Désirs d'Avenir
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Le LKS s’engage aux côtés de Ségolène Royal pour les prochaines élections présidentielles. Mais il s’agit surtout pour le parti de barrer le plus possible la route au candidat Sarkozy.
Basile Citre, maire de Maré et membre du bureau politique du parti de Libération Kanak Socialiste, ne s’en cache pas. Il s’agit d’inciter les gens à voter utile en barrant la route de Nicolas Sarkozy. « Nous faisons le choix de Ségolène Royal pour des raisons stratégiques, a-t-il confirmé hier, lors d’une conférence de presse à l’antenne de Maré. Nicolas Sarkozy représente un danger pour nous. Ségolène Royal est la seule à avoir des chances de s’opposer à lui.»
Mais pourquoi Sarkozy fait-il si peur au LKS ? « Parce qu’il privilégie la sanction par rapport au dialogue social, répond Basile Citre. Il traite le problème de la délinquance des jeunes par la répression. Or, en Nouvelle-Calédonie, la délinquance touche surtout les jeunes Océaniens. Ils seront la première cible de Nicolas Sarkozy. » Sans parler des propos tenus par le ministre Sarkozy (la racaille des banlieues) qui, pour les membres du LKS, « banalisent le racisme ».
Sarkozy trop proche de Bush
Les affinités du candidat Sarkozy avec George W. Bush ne vont pas non plus sans inquiéter le LKS. « Nous sommes méfiants par rapport aux orientations politiques de Sarkozy qui sont très proches de celles de Bush, poursuit Basile Citre. Nous nous inscrivons dans une démarche d’émancipation mais en restant proches de l’Europe. Nous ne voyons pas d’un bon œil la présence ou la montée en puissance dans la zone Pacifique de certains pays comme les Etats-Unis ou la Chine. »
Enfin, le maire de Maré a précisé que l’ultra-libéralisme économique de Sarkozy favorise le démantèlement des services publics. « Les provinces Nord et Îles essentiellement, sont encore dans un système de solidarité sociale. Le soutien des collectivités est primordial surtout dans les domaines des transports et de la santé. La politique de Nicolas Sarkozy va favoriser la mainmise des affairistes dans des secteurs qui doivent être soutenus par les collectivités publiques. »
Les membres du bureau politique du LKS ont conclu leur présentation en rappelant leur soutien à d’autres candidats comme José Bové, « mais seule Ségolène Royal peut barrer la route à Nicolas Sarkozy. »
P. C. - les nouvelles calédoniennes
Nicolas Sarkozy n'a pas réussi à convaincre les associations de son engagement en faveur de l'environnement. L'Alliance pour la planète, regroupement de 70 ONG, dont Greenpeace, le WWF, les Amis de la Terre, ont décerné hier des bulletins de note sur le contenu des programmes présidentiels. Malgré la signature du « pacte écologique » de Nicolas Hulot par la plupart des candidats, seules Dominique Voynet, Corinne Lepage et Ségolène Royal se situent au-dessus de la moyenne. Les deux premières sont ex aequo avec une note moyenne de 16,5 sur 20. Ségolène Royal est troisième avec 13. François Bayrou plafonne à 9, devant Nicolas Sarkozy qui ne dépasse pas 8,5.
La méthodologie est simple : les associations ont dressé une liste de 24 mesures qu'elles estiment indispensables, et accordent des points en fonction de la manière dont elles sont prises en compte. Le fait de souhaiter un moratoire sur les autoroutes, les OGM et l'incinération des déchets permettent à Dominique Voynet et Corinne Lepage d'engranger des points.
La proposition de Ségolène Royal de lancer un plan d'économie d'énergie dans l'habitat avec un objectif d'isolation minimum à atteindre à l'occasion des transferts de propriété, portant sur 400.000 logements par an, ainsi que l'adoption de normes haute et très haute performance énergétique pour les constructions neuves est jugée de manière positive, « mais la question de l'extension urbaine, qui est une des premières causes de l'artificialisation des espaces naturels, n'apparaît pas dans ses priorités », remarquent les ONG.
Nicolas Sarkozy annonce vouloir doubler la fiscalité écologique, créer une redevance pour l'utilisation du réseau routier, une taxe sur le carbone importé et un crédit d'impôt environnement. Mais il serait illusoire de penser pouvoir financer le nucléaire et les énergies renouvelables en même temps, de financer le développement des autoroutes et des transports en commun, martèle l'Alliance.
J. CH. - [ 27/02/07 ] - lesechos.fr
| par Nicole Avril, écrivaine |
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L’opposant viscéral à François Mitterrand se signalait d’emblée par sa manière d’élider le "e" de son nom : "Mitt’rand". Ceux dont la survenue de Ségolène Royal a bousculé les habitudes de penser et les catégories grammaticales la traitent volontiers de madone. Il va sans dire que, dans leur bouche, cette madone ne renvoie guère à Giovanni Bellini, encore moins à Raphaël. La dénomination s’est changée en insulte. Il y a aussi des variantes régionales. Dans ce jeu de massacre à tir tendu, on peut à volonté la caparaçonner en Jeanne d’Arc, la Lorraine, ou l’affubler en Bécassine, la Bretonne. Mais c’est la madone qui revient le plus souvent, son beau visage semblant exciter chez ses détracteurs une angoisse de castration. On voudrait voir Ségolène Royal incarner le bon vieux conformisme catholique. Jusqu’à son prénom dont on lui fait grief. Est-on responsable de son prénom ? Elle aurait raccourci le sien, la Marie-Ségolène des origines, pour avancer masquée et mieux dissimuler son passé d’enfant de Marie. Surprenante madone en effet, qui permit la distribution aux mineures, et sans autorisation parentale, de la pilule du lendemain. Etrange madone, qui refuse dans son pacte présidentiel toute remise en cause de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat, et demande qu’on intègre à la Constitution une charte de la laïcité. Efficace madone, qui préfère prévenir que guérir. Des dispensaires dans les zones rurales, des soins gratuits pour les jeunes dont les parents n’ont pas de mutuelle, la contraception gratuite pour les jeunes femmes et la négociation de toute réforme sociale grâce à un syndicalisme au financement transparent et plus largement représentatif. On disait, Ségolène Royal n’a aucune idée et elle a mis en place ces débats participatifs pour retarder l’échéance ou pour tenter de trouver chez les autres les idées qui lui font défaut. Depuis le 11 février, des idées, elle en a, trop, de plus elles coûteraient trop cher. Au moment où Ségolène Royal révèle les quelque cent propositions de son pacte présidentiel, nous découvrons le niveau très médiocre de notre commerce extérieur et une croissance qui, avec son maigre 2 %, ne tient pas ses promesses. Ces mauvais chiffres, on ne va pas en rendre responsable le gouvernement en place, ce serait un peu court et simpliste. On a été tenté de se défausser en évoquant le prix du pétrole et la lourdeur de l’euro. Comme si les Allemands, dont les chiffres sont bien meilleurs que les nôtres, jouissaient d’un euro plus favorable et d’un pétrole moins cher. On s’est bien gardé d’établir une comparaison avec les chiffres obtenus quelques années plus tôt par le gouvernement de Lionel Jospin. Comparaison, surtout si elle tourne à votre désavantage, n’est pas raison ! La parade en revanche n’a pas tardé. Il fallut admettre qu’une croissance à 2 %, ce n’était pas brillant. Mais précisément, après un si piètre résultat, dites-moi comment Ségolène Royal avec ses cent propositions pourrait-elle s’en tirer ? Appréciez l’astuce. On s’appuie sur les mauvais chiffres présents pour démolir l’avenir. Le démineur a toujours tort. Ne prend-il pas des risques inconsidérés pour sécuriser un espace laissé par d’autres en trop mauvais état ? La candidature de Ségolène Royal à la présidentielle était déjà inscrite dans son triomphe aux élections régionales. La presse nationale n’avait presque pas parlé de la campagne qu’elle menait en silence sur ses terres du Poitou-Charentes. Je le connais ce pays-là, il est le mien. J’ai du côté de La Rochelle des attaches d’enfance et j’ai goûté mes premières huîtres avec mes premiers biberons. Je sais que ce pays ne se livre pas aisément, qu’il garde le secret de sa beauté, qu’il ne se jette jamais à la figure des gens. Ségolène Royal l’a conquis de haute lutte. Il n’est pas un village ni un hameau, il n’est pas une école, une ferme ou une entreprise qu’elle n’ait un jour visité. Elle a labouré à l’ancienne son terrain, comme Jacques Chirac et François Hollande en Corrèze, comme François Mitterrand dans la Nièvre. Mais, quand elle a été élue, il m’est apparu qu’elle irait plus loin encore. Elle semblait à la fois croire à son projet et avoir la volonté de le réaliser grâce à une méthode pragmatique et originale, de plus elle était portée par une revigorante ambition. Certes, on ne leur a pas facilité la tâche, c’est peu de le dire, mais les femmes ont longtemps péché par manque d’ambition et plus particulièrement par manque d’ambition politique. Elle n’eut pas d’autre choix pour s’imposer aux caciques du Parti socialiste que de contourner le parti en empruntant la double voie de la région et de l’opinion. Il fallait l’arracher, la candidature à l’élection présidentielle. Une femme reste une femme aux yeux de ses pairs. Elle a pourtant gagné à la loyale. Revigorés eux aussi par de nombreuses et nouvelles adhésions, les militants ont tranché. On aurait tort de se lamenter et de répéter à l’envi que le niveau baisse. Le débat politique a retrouvé quelques couleurs et les citoyens ont de nouveau le goût de la dispute. Ni la candidate ni même les candidats ne laissent indifférents. C’est déjà ça. Il y a du côté de Ségolène Royal et de son équipe un projet, encore inachevé, qui surprend parce qu’il privilégie l’action dans la durée et les réformes en profondeur. Elle veut éviter à la France de mourir d’une thrombose. Pour mieux irriguer l’ensemble de ses territoires, il est nécessaire de décentraliser vraiment avec transfert des moyens et des compétences, de donner une autonomie aux universités, de renforcer le tissu des petites et moyennes entreprises par la défiscalisation de leurs bénéfices réinvestis, de réinscrire la France au centre de l’Europe, de revitaliser les cités asphyxiées par le chômage et la drogue, par le mépris et la violence, de faire de l’éducation et de la recherche les deux piliers de l’avenir. Elle dérange. Mais, têtue comme elle est, elle tiendra ses promesses. Oui, il y a un élan et une cohérence dans le projet de Ségolène Royal. Ce n’est ni le grand soir ni la grande illusion. C’est la volonté opiniâtre de remettre peu à peu chacun dans le jeu collectif quels que soient son origine sociale ou son sexe. De plus, les débats participatifs, la longueur et l’intensité de la campagne électorale, la rapidité (et la brutalité) des échanges sur Internet, permettent de libérer des forces qui seront précieuses au moment de passer à la réalisation des propositions. Faisons le pari que ce moment viendra.
Mis en ligne sur Sisyphe.org, le 26 février 2007 |
La candidate socialiste Ségolène Royal, en déplacement lundi à Niort (Deux-Sèvres), a dit s'étonner que Nicolas Sarkozy, "après avoir cassé la police de proximité", envisage "peut-être de la rétablir".
La présidente de la région Poitou-Charentes a avoué être "très étonnée, car après avoir cassé pendant cinq ans la police de proximité, aujourd'hui il réalise qu'il va falloir peut-être la rétablir". Le candidat de l'UMP a demandé récemment à un groupe d'experts de réfléchir sur la création d'une "police de quartier".
Selon Ségolène Royal, "la morale publique de l'action exige des responsables politiques lorsqu'ils peuvent agir, d'agir. S'ils pensent avoir fait une erreur, mieux vaut tard que jamais. Il a deux mois pour agir. Il est toujours ministre de l'Intérieur et bénéficie de moyens considérables".
"Qu'il en profite pour faire son travail et rétablir la police de proximité", a ajouté la candidate socialiste. Et de s'interroger: "Est-t-il le mieux placé pour reconstruire ce qu'il a cassé? Je ne le crois pas".
"Moi, je crois beaucoup à la police de quartier, c'est dans mon projet présidentiel. Police de quartier, parce que c'est une police qui est au plus près des habitants, qui est donc respectée des habitants et réciproquement", a ajouté Ségolène Royal.
La police de proximité a été créée sous le gouvernement de Lionel Jospin avant d'être abandonnée en 2002 par Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur.
AP | 26.02.2007 | 19:50 in nouvelobs.com
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