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Vous pouvez prendre connaissance de la contribution "Combattre et proposer" et la signer en allant sur http://www.congresutileetserein.com/

Lundi 9 juin 2008

communauté : Soutiens à Ségolène Royal

Nous vous entretenions dimanche dernier de la polémique opposant Bertrand Denanoë et Ségolène Royal à propos de l’usage du mot "libéral". Transmise par notre ami et conseiller général des Bouches-du-Rhône, Alexandre Medvedowsky, une intervention magistrale du député européen PS Vincent Peillon, au micro de RFI, rappelle de façon limpide les rapports entre socialisme et libéralisme. 

À la question "Libéral, c’est un gros mot chez les socialistes ?", Peillon répond : "Pour répondre à cette question, il faut opérer un détour par l’histoire des idées. En 1830, la devise du mouvement socialiste, alors en pleine éclosion, était "Plus de libéralisme impuissant". Le libéralisme - entendu comme la doctrine de l’émancipation de la personne, des droits de l’individu, de 1789 - se voyait en effet contesté par ceux-là même qui avaient mené, depuis une trentaine d’années, le combat pour les libertés. Pourquoi une telle évolution ? Parce que ces intellectuels se sont rendus compte que revendiquer uniquement les libertés ne suffisait pas : seuls quelques-uns jouissaient des libertés acquises quand une majorité en était écartée. Ces militants des libertés ont ainsi jugé nécessaire de compléter la doctrine libérale par la notion d’égalité. Or, le socialisme, ce n’est rien d’autre que cette même idée. Ce n’est rien d’autre que le constat qu’il faille créer les conditions de la liberté pour que chacun puisse être réellement libre. Autrement dit, c’est précisément pour réaliser ces libertés qu’on a construit le socialisme ! Sans l’intervention de la puissance publique, les politiques d’éducation de masse, etc., nous serions dans ce que Maurice Merleau-Ponty appelait la "mystification libérale" : les libertés pour quelques-uns et pas pour les autres. Le socialisme n’est ainsi en rien l’antithèse du libéralisme, mais son dépassement. Je l’ai souvent dit, il ne faut donc pas laisser les libertés aux libéraux : ce serait une erreur majeure, tant stratégique qu’historique ! Malgré cela, cette doctrine - qui inclut la visée des libertés mais qui n’oublie pas que, pour que les gens soient libres, il faut mettre en œuvre un certain nombre de choses - porte un nom : et ça s’appelle le socialisme ! Il n’y a donc pas de raison de s’appeler aujourd’hui "libéraux" : c’est une question qui a été réglée en 1830... (...) tant que l’on ne répondra pas dans notre société à la demande d’égalité - notre problème majeur depuis 30 ans -, on restera dans la mystification de libertés qui ne valent que pour quelques-uns : est-il nécessaire de rappeler que seule la moitié des enfants partent en vacances, que le système éducatif est en échec, ... ?"

 

Olivier Bonnet est journaliste indépendant, blogueur de Plume de presse et auteur de Sarkozy, la grande manipulation (Editions Les points sur les i, mai 2008).

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Samedi 7 juin 2008

communauté : Soutiens à Ségolène Royal
La victoire de Barack Obama

Je suis très heureuse du beau succès de Barack Obama à l'issue des élections primaires démocrates aux Etats-Unis et je tiens à lui adresser mes félicitations les plus chaleureuses. Dès le départ, avant même qu’il ne devienne favori, j’avais soutenu sa candidature Il a fait preuve de courage, de sincérité et d’honnêteté.Pour la gauche américaine, c'est un choix historique que de s’être trouvé un porteur d'espoir. Il a prouvé, durant des Primaires âprement disputées, qu'il incarnait pour son pays un formidable désir de changement et d'avenir. Barack Obama représente l’Amérique d’aujourd’hui et de demain, l’Amérique métissée. Les jeunes, de toutes origines, se sont mobilisés massivement en sa faveur. Quel plus beau symbole de l’espérance que peut représenter un politique de son rang ?

Aux États-Unis, le 4 février dernier, je me suis mêlée à la foule d'un de ses meetings à Boston et j'ai vu la ferveur que suscitait son message auprès d'Américains de tous âges et de toutes origines, fraternellement unis.

De tous les procès instruits contre lui, Barack Obama a su faire une force sans jamais se laisser aller à répondre aux coups bas. Sa campagne populaire et citoyenne, son envie de rassembler, sa capacité à faire bouger les lignes sans sectarisme, sa fermeté sur des valeurs fondamentales ont réconcilié avec la politique beaucoup de ceux qui s'en étaient détournés, à commencer par les plus jeunes.

A l'inverse de tant de responsables politiques qui se disent  expérimentés, il a euun jugement lucide sur l'intervention américaine en Irak, et c'est, pour en finir avec les errements des années Bush, un atout de poids.

Je lui souhaite aujourd'hui de trouver, pour l'épauler dans la campagne qui s'ouvre, un Parti soudé à ses côtés. C'est une des conditions de la victoire.


Les 35 heures

J'estime que la droite a trahi la parole donnée aux partenaires sociaux, qui avaient signé un compromis historique. Pour se réformer de façon juste et durable, la France a besoin du dialogue social entre organisations représentatives, c'est-à-dire d'une vraie démocratie sociale. Aujourd’hui plus que jamais. Et c’est cette condition que le gouvernement vient de mettre à mal.

Le 10 avril dernier, la CGT, la CFDT, le Medef et la CGPME ont conclu un accord inédit sur les nouvelles règles du dialogue social en France. Pour démocratiser le dialogue social, les partenaires sociaux estiment que tout accord devrait être désormais signé par des syndicats représentants une majorité des salariés concernés. Symbole de ce compromis historique, la CGT et la CFDT avaient même accepté qu'un accord majoritaire assouplisse, à titre expérimental, les règles relatives aux contingents d'heures supplémentaires.

C'est cette avancée fondamentale de la démocratie sociale que la droite a piétiné en permettant à des organisations minoritaires d'assouplir les contingents d'heures supplémentaires fixés par la loi. Un sacrifice de l’intérêt général pour donner des gages à une droite aux abois. Au final, un formidable gâchis.


L'éducation et les annonces de Nicolas Sarkozy

Dans l'éducation, les coup durs sont déjà donnés. 11 000 postes supprimés en 2007/2008, 20 000 suppressions prévues pour l'année prochaine. La vraie « réforme » de l'éducation de Nicolas Sarkozy est à observer de ce côté-là, beaucoup plus que dans ses dernières annonces.
Les intentions et les promesses de réforme sont souvent floues et n'engagent que ceux qui y croient encore. "Imaginer un lycée beaucoup plus souple." Pourquoi pas ? Mais qui peut nous dire comment le gouvernement va traduire ce vœu pieu en actes concrets ?

Sur la formation des enseignants, les annonces ont, pour une fois, été précises. Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont voulu supprimer les IUFM sans le dire explicitement, pour faire des économies. La formation des enseignants se ferait donc à l'université, tout simplement. Sans aucun enseignement qualifiant. L'inquiétude des professeurs et de ceux qui souhaitent le devenir est légitime.

Je continue de prétendre qu’une autre politique éducative est possible.


Les émeutes de la faim

La crise alimentaire dans le monde est sans précédent. Elle touche des centaines de millions personnes dans les pays les plus pauvres de la planète.

Les causes sont bien connues : hausse de la demande des grands pays émergents, développement de l'élevage au détriment des cultures, hausse du prix de l'énergie, accidents climatiques...

Les propositions de Nicolas Sarkozy ne sont pas à la hauteur du drame actuel et de la capacité d'initiative de la France : une meilleure coordination des organisations internationales, même si elle est indispensable, est nettement insuffisante.

Je rappelle que l'aide publique au développement a diminué depuis un an, repassant en dessous du seuil de 0, 5 % de la richesse nationale, cela sous les coups de butoir d’une politique étrangère incohérente et au mépris des engagements pris par la France il y a quelques années.

Il nous faut commencer par respecter nos engagements internationaux pour l'aide publique au développement, sous forme de subventions "cash" et non pas de simples annulations de dette.

Je propose aussi qu'on étudie un mécanisme de stabilisation des prix agricoles dans les pays pauvres, sous la responsabilité de la Banque mondiale. La crise actuelle nous montre que nous ne pourrons nous passer plus longtemps d'une politique agricole mondiale.


Ségolène Royal
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Jeudi 5 juin 2008

communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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http://www.desirsdavenir94.org/
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Jeudi 5 juin 2008

communauté : Soutiens à Ségolène Royal

Ségolène Royal a dénoncé mercredi "les ratages généralisés sur les réformes qui sont en cours", évoquant également la "trahison de la parole syndicale" dans la réforme de l'Education et les 35 heures.

Lors d'un point de presse Ségolène Royal a fustigé l'"accumulation de réformes en cours et des fronts ouverts de façon concomitante par le pouvoir en place".

La présidente PS de Poitou-Charentes a évoqué "deux événements majeurs" à ses yeux, "la trahison de la parole syndicale" dans la réforme de l'Education nationale, au moment où il y a une "véritable angoisse des parents", "on déstabilise une fois de plus un corps enseignant qui est déjà déstabilisé". Par ailleurs, sur les 35 heures, a-t-elle indiqué, "la trahison de la parole syndicale est extrêmement grave".

Selon Ségolène Royal, "les responsables syndicaux ont pris le risque", ont été "courageux", "extrêmement responsables", face à un "pouvoir qui les a trahis, les déstabilise par rapport à leur base et compromet toute initiative supplémentaire pour faire en sorte que le droit du travail devienne la création d'un effort contractuel entre partenaires sociaux".

Il y a un "écart entre le discours théorique - on ne touche pas aux 35 heures - et la réalité prévue dans la loi", a déploré Ségolène Royal.

"C'est un très mauvais service rendu au pays pour des raisons idéologiques", a-t-elle estimé. Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, "a voulu donner caution aux parlementaires UMP".

Par ailleurs, elle a souligné que "la question de la durée du travail ne doit pas être isolée de la question centrale de la nature du dialogue social dans les entreprises".

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Jeudi 5 juin 2008

communauté : Soutiens à Ségolène Royal

Communiqué de

 

Najat Vallaud-Belkacem,

Adjointe au Maire de Lyon, Conseillère Nationale du Parti Socialiste

 

 

« Préserver la liberté de parole dans nos débats. »

 Lundi 2 juin 2008

 

« La réunion des Reconstructeurs qui s’est tenue ce dimanche avait la noble ambition d’apporter une contribution nouvelle au débat d’idées qui s’engage au sein du Parti Socialiste. Je serai toujours la première à saluer de telles démarches.

 

L’expérience et la qualité des personnes présentes m’avaient laissé espérer que le débat, enfin, allait s’élever au-dessus des mesquineries personnelles pour atteindre une certaine dignité d’intention, une certaine hauteur intellectuelle.

 

Je constate avec déception qu’une fois de plus, certaines déclarations n’étaient rien d’autre que des flèches décochées contre Ségolène Royal, ses arguments, ses idées, ses mots, sa méthode. 

 

Une attitude trop souvent répétée qui est à mon sens profondément destructrice pour l’avenir de notre parti et la reconstruction idéologique de la gauche française.

 

Je regrette en particulier le mépris si souvent exprimé envers la démocratie participative qui constitue pourtant un progrès essentiel dans les liens de confiance que nous essayons tous de construire avec nos concitoyens.

 

Ce n’est pas faire preuve de faiblesse ou manquer de vision politique, en effet, que d’inviter à la réflexion collective l’ensemble de celles et de ceux qui se sentent concernés par l’avenir de notre parti. Bien au contraire.

 

C’est tout simplement écouter la voix de ces milliers de citoyens qui refusent l’allégeance à un clan comme préalable au droit de prendre la parole.

 

Le débat d’idées dont nous avons besoin ne peut se passer de cette liberté.

 

J’espère sincèrement que chacun, au Parti Socialiste, comprendra que la démocratie participative ne relève pas d’une stratégie de conquête, mais du respect d’un principe démocratique élémentaire.

 

Pour un socialisme vraiment moderne, libérons la parole au lieu de la confisquer ! »

 


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Jeudi 5 juin 2008

communauté : Soutiens à Ségolène Royal

Actions du mois de juin

Premier point à soulever : seront parties actives de ces actions les comités d'Alfortville, Bonneuil, Créteil et Valenton.

 

a) débat participatif sur le thème "Comment favoriser la réussite éducative"

Celui-ci se tiendra le mardi 10 juin à partir de 20h00 à Bonneuil (je vous confirmerai l'adresse exacte demain, dès que j'aurai pu avoir Christine au téléphone). Il débutera par un rappel du contexte des mesures mises en oeuvre par le gouvernement. Il devrait nous permettre d'aborder des questions telles que :

- quels sont les freins à une réelle égalité des chances ?

- comment faire en sorte que chaque élève puisse trouver dans le système éducatif les conditions d'un réel épanouissement, les capacités à comprendre et à s'adapter aux évolutions de la société, ainsi que les moyens d'une insertion professionnelle réussie ?

- quel place et quel rôle donner aux acteurs du système éducatif (élèves, enseignants, parents, ...) ?

Quelques rôles pourvus ou à pourvoir pour que ce débat soit efficace :

* éléments de contexte : Michaël (en partenariat avec Maryvonne et Marianne)

* synthèse des débats : Désiré (ce serait bien que quelqu'un d'autre l'aide, afin qu'il puisse participer lui-aussi au débat en toute sérénité)

* animation des débats : à définir

* documentation : tous !

 

b) débat participatif sur le thème "comment et pour quoi rénover le Parti Socialiste ?"

Celui-ci se tiendra le mardi 24 juin 2008 à partir de 20h00 du côté de Créteil en présence d'une personnalité du PS. Je vous donnerai toutes les informations définitives dès qu'elles me seront connues. L'idée, a priori, est d'aborder les problématiques suivantes :

- quels dysfonctionnements majeurs conduisent à souhaiter rénover le PS ?

- quels sont (ou doivent être) la finalité, les objectifs du PS ? changer la société et/ou prendre le pouvoir ?

- comment parvenir à une rénovation profonde et efficace ? ou, autrement dit, quels méthodes et principes doivent être promus et par quel biais, vu le fonctionnement classique du congrès du PS ? comment faire des militants des acteurs politiques à part entière ?

 

Quelques rôles pourvus ou à pourvoir pour que ce débat soit efficace :

* éléments de contexte : à définir (sachant que cela sera fixé en concertation avec l'intervenant)

* synthèse des débats : à définir (comme pour le débat précédent, ce serait bien qu'il y ait 2 volontaires)

* animation des débats : à définir

* communication : dès que nous avons confirmation des informations, nous proposerons une invitation, à diffuser très largement en comptant notamment sur les relais que nous pourrons trouver à proximité, du côté de Choisy, Saint-Maur ou Boissy par exemple, et en n'oubliant pas tous les DA du Val-de-Marne

* documentation : tous !

 

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Mercredi 4 juin 2008

communauté : Soutiens à Ségolène Royal

Pour répondre à ceux qui déforment mes propos, voici d’abord les citations complètes de ce qu’ai dit et écrit sur le sujet :


CITATIONS

1) « Dimanche + », le 25 mai 2008


«(…)  Il faut rassembler les socialistes sur les valeurs qui sont les nôtres et en l’occurrence, je crois qu’il y a déjà beaucoup à faire pour redéfinir le contenu du mot socialisme, c'est-à-dire pour l’adapter aux défis du temps présent qui n’existaient pas au XIXe siècle. Les déplacements massifs de population, le réchauffement planétaire, les grandes pandémies, les masses financières qui se déplacent à l’échelle planétaire à la recherche de placements spéculatifs, la crise alimentaire qui est due à la spéculation sur les denrées alimentaires.

Donc ce qui est en jeu aujourd’hui, c’est comment, avec de nouvelles règles et de nouveaux principes, on garantit à chacun l’accès au bien public collectif, c'est-à-dire manger, se loger, s’éduquer, se soigner et travailler ou être utile aux autres. Donc dès lors que l’on pourra garantir à chacun, d’abord en France mais aussi à l’échelle planétaire, ces fondements même de la dignité humaine, alors le socialisme aura réalisé un idéal (... ). »

«  (…) Ce que je pense, simplement, c’est qu’il y a déjà beaucoup à faire pour redonner de la modernité, un nouveau souffle au socialisme. Le mot libéralisme est le mot de nos adversaires politiques et je crois que le socialisme a déjà intégré tout l’héritage des droits et des libertés individuelles. Les socialistes et la gauche sont issus de la déclaration de 1789, de la Convention européenne de droits de l’Homme, du combat de JAURES pour DREYFUS, du combat de François MITTERRAND et de BADINTER contre la peine de mort, donc les droits et les libertés individuelles font partie de notre patrimoine commun. C’est très important, faut-il aller donc jusqu’à réhabiliter ce mot de libéralisme ? Non ! (…) »

«  (…) Le mot libéralisme a des connotations positives dans certains autres pays, par rapport aux Etats-Unis. En France, non. Il est tellement chargé et tellement synonyme aujourd’hui de capitalisme débridé et de dégâts et d’écrasement des bas salaires, d’insécurité, de creusement des inégalités et donc de violence, qu’il fournit de la violence (…). »

(…) Ce qu’a dit Jaurès sur la question est très important parce que c’est très moderne. Ça reste très moderne, parce qu’il avait déjà intégré cet héritage-là, des droits et des libertés individuelles, au socialisme… mais agrandi à la dimension sociale de l’homme. Et aujourd’hui qu’est-ce qu’il nous manque dans le monde dans lequel nous sommes, par rapport à toutes ces souffrances, par rapport à ces 5 euros, qu’est-ce qui nous manque ? Il nous manque du social, et les socialistes ne sont pas pour le social contre l’économique, ils pensent que l’un ne va pas sans l’autre (…). »



2) Le Point du 27 mars 2008


« De quel libéralisme parle-t-on ? Si c’est du libéralisme politique, il est depuis l’origine indissociable du socialisme démocratique. Voyez Jaurès justifiant contre Jules Guesde la défense du capitaine Dreyfus et affirmant que « l’individu est la mesure de toute chose ». La liste serait longue de la contribution des socialistes au renforcement des libertés individuelles et politiques ! »

« Mais si vous appelez libéralisme cette idéologie du laisser-faire, du laisser-aller, alors oui, le socialisme ne mange pas de ce pain-là (…). »

« La bonne question est : que fait-on pour que l’économie de marché et la concurrence ne dictent pas leur loi désordonnée à une société prise en otage par les intérêts particuliers, mais pour qu’ils servent au bien-être de tous ? Le socialisme ne peut pas se contenter d’aménager le capitalisme financier à la marge. On attend de nous une autre façon de produire les richesses et de les distribuer. On me disait par exemple qu’il était impossible de conditionner les aides aux entreprises à l’interdiction de délocaliser ou de licencier en cas de bénéfices ; je l’ai fait en Poitou-Charentes et nous sommes aujourd’hui l’une des régions mieux placées en termes de créations d’entreprises ! »



3) Maintenant, Ségolène Royal répond à Marie-Françoise Colombani, Hachette Littératures, mars 2007


"Nous, socialistes, nous sommes des libéraux au sens politique originel car nous sommes ardemment attachés aux libertés individuelles et démocratiques. (...) Donc, pas question de jeter l'opprobre sur le mot lui-même (…).

(...) Mais si vous entendez par libéralisme cette conception de l'économie, je dirais même ce dogme ou cette idéologie, qui confie aux marchés, et aux marchés seulement, la régulation des sociétés, alors, oui, je pense que le libéralisme est l'ennemi de la justice sociale."



COMMENTAIRES

Suite à ce que j’ai dit, voilà ce que je voudrais rajouter :

Sur le « libéralisme »


Une chose est de « ne pas jeter l’opprobre » sur le mot, mot qui a eu un sens face aux despotismes et au totalitarisme, notamment collectiviste, une autre est d’en faire aujourd’hui son étendard et de se l’approprier au point d’affaiblir le socialisme.


Le mot « libéral » a un sens, et ce sens, c’est celui que nos adversaires lui ont donné. Le libéralisme a été préempté par une droite dure  et, aujourd’hui, c’est le mot d’un capitalisme inquiétant, même lorsqu’il n’est pas accompagné du terme d’ « ultra ».

Les libertés politiques et les droits de l’homme sont intégrés dans le socialisme démocratique depuis bien longtemps. Il est donc inutile de se dire libéral. C’est une source de confusion et c’est dangereux.

La modernité politique ne passe pas par l’acceptation d’un libéralisme qui, à force de déréglementation, symbolise la perte de repères et l’écrasement de la personne humaine. Elle passe par la définition d’un socialisme du 21ème siècle, qui aille au-delà de simples ajustements à la marge des méfaits du libéralisme.

Notre désaccord avec la droite porte sur la protection des libertés et la définition de nouveaux droits, mais aussi sur la politique économique et sociale (paquet fiscal, franchises médicales, casse de l'éducation nationale, abolition des 35h, retraites…).

Se dire libéral et socialiste, c’est laisser croire que le socialisme ne parle pas de l’individu, de la liberté ou de l’efficacité économique et qu’il a besoin pour cela de l’apport du libéralisme. Or rien n’est plus faux.

Car être socialiste, c’est  :

- voir que les services collectifs rendent les individus plus forts et d’une certaine façon plus libres (comment être libre quand on n’arrive pas à se loger, à se nourrir, ou quand on sort du système scolaire sans qualification ?) ;

- mettre les sécurités et la solidarité au service de la libération des énergies et de la prise de risque (comment avoir l’esprit d’entreprise quand on vit dans l’incertitude et la précarité ?);

- faire de la lutte contre les inégalités un moyen pour que chacun contribue à la richesse du pays et à sa compétitivité (comment se priver du dynamisme des jeunes des quartiers populaires ?) ;

Le socialisme n’a pas besoin de se dire libéral. En luttant contre les inégalités, il réalise, lui, la promesse de liberté que ne tient pas le libéralisme. Le socialisme est un dépassement du libéralisme et pas une doctrine d’appoint.



Sur la question du Parti et des alliances


Nous voulons d’abord un parti fort car ouvert sur la société, ferme sur ses convictions et ses valeurs.

Le parti socialiste doit être un centre de gravité pour la gauche. Une fois qu’il aura réaffirmé ses valeurs et défini son projet, tous ceux qui partageront ses ambitions, à gauche comme au centre, pourront nouer des alliances avec lui.


Ségolène Royal




Si vous souhaitez adhérer en ligne à l'association  Désirs  d'avenir :
http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=adhesion 

Si vous souhaitez soutenir l'association Désirs d'avenir :
http://www.desirsdavenir.org/pdf/bulletin.pdf

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Mardi 3 juin 2008

communauté : Soutiens à Ségolène Royal

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 21 Mai 2008. / Lorraine / Société

Ségolène Royal met la pression

Tournée des syndicats, visite de Corus rail à Nilvange, prise de parole sur le piquet de grève CGT du site de Gandrange… Cette nouvelle irruption de la socialiste a fait un tabac.

L'adversaire de Nicolas Sarkozy a exigé hier, en Moselle, le respect des engagements pris par l'Etat et par l'industriel dans la restructuration de l'aciérie de Gandrange.

Tournée des popotes syndicales, visite de Corus rail à Nilvange, prise de parole sur le piquet de grève CGT du site de Gandrange… Comme attendu, cette nouvelle irruption de la socialiste dans le dossier de « la délocalisation de confort » opérée par MittalArcelor a fait un tabac. S'immergeant dans cette France du labeur et de la crise, première étape sur le chemin de la conquête du PS, l'ex-candidate à l'Elysée s'ancre dans le pays réel. Celui auquel l'actuel locataire de l'Elysée avait promis de revenir, d'ici fin juin, graver dans le marbre les promesses de Lakshmi Mittal sur la revitalisation de la filière. Une pilule qui ne passe pas. Le cédétiste Edouard Martin l'a rappelé hier avec émotion, à l'intention de Royal alors en mairie de Fameck. « La plaque de marbre attend toujours dans le garage. Et ça n'est pas une plaque funéraire. On n'a pas le droit de jouer avec nous. Attention à la "Gandrangite" qui ronge cette vallée ! Elle symbolise le manque d'anticipation des industriels. D'ici 2012, les effectifs baisseront de 40 % et on n'a toujours pas mis en place les outils pour opérer les transferts de compétences. Chaque semaine qui passe est une semaine perdue. On est en danger de mort. »Au diapason, Ségolène Royal ne mégote pas son soutien. Elle le fait à la manière d'un Besancenot. Prudente, elle se garde d'ailleurs de tout coup de griffe à l'endroit du postier de la LCR, qui lui a grillé la politesse à Gandrange (lire ci-contre). Daniel, militant rallié au ségolénisme, s'en charge pour elle, remonté par cette singulière concordance de calendrier : « C'est Sarko qui a mis un billet de train dans la poche de Besancenot. Sa pire crainte, c'est un nouveau duel contre Ségolène, il préférerait affronter Delanoë, alors il nous balance Besancenot dans les pattes. » Voilà pour l'explication, livrée brute de décoffrage dans la chaleur et le vacarme de la grande halle de Corus rail.

En opposante acharnée, Royal étrille l'impuissance du gouvernement. « Ce que je retiens de cette journée, c'est ce manque d'anticipation. On mesure à quel point il est nécessaire de prendre en compte l'expertise des salariés. Il faut accorder par la loi un pouvoir d'alerte aux syndicats. Cette méthode a fait ses preuves dans d'autres pays européens, où, je le répète, un site industriel ne pourrait pas fermer dans de telles conditions, dans un secteur d'activité ­ l'acier ­ en croissance de 5 % par an. »

A celle qui réclame le remboursement des aides publiques et le respect des engagements pris en matière de reclassement, Jean-Pierre Masseret suggère un état des lieux des sommes versées. Mais déjà son homologue de Poitou-Charentes embraye à l'intention des représentants de salariés : « C'est vous qui défendez le fleuron de l'industrie française, en lieu et place de l'Etat qui devrait pourtant être au corps à corps avec cette réalité sociale et industrielle. Au lieu de sa scandaleuse désinvolture, le président de la République devrait incarner l'avant-garde de ce combat », conclut l'oratrice dans un vibrant élan de patriotisme économique.

Entre deux appels à la mobilisation, Royal retrouve ses réflexes de candidate. Le temps d'un déjeuner avec le maire de Metz, suivi de son soutien apporté à Clément Arnould, premier adjoint de Fameck en lice pour la cantonale partielle en remplacement de Gérard Lamm, elle sonde les coeurs et les reins pour la nouvelle partie qui se joue. Celle-là la concerne au premier chef. Pour être chef. Mais sans bataille de chefs. A ce qu'elle promet.

Xavier BROUET.



© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 21 Mai 2008. / Metz / Actualité

« Ségolène me porte chance ! »

Dominique Gros maire de Metz et Michel Liebgoitt (député) accueillent Ségolène Royal en gare de Metz.

Pour la seconde fois en trois mois, Dominique Gros a accueilli sur ses terres Ségolène Royal. Non plus en qualité de candidat aux municipales, comme au mois de février, mais ceint de l'écharpe de premier magistrat. Le maire est donc allé quérir l'ex-candidate à la présidentielle (et désormais candidate à la tête du parti socialiste) en gare de Metz, hier à midi. « Que voulez-vous, elle me porte chance ! », s'est enflammé Dominique Gros, qui avait convié son hôte à un déjeuner à l'hôtel de ville, auquel participaient également les députés Aurélie Filipetti et Michel Liebgott, le patron du PS en Moselle Jean-Marc Todeschini, le président de la Région Jean-Pierre Masseret, et le sénateur de Paris David Assouline. Au menu : saumon fumé et volaille aux morilles, arrosés d'un petit vin d'Alsace. Selon l'un des participants, il ne fut « nullement question » de la guerre des chefs au PS mais seulement de l'avenir du site de Gandrange et… de la politique de Sarkozy. La victoire de la gauche à Metz fut, tout de même, évoquée entre la poire et le fromage.



© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 21 Mai 2008. / Thionville / Actualité

Ségolène, la sidérurgie et la politique

Celle qui brigue la tête du Parti socialiste était là pour « comprendre, entendre et écouter » comme l'a indiqué Clément Arnould. /

Hayange, Gandrange, Fameck… Ségolène Royal, accompagné des ténors locaux du Parti socialiste, a passé sa journée dans les Fensch et Orne Vallées…

18h30 tapantes, Ségolène Royale est entrée espace Victor-Hugo à Fameck. Pour l'accueillir, une nuée de photographes, plutôt qu'une foule en délire. Rayonnante, à peine marquée par cette folle journée frappée du sceau de la sidérurgie et du développement économique, celle qui brigue la tête du Parti socialiste a pris place sur une tribune fortement chargée d'élus. Tous socialistes, forcément. Composée d'une majorité de femmes… incontestable signe des temps.

A ses côtés, quelques hommes tout de même. Dont Michel Liebgott, député-maire de Fameck et, l'autre star de la soirée, Clément Arnould. L'actuel candidat à la cantonale partielle du canton de Fameck, arrivé largement en tête du premier tour (47,72 %) devant son challenger UMP Rémy Sadocco (23,76 %). Le tout avec une abstention record de près de 75 %… autre signe des temps.

Car hier, finalement, il n'y avait pas tant de monde que ça. Une petite centaine de curieux, jeunes, couples, familles avait certes fait le déplacement, arrivant au compte goutte salle Victor-Hugo, portable bien en main pour ne pas rater la photo. Carnet et stylo déjà sortis pour oser l'autographe. Le discours de Ségolène sur la sidérurgie en danger, les délocalisations, l'amendement Gandrange que les députés PS vont tenter de faire passer… a bien peu passionné les foules. Ségolène joue de son image. Hier, elle donnait le sentiment d'en avoir été victime, même si Clément Arnould affirmait qu'elle était là pour « comprendre, entendre et écouter » la problématique liée au monde industriel et notamment la sidérurgie. « Elle est aussi venue rencontrer le public. Il n'y a qu'elle qui peut rassembler avec un message novateur, capable de trouver une majorité élargie ».

L.S

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Mardi 3 juin 2008

communauté : Soutiens à Ségolène Royal

Henri Péna- Ruiz

Philosophe, écrivain, professeur, ancien membre de la commission Stasi.

 

 

Quotidien  LIBERATION daté du mercredi 9 avril 2008

 

 

Le gouvernement projette de créer un fonds spécial pour subventionner la création d'une cinquantaine

de  classes  d'enseignement  privé  dans  les  cités  en  septembre 2008,  dans  le  cadre  du  plan  espoir

banlieues   annoncé   par   Nicolas   Sarkozy,   le   8 février.   Le   secrétaire   général   de   l'enseignement

catholique,  Eric  de  Labarre,  se  frotte  les  mains.  Dans  le  même  temps,  plus  de  11  000  postes

d'enseignants vont être supprimés dans l'enseignement public.

 

Faut-il  également  préciser  que  le  rapport  de  la  commission Stasi  rappelait  l'Etat  à  ses  devoirs  en  lui

demandant  de  créer  des  écoles  publiques  dans  les  communes  qui  en  sont  dépourvues  ?   est  la

priorité véritable de l'argent public. L'argent payé par des contribuables athées ou agnostiques va donc

servir à diffuser la foi, au lieu d'être consacré à la qualité de l'instruction et de l'éducation publiques. Il

est vrai que le Président a osé dire que le curé ou le pasteur font mieux que l'instituteur, déconsidérant

au passage ceux dont son ministre assure pourtant qu'il faut les entourer de respect.

 

C'est une nouvelle provocation. M. Sarkozy déclarait que la République a besoin de croyants. Il passe

à  l'acte,  en  aidant  financièrement  la  religion,  tout  en  dépouillant  les  services  publics  des  moyens

nécessaires  à  leur  bon  fonctionnement.  Discrimination  manifeste  :  l'intérêt  général  est  sacrifié  sur

l'autel du particulier. Après la création des  franchises médicales, la fragilisation du service public de

l'audiovisuel, c'est  le tour de l'école.  Avec, en soubassement, une  idéologie thatchérienne :  mettre  à

mal  ce  qui  est  d'intérêt  général  par  la  privatisation  et  privilégier  l'intérêt  particulier.  La  santé,  la

culture   et   l'instruction   publique   subissent   de   plein   fouet   cette   politique.   On   a   bien,   là,   trois

provocations emblématiques qui bafouent simultanément la justice sociale et la laïcité.

 

En  somme,  l'Etat  est  trop  pauvre  pour  ces  biens  qui  sont  de  tous,  croyants  et  athées  réunis,  mais  se

découvre  assez   riche  pour  subventionner  une  religion   instrumentalisée,   implicitement   appelée  à

prendre  en  charge,  sur  le  mode  de  la  charité,  ce  que  la  République  assumait  sur  le  mode  de  la

solidarité. Il est ainsi porté atteinte à la fois à la religion et à la République.

 

La  première  est  réduite  à  un  opium  du  peuple  au  lieu  d'être  tenue  pour  une  option  spirituelle

respectable, qui n'engage que les  croyants.  La seconde est amputée du rôle social qui  donne chair et

vie aux libertés politiques. Quant au mouvement laïque, il est en mesure, désormais, de méditer sur le

triste résultat de l'«accommodement raisonnable» qui conduisit à mettre en veilleuse le principe selon

lequel «l'argent public doit aller à l'école publique».

 

Ce  principe  avait  recueilli  onze  millions  de  signatures  lors  du  serment  de  Vincennes,  en  1960,  en

protestation contre la loi Debré, qui organisait le financement public des écoles privées. L'éducation et

l'instruction ne sont pas une prestation comme une autre, que l'on pourrait déléguer sans dommage à

des instances plus soucieuses de profit ou d'endoctrinement que d'émancipation. Force est de constater

que les défaites d'hier, et les renoncements qui les ont parfois accompagnées sous prétexte de réalisme,

tendent à faire jurisprudence dans la bouche des adversaires déclarés ou cachés de la laïcité. Bien des

entorses sont invoquées, par eux, comme des adaptations dans les faits, et passent ainsi pour normales.

 

Le contournement de la distinction entre culturel et cultuel, par exemple, sert trop souvent à financer

les  cultes,  bafouant  ainsi  la  loi  de  1905  et  préparant  d'éventuelles  généralisations  antilaïques.  Il  est

grand temps  de se réveiller.  Les  termes  hypocrites  de toilettage, de laïcité  ouverte-positive-inclusive,

permettent  de  noyer  le  poisson,  de  fragiliser  un  peu  plus  la  laïcité.  Ceux  qui  sont  décidés  à  en  finir

avec ce qu'ils s'obstinent à appeler  «l'exception française» n'ont que ce vocabulaire à la bouche. Ce

n'est pas être figé ou passéiste que de rappeler la force régulatrice des principes, et dire aux politiques

que «trop c'est trop». Toute concession est manifestement interprétée comme une faiblesse, une brèche

à  élargir.  Et  qu'on  ne  parle  pas  de  sectarisme  à  propos  de  ceux  qui  soulignent  le  danger  de  telles

concessions !

 

Il  est  vrai  que la nouvelle habitude de  l'idéologie  dominante est