Voilà ce qu'on peut lire sur la version internet du Monde :
"En déplacement à Perpignan (Pyrénées-Orientales) pour une réunion publique, vendredi 23 février, Nicolas Sarkozy a effectué une brève incursion dans le quartier populaire de Mailloles, le temps d'une rencontre-débat avec des jeunes et des femmes, essentiellement des immigrés. Selon l'entourage du ministre de l'intérieur, cette rencontre, dans une annexe de la mairie de Perpignan, était "improvisée".(...)" LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 23.02.07
L'utilisation des guillemets autour du mot "improvisée" est tout sauf anodine et destinée à attirer l'attention. Ca n'est pas si fréquent dans ce journal. En vérité cette rencontre est un échec pour Nicolas Sarkozy, qui n'a toujours pas réussi à organiser son grand retour en banlieue parisienne.
La lecture attentive de la presse nous apprend que Royal a fait quelques déplacements dans des banlieues, avec ou sans caméras. Par exemple à Bondy. Il y a des passages obligés dans une campagne présidentielle, avec tout ce que ça comporte de préparé. Nicolas Sarkozy a donc visité un foyer de femmes victimes de violences, à Paris. En un sens j'approuve, puisque les violences touchent toutes les catégories de femmes, partout (enquête Enveff, 1999). Malheureusement dans son cas ce choix, Paris, n'était qu'un pis-aller. En parler à Paris contredit le discours de Sarkozy, qui s'ingénie à assimiler violences faites aux femmes avec immigration et islam, et à faire rimer islam avec banlieues. Il voulait faire du Sarkozy, il a été contraint de faire du Royal. C'est bête, hein.
"J'ai changé", prétend celui qui n'a jamais eu qu'une seule chose en tête. Car pour devenir président il faut cesser de faire peur et se draper dans les habits d'un rassembleur, fut-il d'opérette. Tout le monde se souvient de l'impact désastreux de ses déplacements à Argenteuil et à la Courneuve. Depuis plusieurs mois, Sarkozy est bien ennuyé mais reste bravache pour faire bonne figure. "Je retournerai à Argenteuil", voilà des semaines qu'il le fait savoir. Las... faux départ, le surlendemain la visite est repoussée sine die. Depuis, Rachida Dati cherche désespérément pour lui "la bonne formule" pour revenir sur place. Et elle ne trouve pas. Même sur ses propres terres, les Hauts-de-Seine, le Figaro se fait l'écho d'une nouvelle visite annulée.
Vite, vite trouver des jeunes, pas trop remontés, avec qui parler de sécurité sans que ça parte en sucette. Perpignan? Ma foi, c'est assez loin de Paris, ça doit au moins être la grande couronne ça, je l'ai pas sur ma carte RATP. Comment ça, "en province"? Vous voulez la mort de Sarkozy ou quoi, malheureux, ne lui dites pas, il ne jure que par la banlieue et promet de se réconcilier avec elle avant la retraite.
Alors, "improvisée" la rencontre? Le Figaro ne se donne pas la peine d'essayer de le faire croire :
"Une visite tenue secrète jusqu'à la dernière minute et soigneusement balisée par sa porte- parole Rachida Dati, chargée de déminer le terrain. Son travail a d'ailleurs été salué par la première intervenante (...)" De notre envoyée spéciale à Perpignan JUDITH WAINTRAUB. Publié le 24 février 2007
On a beau avoir créé une télé à son propre nom et avoir les patrons de presse qui vous mangent dans la main, les journalistes font tout de même un peu leur travail, au grand dam de Nicolas Sarkozy.
Par theo, le dimanche 25 février 2007 :: Voter à gauche.org


