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Vendredi 15 février 2008

Par Maurice Szafran, directeur de Marianne.

Laurent Joffrin, PDG de Libération, dans son journal : « On dira beaucoup de choses, mais on devra en reconnaître une : le candidat de la droite a produit une performance impressionnante ». Exact. Mais dans cet éditorial important, Joffrin conteste radicalement l'analyse idéologique que Marianne, notamment, fait de Nicolas Sarkozy. Ce n'est évidemment pas un hasard s'il réfute le « césarisme » du président de l'UMP. C'est en effet le sens de la couverture de Marianne cette semaine. Joffrin, donc, se démarque. Mais de quoi, précisément ?

L'intelligentsia de gauche – et le patron de Libération compte parmi les figures influentes de cet univers – déteste … Ségolène Royal, ce qui, d'ailleurs, n'est pas forcément le cas de Joffrin. Elle la déteste de façon maladive, névrotique. Une sotte. Une usurpatrice. Une étrangère. Une provinciale qui n'a pas cherché à pénétrer leur univers. Elle n'a pas de programme, pas d'idées, pas de projet. Rien. Royal et le néant. Quel crève-cœur d'être contraint de voter en sa faveur. Difficile, sinon impossible, de quitter « sa » famille, la gauche. Seul Alain Minc n'a pas hésité à franchir le pas : DSK, oui ; Royal, non ; ce sera donc Sarkozy.

Ah, Sarkozy… Dès lors qu'elle doit aborder son cas, l'intelligentsia de gauche est gênée, tourmentée. Kärcher et racaille, les deux mots l'ont troublée. Pourtant, le ministre de l'Intérieur continue d'exercer un attrait non négligeable sur cette bourgeoisie d'influence. Elle l'estime « compétent », l'inverse de Ségolène Royal. Elle l'estime « mûr pour le job », le contraire de Ségolène Royal. Et puis, aussi paradoxal cela puisse-t-il apparaître, Nicolas Sarkozy connaît bien, très bien, les réseaux de la gauche bourgeoise.

Il n'a certes pas les mêmes goûts culturels et artistiques qu'elle, Didier Barbelivien plutôt que Bénabar. Sarkozy ne diserte pas sur Les Bienveillantes, le roman de Littel. Mais cela fait des années déjà qu'il cherche à séduire l'intelligentsia de gauche. Il la reçoit, il l'écoute, il prend note de ses recommandations, il la caresse dans le sens du poil. Voilà notamment pourquoi Nicolas Sarkozy a cité Jaurès, Blum, Mandel, Zola et Guy Moquet. Son auditoire droitier était sidéré de ce salut à la gauche. Mas il ne lui était pas destiné. Il visait Joffrin et les siens. Opération réussie.

Parce qu'au-delà du coup de chapeau lancé dans Libération – et qui ne manque pas d'allure – Joffrin ne dit par exemple rien du programme économique et social de Nicolas Sarkozy. Que pense-t-il par exemple de la suppression des droits de succession ? Les lecteurs de Libération en particulier et les électeurs de gauche en général aimeraient bien le savoir.

 

 

Mardi 16 Janvier 2007 - 18:38

 

Maurice Szafran

 

 
 
Vendredi 15 février 2008
Royal, Bayrou, Villepin: ensemble contre «la monarchie élective»

 
Aux côtés de 17 autres personnalités, dont Jean-Pierre Chevènement, Bertrand Delanoë ou Noël Mamère, ils formulent un appel «pour une vigilance républicaine» et contre l'Etat Sarkozy.
Liberation.fr (avec source AFP)
LIBERATION.FR : vendredi 15 février 2008
      
 
 
Royal, Bayrou, Villepin. Triplette improbable, qui le temps d’«un appel du 14 février pour une vigilance républicaine», publié dans l'hebdomadaire Marianne, se réunit pour formuler une critique de l’Etat Sarkozy et une défense des valeurs de la République, aux côtés de dix-sept autres personnalités de tous bords : le maire PS de Paris Bertrand Delanoë, l'ancien ministre Jean-Pierre Chevènement (MRC), les députés Arnaud Montebourg (PS), Noël Mamère (Verts), André Gérin (PCF), Jean-Pierre Brard (app-PCF), ou encore Nicolas Dupont-Aignan (souverainiste) et Maurice Leroy (Nouveau centre).
Se réclamant de «sensibilités très diverses», ils affirment avoir «en commun un certain nombre de convictions et de valeurs», ils entendent notamment réaffirmer «leur attachement au principe républicain» et «leur refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective».

Défense de la laïcité, de l'indépendance de la presse


Alors que Nicolas Sarkozy a ressorti son couplet sur la place des religions lors du dîner annuel du Crif, les signataires rappellent leur «attachement aux fondamentaux d'une laïcité ferme et tolérante», mais aussi «à l'indépendance de la presse et au pluralisme de l'information» et enfin «à une politique étrangère digne, attachée à la défense des droits des peuples, soucieuse de préserver l'indépendance nationale et de construire une Europe propre à relever les défis du XXIe siècle».

Sans mentionner le nom de Nicolas Sarkozy, cet appel reprend nombre de critiques formulées contre le style de gouvernement ou les grands thèmes défendus par le chef de l'Etat. Reconnaissant avoir «sur un certain nombre de sujets importants des positions très différentes», les signataires, en tête desquels figure l'ancien chef de cabinet du général de Gaulle, Pierre Lefranc, s'engagent «à défendre séparément ou ensemble ces impératifs comme toujours ce fut fait au cours de l'histoire de la République.»
Vendredi 15 février 2008

REUTERS  14.02.08 | 17h21

Par Catherine Lagrange

VILLEURBANNE, Rhône (Reuters) - Ségolène Royal a renoué avec les quartiers, qui lui ont offert ses meilleurs scores présidentiels en mai dernier, lors d'une visite dans le Rhône combinant bataille municipale et critiques de la politique présidentielle pour les banlieues.

A Vaulx-en-Velin puis à Villeurbanne, l'ancienne candidate à l'Elysée s'est posée en première opposante à Nicolas Sarkozy.

La présidente de la région Poitou-Charentes a sommé le chef de l'Etat de revenir en banlieue dans six mois pour rendre compte des effets du plan qu'il a présenté la semaine dernière "sous les ors de l'Elysée".

"Il y en a assez de ces annonces non suivies d'effet. Je le lui demande, c'est une question de respect pour les habitants", a-t-elle déclaré à la foule à Villeurbanne, où elle est venue à plusieurs reprises pendant les campagnes présidentielle et législative du printemps dernier.

Au "plan de la désillusion" du gouvernement, elle a opposé un "plan de l'espérance", dont la première étape se joue selon elle les 9 et 16 mars prochains.

"C'est à partir de ces quartiers qu'il faut exprimer un vote d'espérance face à l'inertie du gouvernement actuel", a-t-elle déclaré lors d'un bref point de presse tenu dans la "Brasserie de la Poste" à Villeurbanne, où elle a dédicacé son ouvrage "Ma plus belle histoire, c'est vous".

"Je dis aux jeunes: prenons-nous collectivement en mains. C'est pour ça qu'il faut aller voter pour les maires socialistes. Ils vont améliorer la vie quotidienne", a-t-elle assuré à trois semaines du premier tour.

"MAIS OÙ EST LE PLAN MARSHALL?"

"Ils ont des solutions" comme l'aide à l'accès au premier emploi ou l'accompagnement individuel des élèves, a fait valoir l'ancienne ministre de l'Enseignement scolaire qui ne veut pas d'écoles "de la deuxième chance" comme le propose le gouvernement. "Il faut que l'école de la première chance fonctionne" avant tout, a-t-elle souligné.

Depuis le mois de mai et l'élection de Nicolas Sarkozy, "je sais que vous avez été cruellement déçus. Il y a beaucoup de désillusion. Mais elle ne doit pas se transformer en désespoir car il conduit à la violence", a prévenu celle qui avait décrété "l'urgence" pendant la présidentielle pour éviter toute nouvelle "crise" dans les banlieues.

"Quand le chef de l'Etat n'assume pas ses responsabilités quand il ne tient pas sa parole mais où est le plan Marshall?", s'est-elle interrogée en allusion aux déclarations du candidat Sarkozy pendant la campagne présidentielle.

"Nicolas Sarkozy ne peut pas venir dans les quartiers. Il ne veut pas venir et pourtant le président de la République, c'est le président de tous. Il faut être partout", a-t-elle accusé.

Lors de chacune de ses étapes, aux côtés des candidats aux municipales et aux cantonales, l'ex-candidate présidentielle est accueillie par une foule nombreuse et principalement composée de femmes, aux cris de "2012, 2012" ou "Ségolène présidente".

"On est venues lui dire qu'on l'aime", résume une collégienne de Villeurbanne.

A Vaulx-en-Velin, elle croise un groupe de jeunes vêtus de t-shirts oranges, la couleur fétiche du MoDem. Au deuxième tour de la présidentielle, ils ont voté "Royal" mais depuis, déçus par les défaillances socialistes à promouvoir la diversité, ils ont rejoint le parti de François Bayrou.

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