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Lundi 28 janvier 2008
Dimanche 27 janvier 2008
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PARIS, 27 jan 2008 (AFP) — Portée par des sondages favorables, retrouvant la ferveur de sa campagne présidentielle et une audience confortée par les difficultés de Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal pousse les feux d'une candidature de plus en plus affirmée à la direction du PS.

Si la gauche "a besoin d'un leader" et si elle "peut être celle-là", elle "prendra ses responsabilités", a déclaré dimanche sur France 2 l'ex-candidate à l'Elysée.

Ce besoin de leadership, elle l'entend exprimer "de plus en plus" autour d'elle.

Tout en gardant le mode conditionnel, elle est ainsi allée plus loin que début janvier quand elle s'était dit prête à "aller jusqu'au bout de ce qu'(elle) avait entamé" dans la campagne présidentielle "pour rénover la gauche".

"Dans tous ses propos, elle montre qu'elle est dans une démarche qui peut la conduire" à briguer ce leadership, "si les idées avancent, si le rassemblement est possible", résumait dimanche à l'AFP Jean-Louis Bianco.

"Mais elle n'a rien décidé", selon le député, de retour de Florence où il l'avait accompagnée à une réunion du Parti démocrate italien (centre gauche).

Mme Royal a lancé aux sympathisants de ce mouvement neuf, qui, selon M. Bianco, l'ont ovationnée: "vous vous êtes donné un leader charismatique et populaire comme Walter Veltroni (ndlr: maire de Rome) et cela vous donne de nouvelles raisons d'espérer".

"Le PS a besoin d'un leader dès maintenant, pas d'un premier secrétaire de transition", a fait valoir M. Bianco, répondant aux socialistes qui voudraient découpler 2008, année de congrès PS, et 2012, année présidentielle.

A l'ex-sherpa de François Mitterrand, Jacques Attali, pour qui "c'est l'opinion publique qui dira si elle peut prendre le parti, et pas le parti qui dira si elle peut prendre l'opinion publique", M. Bianco rétorque qu'il ne s'agit pas de contourner le parti, mais "de le renouveler, le rendre attractif".

La présidente de Poitou-Charentes a fait son nouveau petit pas dans "Vivement dimanche", émission devenu rendez-vous politique obligé où les dirigeants délivrent leur message entre deux confidences et trois chansons.

Vêtue de noir, souriante, portant des escarpins offerts en décembre par les ouvrières de Charles Jourdan menacées dans leur emploi, Ségolène Royal a joué le jeu.

Elle s'est confiée avec une franchise inédite sur sa séparation d'avec le numéro un socialiste François Hollande, après 25 ans de vie commune.

Oui, elle a été "trompée", oui, elle a souffert, oui, elle est "libérée", et bonne chance à celui qui fut son compagnon.

Mme Royal a aussi montré avec fierté des charentaises new-look fabriquées dans la région qu'elle préside, tradition qu'elle a voulu préserver de la délocalisation.

Samedi, elle avait pris la parole devant les militants parisiens de son association "Désirs d'avenir", nombreux à l'écouter dénoncer une "connivence" entre haute finance et pouvoir.

Combative sur la Société générale ou l'Erika, et surtout contre Nicolas Sarkozy "qui se prend pour Louis XIV", Mme Royal se plait aussi à faire entendre sa différence: en accueillant sans hostilité le rapport Attali, en voulant "déculpabiliser le droit à la réussite personnelle", en disant que la présence de Tony Blair devant une convention UMP doit pousser les socialistes à "inventer leur modernisation".

Elle est l'opposante "la plus crédible" à Nicolas Sarkozy, talonnée par François Bayrou, dans un sondage Ifop-JDD. Les sympathisants de gauche voient en elle la meilleure candidate au poste de premier secrétaire, avec 4 points d'avance sur Bertrand Delanoë, selon OpinionWay-Figaro-LCI.

 

 
 
Dimanche 27 janvier 2008

PARIS (AFP) — Ségolène Royal (PS) prend date pour l'élection présidentielle de 2012, annonçant qu'elle prendra ses "responsabilités", dans un extrait diffusé samedi soir de l'émission "Vivement Dimanche", déjà enregistrée et qui sera diffusée intégralement dimanche sur France 2.

"Si je sens, et je l'entends beaucoup, de plus en plus autour de moi, que la gauche pour se relever, pour avancer, pour progresser, pour être en phase avec son temps et pour faire lever une nouvelle génération a besoin d'un leader, si je sens que je peux être celle-là, eh bien oui je prendrai mes responsabilités", déclare la candidate PS à la présidentielle de 2007.

Début janvier, Mme Royal avait laissé entendre qu'elle ferait acte de candidature à la direction du PS, en se disant prête à "aller jusqu'au bout de ce qu'(elle) avait entamé au cours de cette campagne présidentielle pour rénover la gauche".

"Si je suis capable de rassembler les socialistes sur cette offre politique, j'irai jusqu'au bout de cette démarche", avait assuré la présidente de la région Poitou-Charentes.

Cette prise de position avait déclenché un tir de barrage au sein du PS.

Dans un sondage Ifop publié dimanche par Le Journal du Dimanche, Mme Royal est jugée l'opposante "la plus crédible à Nicolas Sarkozy", devant François Bayrou (Modem), Bertrand Delanoë (PS) et Olivier Besancenot (LCR).

Dans un autre sondage OpinionWay pour LCI et Le Figaro publié vendredi, Mme Royal est considérée comme la meilleure candidate au poste de premier secrétaire du PS, selon 66% des sympathisants de gauche, qui la placent juste devant Bertrand Delanoë (62%).

Dimanche 27 janvier 2008

undefinedSégolène Royal "choquée par le scandale de la Société générale", a demandé vendredi à Chartres "que les 7 milliards d'euros soient remboursés aux familles qui sont plongées dans l'endettement".

"Quand les Français ont un compte bancaire excédentaire en début de mois et le terminent à découvert, les pénalités tombent. Les banques s'enrichissent sur le dos des plus modestes. Je demande à ce que les 7 milliards d'euros soient remboursées aux familles qui sont plongées dans l'endettement".

"Ces 5 milliards d'euros, plus les 2 millions perdus dans les subprimes représentent un tiers du déficit de la sécurité sociale", a-t-elle aussi déclaré.

Rappelant qu'elle avait proposé durant la campagne présidentielle une réforme du système bancaire, Ségolène Royal s'est dite choquée que la démission du PDG de la société générale n'ait pas été acceptée par le conseil d'administration réuni en urgence.

"Est-ce parce que Daniel Bouton est l'ancien directeur de cabinet d'Alain Juppé?", s'est-elle interrogée.

Ségolène Royal a déclaré qu'elle voulait "que l'Etat recadre les banques", après l'annonce par la Société Générale de pertes colossales dues à une "fraude" massive.

"Ca paraît invraisemblable. Voilà des patrons qui sont grassement payés pour contrôler où va l'argent des petits épargnants. Et ils découvrent que l'on peut détourner cinq milliards. C'est dire leur désinvolture à l'égard des autres"

"Je veux que l'Etat recadre les banques, réglemente leurs activités pour qu'elles fassent ce pourquoi elles sont payées, c'est-à-dire prêter de l'argent aux ménages, aider les entreprises pour qu'elles créent des emplois".

Pour Ségolène Royal, "face à de tels comportements, l'Etat doit être fort. Il faut une transparence sur l'utilisation des fonds bancaires. Il y a un déficit de politique, d'autorité, de volonté de réglementation".

Dimanche 20 janvier 2008

Recueilli par CATHERINE COROLLER - LIBERATION : mercredi 16 janvier 2008

 

Jean Bauberot, titulaire de la chaire d’histoire et sociologie de la laïcité à l’Ecole pratique des hautes études, est l’auteur de plusieurs ouvrages dont les Laïcités dans le monde (PUF, 2007) et anime un blog (1).

Au Vatican comme à Riyad, Nicolas Sarkozy a valorisé la foi au détriment de la laïcité. Comment percevez-vous cette posture ?
Pour commencer, il faut essayer de voir pourquoi il a fait cela. Lui-même et ses conseillers ont bien lu les analyses sur la postmodernité, l’ultramodernité, ou ce que j’appelle, moi, la modernité tardive. C’est l’idée que l’on ne peut plus avoir confiance dans le progrès comme au temps des Lumières. A l’époque, la science et ses applications promettaient d’améliorer la vie sur terre. Aujourd’hui, elles sont accusées de mettre en danger la planète. Combiné au déclin des grandes idéologies, cela entraîne une montée des incertitudes. Du point de vue de la prise en compte de cette réalité, Sarkozy et ses conseillers ont plusieurs métros d’avance sur le PS. Si on ne comprend pas cela, on ne prend pas la mesure du défi que le chef de l’Etat lance à la gauche. Mais lui s’en sert au profit d’une tentative néocléricale de re-liaison du religieux et du politique, d’instrumentalisation du religieux par le politique.

Cela justifie-t-il des critiques aussi sévères sur la laïcité ?
La morale laïque est une morale commune. Elle n’a pas à être totalisante ni complète. Seules les sociétés totalitaires ont tenté de faire croire qu’elle pourrait répondre à toutes les aspirations de l’homme. Des individus peuvent estimer qu’elle est insuffisante. Libre alors à eux de rechercher volontairement une morale plus exigeante. Comparer morale laïque et morale religieuse, c’est confondre deux plans. De même quand Sarkozy dit que l’instituteur ne sera jamais à la hauteur du curé ou du pasteur.

Et l’insistance du Président à rappeler les «racines chrétiennes» de la France ?
Cette hypertrophie des racines privilégie le passé aux dépends de la dynamique et du mouvement. J’y vois une forme d’intériorisation de l’impuissance du politique, à l’égal des lois mémorielles votées par le Parlement. Le politique s’occupe de choses qui ne le concernent pas.

Sarkozy s’aventure-t-il sur un terrain qui ne devrait pas être celui d’un président de la République ?
Il fait de la religion une dimension obligatoire de l’être humain. C’est une option philosophique que n’a pas à avoir un président de la République. A ma connaissance, aucun de ses prédécesseurs n’est allé aussi loin. Personnellement, je suis protestant mais je dénie à l’Etat le droit de croire à ma place.

 

 
 
 
Jeudi 17 janvier 2008
Message de Ségolène Royal


Chers Amis,

Après Saint-Bieuc samedi dernier, ville où Danielle Bousquet est en campagne, je me suis rendue hier à Strasbourg aux côtés de Roland Ries. Là encore, l’atmosphère était très chaleureuse ; et là encore, j’ai vu un parti socialiste en ordre de bataille, pleinement mobilisé pour reprendre la ville à la droite.

À cette occasion, nous avons tous deux déploré les promesses non-tenues de Nicolas Sarkozy. Car avec lui, plus que les lendemains qui déchantent, ce sont les lendemains qui pleurent. Après avoir traité de l'économie solidaire dans un restaurant coopératif, nous avons rappelé l'absence de baisse du chômage, qui ne cesse de toucher très fortement les jeunes.

Nous avons également mis en cause le recul de l'État sur les solidarités essentielles, avec en particulier l'instauration des franchises médicales. Dans le quartier sensible du Neuhof, Roland Ries m’a fait rencontrer une association d'aide à l'insertion des femmes d'origine étrangère : magnifique initiative, source de sociabilité et de convivialité, dans un quartier délaissé par l’équipe municipale en place. Merci aux bénévoles, aux animateurs, aux travailleurs sociaux d’entretenir ainsi l’espoir !

Avec des personnes âgées, nous avons participé à un thé dansant qui se tenait dans le quartier Hautepierre : j’ai senti le mécontentement de beaucoup contre un gouvernement qui avait promis d’augmenter le minimum vieillesse et les petites retraites, et qui n’a encore rien fait. Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il ferait une lecture nationale des résultats aux élections locales. Face à la politique du pire, nous devons donner lui un bon avertissement en votant massivement pour les candidats de la gauche !

Dans la matinée, je m'étais rendue sur le site de Sony France à Ribeauvillé, dans le Haut Rhin, où 230 emplois sur 719 sont menacés. Les salariés sont frappés par leur cinquième plan social en l’espace de quelques années, résultat d’un manque complet d’anticipation des mutations industrielles.

A la fin des mes entretiens avec les syndicats et la direction, je suis sortie de l’usine où m’attendait une centaine d’ouvriers. La presse, qui n’avait pas eu l’autorisation d’entrer, a calmement forcé le barrage et pu rencontrer les salariés du site.

J’ai rappelé les exigences suivantes : la France devait enfin se doter d’une véritable politique industrielle, notamment en matière de sous-traitance ; il n’y aurait pas de fatalité à la désindustrialisation si tout était fait pour pousser les entreprises à innover et anticiper ; il fallait que l’Europe trouve les moyens de se protéger et de s’organiser ; enfin, la formation tout au long de la vie ne devait pas rester une incantation, mais devenir une réalité !

Merci à tous ceux qui m’ont accueilli avec tant de gentillesse et qui m’ont accordé leur confiance ! Je leur souhaite bon courage dans leur lutte ! Je suivrai ce dossier attentivement et écrirai dans les prochains jours à la direction de Sony-Europe.

Dans le train du retour, j’ai appris en lisant le journal Le Monde que la France allait installer une base navale à Abou Dabi, en face des côtes iraniennes. C'est une décision lourde de sens qui a été prise en catimini par le chef de l'État, sans débat au Parlement, en nous plaçant devant le fait accompli.

Quel signal souhaite ainsi envoyer Nicolas Sarkozy ? Cherche-t-il à être le meilleur élève de la « classe Atlantique », au moment où le Royaume-Uni fait entendre sa différence ? Cherche-t-il à provoquer sciemment l'irréversible en créant les conditions d'une montée des extrêmes dans la région ? Comment justifier ces positions « bottées » au moment où il dissémine les centrales nucléaires un peu partout au Moyen-Orient ? Où est la cohérence ?

La fermeté face à l'Iran est une nécessité. J'ai été la première à avertir des dangers de la politique d'enrichissement d'uranium menée par Téhéran. Mais cette fermeté doit être efficace et ne pas conduire à l'escalade, ainsi que l'ont compris aussi bien les candidats démocrates à l'élection présidentielle américaine que l'ancien secrétaire d'État républicain James Baker.

L'Iran doit se conformer à ses obligations internationales, mais jamais la politique du « bâton » n'a réussi à créer les conditions de la sécurité et de la stabilité. Plutôt que de se lancer dans une surenchère suiviste de G. W. Bush, la France doit faire entendre la voix de la raison et proposer à l'Iran les voies d'une sortie par le haut.

Il est encore temps d'éviter le pire : offrir à l'Iran de s'intégrer pacifiquement à la communauté internationale, ainsi que le préconise le rapport Baker. Et puisque le président de la République est prêt à « discuter avec tout le monde », qu'il aille à Téhéran avant qu'il ne soit trop tard, ainsi que Nixon l'avait fait avec la Chine !

À très bientôt,

Amicalement,
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Jeudi 17 janvier 2008
Mercredi 9 janvier 2008


Point Presse de Ségolène Royal     08/01/08]

Dans quelques minutes, la vidéo de ce point-presse

 

Chers Amis,

J'ai reçu la presse en réponse à la conférence de presse de Nicolas Sarkozy. À cette occasion, j'ai déploré le manque de propositions concrètes sur le pouvoir d'achat et j'ai avancé les propositions urgentes suivantes :

* Revenir sur le paquet fiscal afin de doubler la prime pour l'emploi, pour revaloriser le travail de salariés modestes et d'augmenter leur pouvoir d'achat,

* S'attaquer aux secteurs de la grande distribution en supprimant les ententes implicites entre les enseignes et les marges arrières,

* Réformer l'indice des prix,

* S'attaquer aux tarifications bancaires abusives (surendettement, crédit revolving, etc.)

J'ai montré à la presse le programme présidentiel de Nicolas Sarkozy et j'en ai relu les engagements dont on attend toujours la réalisation et notamment, je cite, page 9 : « J'augmenterai de 25% le minimum vieillesse et je revaloriserai les petites retraites ».

Compte-tenu de la situation de la France, nous attendions beaucoup de ces voeux. Le temps des illusions se termine, celui de l'inquiétude commence.

Le moral est au plus bas, les jeunes sont les plus pessimistes de l'ensemble des pays de l'OCDE, la désillusion fait place à l'inquiétude :

* la vie chère,

* les petites retraites,

* le prix excessif de l'alimentation et de l'énergie.

Je me suis étonné de l'absence de bilan de ces huit derniers mois. Nicolas Sarkozy s'est pourtant toujours revendiqué d'être « en première ligne ».

On a donc un président « commentateur » de son inaction, de la « commissionnite aiguë » (plus de 100 commissions ont été créées depuis son élection, tous ministères confondus), un président du commentaire de l'exaspération.

En réponse aux questions des journalistes :

* Sur la fin des 35 heures, en écho aux déclarations des organisations syndicales, j’y vois une “forme de provocation et une forme d'improvisation” : une forme de provocation parce que cela préfigure en fait la fin de la durée légale du travail, une forme d’improvisation parce que cela met par terre une de ses principales propositions

* Sur la suppression des recettes publicitaires pour l'audiovisuel public, j'ai constaté, suite à cette annonce, la hausse de 12% de l'action de TF1 à la bourse de Paris (puisque cela constitue une manne publicitaire supplémentaire pour les chaînes privées). Tout cela est-il bien moral ?

Je serai jeudi et vendredi au contact de la population dans ma région, puis samedi à Saint-Brieuc pour soutenir Danielle Bousquet, candidate aux élections municipales, et enfin le 15 janvier à Strasbourg.

À très bientôt,

Amicalement,

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