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Vendredi 26 janvier 2007

Ce fut une séquence politique intense. Après le débat participatif de Roubaix, la visite de Ségolène Royal au « Ministère de la crise du logement » et la disparition de la figure tutélaire du droit des sans-abri, l’abbé Pierre, la candidate a précisé ses engagements sur le logement. Elle a présenté une dizaine de propositions concrètes pour relancer le logement social, répondre au problème particulier de la jeunesse dans ce domaine et favoriser l’accès à la propriété. Elle a assuré les associations qui militent souvent sur le fil de la légalité de son soutien à la juste cause des sans-logis et de son engagement en faveur du droit de réquisition.

(Extraits des interventions de Ségolène Royal pendant le débat participatif de Roubaix) « La France se sent tirée vers le bas. Les parents se demandent si leurs enfants pourront accéder au logement, première condition de la dignité. Il y a une attente désespérée des Français devant la montée des désordres, en premier lieu le désordre du logement. Il y a l’angoisse de la précarité des jeunes, confrontés à des exigences de garanties et de salaires qu’ils ne peuvent satisfaire, comme l’angoisse des personnes âgées qui se demandent combien de temps leurs pensions suffiront à payer leur loyer… Pourtant, l’accès au logement, c’est l’accès à une dignité fondamentale.

C’est une condition essentielle pour pouvoir se projeter dans la vie. Or, la plus profonde des inégalités aujourd’hui, se situe entre ceux qui peuvent se projeter dans l’avenir,qui peuvent imaginer le futur de leurs enfants, et ceux qui ne peuvent pas se projeter plus loin que la fin de la semaine et qui ne savent pas de quoi sera faite la vie de leurs enfants, s’ils auront seulement un toit ou un travail. Le logement doit être assuré sur toute la vie parce que c’est la condition d’une vie de famille. Et c’est souvent la condition de la réussite scolaire des enfants et de la stabilisation de l’emploi. Tout se tient, cela veut dire que ce logement conditionne et nécessite un emploi stable et un salaire stable. C’est pourquoi cette question du logement est au coeur de la question sociale.

La crise actuelle nous montre que la loi du marché ne peut plus résoudre la question du logement. Cette crise n’est pas le fruit du hasard. Elle est la conséquence des politiques de droite qui ont été menées depuis cinq ans. Cinq années de renoncement, cinq années de mesures favorables aux plus riches. Aujourd’hui, beaucoup de communes ne respectent pas l’obligation de construire les 20% de logements sociaux sur leur territoire. Il faudra désormais aller au-delà des amendes. Il faut être beaucoup plus radical et que l’État se substitue à ces mairies défaillantes en réquisitionnant les terrains et en construisant lui-même les logements sociaux. C’est de cette façon-là que l’on pourra, petit à petit, résorber le déficit du nombre de logements sociaux.

Je découvre aussi que l’État spécule. Il est quand même très choquant que ce soit le gouvernement lui-même qui a partir de terrains dont il ne fait rien, dont il est propriétaire au nom des Français, participe à la spéculation immobilière. Il faudra que cela cesse. Si je suis élue les terrains et les bâtiments appartenant à l’État seront mis en vente pour les communes qui veulent faire du logement social, et ce à moitié du prix du marché. Je prends devant vous cet engagement, il sera appliqué immédiatement après la présidentielle si nous l’emportons.

Je vous le dis, si je suis élue, l’État et la puissance publique, en relais sur les collectivités territoriales, reprendront tous leurs droits dans ce domaine pour imposer un certain nombre de décisions. Je ferais du logement une grande cause nationale selon le voeu de Michel Delebarre, président du mouvement HLM et député PS du Nord, présent dans la salle. L’objectif très ambitieux que nous devons nous fixer, c’est la réalisation de la sécurité-logement tout au long de la vie. C’est dans ces conditions aussi que cette fameuse loi du droit au logement opposable sera crédible car comment croire une loi qui établit et proclame le droit au logement alors qu’il y a une telle pénurie de construction de logements sociaux depuis cinq ans ? Quand pendant cinq ans, l’État a même donné de l’argent à des gens pour se désengager du social ?

Pour la réalisation de toutes ces politiques, votre mobilisation sera nécessaire. C’est pourquoi ces débats sont aussi importants. Je vous remercie d’y avoir apporté votre pierre. »

Vendredi 26 janvier 2007

Depuis que je suis revenue de Sarkoland, je suis punie. A la rédaction, ils m’ont collé le suivi du petit Nicolas (pas celui de Sempé, celui de Beauvau). Lundi, jour de chance, une belle interview dans le Monde à lire et à commenter. Le gros lot quoi…

Remarque, l’entretien commence plutôt bien : le super candidat de l’Ump propose de redonner du pouvoir d’achat aux Français. Ça tombe à pic,j’ai rendez-vous avec mon banquier demain. « Si on réduit de 4 points nos prélèvements obligatoires, on rend 2 000 euros aux Français par foyer et par an ». 2 000 euros ! Je pars aussitôt voir Dan à l’étage du dessus,au secteur éco.

- Alors, Dan, qu’est-ce que tu as à répondre à ça ? Ça t’en bouche pas un coin ?

-Toi, tu viens de lire Le Monde !

Et là, en une addition et une soustraction, le voilà qui m’explique le fin fond de l’histoire : Sarko est un peu fâché avec les chiffres. Il a un projet présidentiel que l’institut de l’entreprise a chiffré à 47 milliards de dépenses supplémentaires et maintenant, il propose 70 milliards d’économies sans creuser le déficit public. Il y a comme une supercherie là-dessous.

Je lui explique que pour parvenir à l’équilibre, Nicolas suggère de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Bon, c’est sûr, il va falloir choisir celui qu’on éjecte : pas évident, entre les pompiers, les policiers, les instituteurs, les infirmières… De toute façon, Dan a tout calculé, ça ne fait que 4 milliards. Comparé aux 117 milliards à trouver, y’a comme un bug… Sarko, ce n’est pas un magicien, c’est un illusionniste.

Je redescends à la rédaction, et me revoilà à lire cette fameuse interview : « Il faut que les Français en aient pour leur argent ». On dirait le bon sens de mon grand-père. Mais à la lecture, je me demande vraiment comment il pourrait y arriver. Pourtant, j’ai fouillé. Pour la santé, il propose d’instaurer une franchise par famille, « parce qu’il faut essentiellement responsabiliser le patient ». Côté médecin, il n’y a rien à redire, « la médecine libérale a fait beaucoup d’effort ».

Côté impôts, il a une drôle de formule « le problème de la France, c’est qu’on hérite trop tard ». Elle est bizarre cette phrase : je ne sais pas s’il parle de Chirac, mais moi j’aurais plutôt tendance à penser qu’on hérite toujours trop tôt… En tout cas, le Sarko propose maintenant de supprimer les droits de succession. C’est pas faux, quand on se crève la paillasse toute une vie, on a envie que ça serve aux enfants. Le souci, c’est que l’immense majorité des héritages se fait déjà en franchise d’impôts. Finalement, à part les fils et filles à papa, ça va pas profiter à grand monde…

Et comme rien est trop beau pour ceux qui ont déjà de l’argent, Sarko annonce un bouclier fiscal à 50 %. J’exerce alors mon talent de mathématicienne : la moitié des Français n’étant pas imposable sur le revenu, encore une mesure qui va toucher quelques milliers de personnes.

Finalement, pour l’immense majorité des Français, le seul moyen de gratter un peu, ce sera des heures supp, et pour une poignée de rentiers, de fabuleux cadeaux.

C’est vrai qu’il faut que « les Français en aient pour leur argent », mais visiblement, Sarko et moi, on ne fréquente pas les mêmes…

Ariane Vincent - L'Hebdo des Socialistes

Jeudi 25 janvier 2007
NOUVELOBS.COM  25.01.2007- -19:11
Quel crédit peut-on apporter aux informations contenues dans l'article du Canard enchaîné ?

- L’essentiel de l'article est absolument exact. Il existe juste une petite erreur, qui concerne la mise en cause du commissaire Pichon. Pour le reste, il est exact qu'une fiche des Renseignements généraux sur Bruno Rebelle a été établie sur demande expresse de la hiérarchie le 15 janvier, soit le lendemain de l'annonce de son ralliement à Ségolène Royal.
On ne peut certes pas prouver que cette enquête a été diligentée par le ministre de l'Intérieur. Elle peut également avoir été rédigée à l’initiative de la Direction centrale des Renseignements généraux, sans ordre particulier.
On peut simplement remarquer que la seule actualité concernant Bruno Rebelle était son ralliement à l'équipe de Ségolène Royal...

De qui dépendent les Renseignements généraux ?

- C'est le gouvernement qui nomme le directeur des RG. Le supérieur du directeur des Renseignements généraux est le ministre de l'Intérieur. Tous les soirs, vers 18h, le directeur des RG transmet une note de synthèse à la place Beauvau. Ce qui signifie que le 15 janvier au soir, au plus tard, Nicolas Sarkozy était informé qu'une fiche détaillée avait été établie sur Bruno Rebelle.

Par qui peuvent être effectuées les vérifications demandées par François Hollande ?

- Rien de plus simple, il suffit de demander à l'IGPN (Inspection générale de la Police nationale, ndlr) de vérifier les ordinateurs de leurs collègues des RG. Ils sauront alors dans le détail quand la fiche sur Bruno Rebelle a été faite, sur la demande de qui et pour quelles raisons. Si le ministre de l’Intérieur-candidat, qui clame son innocence, veut prouver sa bonne foi, il lui suffit donc de saisir l’IGPN, la police des polices. Or, je remarque qu’il s’est bien garder de le faire…

Propos recueillis par Solène Cordier

(le jeudi 25 janvier 2007)
 
Jeudi 25 janvier 2007

Ségolène Royal a confirmé jeudi que le Contrat nouvelles embauches (CNE) "sera abrogé" si elle est élue présidente de la République.

"Ce qui est très grave c'est ce que le candidat de la droite a proposé hier: le contrat de travail, s'il était élu, serait calqué sur le CNE", a-t-elle réagi sur RMC-Info. "Il s'apprête à démanteler le Code du travail et tous les Français pourraient être licenciés pendant deux ans".

"Cela n'est pas ma conception des choses: le CNE sera abrogé, parce que la période d'essai aujourd'hui est suffisante, et le CDI deviendra la référence du contrat de travail", a confirmé la candidate du PS. "Les entreprises qui s'engageront dans les CDI bénéficieront d'un bonus sur les cotisations sociales".

"Je pense que, pour relancer la machine économique, il ne faut pas précariser le travail, mettre davantage de désordre, de fragilité de peur pour les salariés", a plaidé Ségolène Royal. "Il y aura une nouvelle dégradation, un nouvel échelon franchi pour la France qui sera à nouveau tirée par le bas".

La président de la région Poitou-Charentes a assuré que "ce sont salariés bien sécurisés dans le travail qui font des salariés motivés donc des entreprises performantes". "L'enjeu du développement économique, ce n'est pas de précariser".

"Il faut mettre fin à ces désordres libéraux qui tirent la France vers le bas, il faut redonner de la sécurité", a conclu la candidate socialiste, dénonçant "le modèle de précarité" de la droite.

AP

Jeudi 25 janvier 2007
Jeudi 25 janvier 2007
Jeudi 25 janvier 2007

La candidate socialiste s'en prend à Nicolas Sarkozy, Jack Lang annonce "une semaine de combat".

LA STRATÉGIE de l’agneau a ses limites.

Il y a une semaine, Ségolène Royal s’était abstenue de répondre à Nicolas Sarkozy le jour de son intronisation par l’UMP, préférant poser un agneau dans les bras. Ce weekend, la candidate socialiste a multiplié les attaques contre sonprincipal concurrent, au moment où elle marque le pas dans les sondages.

Royal, qui ne manque plus une occasion de s’attribuer le thème de la rupture, s’est interrogée hier sur le positionnement de Sarkozy. « Quelqu’un qui dit “j’ai changé” à moins de 100 jours de la présidentielle, est-ce crédible ? N’est-ce pas inquiétant ? » a-t-elle demandé, hier, lors de l’émission «Dimanche +».

La veille, sur TF1, Royal avait affirmé qu’elle n’avait « pas la même idée de l’exercice du pouvoir » que le ministre de l’Intérieur. « Un homme providentiel, qui pense avoir raison tout seul, qui promet tout et donc demain ne tiendra rien. » Elle lui a aussi reproché d’avoir annoncé que l’État aiderait ceux qui prennent leur sort en mains. Avec elle, a-t-elle assuré, « la République aidera tout le monde » et « ne laissera personne au bord de la route ».

Jack Lang, son conseiller spécial, a dit la même chose, mais avec un langage plus fleuri. Interrogé sur France Inter hier, l’ancien ministre de la Culture a invité les Français à ne pas « se laisser empapaouter » par Sarkozy qui, selon lui, « souhaite faire de notre pays un champ d’expérience pour l’ultralibéralisme et l’atlantisme ».

Lang a qualifié Sarkozy de « bonimenteur de première classe » qui veut « faire croire qu’il y aurait un Sarko nouveau » et dénoncé « une opération de mystification, de charlatanisme, de prestidigitation de la part de M. Sarkozy, qui veut faire oublier cinq années d’échec ». Et l’ancien ministre d’annoncer « une semaine de combat » pour la candidate PS.

Flottement dans sa campagne

Royal a aussi émis des doutes hier sur la sincérité des déclarations de patrimoine de ses concurrents. Alors que, selon Le Parisien, Royal aurait sous-estimé la valeur de son appartement de Boulogne-Billancourt, elle a affirmé qu’elle avait fait appel à un expert-comptable pour évaluer son patrimoine. « Je ne suis pas sûre », a-t-elle dit, que tous les autres candidats « aient eu le scrupule de faire évaluer (leur patrimoine) par un expert indépendant. »

Depuis le milieu de la semaine dernière, Royal a multiplié les interventions médiatiques pour tenter de contrer l’impression de flottement dans sa campagne. Sur France 3 jeudi soir, au 20 heures de TF1 samedi, puis sur Canal + prévu de longue date, dimanche, la candidate a martelé un même message : elle ne changera rien et sa campagne participative continuera jusqu’au 11 février , même si elle a « hâte de la confrontation des projets avec Nicolas Sarkozy ».

Toujours pas, non plus, de main tendue à ses anciens adversaires. « Tout le monde est le bienvenu », a-t-elle dit, mais « tout le monde est à égalité ». À condition de se plier à sa méthode : « si Laurent Fabius organise ces débats participatifs dans sa région, je serai à ses côtés », a-t-elle précisé.

Signe que tout ne va pas pour le mieux dans la campagne Royal, la candidate s’apprête à annoncer aujourd’hui, à l’occasion de l’inauguration officielle de son siège de campagne, une nouvelle organisation de ses porte-parole, après la « suspension » d’Arnaud Montebourg.

Myriam Lévy - Reuters in Le Figaro.fr - Publié le 22 janvier

Jeudi 25 janvier 2007

Ségolène Royal a confirmé jeudi sa volonté de remettre à plat les 35 heures, sans toutefois remettre en cause la durée légale du travail.

"J'ai dit que l'application de la loi sur les 35 heures avait dans certains cas compliqué l'organisation des entreprises", a déclaré la candidate socialiste sur RMC.

"Il faudra remettre à plat un certain nombre de questions, mais il ne s'agit pas de remettre en cause globalement", a-t-elle ajouté, précisant que les aménagements pourraient concerner les entreprises confrontées à la concurrence internationale.

Ségolène Royal a précisé que cette remise à plat devrait "se faire dans le cadre de discussions entre les employeurs, les organisations syndicales, l'Etat étant le garant du bon déroulement de ces discussions".

Reuters

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