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Mercredi 24 mai 2006

Les Echos, le 19 mai 2006

Ségolène Royal : le pays attend "le bon deal" [ 19/05/06  - 19H08 ]

 
Plus de performance économique mais plus de justice sociale : c'est l'accord gagnant-gagnant entre les entreprises et la collectivité que prône Ségolène Royal. Pour "Les Echos", la "candidate probable" à l'investiture socialiste pour 2007 parle sans tabou de la flexibilité, des 35 heures, du coût du travail. Sa conviction : le vieil antagonisme capital/travail peut être dépassé.

 PROPOS RECUEILLIS PAR FRANÇOISE FRESSOZ ET ELSA FREYSSENET

Depuis 2002, les crises s'enchaînent : le 21 avril, le "non" au référendum, la crise des banlieues, le CPE, l'affaire Clear- stream. Ont-elles un point commun ?
Elles expriment toutes une forme de révolte, le sentiment que les politiques n'assument plus leurs responsabilités, qu'ils sont impuissants à donner des perspectives. C'est extrêmement dangereux. Quand il n'y a plus ce désir d'avenir, la machine à dépression économique s'installe.

Comment rétablir la confiance ?
En commençant par faire confiance à l'intelligence collective des citoyens et des territoires ! Et en ne leur infligeant pas le spectacle d'une fin de règne qui démoralise, abaisse l'image de la France et porte préjudice à son économie. L'optimisme individuel des Français s'accompagne d'un fort pessimisme collectif : ils doutent des capacités et du talent de leur pays.

Ces crises ne traduisent-elles pas la difficulté à accepter un monde qui change de plus en plus vite ?
Accepter n'est pas subir. Chaque révolution industrielle a fini, non sans luttes, par déboucher sur sa contrepartie sociale. Celle du charbon et de la machine à vapeur a apporté les premières lois sociales et la reconnaissance des syndicats. Celle de l'électricité et de l'automobile a conduit à un système global de protection sociale et à une amélioration du pouvoir d'achat des salariés. Nous vivons aujourd'hui la troisième, celle des technologies de l'information et de la communication sur fond de mondialisation accélérée : le vieux compromis fordien est mort mais aucun "bon deal", aucune "nouvelle donne", ne l'a encore remplacé. D'où ce déséquilibre ravageur entre le capital et le travail. Tant que nous n'aurons pas réussi à mettre en place les nouvelles sécurités adaptées aux mutations de notre monde, la peur et la méfiance l'emporteront. Le discours sur le CPE a été d'autant plus mal ressenti qu'il a été porté par ceux qui ne connaissent pas la précarité. Il faut arrêter de donner des leçons qu'on ne s'applique pas à soi-même ou dont on ne voudrait pas pour ses enfants. Sinon le gouffre entre gouvernants et gouvernés se creuse.

Pour préparer un "bon deal", il faut s'entendre sur le diagnostic. La gauche a du mal avec le libéralisme... Et vous ?
Si le libéralisme est ce que Maurice Allais, prix Nobel d'économie, a appelé en termes crus la "chienlit laisser-fairiste", je n'en veux pas. Il peut y avoir dans la libre concurrence des facteurs de progrès si elle est corrigée énergiquement dans ses effets pervers et régulée pour être mise au service du progrès. C'est la mission de la gauche.

Quelles formes doivent prendre les nouvelles sécurités dont vous parlez ?
Elles doivent conjuguer deux formes d'efficacité : économique et sociale. Les entreprises ont d'autant plus besoin d'agilité et de réactivité qu'elles sont directement exposées à la compétition internationale. Les salariés, eux, ont besoin que la transition d'un emploi à un autre soit correctement sécurisée sur le plan financier, avec des formations adaptées et un accompagnement personnalisé. Pourquoi les salariés scandinaves vivent-ils sans drame leur mobilité professionnelle ? Parce qu'ils ont confiance dans l'efficacité de leur service public de l'emploi. Plutôt que l'obsession de démanteler le droit du travail, voilà le type de nouvelle donne dont nous pourrions nous inspirer.

La discussion peut-elle porter sur le contrat de travail ?
A une condition : le CDI doit rester la base, car une société qui se précarise dans ses principes fondamentaux va à la dérive. Le CDI, c'est le droit - fondamental pour tout être humain - à la sécurité d'un salaire et à la dignité d'un métier. Il doit être la colonne vertébrale, et c'est par le dialogue social qu'il faut définir ce qui doit être assoupli, en tenant compte de manière équilibrée des besoins des entreprises, en particulier de celles qui innovent et prennent des risques, et de la dignité des salariés, qui ne sont pas une variable d'ajustement jetable.

Faut-il encourager ces entreprises par des mesures fiscales ?
La première mesure à prendre de manière massive, c'est un statut fiscal très incitatif pour les investissements dans la recherche et l'innovation. Et dans l'environnement, poour toutes les éco-industries.

Quand Peugeot a récemment annoncé la fermeture d'une usine de 2.300 salariés en Grande-Bretagne, Tony Blair n'a absolument rien dit...
Cette absence de réaction fait peur. La parole politique doit être utilisée : elle peut être dissuasive et préventive. Les entreprises ont une responsabilité à l'égard des territoires.

L'Etat doit-il défendre une entreprise lorsqu'elle est menacée ?
Oui. Les Etats-Unis ne s'en privent d'ailleurs pas. Mais il faut être honnête et ne pas interdire ce que nos entreprises s'autorisent à l'étranger. Une OPA peut être positive à condition de correspondre à une synergie et à un projet industriel cohérent.

Que pensez-vous du « patriotisme économique » ?
C'est le détournement d'un mot qui signifie aimer et servir son pays. Pour le gouvernement, qui ne s'alarme guère de la présence massive de fonds anglo-saxons au capital des entreprises françaises, c'est un gadget langagier qui couvre la privatisation de Gaz de France et tourne le dos à la constitution nécessaire de champions européens.

Faut-il s'opposer aux délocalisations ?
Il ne faut jamais s'y résigner.

Approuvez-vous l'attitude du député UDF Jean Lassalle qui a fait une grève de la faim pour empêcher une délocalisation à moins de 100 kilomètres de sa commune ?
Non. C'est un dévoiement de l'action parlementaire et le plus baroque, ce sont les ministres qui y cèdent, même si je ne mets pas en cause la sincérité de Jean Lassalle.

Comment lutter contre la sinistrose ?
Il faut réconcilier les Français avec l'entreprise, en finir avec l'archaïsme des relations sociales. Les entreprises qui défraient la chronique sont celles dont les patrons se comportent de façon scandaleuse. Et puis il y a une confusion malheureuse entre la financiarisation de l'économie et l'entreprise. Quand on parle aux Français des fonds de pension, des masses d'argent volatiles qui se déplacent à la recherche du profit maximum de façon totalement déconnectée de la vraie valeur de l'entreprise, c'est l'image de toutes les entreprises qui en souffre.

Vous pensez que les responsables d'entreprise sont trop payés ?
Il y a des excès, des dérives. Les Français sont choqués quand ils apprennent le montant des stock-options, des indemnités de départ et des retraites chapeaux de certains dirigeants. Ils découvrent qu'à une certaine altitude, l'échec paye, alors qu'ils peuvent, eux, perdre leur emploi sans avoir commis une faute.

Les 35 heures sont-elles pour quelque chose dans la dépréciation du travail ?
Ceux qui disent cela se trompent de diagnostic. Ce n'est pas un peu de temps libre en plus qui détourne du travail, mais plutôt un malaise au travail qui conduit à s'investir ailleurs. Voyez la démotivation des cadres. Elle est liée à l'instabilité, à la pression. La politique de la droite a été profondément destructrice de la valeur travail car elle a érigé en norme la précarité pour le plus grand nombre.

Faut-il assouplir encore les 35 heures pour redonner du pouvoir d'achat ?
Des assouplissements ont déjà été apportés. Peut-être faut-il aller au-delà pour que ceux qui veulent travailler plus puissent le faire, mais je trouve scandaleux les chantages à l'emploi auxquels des entreprises se livrent pour remettre en cause des accords de RTT. Le vrai sujet serait de pouvoir moduler le temps de travail selon les étapes de la vie. Je ne crois pas aux réponses rigides une fois pour toutes mais aux évolutions négociées.

Ce "deal", qui doit le passer ?
Les partenaires sociaux, avec l'aide de l'Etat, garant de l'intérêt général. Cela suppose une plus grande représentativité des organisations syndicales et patronales. Il faudra créer en France un syndicalisme de masse, pourquoi pas par une adhésion obligatoire au syndicat de son choix. Mais on pourrait aussi, selon les sujets, élargir le nombre des interlocuteurs.

Vous voulez passer par-dessus les corps intermédiaires ?
Non, car ils sont indispensables. Mais il faut pouvoir associer les citoyens aux grands choix qui les concernent. Je le fais en Poitou-Charentes lors de forums participatifs sur les grands problèmes de la région.

Les syndicats ne sont pas très chauds.
Ils se méfient du consensus à tout prix, c'est-à-dire souvent à bas prix. Moi aussi. Si je souhaite qu'un syndicalisme de masse se développe, c'est précisément pour rééquilibrer un rapport de forces aujourd'hui très défavorable aux salariés. Mais à une partie de l'antagonisme traditionnel entre le capital et le travail, je crois qu'il est possible de substituer un nouvel équilibre dynamique alliant la performance économique et la justice sociale. Je suis sûre qu'il existe un patronat éclairé prêt à accepter ça.

Laurence Parisot fait-elle partie de ce patronat éclairé ?
Je ne crois pas que le Medef ou la CGPME aient cette réputation ! Je vois beaucoup de chefs d'entreprise qui ne s'y reconnaissent pas. Ils ne font pas d'idéologie, ils se battent et ont compris que des salariés heureux sont productifs.

Y a-t-il un problème de coût du travail ?
Oui, mais pas à cause des salaires, à cause des charges. Il faudrait transférer les cotisations maladie et famille sur la fiscalité. Car la couverture de ces risques relève de la solidarité nationale.

Faut-il augmenter le SMIC ?
Je ne veux pas tomber dans la facilité du "demain, on rase gratis", mais la France des "mille euristes" a beaucoup de mal à joindre les deux bouts. Et avec la hausse des charges il y a de plus en plus de travailleurs pauvres et de familles surendettées. Donc oui, il faut le faire.

Vous avez dit récemment : "Personne ne doit être payé à ne rien faire."
C'est une façon de rappeler que le travail est le facteur premier d'intégration sociale et qu'en être privé, c'est aussi perdre un sentiment fondamental d'appartenance et, parfois, jusqu'à l'estime de soi. Ceux qui se situent en bas de l'échelle des salaires ont souvent le sentiment qu'il n'est pas juste que d'autres touchent autant avec des revenus d'assistance ; cela nourrit le rejet de l'autre et la hantise du déclassement. Il ne faut pas ignorer cette question par angélisme. Il est exclu de revoir nos solidarités à la baisse ou de se résigner au nombre croissant de travailleurs pauvres, mais il faut dire clairement qu'en contrepartie de toute ressource, il y a un travail ou une formation utile, ce qui est d'ailleurs prévu dans les textes.

Dans votre région, vous conditionnez l'attribution d'aides publiques à divers critères comme la qualité de l'emploi. Cette logique est-elle transposable au niveau national ?
Lorsque je gère les impôts payés par les citoyens, j'ai le souci de ne pas gaspiller. Donc c'est une logique du gagnant pour l'entreprise-gagnant pour la région. Je constate qu'après une période d'étonnement les entreprises jouent le jeu. Au niveau national, c'est parfaitement transposable, cela fait partie de la bonne gouvernance.

D'autres économies sont-elles possibles, compte tenu du poids de la dette ?
Oui. La gauche doit se donner pour objectif de réduire les déficits. Une politique favorable à la croissance l'y aidera, mais l'Etat doit réduire son train de vie, ses gaspillages et ses doublons en misant notamment sur une vraie décentralisation. Un Etat fort qui organise la redistribution est parfaitement compatible avec une décentralisation qui va jusqu'au bout.

Le "royalisme", pour le moment, c'est davantage une méthode que des propositions précises.
Le "royalisme", franchement, ce n'est pas un slogan que je revendique. Je préfère parler de "ségolisme". Mais chaque chose en son temps. Nous sommes en train de finaliser le projet des socialistes et je ne vois pas pourquoi je devrais aujourd'hui brandir mon propre catalogue. La méthode, c'est essentiel. Voyez le contre-exemple du CPE. Je crois à la nécessité d'un diagnostic partagé avec les Français : cela mérite du temps avant de décider et de passer à l'acte. Il faut ensuite évaluer lucidement, corriger au besoin, admettre qu'une décision politique interagit avec le corps social et que des ajustements sont nécessaires. La rigidité, c'est le meilleur moyen de ne rien changer.

Vos valeurs : travail, famille, patrie...
(Rires). L'association de ces trois mots est choquante et de sinistre mémoire ! Mais revaloriser le travail, défendre les familles dans leur diversité, nucléaire, recomposée, monoparentale, homoparentale, et savoir ce qui nous fait tenir debout dans une même nation, oui, c'est important. Plus la justice et les solidarités, tout se tient.

L'"ordre juste" que vous défendez n'est-il pas un thème de droite ?
Absolument pas. La droite, c'est l'autoritarisme, l'injustice et le désordre qui en résulte. Je défends, moi, un ordre qui procède de la justice et une autorité fondée sur des valeurs partageables. Les règles respectées sont les règles respectables : celles qui s'imposent à tous et pas seulement aux uns pendant que les autres s'en affranchissent.

Ordre juste, sécurité durable, Nicolas Sarkozy utilise les mêmes termes.
Pas vraiment ! Dans les cités où le désespoir et la colère s'accumulent, dans le monde du travail où règne la peur d'être débarqué du jour au lendemain, dans l'ensemble de la société où le "descenseur" social semble inexorablement en marche, à la tête de l'Etat : partout, la droite sème l'injustice et crée le désordre.

 Itinéraire

1953 : naissance le 22 septembre à Dakar.
1980 : sort de l'ENA, où elle a rencontré François Hollande. Dominique de Villepin est dans leur promotion (Voltaire).
1982-1988 : chargée de mission auprès de François Mitterrand à l'Elysée sur les affaires sociales.
1988 : députée des Deux-Sèvres. Toujours réélue depuis.
1992-1993 : ministre de l'Environnement dans le gouvernement Bérégovoy.
1997-2000 : ministre déléguée chargée de l'Enseignement scolaire dans le gouvernement Jospin.
2000-2002 : ministre déléguée à la Famille, à l'Enfance et aux Personnes handicapées.
2004 : élue présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes.
Automne 2005 : elle dévoile progressivement ses ambitions présidentielles - "Je me sens prête" - et voit sa candidature crédibilisée par des sondages favorables.
Février 2006 : ouvre son site Internet desirsdavenir.org.

Vendredi 19 mai 2006

1- l'économie de marché a existé avant le capitalisme-libéralisme, et existera après :

 

 

S'il n'y a pas d'offre, s'il n'y a pas demande, il n'y a besoin de rien et surtout pas de marché. 

 

 

Quand il se dit que tout n'est pas une marchandise, est-ce que cela signifie que l'on supprime l'un des termes ou les deux ou parle-t-on d'autre chose ?

 

 

2- créer de la valeur est-ce avoir du talent ?

 

 

Et bien oui, et en susciter aussi !! mais celles et ceux qui appartiennent au monde dépensiers (services administratifs publics ou privés) en ont-ils moins ?? Et bien non !!

 

 

Alors où est le problème ??

 

 

Faut-il, alors, croire celles et ceux qui souhaitent la métamorphose du pot de terre en pot de fer, ou bien croire celles et ceux qui veulent réguler le système en aidant les "pots de terre" (les salariés, les citoyens) et en réfrénant les appétits des "pots de fer" (les dirigeants, les actionnaires) ??

 

 

Les 2, mon général !!

 

 

3- La coexistence de 2 systèmes public et privé est-il possible et quelle est, alors, la place de l'intérêt général ?

 

 

Il y a toujours un de ces deux systèmes qui supplante le second et, quel que ce soit le système qui l'emporte, dans les 2 cas les effets sont désastreux. Pour les "pots de terre" bien sur, puisque dans les 2 cas, les "pots de fer" se sont fait du profit !!

 

 

Alors !!?

 

 

Une entreprise appartient, pour le capital à ses actionnaires, pour le management à ses dirigeant(e)s toujours nommé(e)s par ses actionnaires, mais pour le travail à ses salarié(e)s.

 

 

Les pouvoirs de ses dernier(e)s doivent être élargi(e)s, afin qu'ils deviennent acteurs des décisions.

 

 

Et qu'en est-il des acheteurs, des consommateurs(trices) ? Leur a-t-on demandé si Moulinex créait de mauvais produits ou si les petits "LU" étaient moins aimés ? Et Non !!

 

 

Et les grands choix nationaux et européens ?? Même les dirigeants sont informés par les médias !!

 

 

4- Démocratie d'initiatives ou rien

 

 

Chacun, s'il veut être maître de son destin, doit pouvoir décider en connaissance de cause.

 

 

Ségolène Royal a décidé d'ouvrir les dossiers, tous les dossiers. Alors, lisons-les, discutons-en et décidons !!

 

 

 

 

 

Signé : Jean Louis de Désirs d'avenir à Créteil
Vendredi 12 mai 2006
Les députés et les sénateurs ont la faculté de demander des commissions d'enquêtes ou simplement d'information. A l'aube des élections législatives de 2007, en plein calendrier d'établissement des candidatures à la députation par les partis, et parallèlement à la parité hommes/femmes, le peuple est en droit de connaître la composition sociologique de l'Assemblée nationale.
S'il y a peu de surprises à attendre sur l'origine sociale des députés de droite et du centre, il est probable que nous soyons étonnés sur celle des représentants de la gauche...  Combien d'ouvriers, d'employés et de cadres moyens ou de fils ou filles de ces catégories sont députés actuellement et combien y-en t-il eu sur l'ensemble des législatures depuis 1981 ?
Quel député de gauche osera demander cette commission d'information et exiger que les dossiers de candidature pour 2007 permettent de donner une représentation sociologique précise de nos députés ?
Les partis de gauche sont-ils encore des partis de la classe ouvrière et des classes moyennes ?

On attend la réponse et éventuellement une étude de la Documentation Française sur cette question, ce qui permettrait de savoir qui représente aujourd’hui le peuple et combien de représentants originaire du peuple sont députés.

L’ascenseur politique à gauche marche-t-il aussi mal que l’ascenseur social pour la classe ouvrière et les classes moyennes ?
Signé : Citoyen
Vendredi 12 mai 2006
En matière d'immigration, il faut tordre le cou à certaines idées, regarder la réalité en face et remettre les vérités en place.

1ère "idée" : La France serait "un pays d'immigration massive"
La France, vieux pays d'immigration ? oui, mais depuis 25 ans, c'est fini.
Elle est en effet devenue le pays d'Europe où la croissance démographique compte le moins sur l'immigration (entre 20 et 25%).
Ce constat est confirmé, chaque année, au bilan démographique de l'INSEE comme à celui d'EUROSTAT, il est très peu connu.
Le problème est que la droite et son extrême assimilent à des migrants des Français, de 2ème ou 3ème génération, nés sur notre sol, pour lesquels leurs politiques successives ont fait très peu pour les intégrer dans notre pays.
D'ailleurs, de ce point de vue, nous sommes toutes et tous fille ou fils d'immigrés...

2ème "idée" : Le taux de fécondité serait largement dû aux familles immigrés
Le calcul vient d'être actualisé grace à l'enquête "Etude de l'histoire familiale" associée au recensement de 1999.
L'écart entre la fécondité des femmes immigrées et celles des Françaises natives est très inférieure aux chiffres que les médias distillent.Pour la période 1991-1998, le nombre moyen d'enfants par femme était de 1,72 en France Métropolitaine pour l'ensemble des femmes et de 1,65 pour les seules Françaises natives.
Cela ne fait qu'un écart de 0,07 et les immigrées ne représentent que le 12ème des femmes, habitant notre pays, en état de procréer. On voit donc bien que, cette différence étant très faible, l'idée associée n'est qu'un leurre.

3ème "idée" : Indénombrable, l'immigration irrégulière serait du coup "innombrable"

En toute logique, l'immigration irrégulière est de fait difficilement quantifiable.
Il reste néanmoins que 2 outils existent :
  • * le premier : la demande de régularisation de "sans papiers" . Chaque année seulement 13 000 demandes de régularisation sont effectuées. Ramené à l'ensemble de la population Française, c'est très peu.
    * le deuxième : le travail non déclaré (celui-ci concerne essentiellement le secteur du BTP et celui des activités domestiques). Actuellement, on estime le nombre de travailleurs non déclarés entre 200 000 et 300 000 personnes, auxquelles il convient de retrancher ceux qui bénéficient de la nationalité française.
Ces deux outils, bien que ne pouvant indiquer précisément le nombre d'immigrés en situation irrégulière, permettent néanmoins de donner un aperçu raisonnable de la proportion réelle de cette immigration : moins d'1% de la population française !
4ème "idée" : Accueillir des immigrés, c'est accueillir "toute la misère du monde"
C'est évidemment faux ! 
Dans l'ensemble, les migrants représentent (par rapport aux non-migrants de leur pays d'origine) une population "sélectionnée" : en meilleur santé, plus instruite, plus entreprenante, dotée d'un minimum de ressources pour payer le voyage et les frais d'installation...
Il faut bien se dire que les filières d'immigration irrégulière ne font venir que des personnes qui leur sont utiles et corvéables tout de suite. Une autre question est celle des moyens dont ils disposeront dans le pays d'accueil pour se nourrir, se soigner, se loger, etc..
On connait le mirage aux alouettes

Quelques mots sur le projet de loi Sarkozy-Villepin-Chirac
C'est un projet de loi profondément scélérat !
Il durcit et rend encore plus précaire l'immigration régulière, et encourage très fortement l'immigration irrégulière.
En refusant de reconnaitre aux migrants les droits les plus élémentaires de la personne (vivre, s'aimer, se marier, résider, travailler, etc...), il les renvoie à la condition de sous-êtres humains en refusant leur droit à la dignité. Cette loi ne peut que développer la haine et la délinquance, qui sera un des lots les plus explosifs qu'utiliseront la droite et son extrême, alors qu'ils l'auront eux-mêmes amplifiées considérablement. Ce sera l'immigration jetable.
Les filières clandestines auront, alors, beau jeu de dire aux migrants que par elles, ils seront mieux reconnus. Les réseaux mafieux n'attendaient que ça... Sarko l'a fait.

Alors, alertons, opposons-nous à cette loi et construisons, tous ensemble, une société plus juste et plus fraternelle, en luttant contre toutes les discriminations et dans le respect des droits humains les plus élémentaires.
 
Auteur : Jean Louis de Désirs d'Avenirs à CRETEIL
 
 
Lundi 8 mai 2006
Pour réussir à gauche, il faut avant tout battre la droite avec son candidat et ses idées.
L'éparpillement des candidatures à gauche et à son extrême, ainsi que la multiplication des déclarations de candidatures, sont nuisibles et ne peuvent que tenter l'électorat de gauche à s'abstenir, par dégoût devant cette surenchère d'appétits politiciens.
L'actualité récente (en vrac : les événements dans les banlieues en novembre dernier, l'affaire Clearstream, etc...) a fidélisé encore plus l'électorat de Le Pen et de Villiers.
Si, par malheur, le deuxième tour se passait entre le ou la candidate du PS et un candidat extrémiste, la droite, en sous-main voire explicitement, appelerait à voter pour ce dernier.

Le rassemblement le plus large doit donc avoir lieu dès le premier tour des élections présidentielles.
Il y a lieu d'interpeller dès aujourd'hui les forces progressistes sur ce danger extrême, et de mobiliser les électeurs sur un programme et derrière une candidate porteurs d'avenir.
Le contenu d'un programme de gauche doit se situer entre le souhaitable et le possible, et non dans la surenchère gauchiste ou droitière de tel ou tel candidat à la candidature socialiste.
Un projet socialiste simplement, c'est bien, et Ségolène Royal peut l'endosser à ravir.
En effet, la candidature de Ségolène est une candidature libre et c'est ce qui explique pourquoi les autres prétendants se déchainent si violemment.
Sa conception de l'action publique, fondée sur la collaboration de toutes et tous à son projet, est à l'opposé de ceux qui le rédigent dans leur tour d'ivoire ou dans des cénacles de "spécialistes" interminables et soporifiques.
Son appel à ce que chacune et chacun soient coauteurs et coacteurs de choix politiques assumés correspondent parfaitement au renouveau politique que souhaitent les citoyens et notamment les jeunes, de ne plus être dessaisis des affaires qui les concernent.
C'est cela la démocratie d'initiatives : faire que chaque citoyen puisse se saisir des affaires qui le concerne.

Auteur : Jean-Louis de Désirs d'avenir à Créteil

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