG A l'école des sans-papiers
       
     
    Par Karl Laske
    LIBERATION : mardi 25 septembre 2007



    Le silence de Rama Yade est éloquent. Apparemment, les Droits de l'Homme ne s'appliquent pas à la France!
Lundi 24 septembre 2007
Entre rejet et idolâtrie, l’action du Président est diversement appréciée.
 
Le style Sarkozy et le nouveau ton de la politique étrangère française irritent, inquiète, mais aussi parfois séduit comme aux Etats-Unis. Petit tour du monde de la sarkolatrie et de la sarkophobie.
 
Aux Etats-Unis, «La France apprend à dire oui» 

Les éditorialistes d’outre-Atlantique soulignent volontiers que leurs homologues français le surnomment souvent «Sarkozy l’Américain» depuis ses vacances dans le New Hampshire l’été dernier. «C’est un peu comme si George W. Bush laissait tomber le Texas pour passer trois semaines à Saint-Jean-Cap-Ferrat», relevait récemment le New York Times

La Maison Blanche se frotte encore les yeux à voir que Paris se porte aujourd’hui volontaire pour prêter son autorité morale à une administration Bush discréditée. «Il y a beaucoup, beaucoup de choses que la France et les Etats-Unis vont pouvoir faire ensemble», s’enthousiasmait vendredi la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice après sa rencontre avec le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner. Sur presque tous les contentieux passés les deux capitales sont à l’unisson. «La France apprend à dire oui», se réjouit dans Newsweek l’expert en politique étrangère de l’Institut Brookings Philip Gordon, qui a traduit en anglais le livre de Sarkozy Témoignage
L’ouvrage est devenu une sorte de vade-mecum des candidats républicains aux présidentielles de novembre 2008. «Ils sont presque gagas de Sarkozy», note le journaliste Calvin Woodward. Rudolph Giuliani qui a rencontré Sarkozy à plusieurs reprises depuis 2002, va désormais jusqu’à l’ériger en saint patron de la politique américaine. Pour gagner, a-t-il dit sur la chaîne CNBC, il n’y a que trois modèles : «John F. Kennedy, Ronald Reagan ou Nicolas Sarkozy…» Les candidats démocrates à la présidentielle sont plus circonspects. Barack Obama, seul à l’avoir rencontré, l’an dernier, partagerait sa volonté d’agir pour mettre fin au génocide au Darfour.

En Allemagne, Le «nouveau Napoléon» irrite 
«Le vantard !», ricane le très sérieux hebdomadaire Die Zeit , dans un article au titre évocateur. L’activisme frénétique du président français irrite outre-Rhin. Le rapprochement avec les positions de Washington sur le nucléaire iranien est perçu comme un coup bas à Berlin, alors que les Allemands étaient jusque-là fiers d’avoir convaincu la Chine et la Russie de se joindre aux négociations menées par la Troïka Allemagne - France - Royaume-Uni. La presse allemande n’aime vraiment pas le «nouveau Napoléon» , (surnom donné à Nicolas Sarkozy au lendemain de son élection par l’hebdomadaire Stern ). 
Die Zeit compare la politique sarkozienne à «un ouragan» , avec trois priorités : «soigner l’identité nationale des Français, attaquer le consensus financier en Europe et réclamer un rôle directeur à la France dans tous les conflits mondiaux… Il demande aux Européens de se réveiller ? Les Allemands sont totalement réveillés depuis longtemps. L’image que les Allemands ont de Sarkozy balance entre fascination, surprise et irritation grandissante…» Et d’égrener la liste des griefs accumulés à Berlin en quatre mois : infirmières bulgares, critiques contre la fermeture des centrales nucléaires allemandes, attaques contre l’indépendance BCE… 
La chancellerie pourtant semble rester de marbre même si Angela Merkel passée sans transition du baisemain chiraquien aux bises claquantes de Sarkozy, aurait encore du mal à s’habituer au nouveau locataire de l’Elysée. Mais Berlin est persuadé qu’à terme, la stratégie discrète et retenue adoptée par la Chancelière sur la scène internationale est plus payante que le style agressif d’un Schröder. Ou d’un Sarkozy.
«Ce qui est rassurant, estime le chercheur Martin Koopmann, c’est que les sujets de division entre la France et l’Allemagne n’ont pas vraiment changé avec l’arrivée de Sarkozy au pouvoir. Il s’agit toujours essentiellement de la politique industrielle, de l’indépendance de la BCE…» Experts et diplomates sont dans l’ensemble d’avis que les tensions entre Paris et Berlin portent plus sur la forme que sur le fond. Quant aux appels du pied de Paris vers Washington, ils sont comparés à Berlin à l’offensive de charme - de courte durée - déployée par Schröder à son arrivée au pouvoir en direction de Tony Blair.

En Italie, Un allié et un exemple 
Silvio Berlusconi revendique une vieille amitié avec Nicolas Sarkozy qui, selon lui, l’aurait pris comme modèle politique. Le président d’Alliance nationale, Gianfranco Fini, a pour sa part préfacé à la fin de l’année dernière la version italienne de Témoignage. Pour la droite italienne qui n’a jamais beaucoup aimé Jacques Chirac, le nouveau chef de l’Etat français est depuis longtemps un allié et un exemple. Mais une bonne partie de la majorité de gauche, en panne d’idées et embourbée dans la partitocratie, regarde aussi avec des yeux de Chimène le président français, sa volonté et sa capacité d’agir. 
Avant le 22 mai, quelques parlementaires de gauche avaient déjà choisi le patron de l’UMP contre Ségolène Royal. Le futur leader de la gauche Walter Veltroni loue ainsi l’ouverture du président français. «Ils sont tous fous de Sarkozy», s’inquiétait fin août le quotidien communiste Il Manifesto. «L’Italie, pays faible cherche son Sarkozy», a résumé le politologue Ilvo Diamanti notant que dans un récent sondage «84% des Italiens souhaitent un homme fort pour guider le pays»

En Suède, «Un acteur de one-man show» 
Le président français ne laisse pas les Suédois insensibles. Mais « les opinions sont ambivalentes dans un pays qui ne comprend pas toujours la politique française», note Marie Demker, professeur de sciences politiques à l’Université de Göteborg. Éditorialistes et politiciens ont voulu voir dans l’élection de Nicolas Sarkozy un signe d’espoir, notamment pour l’avenir de l’UE. Jacques Chirac faisait enfin ses valises ! Depuis, ils ont déchanté. Les prouesses du président français sur la scène européenne n’impressionnent guère. Au contraire. 
Sa présence à la réunion de l’Eurogroupe début juillet, son refus de réduire le déficit budgétaire français avant 2012 et ses attaques contre la Banque centrale européenne agacent. Le correspondant du quotidien Svenska Dagbladet à Bruxelles, Rolf Gustavsson, estime le 8 juillet que «Sarkozy ne veut pas seulement conduire la France à contre-courant mais toute l’Europe». La libération des infirmières bulgares en Libye confirme les inquiétudes des Suédois. A cette occasion, l’éditorialiste Mats Viklund a fustigé «le cynisme traditionnel» de la politique étrangère française. 
Le style aussi intrigue. Rolf Gustavsson compare le président à «un petit garçon agité qui adore s’amuser avec des allumettes et joue en même temps au pyromane et au pompier» . Marianne Ekhdal voit plutôt «un acteur de one-man show monté sur batteries éternelles» . Le journaliste et écrivain Herman Lindqvist, auteur d’un ouvrage sur Napoléon, note de multiples ressemblances entre les deux hommes, dont une conviction partagée d’être «le sauveur la mère-patrie» . Rolf Gustavsson va jusqu’à recenser les similarités entre la façon de gouverner de Sarkozy et Poutine. 

En Russie, «Le même complexe que Poutine» 
Contrairement à ses prédécesseurs, le président français Nicolas Sarkozy reste une figure politique relativement inconnue en Russie. Jacques Chirac, François Mitterrand, sans parler de De Gaulle étaient considérés comme des amis de la Russie et avant, de l’union soviétique, garants d’une certaine idée de l’indépendance de l’Europe et de la France dont on ne fait pas crédit au nouvel élu. T outefois personne ne pense sérieusement ici que Sarkozy infléchira réellement des liens privilégiés de longue date entre la France et la Russie.
 
Les Russes s’intéressent peu à la politique étrangère et donc à un chef d’Etat européen. Pour marquer ce dédain, le politologue et conseiller de Poutine Gleb Pavlovski a même, à propos de Sarkozy, déclaré dans une de ses émissions politiques sur la chaîne NTV : «C’est un jouisseur, un coureur de jupons !» Pourtant, depuis la rencontre des deux chefs d’Etat lors du sommet du G8 en Allemagne, la presse a souligné ce qu’elle a interprété comme un rapprochement entre les deux hommes. Pavel Aptekar du quotidien Vedomosti pense même que, dans l’inconscient collectif russe, Sarkozy est une personnalité du même type que Poutine. «Ils ont en commun leur petite taille, une sorte de complexe napoléonien, un discours parfois populiste et représentent une rupture avec le système politique qui les a précédé.»
 
A plusieurs reprises, la presse a fait remarquer que tous deux avaient noué des liens étroits avec les milieux d’affaires de leurs pays, surtout pour justifier la relation que Poutine entretient avec les oligarques russes. Enfin, les Izvestia ont fait un autre parallèle entre les deux présidents : le quotidien, qui appartient au monopole d’Etat Gazprom, n’a pas hésité à publier en une les deux photos de Sarkozy torse nu aux Etats unis, avec et sans retouche. Une façon de s’extasier indirectement sur l’authenticité des pectoraux du président russe.

Au Proche-Orient, Un atlantisme qui inquiète 
Nucléaire iranien, renforcement du rôle français en Irak, laborieuses négociations libanaises, rejet d’un «Hamastan à Gaza…» Les premiers pas de Nicolas Sarkozy sur le champ de mines proche-oriental ne cessent d’inquiéter le monde arabe. «Les Arabes ont peur que ce courant néoconservateur gagne l’Europe. Or celui qui représente le plus ce courant actuellement, c’est Nicolas Sarkozy», explique Nabil Choubachy, rédacteur en chef à la télévision publique égyptienne Nile TV, pour qui le changement de cap de la diplomatie française est déjà suffisamment perceptible pour y consacrer une émission «Bernard Kouchner a-t-il vraiment gaffé en parlant d’une guerre avec l’Iran ?» A travers le monde arabe, la bourde iranienne de Bernard Kouchner eu l’effet d’un petit séisme. «Comme il est trop tard pour faire quelque chose en Irak, on peut demander si le rapprochement franco-américain ne va pas se faire sur le dos de l’Iran», conclut Nabil Choubachy. Sarkozy est une source d’anxiété pour le monde arabe qui voit en lui un nouveau Tony Blair et craint que la France n’abandonne ses traditionnelles positions au Proche-Orient. De son discours le mois dernier aux ambassadeurs français, les éditorialistes et les politologues ont surtout retenu que le président français avait souligné avoir «la réputation d’être un ami d’Israël et c’est vrai.» Ses déclarations «d’amitié et de respect» envers les peuples arabes ont été occultées par son intention de «prévenir une confrontation entre l’islam et l’Occident». Une phrase perçue comme une volonté délibérée de stigmatiser le monde musulman. 
Par Philippe Grangereau (à Washington), Nathalie Versieux (à Berlin), éric Jozsef (à Rome), Anne-Françoise Hivert (à Göteborg), Jean-François Guelain (à Moscou) et Glaude Guibal (au Caire).
LIBERATION : lundi 24 septembre 2007
Lundi 24 septembre 2007
PARIS (Reuters) - Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, juge utiles les chantiers ouverts par Nicolas Sarkozy dans le domaine social, mais refuse le rythme choisi par le chef de l'Etat pour mener à bien les réformes.

 

"Super Dupont qui change la France en six mois, ça n'a jamais existé. Aucun pays au monde ne s'est transformé aussi vite", souligne-t-il dans une interview à paraître lundi dans le quotidien La Tribune.

"Les chantiers ouverts par le président de la République sont utiles. Trois sont particulièrement importants à nos yeux: le financement de la protection sociale, le service public de l'emploi et la réforme de l'État", déclare François Chérèque.

"Pour autant, nous sommes surpris par les délais très courts proposés pour mener à bien ces réformes. Le risque est de bâcler le travail, de ne pas faire la pédagogie de la réforme et de donner le sentiment qu'elle se fait contre les personnes directement concernées", souligne-t-il.

"Je m'interroge sur la méthode, et je me demande si, pour le chef de l'État, le dialogue social n'est pas un passage obligé dont il veut se débarrasser rapidement, les résultats apparaissant prédéterminés", s'inquiète le dirigeant syndical.

"Nous notons aussi que Nicolas Sarkozy a une conception très libérale des relations sociales et de la protection sociale. Que ce soit dans la fonction publique ou dans le privé, il privilégie la relation de gré à gré entre le salarié et son employeur, sans possibilité de médiation syndicale", critique-t-il.

23.09.07 | 15h56 in lemonde.fr

Ajoutons d'autres remarques du même Chérèque repris dans La Tribune:

"La seule façon d'augmenter le pouvoir d'achat est de créer de la croissance. Le gouvernement a préféré des cadeaux fiscaux à un investissement sur la recherche, l'innovation, la formation. C'est une erreur de stratégie", martèle-t-il dans un entretien paraissant lundi dans "La Tribune". (...)

S'agissant des 35 heures, pour lequelles "beaucoup d'assouplissements existent", François Chérèque prône une approche pragmatique et non idéologique. A ses yeux, la dénonciation systématique de cette disposition "masque l'échec du 'travailler plus pour gagner plus' car on a oublié que, pour augmenter le volume horaire dans notre pays, il faut d'abord relancer la production".

Quant à la détaxation des heures supplémentaires, qui entrera en vigueur le 1er octobre, il rappelle que "la majorité des salariés est exclue de ce nouveau dispositif: les chômeurs, les temps partiels imposés, les salariés qui ont un temps de travail annualisé ou sont au forfait jour".

"Aujourd'hui, beaucoup d'entreprises commencent à nous dire que les heures sup ne sont pas si rentables financièrement et qu'elles vont désorganiser le travail", poursuit-il. AP

Dimanche 23 septembre 2007

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