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Mercredi 28 février 2007

Les révélations du Canard enchaîné sur « La belle affaire immobilière de Sarko » ont fait pleuvoir démentis et communiqués de l'intéressé. Un des auteurs de l'article, Hervé Liffran réagit pour Marianne2007.info

Vous avez révélé que Nicolas Sarkozy avait acheté son appartement de Neuilly à un prix bien plus bas que ceux du marché. Le ministre dément en bloc, exemples à l'appui…
Hervé Liffran : L'affaire est tout à fait simple : nous avons donné des prix qui sortent de la Conservation des hypothèques, lieu où sont déposés les actes des notaires. Ce sont des prix officiels. Nicolas Sarkozy évoque deux appartements du même immeuble vendus à des prix similaires, mais je ne sais pas d'où il sort ces prix. Soyons sérieux ! A quelles ventes fait-il référence ? Est-ce que ce sont des appartements de même surface, de même confort ? Est-ce qu'ils ont vue sur un mur, est-ce qu'ils jouissent d'un parking ou d'un jardin ? Et surtout : à quelles dates ont été effectuées ces transactions ? Le prix n'est pas le même en 1995 qu'en 1997. Rien n'est précisé, on ne sait pas de quoi il parle.

Nicolas Sarkozy a également déclaré : « Depuis dix ans, tous les journalistes d'investigation enquêtent sur moi ». Selon lui, tout ce qui pouvait être découvert sur lui a déjà été passé au peigne fin…
Je vous rappelle que Nicolas Sarkozy est le seul candidat qui n'a pas déclaré le détail de son patrimoine. Il y a environ un mois, la question lui a été posée par la presse : il n'a pas répondu, alors que tous les autres candidats se sont prêtés au jeu. Vendredi dernier, nous lui avons adressé un courrier pour lui demander des précisions sur ses opérations immobilières concernant cet appartement de l'Ile de la Jatte à Neuilly : Claude Guéant, son directeur de campagne nous a répondu, comme nous le racontons dans Le Canard enchaîné, que « la lettre avait été égarée » !

Quel est l'enjeu de ces révélations ? Pourraient-elle avoir des suites judiciaires?
Quand vous avez un candidat qui répète qu'il veut une « république exemplaire », le jour où il a une casserole, forcément, ça fait mal. Les autres révélations que nous faisons concernent le groupe Lasserre, qui a bénéficié de nombreux marchés grâce à la mairie de Neuilly. Evidemment, nous n'avons pas vocation à jouer les juges. Des esprits facétieux pourraient trouver des qualifications pénales à ce genre de choses. Mais je doute qu'un magistrat n'ouvre un tel dossier à la veille de la présidentielle. Peu s'y risqueraient. Même si ce serait très amusant !

 

Mercredi 28 Février 2007
Anna Borrel - marianne2007.info
Mercredi 28 février 2007

Nous avions oublié avec les sous-marins....

 

nvité lundi matin sur RMC, Nicolas Sarkozy s’est fait piéger par le journaliste Jean-Jacques Bourdin, qui lui demandait si les combattants d’Al-Qaeda étaient sunnites ou chiites. "Il est impossible de répondre à cette question", selon le ministre de l'Intérieur, car Al-Qaeda est une "nébuleuse". "Ce sont des sunnites", a répliqué l’animateur.

LEXPRESS.fr

On voit ce que pourrait être notre politique étrangère, avec des bourdes comme celle-ci qui ressemblent fort aux bourdes de Bush!...

Mercredi 28 février 2007

Le Nouvel Observateur publie, dans son numéro daté jeudi 1er mars, un texte signé par plus de 150 intellectuels qui appellent à voter pour Ségolène Royal, "contre une droite d’arrogance", pour "une gauche d’espérance".

 

Le texte de l'appel

  

"Le 22 avril, il sera trop tard. Trop tard pour déplorer notre dispersion. Trop tard pour regretter notre inaction. Trop tard pour s’apercevoir que l’élection présidentielle s’est faite sans nous, malgré nous.

Nous refusons cette défaite trop souvent annoncée. Nous n’admettons pas que l’on vote à notre place. Nous n’acceptons pas que des sondages fabriquent une élection. Et nous ne tomberons pas dans le piège tendu par cette droite qui domine ou influence la plupart de nos grands médias. Car tout est fait, dans cette campagne, pour démobiliser la gauche et désespérer ses électeurs. Rien n’est épargné à Ségolène Royal. Ses déclarations comme ses silences, son entourage comme son compagnon, sa simplicité comme sa franchise, sa féminité comme sa fermeté : tout est prétexte en face à caricature et à moquerie. Tout est bon pour alimenter le mépris social et le dédain sexiste.

Qu’elle prenne le temps d’écouter les Français, et on la soupçonne de n’avoir rien à dire. Qu’elle annonce longuement son pacte présidentiel, et la question du chiffrage vient opportunément occulter le détail de ses engagements. Qu’elle-même ou son entourage soient victimes de procédés de basse police, et on préfère retenir l’air de la calomnie plutôt que de s’alarmer pour la démocratie. Qu’elle assume son identité de socialiste, et on lui reproche de se plier à un appareil. Qu’elle revendique sa part de liberté, et on l’accuse de se méfier de sa famille. Qu’elle réussisse un meeting électoral ou une émission télévisée, et on lui oppose immédiatement des enquêtes d’opinion aussi fluctuantes qu’incertaines.

Nous ne nous laisserons pas intimider. Dès le premier tour, nous voterons pour Ségolène Royal et nous appelons à faire de même, à le faire savoir et à faire campagne. Car nous voulons que, cette fois, la gauche gagne. Nous parions sur cette gauche plus exigeante avec elle-même et plus à l’écoute des siens, qui a appris de ses échecs, de ses illusions et de ses divisions, une gauche ambitieuse et audacieuse. Et nous savons que ce n’est pas n’importe quelle droite qui risque de l’emporter.

Jamais candidat de droite n’aura à ce point symbolisé la régression sociale. Nicolas Sarkozy est, tout à la fois, le candidat du pouvoir financier, du pouvoir personnel et du désordre mondial. Soutenu par la nouvelle aristocratie financière, il incarne la soumission de la politique à l’argent. Favorable à un renforcement des pouvoirs présidentiels, il incarne la tentation du césarisme contre l’approfondissement de la démocratie. Engagé aux côtés de l’actuelle administration américaine, il incarne le risque des aventures impériales, du choc des cultures et de l’affrontement des peuples. C’est le candidat de la peur. Des peurs qu’il exploite – celles de l’avenir, du monde, de l’étranger, des jeunes – mais aussi des peurs qu’il inspire en convoquant l’imaginaire de l’homme fort, du chef vindicatif et exalté, épris du pouvoir et de lui-même.

Contre ce danger, Ségolène Royal est la candidate de l’espérance. Elle l’a fait naître en défendant une démocratie participative où les citoyens sont reconnus experts de leurs problèmes. Une espérance à la fois sociale et écologique, éthique et démocratique, française et européenne, ne sacrifiant pas les conditions de vie et de travail à la modernisation économique. L’espérance d’une république nouvelle, rompant avec un présidentialisme étouffant pour un parlementarisme vivant. L’espérance d’une démocratie qui ne se réduirait plus à un pouvoir personnel, avec ses courtisaneries, ses impunités et ses privilèges. L’espérance d’une France enfin réconciliée avec son peuple, ses quartiers, ses travailleurs et sa jeunesse dans sa diversité.

Mais l’indifférence peut tuer l’espérance. Depuis 2002, nous sommes prévenus, et nous n’avons plus d’excuse. Nous savons que cette élection sera ce que nous en ferons. Il n’est plus temps de se faire plaisir, en perdant de vue l’enjeu décisif. Nous affirmons qu’il n’est de soutien entier que critique, de loyauté que lucide, de solidarité qu’indépendante, et nous resterons fidèles à cet engagement. Nous disons aussi que le second tour se joue dès le premier tour.

Cette élection n’est pas ordinaire et elle engage, à travers le sort de la France, un peu de l’avenir du monde. C’est pourquoi, contre une droite d’arrogance, nous appelons à choisir, dès le 22 avril, une gauche d’espérance, en votant Ségolène Royal."

 

La liste des signataires

 

Marc Abélès, anthropologue. Laure Adler, journaliste. Elisabeth Alles, anthropologue. Paul Allies, politiste. Mathieu Arnoux, historien. Pierre Arnoux, mathématicien. Jacques Audiard, réalisateur. Jean-Pierre Azéma, historien. Muriel Badet, historienne de l’art. Sébastien Balibar, physicien. Nicolas Bancel, historien. François Barat, cinéaste. Michel Barak, historien.  Dominique Barella, magistrat. Christian Baudelot, sociologue. Anna Bellavitis, historienne. Yehezkel Ben-Ari, biologiste. Samuel Benchetrit, écrivain. Michel Bénichou, avocat. Carmen Bernand, anthropologue. Arno Bertina, écrivaine. Dominique Besnehard, producteur. Philippe Besson, écrivain. Didier Bezace, metteur en scène. Sylvie Blocher, artiste. Bernard Bobe, chimiste. Mikkel Borch-Jacobsen, philosophe. Daniel Bougnoux, philosophe. Seloua Luste Boulbina, philosophe. Jean-Claude Bourbault, comédien. William Bourdon, avocat. Jean-Pierre Brigaudiot, plasticien. Geneviève Brisac, écrivaine-éditrice. Michel Broué, mathématicien. André Burguière, historien. Marilyne Canto, cinéaste. Pierre Cartier, mathématicien. Claude Chambard, écrivain. Marc Chaperon, mathématicien. Noëlle Châtelet, écrivaine. Monique Chemillier-Gendreau, juriste. Patrice Chéreau, metteur en scène. Jean-Claude Chevallier, linguiste. Hélène Cixous, écrivain. Olivier Cohen, éditeur. Annie Cohen, écrivaine. Catherine Corsini, réalisatrice. Marie Coulais , éditrice de musique. Marlène Coullomb, universitaire. Pierre-Louis Curien, mathématicien-informaticien. Paule Darmon, écrivaine. Robert Delpire, éditeur. Erwan Diantelli, anthropologue. François Dubet, sociologue. Jean-Michel Ducomte, avocat. Alain Ehrenberg, sociologue. Bernard Faivre d’Arcier. Betty Felenbok, biologiste. Marc Ferro, historien. Cynthia Fleury, philosophe. Alain Forest, historien. Antoinette Fouque, psychanalyste. Anne-Marie Garat, écrivaine. Françoise Gaspard, sociologue. Jean-Pierre Gattegno, écrivain. Marie-France Giret, pianiste. Maurice Godelier, anthropologue. Anouk Grinberg, comédienne. Martial Guédron, historien de l’art. Jean Guiloineau, écrivain-traducteur. Gérard Haller, écrivain. Karen Hansen, artiste. Alain Hélissen, écrivain-chroniqueur. Françoise Héritier, anthropologue. Denis Herlin, musicologue. Serge Jakobowicz. Jean Jamin, anthropologue. Catherine Jeandel, géochimiste. Louis Joinet, magistrat. Pierre Joliot, biologiste. Geneviève Joutard, historienne. Philippe Joutard, historien. Jean Kehayan, journaliste. Jacques Julliard, historien. Christiane Klapisch-Zuber, historienne. Julia Kristeva, universitaire-psychanalyste. Jean Labib, producteur. Guy Lacour, universitaire.Nicole Lapierre, sociologue. Françoise Lavocat, littérature comparée. Armelle Le Bras-Chopard, politologue. Michèle Leduc, physicienne. Jean-Paul Lévy, avocat. Jean-Marc Lévy-Leblond, physicien. Daniel Lindenberg, historien. Dyssia Loubatière, assistante à la mise en scène. Michèle Manceaux, écrivain-journaliste. Frédéric Martel, sociologue. François Marthouret, comédien. Mireille Martin, mathématicienne.  Dominique Méda, philosophe. Khaled Melhaa, journaliste-producteur. Eric Michaud, historien de l'art. Yves Michaud, philosophe. Jean-Pierre Mignard, avocat. Philippe Minard, historien. Ariane Mnouchkine, metteur en scène. Sarah Moon, photographe. Jean-Paul Moreigne, psychiatre-psychanalyste. Janine Mossuz-Lavau, politologue. El Mouhoub Mouhoud, économiste. Bernard Murat, directeur de théâtre. Roland Nadaus, écrivain. Véronique Nahoum-Grappe, anthropologue. Pap Ndiaye, historien. Monique Nemer, écrivaine-éditrice. Alain Omont, astrophysicien. Alfredo Pena Vega, sociologue. Michel Piccoli, comédien.. Martyne Perrot, sociologue. Michelle Perrot, historienne. Thomas Piketty, économiste. Etienne Pion, président d’un mouvement laïque .Evelyne Pisier, juriste. Emmanuel Poisson, historien. Christophe Prochasson, historien. Pierre Raterron, artiste-auteur.  Elisabeth Roudinesco, historienne-psychanalyste. Roland Rappaport, avocat. Yannick Ripa, historienne. Joël Roman, philosophe-éditeur. Jean-Paul Scarpitta , metteur en scène.  Leïla Sebbar , écrivain. Claude Servan-Schreiber, écrivaine. Fabienne Servan-Schreiber, productrice. Emmanuelle Sibeud, historienne. Philippe Sollers, écrivain. Maria Stavrinaki, historienne. Benjamin Stora, historien. Martine Storti, écrivaine. Irène Théry, sociologue. Pierre Tambourin, biologiste. Philippe Torreton, comédien. Pierre Tournier, historien. Jacques Treiner, physicien. Lucette Valensi, historienne. Agnès Verlet, écrivaine. Daniel Vigne, metteur en scène. Jean Viard, sociologue-éditeur.  Fabienne Vonier, productrice-distributrice. Emmanuel Wallon, sociologue. Catherine Weinzaepflen, écrivain.

NOUVELOBS.COM | 28.02.2007 | 14:52

Mercredi 28 février 2007

 

Le «Canard Enchaîné» jette un nouveau pavé dans la marre. L'hebdomadaire dévoile encore une affaire d'appartement, celui de Cécilia et Nicolas Sarkozy acheté en 1997 à Neuilly grâce à une ristourne sur le prix du mètre carré... Ce modeste appartement de 233 m² a enuite été revendu (1). Les réductions sur le prix d'achat, sur les travaux des deux appartements en duplex et l'aménagement du tout, réalisés par le promoteur Lasserre, attitré de la mairie de Neuilly, ont fait économiser au couple Sarkozy 2 millions de francs (300 000 €)». Selon le Canard, Cécilia et Nicolas Sarkozy ont payé leur appartement environ 5 747 670 F (876 000 €) or, toujours selon le Canard Enchaîné, en 1997, les prix dans cette immeuble étaient plutôt situés entre 27 871 F et 37 624 F le m².

Le Canard Enchaîné précise: «L'appartement de Nicolas Sarkozy a été aménagé sur mesure et à grand frais par le promoteur, qui aurait pris à sa charge les 925 002 F du coût de la transformation des deux appartements en duplex et les frais d'une partie (plus de la moitié) des travaux annexes soit une somme totale de 907 535 F». En campagne électorale à Madrid, Nicolas Sarkozy a bien entendu contesté ces «allégations d'un article blessant et outrancier». Nicolas Sarkozy affirme «avoir acheté cet appartement en toute régularité...» en ajoutant: «J’aurai l'occasion de préciser ce qu'il y a à préciser de la façon la plus tranquille et la plus transparente...»

C'est pourquoi nous ne devons rien changer à notre si charmant système. C'est si bon de payer des impôts et des taxes pour le standing de nos élus. C'est si valorisant de vivre -ou de survivre- dans le pays champion de la magouille, des "affaires" et des taxes les plus exorbitantes qui soient. Oui, mais cela convient-il vraiment à tout le monde ? Voyons ce sondage devant paraître ce jeudi dans Paris Match: Ségolène Royal chute à 25,5%. Nicolas Sarkozy monte un peu mais ne décolle pas (29%). François Bayrou grimpe à 19%, plus très loin de Ségolène Royal, et dépasse Jean-Marie le Pen (12%). Olivier Besancenot est à 4%, Marie-George Buffet à 2,5%, Arlette Laguiller à 2%, José Bové à 2%, Philippe de Villiers à 2%, Dominique Voynet à 0,5% et Corinne Lepage à 0,5%... Ce sondage a été réalisé le lundi 26 février avant le passage de François Bayrou sur TF1 à l'émission «J'ai une question à vous poser».

1) Si François Hollande et Ségolène Royal nous avaient caché l'évolution de leur patrimoine depuis leurs prises de fonctions multiples, Nicolas Sarkozy devrait utiliser les RG pour enquêter sur le sien. Sarkozy paye lui aussi l'ISF sur une base imposable de 1 137 000 euros (janvier 2006). Le seuil étant de 760 000 euros, le ministre de l'Intérieur a estimé que son patrimoine n'était pas assez élevé pour le déclarer. Explication selon Sarko: Le remboursement des emprunts concernant l'achat d'une [modeste] demeure à l'île de la Jatte. Cette maison fut vendue en 2006. Sarko a réalisé une plus-value de 377 000 euros. L'indemnité compensatoire a été versée à sa première épouse, la mère du pauvre SDF ayant mis en émoi les services secrets pour lui retrouver sa mobylette -son scooter, pardon-. Nicolas Sarkozy a-t-il oublié de déclarer l'ISF ? Après les révélations fracassantes sur le patrimoine du couple Royal, Sarkozy aurait très bien pu se dépêcher de se mettre à jour avant le premier tour...

reveil-des-marmottes.net - Mercredi 28 février 2007

 

Mercredi 28 février 2007
Mercredi 28 février 2007

APRES LE TEMPS des bourdes, des gaffes, il fallait qu’arrive le temps des affaires. Premier mis en cause, Nicolas Sarkozy qui semble à son tour connaître un certain trou d’air. Le fait que Ségolène Royal se soit nettement requinquée après sa prestation sur TF1 a correspondu à un jeu de bascule entre elle et Sarkozy. Ensuite viennent quelques bourdes qu’il faut souligner sans s’y appesantir puisque lorsqu’il s’est agi de Ségolène Royal, on en avait fait des gorges chaudes, pour expliquer que la socialiste n’avait pas la carrure. Nicolas Sarkozy a donc été soumis par RMC à la rituelle question du nombre de sous-marins nucléaires d'attaque. "Quatre" a répondu le candidat, "non, cinq" a répondu l'animateur, alors que selon le ministère de la défense, ils sont même six. Question spécieuse, a rétorqué l’homme qui aspire à garder la mallette nucléaire. Et cette fois on n’a pas entendu Michèle Alliot-Marie répéter comme elle l’avait fait pour Ségolène que la candidate "ne semble guère intéressée par ce sujet essentiel" et qu’elle "à tout le moins, beaucoup de lacunes à combler". Puis, un malheur n’arrivant jamais seul, c’est la remontée de François Bayrou qui arrangeait bien le candidat de l’UMP tant qu’il paraissait prendre des voix à Ségolène Royal mais qui inquiète depuis qu’il "pompe sur Sarkozy", comme le dit joliment son directeur de cabinet Claude Guéant. Au point que L'UMP a décidé de réactiver sa cellule "d'observation et d'analyse stratégique" sur le président de l'UDF. Sarkozy va accélérer le rythme de sa campagne, alternant déplacements à l'étranger pour conforter sa stature d'homme d'Etat et visites de proximité pour tenter à nouveau d'humaniser son image. Car Sarkozy sait qu’il est son principal ennemi. Si deux tiers des Français estiment qu’il a la stature d’un président, plus de la moitié d’entre eux affirment qu’il les inquiète, un pourcentage qui n’a guère changé malgré une campagne hyper active. Dernière tuile : les révélations du Canard enchaîné selon lequel le couple Sarkozy aurait bénéficié en 1997 d'un rabais 300 000 euros lors de l'achat de leur appartement ainsi que des travaux offerts, le promoteur étant "le promoteur favori de la mairie de Neuilly". Le ministre dément évidemment, affirmant avoir "acheté cet appartement dans des conditions de régularité totale".

J.-M. Bougereau - NOUVELOBS.COM | 28.02.2007 | 09:52

Mercredi 28 février 2007


Le Sarkozy nouveau est arrivé. Hallelujah ! « J’ai changé », vous a-t-il confié par écran de télévision interposé, l’œil humide, le ton doucereux. Le premier expulseur de France, l’avocat de la suppression de l’ISF, l’embraseur des banlieues : fini ! Vous avez désormais, à portée de bulletin, l’ami des ouvriers, le fils spirituel de Jaurès et de Blum, le grand réconciliateur national, le premier employeur de banlieusards en déshérence. Un saint homme ! Alors, forcément, vous commencez à songer à voter pour lui, et pas qu’en vous rasant.


Sarkojanus

Problème : vous n’avez pas assisté à tous les meetings du ministre de l’Intérieur, vous n’avez pas lu l’intégralité de ses discours. Moi si. Vous avez oublié certains bouts d’histoire récente. Moi non. Alors, en exclusivité, mesdames, messieurs, laissez-moi vous présenter la vraie France de Nicolas Sarkozy, telle qu’il la voit, telle qu’il la veut !

La France qu’il dépeint : celle de la méfiance et de la division

Un des axes structurants des discours de Nicolas Sarkozy est la distinction entre deux France, celle du mérite et de la vertu, celle de la paresse, des pratiques interdites - on n’ose dire l’antifrance. Distinction à plusieurs échelles, qui dessine l’image d’un pays irréductiblement clivé.

Premier distinguo, celui entre Français de souche et pièces rapportées ; le Français d’adoption - c’est-à-dire tout Noir, Arabe, Musulman, même né français et en France - est un éternel suspect, jamais assez francisé, et réduit à un amalgame de clichés douteux. « Ceux qui veulent soumettre leur femme, ceux qui veulent pratiquer la polygamie, l’excision ou le mariage forcé, ceux qui veulent imposer à leurs sœurs la loi des grands frères, ceux qui ne veulent pas que leur femme s’habille comme elle le souhaite ne sont pas les bienvenus sur le territoire de la République française. » (discours de Poitiers, 26 janvier 2007). Parfois l’allusion se fait encore moins subtile, comme lors de sa prestation sur TF1 dans l’émission « J’ai une question à vous poser » (5 février 2007), où Nicolas Sarkozy nous joue le come back du bruit et l’odeur chiraquien, évoquant les « agneaux égorgés dans les appartements ».

Manipulation raciste encore - on peut espérer que le premier flic de France sait que l’abattage des agneaux consacrés est légalement organisé dans des boucheries homologuées … Mais Nicolas Sarkozy va plus loin encore. Alors qu’il se veut grand inquisiteur et prédicateur de la religion France (rappelez-vous, « on l’aime ou on la quitte »), il encourage parallèlement, devant un parterre choisi, le développement du communautarisme, qu’il condamne pourtant sur les plateaux de télévision : « Oui, les communautés existent. Chacun d’entre nous a son histoire propre, honore ses ancêtres, se souvient de ses racines, se sent plus ou moins proche de telle ou telle communauté, se réjouit de la retrouver lors des fêtes, se réconforte à ses côtés dans les épreuves que réserve la vie. C’est normal et c’est très bien ainsi. » (discours à la Mosquée de Paris, 28 septembre 2006).

Deuxième ligne de clivage : la France « qui se lève tôt » contre celle des assistés et des fonctionnaires.

Nicolas Sarkozy oppose fréquemment le travailleur vertueux aux chômeurs assistés : « Les demandeurs d’emploi doivent être davantage incités à rechercher un emploi, à suivre une formation, à reprendre une activité. La collectivité ne peut pas aider ceux qui ne fournissent pas le minimum d’efforts personnels sans lequel rien n’est possible. » (convention UMP « Pour une politique de justice et de responsabilité », 17 mars 2005). Autre variante d’assisté, le fonctionnaire, montré du doigt comme trop privilégié, et même comme facteur d’injustice : « Il y a une nouvelle forme d’inégalité dans notre pays : c’est celle qui sépare les salariés du secteur public, protégés dans leur emploi, des salariés du secteur privé » (convention UMP sur les injustices, « Un avenir pour tous dans une société plus juste », 30 novembre 2005).

Enfin, Nicolas Sarkozy aime aussi à diriger la colère des Français contre les corps constitués. Les magistrats sont une de ses cibles de prédilection : « tout le monde doit rendre des comptes, être responsable de ce qu’il fait. Y a-t-il une profession qui peut être à part ? » (entretien au Figaro, 24 juin 2005). Il propose en outre à Périgueux (12 octobre 2006) « qu’en correctionnelle, pour les affaires les plus importantes, on introduise le jury aux côtés des magistrats comme c’est déjà le cas en assises. » Ceci devrait permettre « la parole rendue au peuple, le pouvoir redonné au peuple » - oublie-t-il qu’en France, la justice est rendue par les juges au nom « du peuple français » ?

En bon populiste qu’il est, NS développe ainsi une rhétorique pernicieuse du bouc émissaire. Pour chaque problème, un responsable ! Il y a cependant une catégorie de Français à laquelle il ne s’en prend jamais : celle des possédants, au sens large.

La France qu’il défend : celle des possédants

En vérité, et quoi qu’il en dise ou essaie de faire croire par ses incantations à Jaurès et à Blum, Nicolas Sarkozy n’est pas le candidat des travailleurs, mais bien celui des possédants et des grosses fortunes, qu’il prévoit de protéger et de privilégier par toute une série de mesures. C’est le retour de la droite dure et conservatrice du XIXe siècle.

Voyons d’abord ce qu’il promet réellement aux travailleurs et aux salariés. Il l’annonce sans ambages lors de son discours à Charleville-Mézières (« Pour la France qui souffre », lundi 18 décembre 2006) : « Notre droit du travail qui décourage l’embauche sans protéger du chômage est une régression sociale ». Autrement dit, il faut casser le droit du travail, et faire de la flexibilité du salarié une règle d’or : « Le CNE est un progrès, il ne faut pas y toucher. », lâche-t-il lors d’une rencontre organisée par des patrons de PME (le 24 janvier 2007). Même propos, mais énoncé plus prudemment, lors du discours de Charleville-Mézières : « je propose qu’on protège moins les emplois et davantage les personnes, grâce à la création d’un contrat de travail unique, à durée indéterminée, à droits progressifs, plus souple en matière de licenciement économique. » Celui qui n’a jamais condamné le CPE que par opportunisme révèle donc ici son vrai visage.

Deuxième facette de cette ligne politique clairement à droite : un projet fiscal et économique clientéliste, visant à satisfaire tout d’abord les plus aisés, les détenteurs de patrimoine. C’est la négation de la solidarité qui est au fondement de notre modèle social, et une véritable prime au capital. Il projette ainsi des réductions d’impôts profitables pour les plus riches : « Je veux que l’Etat soit contraint de laisser à chacun au moins la moitié de ce qu’il à gagné. Je veux un bouclier fiscal à 50% y compris la CSG et la CRDS » (discours d’investiture, 14 février 2007). Le fameux bouclier fiscal, traduction acceptable de la suppression pure et simple de l’ISF … Nicolas Sarkozy entend également favoriser les privilèges familiaux acquis, en supprimant l’impôt sur les successions : « je veux que chaque Français puisse transmettre en franchise d’impôt sur les successions le fruit d’une vie de labeur […]. La France doit accueillir les patrimoines et pas les faire fuir. » (discours d’investiture)

Il est donc clair que Nicolas Sarkozy ne veut pas réhabiliter le travail, mais protéger la rente et la reproduction sociale. Il veut rompre avec le modèle social français, durement acquis tout au long du siècle dernier, en particulier par l’action des grandes figures socialistes dont il ose pourtant se dire l’héritier !

La France qu’il prépare : celle du conflit permanent

Avec un tel programme, une seule chose est certaine : une présidence Sarkozy serait d’abord et avant tout la présidence du conflit d’intérêt et de la lutte des classes à tous les étages.

Dans le monde du travail, tout d’abord : sans même parler du CNE qu’il veut généraliser (ce qui enclencherait sans aucun doute un mouvement social incomparablement plus long et violent que celui du CPE), Nicolas Sarkozy est décidé à s’attaquer au droit de grève par tous les moyens : « Je veux un service minimum dans les transports et les autres services publics. C’est la contrepartie du monopole. Sur ce point, il y aura une loi dès juin. […] Je veux poser la question du vote à bulletin secret dans les entreprises, les universités, les administrations au bout de huit jours de grève. […] [En cas d’échec du vote, les grévistes] ne pourront pas, en revanche, maintenir des piquets de grève » (interview dans les Echos, 14 février 2007).

Et que dire des banlieues, dans lesquelles il n’ose même plus aller faire campagne (un ministre de l’Intérieur interdit de séjour sur le territoire de son pays, quel plus bel aveu d’échec !) ? Le ministre Sarkozy s’est souvent comporté de façon brutale, irresponsable : dans une étude CEVIPOF / SOFRES de novembre 2006, 52% des 2 039 banlieusards interrogés affirment que ce sont « les propos de Nicolas Sarkozy » qui ont le plus lourdement contribué aux émeutes de novembre 2005. Quel serait le bilan du même, s’il détenait tous les pouvoirs discrétionnaires et sécuritaires entre ses mains ?

Autre zone de conflit probable, la jeunesse : Nicolas Sarkozy entend en effet établir une sélection masquée à l’entrée à l’université, même si, là encore, il fait preuve d’une grande prudence terminologique : « Les universités pourraient imposer en fin de premier semestre une réorientation aux étudiants dont les résultats seraient insuffisants » (convention UMP sur la recherche et l’université, 5 octobre 2006). Combien de Malek Oussekine, cette fois-ci ?

On peut légitimement s’interroger, enfin, sur l’espace que laisserait à l’opposition le Berlusconi du RPR. Nicolas Sarkozy a en effet eu des mots très durs et à la limite de la diffamation envers ses adversaires politiques de gauche, mots contraires à la volonté d’apaisement qu’on serait en droit d’attendre de l’homme d’Etat qu’il prétend être : « Ceux qui préfèrent leur parti à leur pays. Ceux qui cherchent toujours à opposer une France à une autre. Ceux qui cultivent la bonne conscience sans jamais éprouver de cas de conscience. Ceux qui donnent aux autres des leçons de morale qu’ils ne s’appliquent jamais à eux-mêmes. Ceux-là ne rendent service ni à la République ni à la démocratie. […] Je trouve qu’une certaine gauche aujourd’hui donne un bien mauvais exemple et rend un bien mauvais service aux valeurs et à la cause qu’elle prétend incarner. » (discours de Poitiers, 26 janvier 2007).

On pourrait continuer sur des pages et des pages. Mais je crois que cela suffit. Il est clair, rien qu’en considérant les allocutions publiques de monsieur Sarkozy, qu’il n’a pas changé, ou alors en pire. Le plus grand homme-orchestre de France (candidature à la présidentielle, présidence de l’UMP, ministère de l’Intérieur, copinage avec les grands groupes et les médias, virtuosité toute particulière au pipeau et au clairon, le tout sans les mains - on l’applaudit bien fort !) est objectivement une menace pour le modèle social et républicain français. Qu’attendre d’un admirateur de Bush, incapable de concevoir l’action politique autrement que comme coups de main et passages en force ? Qu’on se le dise une fois pour toute : Sarkozy, ce n’est pas juste l’ordre ; c’est le désordre injuste.

Romain Pigenel - betapolitique.fr

Mercredi 28 février 2007

Selon un sondage Ifop pour l’émission "Cinq ans avec ..." diffusée sur M dimanche, 65% des personnes interrogées estiment que Nicolas Sarkozy a la stature d'un président de la République, mais 86% le trouvent autoritaire, 57% qu'il est une source de division entre les Français et 53% affirment que le candidate de l’UMP les inquiète.

Du côté de sa principale rivale, Ségolène Royal confirme sa hausse dans les sondages et le resserrement de l'écart avec lui. Selon un sondage Ifop pour le JDD (Journal du Dimanche) réalisé les 22 et 23 février, les deux candidats recueilleraient chacun 28 % d'intentions de vote au premier tour.

Ségolène Royal confirme ainsi sa hausse dans les sondages et le resserrement de l'écart avec son principal rival Nicolas Sarkozy, gagnant +2,5 points, tandis que le candidat UMP perd 4 points, mais il l'emporterait au second tour avec 50,5 % contre 49,5 % pour la candidate socialiste. Un autre sondage CSA réalisée le 20 février créditait Ségolène Royal de 29 % au premier tour contre 28% pour Nicolas Sarkozy, qui toutefois l'emportait au second tour avec 51 % contre 49%.

 ©Culturefemme.com -

Posté par Lenat le 26/02/2007

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