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Jeudi 19 avril 2007


Message de soutien de Isabel Allende Bussi


Valparaiso, Chili, le 17 avril 2007

A la veille du scrutin présidentiel, je souhaite te faire part de mes voeux de réussite à l'occasion de l'expression de la volonté du peuple français, lequel j'en suis certaine aura la sagesse de te porter à l'Elysée pour conduire la France vers un avenir de progrès et justice sociale, inspiré par les principes du socialisme du XXIème siècle.

Amicalement,

Isabel Allende Bussi

Jeudi 19 avril 2007

Le président du directoire du Monde, Jean-Marie Colombani estime que le projet de Ségolène Royal est le "seul" à s'opposer à celui de Nicolas Sarkozy et à s'appuyer sur une force politique en mesure de gouverner, dans un éditorial à paraître dans le Monde daté de vendredi.

"Le 22 avril 2007 ne peut pas, ne doit pas ressembler au 21 avril 2002" : au soir du premier tour, doivent être réunies les conditions d'une "claire et grande confrontation" entre deux projets de société, avertit le directeur de la publication du Monde dans cet éditorial intitulé : "Impératif démocratique".

"De ce point de vue, il y a dans l'offre politique disponible deux options : celle de Nicolas Sarkozy, se réclamant de la droite et de la majorité sortante, semble déjà sûre d'elle-même", écrit-il.

"Il faut donc souhaiter que la seconde, se réclamant de la gauche et qu'incarne Ségolène Royal, soit présente au second tour pour assurer les chances d'un vrai choix", juge-t-il.

Traditionnellement dans un scrutin présidentiel, "l'adage veut qu'au premier tour on choisisse et qu'au second on élimine". "Cette fois, il faut éliminer au premier tour pour être sûr de pouvoir choisir au second", poursuit-il.

"En dépit des confusions qui ont parasité la campagne, le seul projet qui s'oppose à celui de Nicolas Sarkozy et qui s'appuie sur une force politique capable de gouverner est celui de Ségolène Royal", poursuit l'éditorialiste.

Selon M. Colombani, la campagne du candidat UDF François Bayrou, principalement axée sur l'idée d'une recomposition politique, revient de sa part à "spéculer sur un enchaînement miraculeux autant qu'improbable".

M. Colombani estime également que Nicolas Sarkozy a "franchi la ligne jaune" à deux reprises durant la campagne, en lançant l'idée d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale et en évoquant une origine génétique pour la pédophilie et le suicide.

19.04.07 | 12h46 - lemonde.fr

Jeudi 19 avril 2007

Jean-Marie Colombani signe dans son journal "Le Monde" un long éditorial en forme de plaidoyer pour que les Français imposent le match Sarkozy-Royal au second tour. Prétextant l’"impératif démocratique", il appelle à voter pour Ségolène Royal.

Jean-Marie Colombani, directeur de la rédaction du Monde, signe aujourd’hui un éditorial qui fera date destiné à contrer la percée de François Bayrou chez les électeurs et à maintenir une bipolarisation de la vie politique française.

"Le 22 avril 2007 ne peut pas, ne doit pas ressembler au 21 avril 2002", écrit-il. "Il faut donc, au soir du premier tour, que soient réunies les conditions d’une claire et grande confrontation entre deux projets de société". Selon lui, il n’y a que deux projets de société, celui de M. Sarkzoy et celui de Mme Royal. Bayrou ? Il ne serait là que pour "contenir le vote Le Pen", dans "le retour au schéma classique d’une primaire à droite".

Exhortant Ségolène Royal de "s’assumer telle qu’elle est en réalité, c’est-à-dire convaincue de cette nécessaire évolution [vers une force sociale-démocrate moderne]", Jean-Marie Colombani encourage la candidate socialiste à "y mettre la ténacité, la force de caractère, le courage qui sont les siens".

Face à elle, Sarkozy est peut-être "le mieux préparé", voire même "à ce stade le plus "crédible"", mais il a "franchi une ligne jaune", juge Colombani. Il fait référence bien sûr au ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration ou à la question du déterminisme génétique.

"Depuis l’élection de Jacques Chirac, en 1995, le pays n’a pas vraiment été en mesure de se prononcer clairement, positivement, pour dessiner son avenir", estime M. Colombani, qui conclut dans un appel à voter pour Ségolène Royal : "En dépit des confusions qui ont parasité la campagne, le seul projet qui s’oppose à celui de Nicolas Sarkozy et qui s’appuie sur une force politique capable de gouverner est celui de Ségolène Royal".

Conforter une vision bipolaire qui n’a plus cours

Voilà donc un appel important pour Ségolène Royal et un croche-pied au candidat Bayrou, renvoyé sur son tracteur par un Colombani qui ne jure que par une bipolarisation de la vie politique française. Le divorce que l’on ne prononce pas est pourtant bien en marche dans la partie gauche de l’échiquier politique. Croit-on vraiment au Monde qu’il y a plus de différences de vues entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal qu’entre Ségolène Royal et Olivier Besancenot, voire même, sans aller chercher si loin, Laurent Fabius ?

Parce que la France n’a pas fait le dueil d’une révolution communiste avortée, parce que la défiance à l’encontre de l’Europe grandit, parce que le 21 avril et le 11 septembre ont droitisé la droite traditionnelle, les lignes politiques bougent et ne peuvent plus se diviser en une bipolarisation.

François Bayrou n’est pas le candidat de la droite ni celui de la gauche (chacun se le renvoyant dos à dos), mais celui d’un nouveau centre qui ressemble davantage aux socio-démocrates et aux travaillistes qu’au centre de Valéry Giscard d’Estaing. Ce nouveau centre rassemble les idées des moins extrêmes de chaque bord et provoque une tripolisation de la vie politique. L’extrême gauche, si elle veut survivre, devra se rassembler et agréger la gauche du Parti socialiste. Cette gauche-là compte entre 10 et 15 % des voix des Français. La droite de Nicolas Sarkozy, parce qu’elle s’est droitisée, s’alliera demain avec (ou fera disparaître) une extrême droite qui aura de moins en moins de prise face au durcissement des positions. Le nouveau centre, cristallisé autour de François Bayrou, est le véritable enjeu du scrutin, bien plus que le choix de société illisible qu’offrent les deux principaux candidats des camps historiques.

Si François Bayrou passe le second tour, le paysage politique devra se recomposer autour de lui. A cet égard, son score reste la grande inconnue du scrutin. Deux sondages, réalisés les mêmes jours (16 et 17 avril), donnent pour l’un Bayrou en chute de 3 points à 15 %, et pour l’autre Bayrou en hausse de 2 points à 19 %. Prenez en compte les marges d’erreur, et le potentiel électoral déclaré par les sondages pour François Bayrou oscille entre 13 et 21 %.

Il n’y a pas d’impératif démocratique à écarter François Bayrou du second tour. Pour une grande partie de son électorat, et pour lui-même, il s’agit au contraire d’un impératif démocratique que de figurer en finale.

Le tremblement de terre du 21 avril était une secousse terrible non pas seulement pour le Parti Ssocialiste, mais pour la France dans son ensemble. Si le PS devait être encore absent au profit de François Bayrou, qu’importe le tremblement de terre interne au parti. Ce qui importe pour la France, ça n’est pas d’écarter François Bayrou pour permettre au PS de continuer à boîter, mais d’écarter Jean-Marie Le Pen pour offrir un choix politique à la France.

Jeudi 19 avril 2007

 

Plusieurs dizaines d'intellectuels ont appelé jeudi, dans le quotidien Libération, "tous les électeurs de la gauche, dans la diversité de ses composantes, à se rassembler dès le premier tour sur le nom de Ségolène Royal". "Nous sommes des intellectuels et gens de culture, engagés à gauche de longue date sous des étiquettes diverses", écrivent les signataires de cet "appel de 200 intellectuels pour Ségolène Royal", parmi lesquels le philosophe Etienne Balibar, l'écrivain François Maspero ou l'historien Pierre Rosanvallon.

"Nous appelons tous les électeurs de la gauche, dans la diversité de ses composantes, à se rassembler dès le premier tour sur le nom de Ségolène Royal, pour barrer la route aux candidatures convergentes de Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen, et déjouer le leurre que représente le projet de "grande coalition" de François Bayrou, mettant ainsi la gauche en position de gagner au second tour", écrivent-ils.


Suivent une soixantaine de noms de signataires. Dans le même numéro de Libération, l'écrivain et compositeur Yves Simon, traditionnellement engagé à gauche, affirme en revanche que "comme 18 millions de Français", il ne sait pas pour qui il va voter dimanche. "J'ai voté des deux mains pour François Mitterrand, pour Lionel Jospin et, là, je me retrouve sans enthousiasme et pour tout dire démoralisé", écrit-il, en regrettant qu'aucun candidat n'ait donné aux Français "le goût du dépassement, de la grandeur, de l'insolence".
(belga) in 7sur7
Jeudi 19 avril 2007

Bien campée sur vos jambes, genoux fléchis, le pied droit devant car vous êtes goofy (de gauche).

Le buste penché vers l'avant, vos bras vous servent à garder l'équilibre tout au long de la glisse, tantôt écartés, tantôt rapprochés.

Très bientôt, vous allez atteindre la vitesse idéale et ressentir intensément le plaisir de vous laisser porter par une houle puissante, une lame de fond intense et régulière.

Le plus dur est derrière vous.

Cependant, ce n'était pas évident : à plat ventre sur votre planche, vous avez ramé longtemps. Une fois lancée, vous avez senti la vague vous soulever. A la force de vos bras, vous vous êtes hissée sur votre planche et immédiatement, vous avez adopté la bonne posture.

Vous avez parfaitement contrôlé votre assiette et votre direction. Pourtant des éléphants de mer sont venus vous distraire, des surfeurs sans scrupule ont essayé de vous faire tomber et la météo n'était pas toujours favorable : il y eut de l’écume, des vagues dangereuses, des sautes de vent, du gros temps …

Mais maintenant, détendez-vous et bon surf, Mme Royal !

C’est à nous désormais de faire le boulot, de vous retourner au centuple toute l’énergie que vous nous avez envoyée.

De vous porter à l’Elysée, 23ème Président et Première Présidente de la République française ! En avant !

Muriel

Jeudi 19 avril 2007

Pour André....

Elus du Parti socialiste et de gauche se mobilisent et appellent à voter pour la candidate du PS.
Le comité départemental de soutien à Ségolène Royal, présidé par Pierre Maille, le président du conseil général, a rendu publiques, mercredi, deux listes d'élus qui appellent à voter pour la candidate du PS. La première, sans surprise, est celle des élus membres du Parti socialiste. Logiquement, ils rappellent leur invitation à voter pour leur candidate.

La seconde liste est celle d'élus, de sensibilité de gauche, mais qui ne sont pas membres du Parti socialiste, du Parti radical de gauche ou du Mouvement républicain et citoyen de Jean-Pierre Chevènement. « La crise que connaît la France depuis cinq ans, marquée par une explosion de la précarité, des inégalités, des tensions et de la violence appelle un nouveau projet de société. Ségolène Royal a entendu les besoins exprimés par les Français. A nos yeux, elle est la seule à porter un projet crédible, ancré à gauche, dont la France a besoin pour se remettre debout », disent-ils. Et ils poursuivent ainsi : « Tout se jouera au premier tour, le 22 avril. C'est pourquoi nous appelons à se mobiliser en faveur de Ségolène Royal, seule candidate possible du changement ».

Maires. Yvon Abiven (Saint-Thégonnec) ; Gilbert Ansquer (Pont-Croix) ; Roger Colas (Trémeven) ; Michel Cotten (Tourc'h) ; Jacques Edern (Sibiril) ; Daniel Gloaguen (Ile-Tudy) Jean Claude Jolivet (Tréguennec) ; Jean Yves Kersulec (Riec-sur-Belon) ; Jean Kerdoncuff (Tréflez) ; Jean René Le Guen (Trémaouézan) ; Sébastien Mélennec (Treffiagat-Léchiagat) ;

Marie Claude Morvan (Hanvec) ; Jacques Refloch (Plouédern) ; Ernest Ronarc'h (Tréméoc) ; Christian Troadec (Carhaix) ; Yves Uguen (Goulven).

Anciens maires. Louis Le Lann (ancien maire de Trémeven) ; Rémy Dubues (ancien maire de Moëlan-sur-Mer).

Président d'intercommunalité. Jean-Pierre Jeudy (communauté de communes du Poher).

Adjoints au maire. Fanch André (Tréflez) ; Olivier Boisseau (Pluguffan) ; Valentin Bouguennec (Pleuven) ; Lionel Capp (Pleuven) ; Véronique Cochonneau (Plourin-les-Morlaix) ; Philippe Combes (Locquirec) ; Yves Créac'h (Briec) ; Monique Drillet (Logonna-Daoulas) ; Georgette Dupré (La Roche-Maurice) ; Yvon Férec (Plourin-les-Morlaix) ; Daniel Fustec (Guerlesquin) ; Maryvonne Fustec (Guerlesquin) ; Jeanne Guéguen (Daoulas) ; Bernard Hamon (Saint-Urbain) ; Claude Jaffré (Riec-sur-Belon) Georges Lannuzel (La Roche-Maurice) ; Hervé Larc'hant (Briec) ; Francine Le Bay (Locquirec) ; Monique Le Boudouil (Landerneau) ; Brigitte Le Bras (Logonna Daoulas) ; Renée Le Gall (Pluguffan) ; François Le Normand (Plourin-les-Morlaix) ; Alain Le Pape (Tréguennec) ; Gilles Mailfert (Loperhet) ; Jean Baptiste Marchand (Ile Tudy) ; Pierre Merlet (Pluguffan) ; Roland Moal (Landerneau) ; Gaby Péton (Plozévet) ; Francis Quéméré (Ile Tudy) ; Christian Rivière (Pleuven) ; Rémy Strullu (Plozevet) ; Florence Tanguy, (Tréguennec) ; Joëlle Tosser (Plourin-les-Morlaix) ; Maryvonne Troel (Loperhet) ; Jean-Marie Vannier (Loperhet) ; Hélène Vazel (Morlaix) ; Jean-Bernard Yannic (Plozévet).

• Voici enfin, la liste des élus finistériens du Parti socialiste qui appellent à voter pour Ségolène Royal. « Notre engagement aux côtés de Ségolène Royal est total. Dimanche, il faut donner toutes ses chances à la gauche en votant pour elle. Face au candidat de la continuité qui veut prolonger la même politique, avec la même méthode, elle est la seule candidate possible du changement », insistent-ils.

Parlementaires

Député-e-s : Patricia Adam (conseillère générale), Marylise Lebranchu (conseillère régionale), Gilbert Le Bris (maire de Concarneau)

Sénateurs-trice : Yolande Boyer (maire de Châteaulin), Louis Le Pensec (conseiller général), François Marc (conseiller général)

Député européen : Bernard Poignant

Conseiller-e-s régionales-aux : Dany Bellour, Nathalie Bernard, Yvette Duval, Marc Labbey, Marylise Lebranchu, Jean-Claude Lessard, Gérard Mével, Nicolas Morvan, Véronique Raher, Forough Salami, Jean-Pierre Thomin (maire de Landerneau), Jean-Jacques Urvoas

Conseiller-e-s générales-aux : Daniel Abiven, Yvon Berthou, Maryvonne Blondin , Nathalie, Conan-Mathieu, Daniel Créoff (maire de Berrien), Jacqueline Donval, Marie-Isabelle, Doussal (maire d’Arzano), Clotilde Dubroeucq, Richard Ferrand, Jean-Luc Fichet (maire de Lanmeur), Jean-Paul Glémarec (maire de Gouesnou), Armelle Huruguen, Marie-France Le Boulch, Yvon Le Bris (maire de Bannalec), Michel Le Goff (maire de Morlaix), Annick Le Loch , Jean-Paul Le Roux, Pascale Mahé, Pierre Maille, Roger Mellouet (maire de Pont de Buis), Yves Menesguen , Gilbert Monfort (maire de Rosporden), François Riou, Raynald Tanter, Dominique Trétout, Kofi Yamgnane

Maires : Pierrot Belleguic (Kergloff), Xavier Berthou (Plounevezel), Michel Billet (Guilers), Jacques Brigant (Plourin lès Morlaix), Bernard Cabon (Guimaec), Jean-Louis Caradec (Peumerit), François Collec (Loperhet), Guy Colin (Brêlès), François Cuillandre (Brest), Joël Derrien (Saint Thurien), René Fily (Saint Martin des Champs), Paul Guéguen (Confort Meilars), Yvon Hervé (Sainte Sève), Jean-Pierre Huitric (Ergué Gabéric), Jean-François, Jaouanet (La Roche Maurice), Annie Kerhascoët (Pluguffan), Jean Claude Kerdilès (Pleyber Christ), Jacqueline Lazard (Penmarc’h), Daniel Le Bras (Quimperlé), Didier Le Gac (Lampaul Plouarzel), Christian Le Manac’h (Plouégat Guerand), Jean-Paul Le Pann (Briec), Joël Le Roc’h (Locquirec), Jean Le Roux (Lanneanou), François Le Saux (Elliant), Jean Claude Le Tyrant (Daoulas), Raymond Lever (Commana), Jean Loaec (Pleuven), Robert, Moreau (Plougouven), Denis Palluel (Ouessant), Bernard Pelleter (Mellac), Françoise Péron (Logonna Daoulas), Pierre Plouzennec (Plozevet), Jacques Refloch (Plouédern), Louis Rouzic (Spézet), Francis Rozé (Saint Yvi), Jean-Claude Sacré (Trégunc), René Tréguer (Saint Urbain), Paul Uguen (Guerlesquin).


Ouest-France

Jeudi 19 avril 2007
Jeudi 19 avril 2007

Si Nicolas Sarkozy est élu (...) nous n'aurons aucune excuse. (...) J'appelle donc François Bayrou et Ségolène Royal, avant le premier tour, à s'engager dans la voie d'une alliance.» Ségolène Royal a repoussé cette proposition en la déplorant. François Bayrou a fait la même chose mais en s'en félicitant. En tout cas, l'appel de Michel Rocard - relayé par Bernard Kouchner et Claude Allègre - n'a pas atteint son objectif déclaré. Ce sont donc les deux candidats, autant l'un que l'autre, auxquels il s'est adressé qui, selon son expression, n'auront pas d'«excuse» devant l'Histoire.
Incident de parcours ? Non. Les répercussions de cetteaffaire n'ont pas disparu pour autant. Elles se sont aggravées dans la mesure où la mise sur le même plan de SégolèneRoyal et de François Bayrou risque de démotiver un certain nombre d'électeurs de gauche qui se laissent au surplus persuader qu'au second tour seul François Bayrou pourraitvaincre Sarkozy. Ainsi la conjonction de l'appel et des refus auront achevé de brouiller les cartes.Au point de ne pas exclure qu'un Le Pen - oui, Le Pen - puisse en profiter.


Que l'initiative de cette affaire vienne de Michel Rocard évoque chez nous plus de souvenirs que de surprise. Nous l'avons souvent aidé à lancer un pavé dans la mare, notamment en 1978, après la défaite de la gauche aux élections législatives. Il avait alors fait à la télévision une déclaration incendiaire et nous en avions tout simplement fait notre une, ce que François Mitterrand devait mettre longtemps à nous pardonner. Autrement dit, nous avions déjà pour cet homme, Michel Rocard, dont le discours parfois trop intellectuel nous en imposait un respect complice et nous admirions qu'il n'exclue pas le scandale pour défendre ses vérités.


Reste qu'aujourd'hui, quelques jours avant le premier tour de l'élection présidentielle, il nous faut répondre à deux questions. Si Rocard se doutait de la réaction des deux destinataires de son appel, pourquoi l'a-t-il lancé ? C'est un fait qu'il n'a jamais cessé de se rebeller contre sa famille et d'en être la victime. Il se trouve que lorsqu'il a hurlé ses certitudes, ce fut chaque fois après avoir été marginalisé par ses camarades socialistes. Or on ne peut pas dire aujourd'hui que Ségolène Royal ait accordé au plus brillant pourvoyeur d'idées de la gauche la considération à laquelle il peut prétendre. On ne peut pas dire non plus que le Parti socialiste se soit, dans un passé récent, soucié de le promouvoir. On l'a même récemment écarté de la candidature à la présidence du Parlement européen, faute aussi absurde et inexcusable que de n'avoir pas confié à Jacques Delors, en 2001, la présidence de la
Convention européenne chargée de préparer la Constitution européenne, finalement attribuée à Valéry Giscard d'Estaing. En tout cas, aucun patriotisme de parti n'a conduit Michel Rocard à imiter ceux qui, après avoir considéré les succèsde la candidate comme une disgrâce, ont observé la dure discipline du ralliement. Lionel Jospin ne manque pas d'autorité lorsqu'il procède à ce rappel à l'ordre.

La seconde question, plus importante, consiste à savoir si, formulées de cette manière, les idées qui nous sont communes peuvent ou non avancer. Quelles idées ? En un mot, il s'agit d'arriver à réaliser en France une vraie social-démocratie dont chaque homme de gauche pourrait être fier. Rappelons quelques jalons de cette histoire. Au moment où François Mitterrand marchandait encore son estime pour les socialistes scandinaves sous le prétexte incroyable qu'ils demeuraient en grande partie dans la dépendance «du capitalisme et des puissances de l'argent», nous avons essayé, avec des hommes comme Pierre Mendès France, comme Jacques Delors, comme Michel Rocard, comme Edmond Maire et quelques autres de montrer que la social-démocratie était désormais la seule forme de socialisme adaptée au monde moderne et que toutes les nations européennes, sauf la France, en avaient tenu compte.
Il y a un nom de ville qui est souvent répété lorsque l'on rappelle ces débats, c'est celui de Bad Godesberg, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. C'est là que les socialistes allemands, en 1959, ont proclamé leur rupture avec toute espèce de collectivisme et leur ralliement à une forme contrôlée de l'économie de marché. Bad Godesberg n'a cependant cessé de sonner aux oreilles des socialistes français comme l'exemple d'une trahison ou comme le rappel d'une lâcheté. Ce que nous avons ici le
plus reproché à François Mitterrand - et j'en ai fait tout un chapitre d'un livre paru de son vivant et auquel, d'ailleurs, il a répondu -, c'est de n'avoir pas eu le courage de théoriser ni de faire le choix stratégique d'assumer les heureuses réformes - le retour de la « rigueur » - auxquelles l'avait conduit en 1983 leplus élémentaire réalisme européen et financier. Sur ce plan, je me souviens que Pierre Mauroy, que l'on aurait pu croire plus traditionaliste, nous avait donné raison.
Imposée par l'hégémonie stalinienne, la peur de paraître s'éloigner d'une «stratégie de rupture avec le capitalisme» a obsédé un nombre insoupçonné de responsables socialistes. La vérité est qu'il y a une tradition anti-sociale-démocrate dans le Parti socialiste français. Et quand les percées réformistes ont lieu, elles sont opérées dans une sorte de clandestinité. Les blocages sont loin d'avoir disparu et il était important qu'ils fussent dénoncés comme nous y invite une nouvelle génération d'économistes réformateurs. Il est évident d'autre part que, privée d'une majorité parlementaire, la social-démocratie peut très bien gouverner avec la droite républicaine - c'est ce qu'elle fait partout en province.

Il n'y a donc pour nous de désaccord avec Michel Rocard que sur la date qu'il a choisie pour lancer son cri. Il y a trois mois, ce discours n'aurait manqué ni de prestige ni d'ascendant. Aujourd'hui, nous sommes à la veille du premier tour de l'élection présidentielle et la résignation à une élimination de Ségolène Royal au premier tour, même si l'on pense que cela peut faire battre Sarkozy au second, est symboliquement très grave pour la gauche. Ce serait la défaite sinon l'éclatement d'un grand parti.
La réaction simple n'est-elle pas de tout faire pour que pas une voix ne manque à Ségolène Royal ? Ce n'était apparemment pas l'avis de Michel Rocard qui pensait qu'une entente entre Ségolène Royal et François Bayrou leur donneraità tous les deux plus de chances. François Bayrou vientde montrer qu'il était loin, quant à lui, de partager cetavis. Quant à certaines réactions de la gauche, ellesétaient prévisibles. Elles ressuscitent le rassemblement des socialistes qui ont voté non au traité européen et elles provoquent l'unité de la gauche de la gauche, dont les voixadditionnées peuvent frôler les 12%.
Il s'agit alors de bien plus que d'un choix de personne. Ou bien on mobilise l'opinion en faveur de Ségolène Royal avec l'idée qu'elle a donné déjà un certain nombre de gages qui l'éloignent de la tradition anti-sociale-démocrate, qu'elle est plus prête que d'autres, plus libre pour prendre des initiatives comme celle, par exemple, de demander à Jacques Delors de jouer le rôle qu'elle ne peut plus confier à Michel Rocard. Ou bien, parce qu'on le pense plus en situation de gagner face à Sarkozy, on choisit de promouvoir François Bayrou qui a pourtant été très longtemps le compagnon de ce Sarkozy qu'il combat aujourd'hui.

Pour ma part, c'est en somme parce que je suis resté rocardien que je souhaite la clarté d'une victoire de Ségolène Royal. Elle suscite encore des réticences, en partie explicables par la rémanence d'un machisme à la française. Mais son parcours au milieu des embûches et des obstacles, sa résistance aux attaques et aux pièges, le progrès notable de ses interventions sur les plans européen et économique, la présence à ses côtés de certaines fortes personnalités, comme Dominique Strauss-Kahn, et des parrainages qui feront surprise, comme celui de Jacques Delors, tout nous fait espérer que cette candidate sera une grande dame et une vraie présidente. Et n'insistons pas, surtout, sur ce qu'on lui reproche. Puisque j'ai déjà fait allusion à l'histoire de ce journal, nous nous souvenons trop bien de ce que nous avions écrit contre François Mitterrand avant qu'en bienou en mal le sort ne lui réserve, dans l'Histoire, la majesté d'une stature de premier plan.



Jean Daniel
Le Nouvel Observateur


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