Ségolène Royal voit un vote sanction et un vote d'espérance
Pour Ségolène Royal, le second tour des élections municipales a constitué à la fois un vote sanction
pour le gouvernement et un "vote d'espérance" de la part des Français.
"Le mouvement du premier tour s'est amplifié au second", a déclaré dimanche soir sur TF1 l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle.
"Nous devons être à la hauteur des espoirs que les électeurs placent en nous ce soir pour transformer ce vote sanction en vote d'avenir", a-t-elle
ajouté.
Les élections municipales se sont déroulées "dans un contexte de profonde inquiétude", a poursuivi la présidente de la région Poitou-Charentes.
"Il nous faudra réparer ce que le gouvernement a détruit et abîmé depuis huit mois aux côtés des Français contre les formes de régression à laquelle la
droite condamne la France", a-t-elle dit.
Ségolène Royal a demandé au gouvernement "de renoncer aux mesures fiscales injustes et d'augmenter les retraites et les salaires, comme il s'y était
engagé".
Ségolène Royal somme le gouvernement de revenir sur ses réformes
Evoquant un "vote-sanction", Ségolène Royal a appelé dimanche le gouvernement à "entendre le
message des Français" adressé lors du second tour des municipales et à "changer sa politique et son
comportement", en revenant notamment sur ses réformes fiscales et les franchises médicales.
"Le gouvernement a dit il y a quelques jours qu'il entendrait le message des Français, alors qu'il le fasse et qu'il change sa politique et son
comportement", a lancé l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle sur TF1.
"Dans l'immédiat, je lui demande de renoncer aux mesure fiscales injustes, celles déjà prises et celles qui se préparent. Je lui demande d'augmenter
vraiment les retraites et les salaires comme il s'y était engagé", a-t-elle déclaré, et d'ajouter: "je lui demande de rétablir l'accès aux soins en supprimant les franchises
médicales".
"Les inégalités n'ont jamais été aussi insolentes", a-t-elle estimé, promettant que les élus locaux du PS et de la gauche, auxquels les Français ont
montré leur "confiance" dimanche, devront "réparer ce que le gouvernement a détruit et abîmé depuis huit mois".
Périgueux, Toulouse, Strasbourg, Colombes : raz-de-marée pour le Parti socialiste et ses alliés
La vague est définitivement rose au soir du second tour des élections municipales, dimanche 16 mars, même si la droite a symboliquement réussi à
conserver Marseille. Selon un sondage CSA Dexia, le rapport de forces gauche-droite s'est établi à 49,5 % pour le PS et ses alliés contre 47,5 % à l'UMP et ses alliés. Il était de 47 % - 45 %
au premier tour, toujours en faveur de la gauche.Malgré l'appel des deux camps à une plus forte mobilisation des électeurs, le scrutin a été marqué par une abstention sensiblement identique –
et record depuis 1959 – (34,5 % selon les instituts de sondage) à celle du premier tour.
VILLES QUI ONT BASCULÉ À
GAUCHE
Que ce soit à Périgueux, Strasbourg, Saint-Etienne, Evreux, Quimper, La Seyne-sur-Mer ou encore Roanne, la gauche a ravi nombre de mairies à la droite.
A Périgueux, chef-lieu de la Dordogne, où le premier ministre était venu en personne soutenir son ministre de l'éducation, Xavier Darcos, maire sortant UMP, a été battu de justesse (49,58 %)
par le candidat socialiste Michel Moyrand (50,42 %).
Autre grand succès pour la gauche : Colombes (92). Le socialiste Philippe Sarre reprend la ville, tombée aux mains de la droite en 2001, avec 53,60 %
contre 46,40 % pour la liste UMP menée par la maire sortante Nicole Goueta, sur laquelle figurait, en troisième position, la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, Rama Yade.
A Strasbourg, la gauche réussit également à reprendre une mairie qu'elle avait perdu en 2001 : le socialiste Roland Ries est élu avec 58,33 % des voix
contre 41,67 % à la maire sortante, Fabienne Kelle. Metz aura aussi son premier maire de gauche depuis 1848, en raison surtout des divisions à droite. Le socialiste Dominique Gros obtiendrait
48 % des voix face au maire sortant DVD-UMP Jean-Marie Rausch (28,2 %) qui, à 78 ans, sollicitait un septième mandat, selon Ipsos-Dell.
Autre fief de la droite qui bascule à gauche : Reims, où la socialiste Adeline Hazan est élue avec 56,07 % des voix face à la candidate UMP Catherine
Vautrin (43,93 %), qui a sûrement pâti des divisions de la droite au premier tour. Autre camouflet pour la droite à Caen, où la liste d'union de la gauche menée par le socialiste Philippe
Duron a remporté l'élection municipale avec 56,26 % des suffrages, dans une ville qui n'a jamais été gérée par la gauche. Même scénario à Amiens, l'ancien ministre Gilles de Robien, maire UMP
depuis 1989, va cèder sa place au socialiste Gilles Demailly, qui l'emporte avec 56,21 % contre 43,79 % pour M. de Robien.
A Toulouse, le candidat socialiste a également créé la surprise en remportant cette ville traditionnellement à droite. Pierre Cohen arrive en effet en
tête avec50,42 % des suffrages face au maire centriste sortant Jean-Luc Moudenc (app-UMP), qui recueillerait 49,58 % des voix. La gauche remporte également une autre ville symbole, Pau, où se
présentait le président du MoDem, François Bayrou, battu avec 38,81 % des suffrages contre 39,76 % pour la liste de la socialiste Martine Lignières-Cassou et 21,42 % pour le maire sortant
Yves Urieta (ex-PS soutenu par l'UMP).
VILLES QUE CONSERVE LA
GAUCHE
Les socialistes gardent également Lille, où la maire sortante Martine Aubry réalise un plébiciste avec 66,56 % des voix, à la tête d'une liste de gauche
à laquelle se sont joints au second tour les Verts et le MoDem, face au candidat de l'UMP Sébastien Huyghe (33,44 %). Autre ville que la gauche conserve et que la droite espérait pouvoir
conquérir : Angers, où le maire sortant, Jean-Claude Antonini (PS), devancé au premier tour, a réussi à retourner la tendance en remportant l'élection avec 50,62 % des voix face à l'UMP
Christophe Béchu (49,39 %). Le maire sortant divers gauche d'Hénin-Beaumont (62), Gérard Dalongeville, a réussi à conserver sa mairie en obtenant 51,94 % des voix, contre 28,83 % au Front
national. Montpellier reste aussi dans le giron de la gauche, avec la réélection d'Hélène Mandroux.
VILLES QUE CONSERVE LA
DROITE
La droite réussit à garder de justesse Marseille. Après un long suspense, le maire sortant UMP Jean-Claude Gaudin l'a finalement emporté selon les
dernières estimations avec 51 % sur son concurrent socialiste, Jean-Noël Guérini (49 %), battu dans le secteur clef, le 3e, par l'ancien ministre UMP Renaud Muselier. Dans un Paris qui sera
très majoritairement à gauche, la droite a réussi à conserver la totalité des huit arrondissements qu'elle détenait, notamment le 5e, qui n'est revenu que d'extrême justesse à la liste du
maire sortant Jean Tiberi, en place depuis 25 ans. Avec 41,33 %, Christian Estrosi, qui a annoncé qu'il quittait son poste de secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer, est arrivé à Nice devant la
liste d'union à gauche menée par Patrick Allemand (33,17) et le DVD Jacques Peyrat (25,50 %). Jean-Maire Bockel, ex-PS soutenu par l'UMP, réussit également à sauver sa mairie de Mulhouse. Il
est réélu de justesse avec 43,16 % devant le socialiste Pierre Freyburger (42,57 %) et le FN Patrick Binder (14,27 %). Le parti majoritaire garde aussi Le Havre, Orléans, Vannes, Moulins,
Beauvais, Saint-Brieuc et Perpignan.
VILLES QUE CONQUIERT LA
DROITE
Pratiquement la seule ville que la droite réussit à épingler à son tableau de chasse : Calais, une victoire cependant facilitée par le désistement
inattendu du candidat du Front national qui, en mesure de se maintenir au second tour, avait finalement renoncé, expliquant vouloir laisser le champ libre au parti majoritaire. L'UMP Natacha
Bouchart, à la tête d'une liste d'ouverture, remporte cette ville aux mains du PCF depuis 37 ans, en battant le maire sortant Jacky Hénin avec 54,02 % des suffrages.La droite l'emporte
également à Gap (UMP) et Mont-de-Marsan (MoDem-UMP), Agen (Nouveau Centre) et Châtellerault (Nouveau Centre).