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Mercredi 14 février 2007
 

 

LE MONDE | 14.02.07 | 15h17  •  Mis à jour le 14.02.07 | 15h17
TOULOUSE ENVOYÉ SPÉCIAL








S'ils peuvent avoir des états d'âme, qui suscitent parfois des divergences, leur volonté commune de battre Nicolas Sarkozy est un ciment à toute épreuve. Rencontrés une première fois à Toulouse lors de la campagne interne au PS (Le Monde du 10 novembre 2006), ces militants socialistes se sont rangés sans barguigner derrière la candidature de Ségolène Royal. Partageant une même volonté d'en découdre avec la droite, ils expriment aujourd'hui leur détermination. Mais aussi certaines préoccupations.

 

L'ancien de la Ligue communiste révolutionnaire, Pierre Timsit, secrétaire de la section qui englobe le quartier "sensible" du Mirail, a remisé ses préférences fabiusiennes de l'automne 2006. Mais il n'entend rien lâcher sur le terrain de "l'urgence sociale". L'ancrage à gauche du discours prononcé par Mme Royal à Villepinte l'a "soulagé". "Avant, elle papillonnait, personne ne comprenait. Là, elle a parlé fort", explique-t-il. Encore ne s'agit-il là que du "minimum syndical". "Elle a permis de pouvoir parler à nouveau aux petites gens. Mais ils sont exigeants", prévient M. Timsit.

Secrétaire d'une section du centre-ville toulousain, Stéphane Carassou, qui avait voté "DSK" le 16 novembre 2006, se félicite lui aussi du retour en force des thématiques économiques et sociales ; l'un des signes, à ses yeux, d'un nécessaire recentrage de la candidate sur les orientations du parti. "Elle évolue, c'est bien. Il y a des cohérences, des cultures politiques, qu'on ne bannit pas comme ça", souligne M. Carassou, en ajoutant cette mise en garde : "Ne nous laissons pas enfermer dans la stratégie d'hyper-personnalisation voulue par Sarkozy."

Revenir aux "fondamentaux" : tel est, semble-t-il, le souhait de certains anciens militants qui, éprouvés par le "trou d'air" des dernières semaines, craignent que l'opinion soit désorientée par le style Royal. "C'est une femme, ce qui est une nouveauté. Et sa méthode est différente. Mais le "tout neuf" est aussi fragile", note l'ancien (très) jospiniste Jean-Marie Guilloux, qui souhaite que la candidate "mette en avant une équipe". "La féminité et la nouveauté ne sont peut-être pas spontanément corrélées avec la "solidité" et la "crédibilité"", s'interroge Henri Mateos, responsable de la plus importante section de Toulouse, en évoquant "un pari sur la modernité de ce pays". Le meeting de Villepinte l'a lui aussi "rassuré" : "Elle a fait preuve d'un fort volontarisme, en assumant le socle de la gauche qui est la redistribution."

"GAGNER L'ÉLECTORAT POPULAIRE"

Les uns et les autres ont bien senti, sur le terrain, la tentation d'un vote Bayrou. "Il a pu être perçu comme une valeur refuge lorsque la méthode participative suscitait l'incompréhension", explique M. Guilloux. La menace que représente la candidature de Jean-Marie Le Pen est toutefois jugée plus préoccupante.

"Il nous faut gagner l'électorat populaire, sans se préoccuper des brebis égarées chez Bayrou, qui reviendront au second tour", estime M. Mateos. "Les Français sont habitués au clivage droite-gauche. Et si même ils avaient envie de le dépasser, ce serait 'tout sauf Bayrou', qui a toujours incarné la droite chrétienne", souligne Romain Cujives, responsable fédéral du Mouvement des jeunes socialistes.

Enthousiasme de la jeunesse ? Clémentine Lerévérend (23 ans) et Anne-Sophie de Surgy (22 ans) voient l'avenir en rose. "Ségolène Royal a montré à Villepinte qu'elle avait une stature de présidente. On a un vrai projet de société. C'est maintenant tout à fait 'faisable'", affirme la première. "Elle ne va qu'en s'améliorant. Je ne vois pas comment elle ne pourrait pas remonter", assure la seconde.

Jean-Baptiste de Montvalon
Mercredi 14 février 2007

La Sécurité sociale professionnelle... Ces termes sont désormais utilisés tant par Nicolas Sarkozy que par Ségolène Royal. Derrière ces mêmes mots ce sont pourtant des conceptions antagonistes des (non)-protections des salariés qui nous sont proposées.

Nicolas Sarkozy

En octobre 2005, alors que le Premier ministre ne cesse de défendre le « modèle social français », Nicolas Sarkozy cherche à s’affirmer sur le terrain social. Lors d’un discours prononcé au Centre de recherche d’Arcelor, à Maizières-lès-Metz (Moselle), Nicolas Sarkozy parle de la Sécurité sociale professionnelle : « Il convient que les protections soient désormais attachées aux salariés et non aux emplois qu’ils occupent. » Le président de l’UMP parle ensuite rarement de la Sécurité sociale professionnelle. Il privilégie la nécessité d’une « plus grande flexibilité dans l’emploi » et la défense du « contrat unique ». Depuis, Nicolas Sarkozy a changé... Il visite les usines, s’adresse à « la France qui souffre » et à « ceux qui se lèvent tôt », ses nouvelles références sont Jaurès et Blum... Dans ce nouveau contexte, la Sécurité sociale professionnelle fait son retour lors du discours de Saint-Etienne, le 9 novembre dernier : « Ma conception de la Sécurité sociale professionnelle, c’est aussi une plus grande exigence dans la préservation de l’équilibre entre les droits et les devoirs. Toute personne au chômage qui satisfera à l’obligation dûment vérifiée d’une recherche active d’un emploi verra ses droits à indemnisation préservés. Je propose que pour les bas salaires, ces droits ne puissent être inférieurs à leurs salaires antérieurs. Mais en cas de manquement à cette obligation, par exemple en cas de refus d’un emploi correspondant aux qualifications de la personne ces droits devront être réduits. En cas de refus répétés, ils devront être supprimés. Il est temps de parler vrai. La solidarité c’est pour aider ceux qui veulent s’en sortir, pas pour protéger ceux qui ne font rien. »

La Sécurité sociale professionnelle version Sarkozy serait donc une « plus grande exigence dans la préservation de l’équilibre entre les droits et les devoirs »... Côté devoirs, on voit... Côté droits, c’est beaucoup moins clair ! Le contrat unique serait accompagné de « droits sociaux qui augmenteraient en fonction de l’ancienneté de l’employé ». Cette histoire de droits progressifs est un mirage. Nombre de salariés « flexibilisés », c’est-à-dire encore plus précarisés qu’aujourd’hui, auront bien du mal à voir leurs droits progresser dans un tel système. Ceux qui vont aujourd’hui de contrat précaire en contrat précaire avec des périodes de chômage entre les contrats iront demain de contrat unique en contrat unique avec toujours des périodes de chômage entre les différents contrats. En définitive, la situation des salariés concernés ne sera pas substantiellement modifiée. Le contrat unique, c’est moins de droits pour les salariés. On est là bien loin du renforcement des protections du travailleur.

La flexibilité... Le chômage de masse place les entreprises en position de force sur le marché du travail. Dans ce contexte, ce n’est pas un hasard si ce sont les moins qualifiés, ceux que l’on peut le plus facilement remplacer, qui ont les emplois les plus précaires. De plus, il n’est aucunement démontré que les entreprises ont besoin de plus de flexibilité pour résister à la concurrence internationale. Ne serait-ce pas d’ailleurs la stabilité et la sécurité du salarié qui favoriseraient sa productivité ? Tout cela pour dire que le développement de la flexibilité prôné par Nicolas Sarkozy va, lui aussi, à l’encontre de la sécurisation des parcours professionnels.

Enfin, quand Nicolas Sarkozy parle de Sécurité sociale professionnelle, il ne dit jamais rien des questions essentielles qui pourraient donner un contenu crédible à cette expression. La sécurisation des parcours professionnels interroge, entre autres, les dispositifs de formation et la qualification des salariés ; elle implique aussi un haut niveau de prélèvements obligatoires tel qu’il existe déjà dans plusieurs pays scandinaves. Ce dernier aspect est totalement éludé par Nicolas Sarkozy.

Ségolène Royal et le projet socialiste

Du côté de la candidate socialiste, dans son pacte présidentiel présenté ce dimanche, le concept de sécurité sociale professionnelle est précisément défini. Sa mise en place, garantie par l’Etat, doit permettre à chaque personne privée d’emploi de se voir proposer par les pouvoirs publics un contrat de droits et devoirs comportant :

- une rémunération, pendant un an, égale à 90 % du dernier salaire net perçu

- une formation qualifiante

- une aide personnalisée à la recherche d’emploi qui serait assurée par le service public de l’emploi.

Dans le projet socialiste, c’est la création d’une « couverture professionnelle universelle » qui est déclinée : « Nous le ferons avec les partenaires sociaux dans une grande négociation sur la Couverture professionnelle universelle (CPU). Elle assurera les trois éléments majeurs du travail : l’emploi, une garantie de ressources et la promotion professionnelle. Dans ce cadre, nous créerons un droit individuel à la formation tout au long de la vie d’autant plus élevé que la formation initiale aura été courte. Il prendra la forme d’une carte vitale professionnelle. Nous unifierons les droits des demandeurs d’emplois : une garantie de ressources de base, ouverte à tous les actifs privés d’emploi et financée par la solidarité nationale et un régime complémentaire, proportionnel au dernier salaire ; l’Unedic, géré par les partenaires sociaux. Chaque demandeur d’emploi bénéficiera d’un accompagnement individualisé dans un dispositif comportant un bilan, la formation professionnelle et un référent unique. Nous lancerons une négociation pour aller vers un service public de l’emploi unifié mettant en synergie les différents acteurs de la politique de l’emploi, notamment les régions qui sont l’échelon pertinent pour définir les orientations et les objectifs de la politique de formation. »

A l’heure où la remise en cause de la notion de carrière est une donnée (il est certain que de moins en moins de salariés font et feront une carrière linéaire au sein de la même entreprise), il y a une responsabilité collective à garantir à chacun un revenu et une activité (emploi ou formation) tout au long de sa vie professionnelle. Les carrières « normales » deviendront une succession de périodes de travail et de périodes d’apprentissage de nouveaux savoirs. Les premières périodes doivent évidemment être payées par les employeurs. Les secondes doivent être financées par la collectivité. C’est pourquoi l’expression Sécurité sociale professionnelle est particulièrement bien appropriée. La construction de ce dispositif relève sans aucun doute d’une rare complexité. L’enjeu est essentiel : lutter enfin efficacement contre le chômage de masse tout en satisfaisant les besoins des entreprises et, évidemment, les salariés. Le mérite du projet socialiste, même s’il est loin de répondre à nombre de questions et notamment à celle du financement du dispositif, est de commencer à appréhender sérieusement la complexité de la Sécurité sociale professionnelle.

agoravox.fr

Mercredi 14 février 2007
Mercredi 14 février 2007

Faut-il s’en étonner ? C’est par Alger que l’Afrique a fait irruption dans la campagne électorale française. Le 4 février, Jack Lang, envoyé spécial de la candidate socialiste Ségolène Royal auprès d’Abdelaziz Bouteflika, s’est déclaré favorable à une reconnaissance par la France des crimes commis pendant la colonisation. L’ancien ministre de François Mitterrand a même réclamé une réforme « des manuels scolaires français qui présentent une histoire idyllique du colonialisme ». La référence à la loi sur le « bilan positif de la colonisation » - votée deux ans plus tôt par la majorité UMP du Parlement français avant d’être annulée en janvier 2006 sur injonction de l’Élysée - était à peine voilée.

Et il n’en fallait pas plus pour que la polémique soit ravivée à Paris. La droite, de Philippe Douste-Blazy, le ministre des Affaires étrangères, à François Bayrou, leader de l’UDF, n’a fait que répéter ce que Nicolas Sarkozy avait déploré en 2005 : « On assiste chez certains individus, et parfois même au sein de l’État, à une tendance irrépressible à la repentance systématique. »

La querelle n’a guère duré et le différend gauche-droite sur la politique française en Afrique pourrait bien se réduire à cette posture idéologique sur la colonisation. L’Afrique ne sera pas au cœur de la campagne. D’autant moins qu’un passage de relais entre générations se fera à la faveur de l’élection présidentielle. Les quinquas Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal étaient enfants au temps des indépendances, et entendent, eux, les murmures d’une bonne partie des opinions publiques française et africaines qui réclament la fin réelle de « l’Afrique de papa ».

Les deux favoris ont tout de même jugé utile d’effectuer le pèlerinage traditionnel en terre africaine de tout bon candidat. Au petit jeu du « j’ai visité plus de pays que toi », Sarkozy l’emporte haut la main (en tant que ministre de l’Intérieur, il a davantage de moyens et de raisons de se déplacer). Mali, Bénin et Maroc en mai 2006, Sénégal en septembre, Algérie en novembre, et un très hypothétique déplacement au Gabon et au Congo-Brazzaville d’ici à mars : il aura fait le tour des fidèles.

Aux yeux du ministre de l’Intérieur, l’Afrique ne ressemble pourtant pas à la terre chargée d’histoire et riche de trônes ashantis ou de masques baoulés qu’affectionne Jacques Chirac. À Bamako, Sarkozy s’agaçait des moustiques et préférait se reposer au bord de la piscine plutôt que de rencontrer ministres ou acteurs de la société civile. Soit : sa politique envers le continent est de toute façon principalement guidée par des impératifs d’« immigration choisie ». Il a pourtant prononcé à Cotonou, le 25 mai 2006, un discours sur sa politique en Afrique, fondée sur un dialogue, estime-t-il, emprunt de franchise et de respect. Mélange de rupture avec la « Françafrique », de refus de s’encombrer d’une histoire coloniale trop lourde (condamner le système, oui, mais pas les hommes qui l’ont incarné), de responsabilisation des Africains (« la responsabilité du succès ou de l’échec est d’abord la vôtre »), de récusation de « la posture d’une France donneuse de leçons », mais aussi de refus « de transiger sur nos valeurs de démocratie », les relations avec les pays africains « à la Sarko » se veulent « décomplexées » et tournées vers l’avenir.

Il n’en entretient pas moins quelques accointances avec les amis africains de Jacques Chirac, figures emblématiques d’un « pré carré » qu’il se fait un devoir de dénoncer. Ainsi rencontre-t-il Omar Bongo Ondimba quand ce dernier est de passage à Paris ; ainsi a-t-il invité sa fille Pascaline au congrès de l’UMP le 14 janvier ; ainsi apprécie-t-il Denis Sassou Nguesso ou Amadou Toumani Touré. Dans son entourage, il conserve quelques fins connaisseurs des fameux réseaux : Charles Pasqua, François Jay (ancien de Bolloré passé à l’Agence française de développement, AFD), Pierre Vimont, directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères. L’ex-chef du protocole d’État en Côte d’Ivoire de 1960 à 2001, Georges Ouégnin, y va aussi de ses conseils. Ceux-là sont les informateurs ou les intermédiaires. D’autres se chargent de la doctrine : les jeunes David Martinon, conseiller diplomatique, et Ramatoulaye Yade, secrétaire nationale d’origine sénégalaise chargée de la Francophonie.

En face, du côté de Ségolène Royal, l’organigramme de ceux qui peuvent, de près ou de loin, traiter avec l’Afrique n’est pas moins fourni. Jean-Louis Bianco, codirecteur de campagne, traite des affaires internationales. L’ancien secrétaire général de l’Élysée sous François Mitterrand connaît parfaitement le fonctionnement des cellules africaines. Dans les rangs de son parti, elle peut compter aussi sur Pierre Moscovici, secrétaire général à l’international, premier représentant du PS à l’Internationale socialiste, qui s’est chargé des analyses politiques quand la France est intervenue en Côte d’Ivoire, au Tchad ou en Centrafrique. Harlem Désir, proche des ONG et de la société civile, est en charge de la mondialisation et traite davantage des questions de coopération ou de bonne gouvernance. Tous deux sont secondés par le jeune Thomas Melonio (fonctionnaire à l’AFD), nouveau délégué national à l’Afrique à la place de Guy Labertit (qui a rendu son tablier l’an dernier mais conserve, à toutes fins utiles, un épais carnet d’adresses). Gravitent aussi autour de la candidate socialiste Bruno Rebelle, ancien de Greenpeace, Safia Otokoré, secrétaire nationale d’origine somalienne et ex-épouse du footballeur Didier Otokoré, Victorin Lurel, président de région en Guadeloupe, ou encore Gilbert Roger, maire de Bondy, spécialiste de la coopération décentralisée. Chez les députés, François Loncle et Paul Quilès (vice-président de la commission défense) s’expriment sur le Darfour et les questions militaires, Daniel Bousquet et Henri Emmanuelli étudient le budget du développement, tandis qu’au Sénat Catherine Tasca (qui s’est rendue il y a peu en Mauritanie), Charles Josselin (l’ancien ministre délégué à la Coopération de Lionel Jospin) et Michel Charrasse (spécialiste des questions de coopération) s’intéressent également à l’Afrique.

Mais Ségolène Royal, « l’Africaine », titre hérité de sa naissance à Dakar, n’a fait qu’un détour par le continent - dans son pays natal précisément. Désir, à en croire les socialistes, de marquer plus encore une rupture dans les « relations personnelles » avec les chefs d’État ? Preuve, en tout cas, de sa virginité en matière diplomatique. Un noviciat bienvenu, selon certains, pour remettre cartes sur table. En attendant une ébauche de politique africaine, qu’elle devrait présenter fin février-début mars lors d’une rencontre avec quatre plates-formes d’ONG françaises, il faudra se contenter de la ligne officielle du parti. « La France a une responsabilité vis-à-vis de l’Afrique et doit être davantage présente, même si les relations et les modalités de notre coopération doivent être rénovées », explique ainsi Harlem Désir. « Pendant ses deux mandats, Jacques Chirac, en privilégiant les amitiés personnelles, a terni l’image de notre pays, qui se trouve associé aux régimes les plus contestables du continent. Ségolène Royal a une volonté forte de transparence. La récente intervention au Tchad, par exemple, ne devrait pas relever d’un domaine réservé au chef de l’État. Notre priorité ? Le soutien au développement, à une immigration partagée et non choisie, et aux droits de l’homme. Le traitement vis-à-vis des pays qui sont exemplaires doit être privilégié sur le soutien à des régimes qui ont fermé le champ démocratique. »

L’Élysée version Royal possédera-t-il toujours la fameuse « cellule » ? « Non, ce ne sera plus le cas. L’approche sera différente de ce qu’on a observé jusqu’à maintenant. » Chez Sarkozy, en revanche, elle est prévue, et un nom circule déjà pour son futur patron.

FRANCE - 11 février 2007 - par ÉLISE COLETTE - JeuneAfrique.com

Mercredi 14 février 2007

Les deux principaux candidats à l'investiture de l'Elysée annoncent, ce mercredi matin, les chiffres de leur "pacte" présidentiel. L'un est estimé à 30 milliards d'euros, tandis que l'autre atteint les 35 milliards d'euros.

Le projet de Nicolas Sarkozy estimé à 30 milliards d'euros

Dans une interview accordée au journal "Les Echos", Nicolas Sarkozy chiffre, ce mercredi, son projet à 30 milliards d'euros, dont la moitié en baisse d'impôts. "Mon projet représente 30 milliards d'euros en cinq ans, dont 15 milliards d'allégements d'impôts et de charges", affirme le candidat UMP à la présidentielle, alors qu'une estimation indépendante (de l'Institut de l'entreprise) l'a évalué lundi à un peu moins de 50 milliards d'euros.

"Les allégements de charges et d'impôts sur les heures supplémentaires amèneront des recettes de TVA", assure le ministre-candidat. "Il y a des gisements considérables", dit-il, en se demandant "si l'on ne pourrait pas moduler les aides liées aux 35 heures pour verser davantage aux entreprises qui créent des emplois et ont une politique salariale active".

Il réfléchit à une "réorganisation du ministère de l'Economie et des Finances", avec "d'un côté la gestion des comptes, ceux de l'Etat et de la Sécurité sociale" et de l'autre, "un ministère de la Stratégie économique, voire, osons le mot, de la Production, pour que la France ait une vraie réponse à la mondialisation".

"Dès l'été", Nicolas Sarkozy soumettra à négociation la question des heures supplémentaires, qui devront être effectuées sur la base du "volontariat". Les partenaires sociaux auront "l'été" pour négocier. "Il faut qu'on soit prêt à l'automne". Il précise que: "Cela devra être également le cas pour la recherche et l'université. J'élaborerai dès l'été 2007 un statut d'autonomie pour les universités françaises".


Le projet de Ségolène Royal estimé à 35 milliards d'euros

De son côté, le Parti socialiste a fait part de l'estimation de son projet présidentiel. François Hollande annonce, ce mercredi, sur Canal Plus, que le coût du pacte présenté par Ségolène Royal s'élève à 35 milliards d'euros. Le numéro un du PS a ajouté que le projet de la candidate socialiste prévoit des "dépenses supplémentaires, des recettes supplémentaires, des économies", par exemple sur "les exonérations de cotisations sociales sans contrepartie".

François Hollande a chiffré à "50 milliards les dépenses supplémentaires que pourrait coûter le pacte présidentiel" et à "15 milliards les économies et recettes supplémentaires".

Le premier secrétaire du PS a souligné "l'importance de la dette publique". Il a affirmé, qu'en cas de victoire de la gauche au printemps 2007, "il y aura, dans le cadre d'une stabilité des prélèvements obligatoires, des baisses d'impôts pour le plus grand nombre et des relèvements pour d'autres". "1% des contribuables les plus favorisés" pourraient être concernés par ces relèvements.
latribune.fr
Mercredi 14 février 2007
Mercredi 14 février 2007
Il y a les sondages des "grands" instituts (appartenant essentiellement aux grandes puissances financières) et une certaine réalité (rappelez vous du référendum sur la Constitution)
 
Les nouveaux accents " sociaux " du discours de Nicolas Sarkozy ne paraissent pas convaincre les internautes qui se sont exprimés*.Est-ce son coup de barre à gauche ou son hyper-activité ? Toujours est-il que les internautes estiment que Nicolas Sarkozy, dans la phase actuelle de sa campagne, " en fait trop " (58%). Son discours de campagne, qui conjugue mesures d'inspiration libérales (exonération de charges sur les heures supplémentaires, baisse des prélèvements obligatoires), citations de figures de proue de la gauche (Jaurès, Blum) et exaltation des " ouvriers ", laisse les internautes dubitatifs. Ils y voient surtout la marque d'un positionnement opportuniste : ses références à Jaurès et Blum ne sont pas jugées sincères (66%). Sa volonté de " réhabiliter le beau nom de travailleur " leur paraît également manquer de sincérité (55%).

Pour les internautes, en dépit d'un discours attrappe-tout destiné à mordre sur les valeurs de la gauche, les mesures dévoilées par Nicolas Sarkozy sont nettement de droite. 64% estiment par exemple ainsi que les propositions du candidat de l'
UMP sur le travail relèvent de la droite. Au total, 69% ne croient pas que Nicolas Sarkozy ait " changé " comme il l'a affirmé le jour de son investiture par les militants de l'UMP.

Tactiquement utile pour rassembler le plus largement possible second tour, l'inflexion sociale du candidat de la droite vient peut-être un peu tôt. A plus de deux mois du premier tour, Nicolas Sarkozy risque d'avoir du mal a convaincre, sur la durée, de la crédibilité de sa mutation.
Pierre Christian
 
Mercredi 14 février 2007

Selon les médias hier au soir tard mardi 13 février, N. SARKOZY aurait retiré son projet de loi sur la délinquance, notamment l'article s'appuyant sur le rapport de l'INSERM concernant les enfants de 3 ans (rapport sur lequel l'INSERM est d'ailleurs revenu et qui était dénoncé par de nombreux psychiatres, psychologues,...).

Les slogans de Nicoles Sarkozy au fil du temps ont été :

- la rupture

- la rupture tranquille

- la tranquillité

- l'ouverture

Le prochain sera t'il l'ouverture.......des prisons, chiche !

Que ceux de nos lecteurs qui relévent les attitudes "changeantes" de ce candidat, les "contradictions" de ses déclarations, les envoient aux adresses indiquées sur la page d'accueil du blog. Nous les publierons.

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