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Jeudi 1 mars 2007
Le Parti Socialiste va bientôt lancer sa webtv :
«probablement PSTV» confie Vincent Feltesse, secrétaire national aux NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication). Pour l’instant, des podcats sont disponibles sur le net, «plus d’un par jour, mais quand on va lancer notre web TV, on produira nos propres émissions pour s’exprimer plus longuement sur certains sujets comme la police de proximité, l’éducation ou le logement.» Feltesse explique aussi que l’intérêt d’une télé sur internet, en plus de la production d’émission, c’est de «permettre de créer un espace identitaire où des personnes qui consultent des podcasts auront une logique de recherche qui leur est propre et pourront s’informer sur ce qui les intéresse.»

Jeudi 1 mars 2007
Les fiscalistes s'interrogent pour savoir comment le candidat de l'UMP a payé 1 988 euros d'impôt de solidarité sur la fortune en 2006, et rien l'année précédente.
   
 
La plupart des fiscalistes sont d'accord sur un point. L'outing de Nicolas Sarkozy, affirmant avoir été assujetti à l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) pour la première fois en 2006, pose plus de questions qu'il n'apporte de réponses. Le candidat UMP souhaitait alors rebondir sur la polémique concernant le patrimoine immobilier de Ségolène Royal en affichant sa transparence. Il n'a fait qu'alimenter le soupçon, purement mathématique : si Sarkozy a, comme il l'affirme, payé l'an dernier 1 988 euros d'ISF, cela signifie que son patrimoine déclaré est de 1 138 710 euros ; s'il l'a payé pour la première fois en 2006, cela signifie que son patrimoine était un an plus tôt inférieur à 750 000 euros (plancher de l'ISF). Comment expliquer un tel bond de près de 50 % en un an ? On a beau prendre le problème par tous les bouts (immobiliers, bancaires, familiaux...), rien ne colle. Seule explication rationnelle, à défaut d'être réelle : Sarkozy aurait longtemps minoré son patrimoine avant de revenir dans les clous à l'approche de la présidentielle. Revue des détails qui fâchent.
L'immobilier 
En octobre 1997, Nicolas et Cécilia Sarkozy achètent un duplex à Neuilly pour 876 000 euros. Pour évaluer leur patrimoine, il faut déduire les intérêts d'emprunt, car l'ISF ne ponctionne que l'actif net. Dans l'acte de vente n'est mentionné qu'un prêt bancaire de 244 000 euros à 5,9 %. Dans les colonnes de l'Express, l'entourage de Sarkozy a évoqué un prêt de 450 000 euros accordé par l'Assemblée nationale à taux préférentiel (en théorie plafonné à 150 000 euros). L'actif net est réévalué chaque année au gré de l'échéancier de remboursement, l'actif brut étant également rehaussé selon l'évolution du marché immobilier : «Nous comparons les déclarations de patrimoine avec les statistiques annuelles des chambres des notaires», confirme un agent des impôts. On peut donc en déduire que la valeur nette d'un bien immobilier ne peut guère augmenter de plus de 15 % l'an (sauf minoration volontaire entérinée par les services fiscaux...). Sa revente, en novembre 2006, pour 1,9 million d'euros, plus du double du prix d'achat, n'y change rien : elle fera exploser l'ISF de Sarkozy en 2007, mais n'explique pas la hausse de 50 % de son patrimoine au 1er janvier 2006.
Le divorce 
La vie privée de Nicolas Sarkozy ne regarde personne. Claude Guéant, son directeur de campagne, reste pudique sur le patrimoine du ministre en laissant entendre que son divorce fut douloureux, sentimentalement et surtout financièrement.
De fait, les prestations compensatoires versées à son ex-épouse et les pensions alimentaires au bénéfice de ses deux premiers enfants (aujourd'hui âgés de 22 et 20 ans) sont déductibles du patrimoine imposable. Il en va d'un divorce comme d'un emprunt bancaire : le cumul des pensions à venir est considéré comme une dette. Mais cette «dette» est amortissable, lissée au fil des années. Quand bien même Sarkozy aurait soudainement mis un terme aux versements à son ex-épouse, cela n'explique pas le bond de 50 %.
Les timbres 
Nicolas Sarkozy est philatéliste, c'est mentionné dans sa notice du Who's Who. Peu importe l'évaluation et l'évolution de sa collection, car elle n'est pas soumise à l'ISF. La liste des biens exonérés est un inventaire à la Prévert : outre les «antiquités ayant plus de cent ans d'âge», figurent les «objets de collection ayant un intérêt géologique, botanique, minéralogique [...], numismatique». Et donc les «timbres-poste». 
Le cabinet d'avocats 
Avocat depuis 1981, Me Sarkozy a fondé en mai 2002 un cabinet avec son collègue de longue date, Arnaud Claude. Depuis qu'il est ministre, il a dû se faire «omettre» du barreau des avocats, au nom de l'incompatibilité entre les deux fonctions. Mais il reste actionnaire du cabinet, où il apparaît sous le prénom de Nicoles. N'étant plus avocat, ses 34 % au capital ne relèvent pas de l'outil de travail et sont donc soumis à l'ISF.
Comment les évaluer ? Des avocats et des fiscalistes nous suggèrent, pour faire court, de prendre le chiffre d'affaires annuel : le cabinet Claude-Sarkozy affiche 1,5 million d'euros au compteur, soit 500 000 euros pour la participation du candidat à la présidentielle. Mais il ne s'agit que de l'année 2002, le cabinet ayant depuis omis de déposer ses comptes, préférant sans doute payer des amendes plutôt que de jouer la transparence. Dans l'Express, Claude Guéant affirme que Nicolas Sarkozy a perçu 17 000 euros de dividendes en 2005, et rien en 2004. Fin 2002, seule année disponible au greffe, le cabinet affichait tout de même un confortable bénéfice de 242 000 euros.
L'omerta sarkozienne 
En janvier 2001, l'hebdomadaire le Point publiait une enquête sur le patrimoine des élus, une centaine d'entre eux acceptant de jouer cartes sur table. En décembre 2001, rebelote dans le mensuel Capital. Dans les deux cas, Nicolas Sarkozy apparaît en tête de ceux qui ont refusé de répondre. En janvier 2007, après l'affaire de la SCI Hollande-Royal, l'entourage sarkozien promettait de rendre public son patrimoine dans les jours suivants. On attend encore.
 
Par Renaud LECADRE - LIBERATION : jeudi 1 mars 2007
 
Jeudi 1 mars 2007
 

Moratoire sur les OGM, retour d’une contractualisation entre les agriculteurs et les pouvoirs publics, modulation des aides : le programme socialiste pour l’agriculture est désormais connu. Fruit des échanges entre spécialistes du fait agricole réunis autour du Parti socialiste et de Ségolène Royal, il a été également inspiré par la synthèse des débats participatifs menés sur plusieurs mois. Conseiller de la candidate, spécialiste des questions agricoles, Guillaume Choisy revient sur les priorités d’un éventuel futur gouvernement socialiste.

TV Agri : Si Ségolène Royal est élue en mai prochain, quelles seront les premières mesures prises au niveau agricole ?


Guillaume Choisy : "La mise en place de la modulation des aides sera l'une des premières mesures prises si le Parti socialiste arrive au pouvoir". (© François Desnoyers / Farmerstv.com)

Guillaume Choisy : Il s’agira de la mise en place d’une modulation des aides pour leur répartition plus équitable. A partir d’un transfert d’une partie de ces aides vers le 2e pilier, une contractualisation sera engagée au niveau régional avec les exploitants. La priorité sera également donnée à la mise en place d’Etats généraux de l’agriculture. Ils serviront à déterminer les spécificités régionales du secteur, les savoir-faire de chaque territoire, les enjeux environnementaux, sociaux et économiques, afin de réaliser une contractualisation qui soit la meilleure possible et la plus adaptée à chaque espace.

TV Agri : La Politique agricole commune telle qu’elle existe aujourd’hui permet-elle de s’engager dans une telle régionalisation des aides ?
Guillaume Choisy :
Elle le permet et cela peut se faire en deux temps. Ségolène Royal souhaite la mise en place d’une régionalisation des aides Pac, et une orientation vers un système s’apparentant à ce qu’elle a fait en Poitou-Charentes avec les contrats régionaux d’exploitation agricole. Ils représentent une contractualisation sur un développement différent de celui qui a court aujourd’hui, développement prenant en compte les attentes de la société et le respect de l’environnement. C’est possible immédiatement avec la mise en œuvre de la modulation des aides à hauteur de 20 %. Cela permettrait un transfert sur le 2e pilier qui, lui, peut être régionalisé. C’est par exemple le cas en Allemagne, en Autriche… Au delà, la régionalisation de l’ensemble du 1er pilier nécessite une évolution de la Pac. Mais rappelons-nous que les négociations seront à l’ordre du jour dès juin 2007 pour déterminer ce que l’on fait de la Pac dès 2008. C’est l’un des premiers grands dossiers qu’aura à gérer au niveau européen le futur président de la République. C’est à ce moment qu’il faudra agir.

TV Agri : Par certains aspects, le programme agricole de Ségolène Royal semble s’inspirer des revendications de la Confédération paysanne.
Guillaume Choisy :
Aujourd’hui, la prise en compte de l’environnement est l’attente de tous. Ce n’est pas qu’une question syndicale ou agricole. Cela influe sur les pratiques agricoles et, par ricoché, sur l’aménagement du territoire. Tous les exploitants en sont conscients, qu’ils soient de droite ou de gauche. Tout le monde sait qu’il faut  produire autrement. Tout l’enjeu consiste à donner une légitimité, une reconnaissance pour les agriculteurs qui veulent produire autrement. Ils le disent à juste titre : « nous ne voulons pas être les jardiniers de l’espace rural ». S’il est vrai que ce que prône Ségolène Royal peut parfois se rapprocher des propositions de la Confédération paysanne, notamment en terme de souveraineté alimentaire, d’autres préoccupations comme le respect de l’environnement sont communes à l’ensemble des agriculteurs.

Propos recueillis par François Desnoyers - viti-net.com

Jeudi 1 mars 2007

Ségolène Royal a entamé la consultation des organismes patronaux et syndicaux, recevant mercredi les représentants du patronat (MEDEF et CGPME) et de la CFTC. La candidate socialiste aurait notamment séduit Laurence Parisot dans son "approche gagnant-gagnant" dans le domaine de la compétitivité des entreprises, un enjeu crucial pour la France, selon les deux femmes.

A la sortie du QG de campagne de Mme Royal, Laurence Parisot, présidente du Mouvement des entreprises de France, s'est déclarée "satisfaite" de cet entretien. "Nous avons des approches qui ne sont pas si éloignées l'une de l'autre", a-t-elle assuré à la presse, même si "sur les solutions et les remèdes, il peut y avoir des divergences".

"Tout le monde est d'accord pour dire qu'il y a un enjeu de la compétitivité" qui est "fondamental pour les entreprises", a poursuivi la patronne des patrons. "Pour résoudre ce challenge", Ségolène Royal est, selon elle, favorable à une "approche gagnant-gagnant, qui tienne à la fois compte des entreprises, des salariés et du pays". Mme Parisot a précisé qu'elles avaient également discuté du "dialogue social" et de la "représentativité des syndicats".

De son côté, Ségolène Royal, par l'intermédiaire d'un communiqué, a précisé que l'entrevue avait "porté sur la nécessité de cibler les aides publiques de l'Etat et des collectivités locales sur les entreprises qui innovent, exportent et créent de la valeur ajoutée", et que la présidente du MEDEF s'était "déclarée favorable à une simplification des aides aux entreprises".

Jean-François Roubaud, président de la Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises, a déclaré pour sa part avoir senti la candidate socialiste "inquiète" sur les résultats des entreprises françaises et "ouverte à un Small Business Act à la française". Selon un communiqué de la CGPME, il serait rebaptisé "Pacte PME" et viserait, "au travers de mesures particulières, à favoriser le développement de ces entreprises, moteurs de la croissance et de l'emploi".

Le président de la CGPME a toutefois précisé qu'il y avait avec la candidate socialiste "un vrai blocage" sur la question des 35 heures, des désaccords sur le SMIC à 1.500 euros, qu'il juge "trop élevé", ainsi que sur le maintien du CNE.

Ségolène Royal devrait rencontrer une délégation de 400 à 500 chefs de PME dans les semaines à venir, tout comme l'a déjà fait Nicolas Sarkozy, et comme cela est prévu pour Marie-George Buffet, François Bayrou, et Jean-Marie Le Pen, selon M. Roubaud.

Enfin, selon le communiqué de la candidate, Jacques Voisin, président de la CFTC, "s'est déclaré très intéressé par les propositions de Ségolène Royal et notamment par la sécurisation des parcours professionnels". Ils "se sont mis d'accord sur la nécessité d'inscrire à l'agenda social en priorité la question du temps partiel subi".

Dans le cadre des "consultations" qu'elle a engagées avec les organisations syndicales et patronales, Ségolène Royal devrait aussi rencontrer la semaine prochaine les représentants des syndicats UNSA, CGC, CFDT et CGT.

AP in nouvelobs.com

Jeudi 1 mars 2007
 
Il faut que les habitants de ces quartiers aient la conviction que cette élection va leur être utile aussi à eux.

 

 

Le premier secrétaire du PS revient sur les sondages : « Ils n’indiquent rien de certain, c’est-à-dire qu’il y a des mouvements, il y a de la volatilité, il y a de la fluidité, ce qui explique d’ailleurs que l’on passe d’un sondage favorable à l’un à un sondage favorable à l’une ou à l’autre. Ce qu’il faut regarder, c’est la tendance. » Il estime que les français « n’ont pas fait pour beaucoup leur choix, certains l’ont fait et ils veulent être écoutés, je pense qu’ils l’ont été par Ségolène Royal, mais en même temps respecté, c’est-à-dire qu’il faut qu’on leur donne des engagements qui méritent d’être tenus ensuite. »

François Hollande déclare que l’élection « exige de vrais choix et je pense que c’est ça l’élection, c’est un choix de clarté . Je ne veux pas que l’on fasse une élection comme en 95, vous vous souvenez en 95, il y avait un candidat qui faisait croire qu’il n’était pas de droite, il s’appelait Jacques Chirac, il parlait de la fracture sociale. Il disait, vous savez, la gauche, la droite cela n’existe plus, je vais vous parler de la fracture sociale, cela a été une mystification. Quand la naïveté s’ajoute au cynisme, on a Le Pen au second tour. Il faut que cette fois l’élection elle soit sur des bases claires. »

Il rappelle « le risque quand il y a ces grandes coalisions. On les a connues en Autriche, victoire de qui ensuite ? De l’extrême droite. On la connaît en ce moment en Allemagne, et on sent bien que ce n’est pas facile, parce qu’à un moment il faut de la clarification. Alors cela ne veut pas dire qu’on n’ait pas le souci de l’ouverture, le respect des opposants, mais à un moment il doit y avoir une ligne et elle doit être respectée. »

« Je ne pense pas que les Français veulent ça, malgré tout. Donc, il faut de la clarté dans cette élection, que l’on regarde les projets et qu’on élise le président ou la présidente qui nous permet d’être certain que ce projet là sera appliqué. »

A propos de ses visites en banlieue ainsi que celles de Ségolène Royal, il explique : « Aucun lieu de la République qui ne doit être délaissé et c’est d’ailleurs aujourd’hui un problème pour Nicolas Sarkozy, parce que lui-même ne peut plus se rendre et j’en suis d’ailleurs désolé, ne peut plus se rendre dans certains lieux au risque de faire naître des incidents. Donc le ministre de l’Intérieur retient le candidat UMP pour qu’il ne se rende pas dans tel ou tel endroit de la République. Moi je pense qu’au contraire, il faut que les habitants de ces quartiers aient la conviction que cette élection va leur être utile aussi à eux. Et je veux aussi dire à tous les autres, qui n’habitent pas ces quartiers là qu’on ne s’en sortira pas en mettant des barbelés, des grillages artificiels entre les uns et les autres. Le sujet du “ vivre ensemble ” il est posé dans cette élection. Est-ce qu’on est capable de vivre en harmonie ou on prend le risque d’avoir d’autres violences ou d’autres émeutes urbaines ? »

« Je suis allé à Clichy Sous Bois, Ségolène ROYAL y est allée plusieurs fois, elle y retourne. A Argenteuil, j’y suis déjà allé, j’y retournerai et puis il y a beaucoup d’autres quartiers qui s’appellent ni Clichy, ni Argenteuil, qui ne sont pas symboliques, mais qui méritent aussi notre attention. Donc quand on est en campagne électorale, sans doute qu’on doit se déployer plus fortement, mais on n’a pas besoin d’être en campagne électorale pour être sur le terrain. Moi j’ai souvent cette remarque que je ne peux pas supporter, d’ailleurs on ne me la fait plus. C’est quand on va sur un marché et que les gens disent, ah, on doit être en temps d’élection, parce qu’on vous voit sur les marchés ! Le mieux, si on veut éviter cette réflexion c’est d’y être toujours. »

 in journal chrétien

Jeudi 1 mars 2007

 

La candidate socialiste rappelle sa priorité : « redonner confiance aux PME. Je le vis dans ma région, je le vérifie à travers la France : pour peu qu'on aide les petites et moyennes entreprises de façon ciblée, il y a, pour l'emploi, des marges de manoeuvre énormes. Les PME de moins de 500 salariés représentent 66 % des emplois. Le tournant politique que je souhaite incarner, c'est, en redéployant les fonds publics dont on dispose, le passage d'une politique d'aides totalement uniforme à des politiques sur mesure. Je sais que la transition sera délicate mais, pour peu qu'on utilise tous les leviers possibles - la fiscalité, les cotisations sociales, la négociation avec les partenaires sociaux et une part des marchés publics réservée demain aux seules PME - les choses, j'en suis sûre, se caleront vite."

La candidate socialiste exprime une nouvelle fois sa volonté d'empêcher les délocalisations : « a condition d'anticiper, on peut empêcher que ça se passe. Il faut en finir avec le secret qui entoure certaines décisions prises par les actionnaires, parfois de l'étranger. Il faut modifier le rapport de forces au bénéfice des salariés, et imposer la transparence. Sous cet angle, la France est très archaïque. Mieux informés, les syndicats de salariés peuvent aider à la recherche des compromis qui permettent de sauver les emplois ou, lorsqu'on est contraint d'en supprimer, de reclasser les salariés et ainsi de préserver leur dignité et celle de leur famille. C'est mon idée de sécurité sociale professionnelle : lorsqu'une entreprise est absolument contrainte de faire un plan social et d'investir en même temps pour décrocher de nouveaux marchés, les salariés conservent leur contrat de travail et continuent dans cette phase de transition à être payés sur fonds publics en suivant une formation, donc en préparant leur reconversion. Ils évitent ainsi le chômage. C'est, par exemple, ce qu'a réussi Ericsson en Suède. Avec cette méthode, jamais Moulinex n'aurait en France licencié et délocalisé de cette façon particulièrement brutale. »

Intérrogée sur ses adversaires, Ségolène Royal tient à éviter la « querelle de personnes ». Ainsi, sur Nicolas Sarkozy, elle déclare : « Je ne juge pas l'homme. Le candidat, lui, s'est fortement droitisé. Un exemple : par deux fois - donc il ne s'agissait pas d'un lapsus - il a dénoncé l'abattage des moutons dans les baignoires par certains musulmans pour la fête de l'Aïd. Ça, c'est odieux, c'est le vocabulaire de l'extrême droite. »

A propos de François Bayrou, Ségolène Royal évoque là aussi le projet du candidat : « Le ni-ni, cela n'a jamais fait un projet. Décidément, le centre est partout et sa circonférence, nulle part. A la base, il n'y a aucune ambiguïté puisque dans toutes les collectivités, il gouverne et vote avec l'UMP, sans aucune exception. »

« Le choix qui va être fait par le peuple français engage l'avenir bien au-delà de cinq années, pour toute une génération, tant la crise est profonde. C'est pourquoi je veux, avec tous les Français, réussir le vrai changement. »

© News Press 2007 in tv5monde

Jeudi 1 mars 2007

Le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen Jean-Pierre Chevènement a réaffirmé son soutien mercredi à Ségolène Royal, la saluant pour avoir réussi "à rassembler le Parti socialiste, y compris Lionel Jospin".

Invité à se prononcer sur le fait que Lionel Jospin aurait accepté de rejoindre la nouvelle équipe de campagne de Ségolène Royal si Jean-Pierre Chevènement en était écarté, le président d'honneur du MRC a parlé d'"une fixation malheureuse" de la part de l'ancien Premier ministre.

"Ça dénote une incapacité persistante à faire l'analyse des causes de son échec" en 2002, a jugé Jean-Pierre Chevènement lors de l'émission "Questions d'info" Le Monde/LCP-Assemblée nationale/France-Info. "Je considère que dans la phase du rassemblement, il faut que sans céder à des polémiques, nous rassemblions toutes nos forces pour faire élire Ségolène Royal".

Il y a cinq ans, Jean-Pierre Chevènement avait recueilli 5,33% des suffrages exprimés au premier tour de la présidentielle. Ce score avait valu au président d'honneur du MRC d'être accusé par certains socialistes d'avoir contribué à la défaite de Lionel Jospin, dont il avait été ministre de l'Intérieur.

"Pendant ce que l'on a appelé 'le trou d'air', Ségolène Royal n'a perdu ni son sang-froid, ni sa bonne humeur. Elle a été la seule à tenir la mer", a estimé mercredi le président d'honneur du MRC. Certains "semblaient douter de la méthode. Elle a fort bien fait de ne pas gaspiller toutes ses munitions". "Elle n'a pas gaspillé son temps".

"Moi, je lui dis 'bravo'. C'est bien d'avoir rassemblé le Parti socialiste, y compris Lionel Jospin", a-t-il ajouté.

Interrogé sur la nouvelle équipe de campagne de la candidate socialiste, il a souligné que "nous sommes dans la phase du rassemblement". "Le Pacte présidentiel comporte 13 responsables et notamment les candidats malheureux à la désignation", a observé Jean-Pierre Chevènement. "Trois mois, c'est le temps qu'il faut pour cicatriser les plaies".

AP in nouvelobs.com

Jeudi 1 mars 2007

Ségolène RoyalLe combat pour les droits des femmes est une préoccupation ancienne et constante de Ségolène Royal. Ministre, présidente de région, elle a favorisé les initiatives concrètes en ce domaine. Pour la candidate, l’égalité entre femmes et hommes est la base d’une société plus respectueuse de l’être humain, qu’il s’agisse de la sphère privée et familiale, de la nation, et même de la politique de codéveloppement entre pays du Nord et du Sud.

En 2000, en tant que ministre déléguée à la Famille, Ségolène Royal avait décidé la gratuité de la pilule du lendemain pour les jeunes femmes de moins de 16 ans et sa mise à disposition dans les lycées. À la tête de la région Poitou- Charentes, elle a lancé en 2005 « 10 mesures pour favoriser la place et l’action des femmes dans le monde du travail et dans notre société », créant le prix Initielles, dont l’objet est de promouvoir un projet collectif présenté par des femmes, ou encore le « marrainage », qui permet à des jeunes filles d’être accompagnées dans leur parcours professionnel. Si Ségolène Royal est élue présidente de la République, sa première mesure législative concernera les femmes violentées et discriminées.

Vous avez annoncé que la lutte contre les violences faites aux femmes serait l’objet de votre première loi. Est-ce un symbole ou une urgence ?

Pour ces centaines de milliers de vies brisées, ces femmes qui vivent dans la peur, ces enfants pour qui l’espace familial n’est pas un lieu protecteur mais un lieu de terreur, c’est une urgence ! Il faut avoir entendu les témoignages des femmes qui ont subi la brutalité de leur compagnon pour appréhender la réalité de leur quotidien : la peur du mot ou du geste qui va déclencher les coups, l’escalade de la violence, l’alternance de la répétition et de la culpabilité, la perte de l’estime de soi. Et, comme pour le viol, l’idée que les victimes seraient aussi coupables. Il n’y a pas si longtemps, ce qui se passait au sein de la famille relevait de la vie privée et ne regardait personne. Il fallait que la violence aille jusqu’au meurtre. Et on parlait de « crime passionnel ». Comme si le droit de propriété était un accessoire de l’amour et une excuse valable !

Les mentalités évoluent quand même…

Bien sûr, une prise de conscience s’est faite. Les violences faites aux femmes ne bénéficient plus de la même tolérance. Mais la réalité des chiffres est toujours aussi cruelle et les difficultés matérielles à surmonter pour quitter un compagnon violent sont toujours aussi grandes. Ceux qui disent qu’il n’y aurait pas besoin d’une loi, c’est qu’ils se satisfont des résultats !
C’est renoncer que de considérer qu’il n’y aurait plus rien à faire. Je l’ai dit : la première loi présentée au Parlement sera celle-là. Comme la loi espagnole, elle garantira aux femmes la sécurité de leur domicile, assurera la coordination de l’ensemble des acteurs, fixera les moyens de l’hébergement d’urgence. Elle appuiera le travail des associations déjà très mobilisées. Elle mettra l’accent sur la prévention et sur le suivi des victimes comme des auteurs. Les unes et les autres ont besoin d’être aidés. Je crois que là aussi, c’est au premier acte de violence qu’il faut agir.
Cette loi est aussi un signal fort adressé à la société. Je veux rendre visible ce qui est invisible : le travail des femmes, le poids des responsabilités familiales et domestiques, les soins aux personnes âgées, aux malades, les petites et les grandes humiliations, l’exigence d’excellence pour réussir, les inégalités salariales… Tout ce dont notre société s’accommode car elle y trouve son compte. Je veux que les femmes soient respectées car c’est la condition de l’égalité.

Le combat des femmes pour l’égalité a une longue histoire. Quelle est pour vous la plus grande figure du féminisme ?

L’histoire est pingre à l’égard des femmes, elle ne leur fait pas beaucoup de place et en citer une, c’est un peu faire défaut à toutes celles qui méritent de ne pas être oubliées. Mais si je dois rendre un hommage particulier, je choisis Louise Michel ! Elle suscite admiration et tendresse. Institutrice, elle ouvre une école pour les enfants les plus pauvres, les ouvriers et les mères de famille. On connaît ensuite son héroïsme pendant la Commune : la nuit sur les barricades et le jour à enseigner. Lorsque sa mère est arrêtée, elle se constitue prisonnière en échange de sa libération. Déportée en Nouvelle-Calédonie, elle apprend la langue des Kanaks et… se fait l’institutrice des enfants des déportés et des Kanaks. Infatigable et exemplaire. Ni les arrestations, ni la déportation, ni la prison n’ont eu raison d’elle : elle n’a jamais plié, jamais renoncé !

Égalité dans le travail, parité, articulation vie familiale et vie professionnelle… Il reste encore beaucoup à faire dans le domaine de l’égalité entre les femmes et les hommes. Sur quels aspects les efforts doivent-ils se concentrer ?

Tous ! Car tout est lié, tout est imbriqué ! Pour réaliser l’égalité, il faut à la fois agir sur les représentations, faire évoluer les mentalités et les habitudes. C’est une question culturelle, symbolique et sociale.
Il faut commencer dès l’école, les filles sont bonnes élèves, matheuses jusqu’en troisième et sont ensuite absentes des filières scientifiques et techniques. Première condition de l’égalité professionnelle : que l’orientation ne soit pas sexuée. La maternité réalisée ou potentielle demeure un frein à l’évolution des carrières et un prétexte aux inégalités salariales. Les femmes sont écartelées entre toutes leurs responsabilités. Élever des enfants et mener une carrière, c’est négocier en permanence avec sa culpabilité. C’est pourquoi, j’ai mis au premier rang de mes propositions la création d’un service public de la petite enfance : la certitude d’un mode de garde dès la fin du congé de maternité est indispensable.
Et puis, il faut aussi que ça bouge dans les familles et dans les couples ! Même si on apprécie les évolutions chez les jeunes parents, le partage des responsabilités domestiques et familiales n’est toujours pas équitable, les indicateurs récents le révèlent, ce sont toujours les femmes qui interrompent leur vie professionnelle ou la mettent en veilleuse pour se consacrer davantage aux enfants. J’ai créé le congé de paternité quand j’avais en charge le ministère de la Famille, justement pour permettre aux pères de s’impliquer davantage. Je suis fière de cette mesure. Ce congé pour les pères était aussi une belle avancée pour les femmes. Mais, il faut continuer, aller plus loin dans le partage et le soutien aux parents. Je n’accepte pas l’idée que, pour des femmes, enfants et autonomie entrent en contradiction. L’épanouissement, c’est la synthèse des deux !

Plusieurs de vos mesures en faveur du pouvoir d’achat – revalorisation du SMIC, des petits salaires, des petites retraites – concernent les femmes au premier chef. À l’opposé, le « travailler plus pour gagner plus » de Nicolas Sarkozy vous paraît-il une solution pour elles ?

Le « travailler plus » de Nicolas Sarkozy est une imposture pour les hommes comme pour les femmes. Depuis quand le travail est-il proposé en abondance et son organisation est-elle à la discrétion des salariés ? Comme si ce n’était pas le chef d’entreprise qui décidait du nombre d’heures supplémentaires ou de la multiplication des temps partiels non choisis.
La réalité, pour la majorité des femmes, c’est un salaire inférieur de 20 % à celui des hommes pour un travail comparable. Chez les ouvriers, l’écart de revenus est de 44 %. 890 000 femmes travaillent, faute de mieux, à temps partiel. Bien sûr,elles voudraient travailler plus ! Mais ce n’est pas en bradant le coût des heures supplémentaires que l’on va garantir un emploi sûr et un salaire décent à celles à qui on ne propose même pas de faire 35 heures. Les mesures que je propose dans le pacte présidentiel, augmentation du SMIC et des petites retraites, lutte contre le travail précaire, sécurité sociale professionnelle, bénéficieront d’abord aux femmes car ce sont elles qui en ont le plus besoin.

Vous évoquez régulièrement le rôle que peuvent jouer les femmes africaines dans le cadre d’une nouvelle politique de développement. Comment l’envisagez-vous concrètement ?

J’ai souvent dit que je souhaitais une profonde réforme de notre aide au développement. Celleci doit arriver directement aux populations et ne plus se perdre, pour partie, dans des études inutiles ou être détournée par la corruption. Or, les femmes, en Afrique, sont les actrices majeures du développement. Ce sont elles qui font l’essentiel du travail agricole et qui sont impliquées dans de très nombreuses micro-entreprises. Ce sont elles qui subissent encore les corvées d’eau dans les régions les plus rurales et dans certaines zones urbaines. La santé et la qualité de l’alimentation des enfants dépendent d’elles. Pourtant, dans la plupart des cas, les canaux qu’emprunte l’aide au développement privilégient les structures gouvernementales ou, localement, des «responsables » très majoritairement masculins. Les femmes sont artificiellement éloignées des processus de décision et de projets d’aide qui les concernent au premier chef. La collectivité tout entière ne profite ni de leur expérience ni de leur connaissance des besoins réels.
C’est pourquoi il faut donner une priorité à des projets bien identifiés, conduits par des associations de femmes. Le microcrédit doit aussi être fortement encouragé et aidé. Enfin, la lutte des femmes contre les inégalités n’a pas de frontières. Toute avancée dans une région du monde est un progrès pour chacune d’entre nous. Je me sens profondément solidaire des femmes du tiers-monde qui, dans des conditions souvent beaucoup plus difficiles que les nôtres, parfois au milieu de conflits armés, se battent pour leur dignité.

Propos recueillis par Ariane Gil - l'hebdo des socialistes

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