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Lundi 28 mai 2007
1ère circonscription du Val de Marne
 
Bonneuil – Créteil Nord – Saint-Maur Centre – La Varenne
 
Akli  Mellouli
Elisabeth Bouffard-Savary (suppléante)
 
 
Akli Mellouli, vous avez été investi par le Parti Socialiste, comment voyez-vous cette campagne électorale, après les résultats obtenus par la droite aux élections présidentielles ?
 
Il est indispensable pour la France, et je dirais même vital pour la démocratie, qu’il y ait un équilibre des pouvoirs. On ne peut laisser gouverner une personnalité comme Nicolas Sarkozy, sans contre-pouvoir. Il a certes gagné les élections, il est élu, c’est incontestable, mais 17 millions de français n’ont pas voulu cette situation, 47% des français n’approuvent pas son programme. Alors pour moi, l’enjeu est clair : il faut faire en sorte que les 17 millions de Françaises et de Français qui ont voté pour Ségolène Royal soient représentés le plus largement possible à l’Assemblée Nationale. C’est avec cet état d’esprit que je suis en campagne.. Il faut une opposition forte pour gouverner et je compte sur chacun des électeurs pour construire cette opposition.
Paradoxalement, cette situation me rend encore plus combatif.
 
Vous êtes, Akli Mellouli, Conseiller Municipal délégué et Président du Groupe Socialiste à Bonneuil ; professionnellement vous êtes chargé de mission au Conseil Régional, comment voyez-vous cette circonscription ? Les électeurs ne vont-ils pas être difficiles à convaincre ?
 
On ne saurait nier que la « droite » soit bien implantée dans cette 1ère circonscription : en 2002, la Gauche avec la candidate, Elisabeth Bouffard-Savary, aujourd’hui suppléante, avait remporté 38% des suffrages face à Henri Plagnol, candidat de l’UMP. Mais paradoxalement, quelles ont été les actions du député sortant ? Où est le compte-rendu de mandat ? Beaucoup d’électeurs ne le connaissent même pas !
Ce ne sont pas « Trois petits tours » au marché aux échéances électorales que je vous propose. C’est un député, présent, aux côtés des citoyens, partageant leurs problèmes et y apportant des solutions. Je suis comme vous l’avez mentionné conseiller municipal à Bonneuil, demandez aux Bonneuillois, ils me voient sur le terrain chaque jour.
Et puis, pas de « langue de bois », tant pis si parfois cela ne fait pas plaisir, il faut savoir dire les choses comme elles sont. Et je le ferai car mon mandat sera transparent. Chacun des électeurs, chaque Saint-Maurien pourra vérifier ce que je vote, ce que je ne vote pas ; si je suis présent ou non à l’Assemblée, les commissions dont je serai membre. Tout sera clair et accessible et chaque semestre, j’organiserai une réunion publique pour rendre compte de visu de mon mandat et de son déroulement. Ce sera enrichissant tout autant pour les électeurs que pour mon action politique. Trop souvent les politiques perdent le contact avec la réalité, avec les électeurs et les problèmes quotidiens, et cela je ne veux pas. Ce n’est pas ma manière de faire.
  
Elisabeth Bouffard-Savary, vous êtes Saint-Maurienne, suppléante d’Akli Mellouli ; en, 2002, vous étiez titulaire ? Cette situation a-t-elle une signification ?
 
De bonnes décisions, de bonnes lois, une bonne politique, c’est-à-dire efficace, car reconnue et bien appliquée, ne peuvent être se faire sans que les citoyens, dans toutes leurs diversités, contribuent à son élaboration. En 2002, j’ai été candidate au titre de la parité ; à cette époque, les femmes étaient mises en avant. Aujourd’hui, il faut aller plus loin et c’est parce que je suis fondamentalement convaincue qu’il faut apporter la diversité à l’Assemblée Nationale que nous avons, Akli et moi, présenté, ensemble, notre candidature au nom de la diversité et de la parité.
 
Quelle est votre expérience de cette circonscription ?
Les cantons et populations qui la composent sont assez différents et c’est ce qui fait sa richesse. Sur les 54 312 électeurs inscrits, presque 4 000 de plus qu’en 2002, plus de 32 000 sont Saint-Mauriens (60%), près de 14 000 (25%) Cristoliens, et près de 8 500 Bonneuillois (15%). Evidemment, les attentes et les besoins des uns et des autres sont différents. Il suffit d’en juger par les votes au 2ème tour des présidentielles : 33,2 % au total pour Ségolène Royal dans les deux cantons de Saint-Maur et 58,3% à Bonneuil.
 
Et la candidature de Jean-Marie Cavada ?
L’UDF-Mouvement démocrate s’est fixé l’objectif de présenter des candidats dans la quasi-totalité des circonscriptions. Jusque là tout est normal. Mais tout de même, cette situation pose des questions : pourquoi aller chercher un candidat non saint-maurien ? Les UDF-MoDem locaux démériteraient-ils ? et, pourquoi Jean-Bernard Thonus, comme suppléant ? Pour lui éviter un nouvel échec électoral (10% seulement des suffrages en 2002 au 1er tour des Législatives avec l’étiquette « Union contre la gauche », 20% avec l’étiquette UDF en 2004 aux cantonales (Saint-Maur Ouest)) ? Au-delà de cette valse d’étiquettes qui justifierait également des questions, une certitude a rappeler aux électeurs « centristes » : l’appel de J.B. Thonus aux Saint-Mauriens pour voter Nicolas Sarkozy, au 2nd tour de la Présidentielle.
 
Alors quels engagements, vous qui êtes candidats, pour ces élections législatives de 2007 ?
 
Les axes majeurs de nos engagements sont ancrés dans le projet et le Pacte Présidentiel : la lutte contre la vie chère, contre toutes les formes de discriminations, pour que chaque personne puisse bénéficier d’une retraite décente, de structure et de services d’accueil pour les personnes âgées et handicapées, de logements décents et abordables pour tous, de protection de l’environnement, d’une éducation de qualité pour tous.
Mais il y a des domaines qui nous tiennent particulièrement à cœur, pour la circonscription,.
 
Les personnes âgées : Il faut tout d’abord mensualiser et revaloriser les petites retraites. De gros efforts doivent être faits pour une meilleure prise en charge de ces personnes âgées, d’autant qu’elles seront de plus en plus nombreuses ces prochaines années. Il faut défendre une augmentation des places en structures publiques d’accueil, leur accès sans conditions de ressources, un personnel plus nombreux et bénéficiant d’une solide formation continue, la liberté pour chacun de choisir entre ces structures et le maintien à domicile dans de bonnes conditions, …
 
L’environnement : c’est un domaine dans lequel je m’engage à m’investir pleinement. Je ne citerai qu’un exemple, celui des transports publics et des circulations alternatives qui seuls sont en mesure de se substituer au « tout voiture ». Les villes ont un rôle déterminant à jouer, au travers de leur aménagement, pour faciliter et sécuriser les modes de déplacement non polluant (ex : aménagement pour la circulation à vélos). Les villes de la circonscription s’y prêtent tout à fait, de par leur faible relief.
 
L’excellence scolaire pour tous, c’est une exigence forte ; sans politique d’éducation cohérente, pas de jeunes qualifiés, et pas d’emplois. C’est inacceptable, il faudra y mettre d’importants moyens, mais on le fera. Et pour commencer, il faut organiser des soutiens scolaires gratuits. Nous l’avons fait sur Bonneuil, il n’y a pas de raisons que cela ne puisse ce faire à une large échelle.
 
Le logement car c’est la condition première d’une vie de famille sécurisée. Il y a d’importants besoins en logements sociaux, mais soyons clairs, ce ne sont pas des « tours » que nous voulons, mais des petits immeubles de 3 à 4 étages, intégrés dans l’urbanisme local, voire des maisons individuelles.
 
Je pourrais continuer longtemps. Je vous invite si vous voulez que l’on détaille ces engagements à me rencontrer ou me contacter.
Permanence de campagne : 29, place du Maréchal Juin à Saint Maur tous les jours à partir de 17h sauf samedi à partir de 15h, tél : 06 99 13 09 47
ou akli.mellouli.depute@gmail.com, ou blog : http://aklimellouli.parti.socialiste.fr
 
 
Saint-Maur, le 27 mai 2007
Lundi 28 mai 2007
Lundi 28 mai 2007

 

 

 

 

Depuis le 6 mai 2007 à 20h00, nous sommes entrés dans ce que je me permets d’appeler la politique du pi(t)re.

 

La politique du pire, parce que pour un militant de gauche réformiste tel que moi, l’ensemble des propositions de notre nouveau président de la République me paraît aller dans la pire des directions pour le bien commun et l’avenir de notre pays.

 

La politique du pitre, parce que Nicolas Sarkozy a su décrédibiliser la fonction présidentielle les secondes, les minutes, les heures et les jours suivants son élection à la magistrature suprême : Fouquet’s, boîte de nuît réservée, jet et yacht privés d’un ami milliardaire, séjour sur les plages maltaises durant les commémorations traditionnelles du 8 mai 1945, joggings matinaux devant les caméras et de supposés « paparazzi », gourmette en or, lunette Ray-Ban, chaîne et montre rutilantes, démarche grossière lors de la passation de pouvoir, présentation quasi outrancière de sa famille à l’entrée du palais de l’Elysée déclassé de lieu symbole de l’exercice du pouvoir à simple résidence personnelle, élocution saccadée, etc. En regardant sa télévision, on pouvait s’étonner de constater qu’un monsieur si peu respectueux, et du protocole, et des institutions, puisse jouer le premier rôle. Il faut bien avouer que les De Gaulle, Mitterrand, voire même Chirac dans une moindre mesure, nous avaient habitués à « mieux ».

 

Quoi qu’il en soit, on constate que la fonction ne suppose plus une culture personnelle au-dessus de la moyenne, ni un sens de l’Etat manifeste. Il est de notoriété que ces qualités ne sont pas celles de monsieur Sarkozy. Ce dernier nous opposerait sa proximité avec le peuple, son refus de l’intellectualisme « bien-pensant » et souvent « de gauche ». Nous lui opposerons ses proximités manifestes avec les milieux financiers, médiatiques et les faiseurs d’opinion, que jamais aucun avant lui n’avait connu, ni à droite ni à gauche.

 

Peut-être parce qu’avant cette « droite décomplexée », que monsieur Sarkozy a su imposer d’abord à l’UMP (au grand dam de Jacques Chirac) puis à la France, les chefs de l’Etat considéraient comme antirépublicaines de telles proximités banalisées. Comment, en effet, considérer démocratique un régime qui contrôlerait l’ensemble médiatique et qui entretiendrait des relations ambiguës et intéressées avec les plus grands groupes financiers et industriels, au détriment du peuple ? S’il est vrai que la France n’a jamais condamné concrètement ce que l’on appelle les « républiques bananières », elle a désormais adopté de façon discrète et propre un modèle très similaire.

 

 

Il y a un certain risque à écrire à découvert de telles critiques pourtant bien dérisoires tant elles sont désormais établies. Un président de la République est le représentant du peuple de France et mérite le respect qu’impose son élection au suffrage universel. Certes, mais la démocratie nous donne le droit, à nous citoyens, d’émettre nos critiques librement dans la mesure où elles ne divulguent pas l’intimité de la vie privée ou n’ont pas de caractère raciste ou xénophobe. Qui plus est, la campagne électorale n’ayant pas été des plus démocratiques du point de vue de son traitement médiatique, il serait « un peu gros » de venir maintenant condamner la moindre critique formulée à l’égard de son vainqueur.

 

 

Pourtant, la crainte est persistante. Le citoyen non anonyme, de la même façon que le journaliste public n’osait guère s’en prendre à Nicolas Sarkozy ministre de l’Intérieur puis candidat de l’UMP à l’élection présidentielle, ose encore moins s’en prendre, même complaisamment, à Nicolas Sarkozy président de la République (on peut craindre qu’il en soit de même pour les juges confrontés à un avocat du cabinet qui porte toujours son nom au mépris de toute éthique).

 

 

 

 

 

Une habileté politique exceptionnelle

 

 

 

Soyons honnêtes : Monsieur Nicolas Sarkozy est un homme politique extrêmement habile. Il a organisé à la perfection son accession au pouvoir suprême.

 

 

Depuis 2002, il s’est imposé dans le paysage médiatique, à user de ses relations et les a entretenues intelligemment. Jamais il n’est apparu en état de faiblesse, jamais il n’a laissé son incompétence technique (pourtant manifeste) le surprendre ou le dévoiler.

 

 

Politiquement, il a su ensuite se montrer indispensable à la droite et a imposé la ligne idéologique « décomplexée » d’un parti qu’il a obligé à l’élire président.

 

 

Président du parti majoritaire, l’échec au référendum sur le traité constitutionnel européen lui permit de revenir au gouvernement. Un échec qui pour certains aurait été préparé : alors que Jacques Chirac et le Parti socialiste s’étaient entendus pour la date du référendum - le 8 mai, jour symbole car commémorant la fin de la Seconde Guerre mondiale - à laquelle tous les sondages donnaient encore le « Oui » gagnant, Nicolas Sarkozy - selon certaines sources - proposa une date ultérieure - le 29 mai - finalement retenue par le président en exercice qui avait un intérêt commun avec son successeur : faire « exploser » le Parti socialiste. Entre le 8 et le 29, le « Non » avait pu convaincre une majorité des Français, l’Europe politique était repoussée, le gouvernement était défait, le retour du président de l’UMP assuré.

 

 

Durant ces cinq dernières années, monsieur Sarkozy a su « éclater », par une individualisation massive, toujours plus la société française. S’adressant toujours à « chacun » et non à « tous », divisant les chômeurs contre les « travailleurs », les « assistés » contre les « bosseurs », les Français de souche contre les immigrés (supposés ne venir que d’Afrique), les « soixante-huitards » et les « fauteurs de troubles » contre la « majorité silencieuse », les « intellectuels bien-pensants » contre les citoyens du concret, « les Français qui se lèvent tôt » contre ceux qui se « lèvent tard », etc.

 

 

Bref, chaque citoyen pouvait aisément se retrouver dans ces propos et acquiescer avec la plus grande ferveur. Il est toujours plus facile de remettre la faute sur un autre que se remettre personnellement en question. C’est pourquoi même un Français percevant des allocations abusivement (donc, condamné tant par la gauche que par la droite) pouvait voter et appeler à voter « Nicolas Sarkozy ». Car il lui était dès lors aisé de trouver un bouc émissaire : « c’est la faute à ces immigrés qui font venir femmes et enfants et qui perçoivent toutes nos aides pour pratiquer leur intégrisme et détruire nos traditions ». Cette pensée proprement raciste et écœurante illustrée par ce genre de propos n’a jamais été combattue par Nicolas Sarkozy qui bien au contraire la développait à l’extrême. La peur de l’autre et son accusation perpétuelle : voilà la clé d’une réussite électorale facile. Le président de la République l’avait parfaitement saisie et, avouons-le, l’avait usée de la meilleure (pire) des manières (rappelons-nous du « mouton égorgé dans la baignoire » sur TF1).

 

Cette ligne stratégique a un effet néfaste : elle divise profondément et suscite tant l’adoration que la haine. Pour la première fois dans l’histoire de la Cinquième République, l’élection d’un président a suscité de très violents heurts dès l’annonce des résultats. Si 53% des Français ont voté pour M. Sarkozy, 47% ont voté contre, avec un sentiment très prononcé de crainte et de répulsion à l’encontre du candidat UMP.

 

 

Pendant trois nuits consécutives, des rassemblements s’opposant à Nicolas Sarkozy et à la politique qu’il représente, encadrés par d’importants dispositifs policiers, se soldèrent partout en France par des affrontements et des incidents. Entre le 6 et le 8 mai, 841 personnes furent interpellées sur l’ensemble du territoire. La justice fut alors appelée à punir ce qui était présenté comme un « déni de démocratie ». Les comparutions immédiates se multiplièrent. De nombreuses peines de prison ferme tombèrent comme autant de coups de matraque souvent dans les conditions d’une justice pour le moins « expéditive ».

 

 

 

Lou M., dans un récent excellent article rappelle qu’ « aujourd’hui, une atteinte à un officier de police, qu’il s’agisse même d’outrage ou de rébellion, est considéré comme un fait extrêmement grave et donne lieu à des poursuites » selon Emmanuelle Perreux, présidente du syndicat de la magistrature. A Paris, Romain, sans antécédents judiciaires, écopa de quatre mois ferme pour « tentative de violence volontaire ». Un haut magistrat considère « scandaleuse » cette disproportion flagrante entre les délits et les peines.

 

 

Selon le syndicat de la magistrature, les procureurs généraux donnèrent des consignes orales aux parquets. « Il s’agit de favoriser la procédure de comparution immédiate et de requérir des peines sévères », toujours d’après Emmanuelle Perreux. « Ces consignes ont été suivies ». Le gouvernement Jospin avait supprimé les instructions aux parquets par le Garde des Sceaux et les procureurs généraux en matière d’action publique. La loi Perben II du 9 mars 2004 les a rétablies. Emmanuelle Perreux relève d’ailleurs une intervention de plus en plus présente des procureurs généraux, et « une subordination hiérarchique directe ». Cette subordination est facilitée par le statut même des magistrats du parquet, qui sont placés sous la direction et le contrôle de leurs supérieurs hiérarchiques et sous l’autorité du Garde des Sceaux. Ils peuvent être mutés et révoqués contre leur gré, contrairement aux magistrats du siège qui, eux, sont inamovibles.

 

Bref, comme le rappelle encore Lou M., on peut craindre sérieusement que l’Etat ne reconnaisse plus la contestation politique comme légitime. Rappelons que les mouvements contestataires sont beaucoup moins durs et violents qu’avant - la perception d’une violence accrue est une illusion d’optique. Mais la répression, elle, est nettement plus dure. Cette répression judiciaire bafoue certains principes élémentaires de la justice pour de nombreux avocats et magistrats. La détention provisoire, considérée comme « exceptionnelle » dans le code de procédure pénale, est ainsi généralisée. La défense dispose de peu de temps pour s’organiser. Les inculpés sont présentés à la chaîne devant les juges.

 

 

 

Tout cela, cependant, n’a que peu d’importance pour monsieur Sarkozy qui ne retient que l’effet positif de sa stratégie - son élection - et qui pense suffisamment contrôler l’état de l’opinion française. Il est certain que ses relations privilégiées avec l’ensemble des médias et des sondeurs qui ne connaissent plus aucune indépendance[1] l’y aident concrètement.

 

 

 

Depuis son élection, Nicolas Sarkozy ne s’arrête pas pour autant dans sa conquête du pouvoir. Alors qu’il est l’homme le plus important de France, il lui faut toutefois une majorité absolue pour être en mesure de diriger comme il l’entend le pays. La stratégie qu’il emploie est là encore extrêmement habile, voire franchement « diabolique ».

 

 

En flattant les ego, en usant de quelques « dossiers » et « affaires », en jouant de son pragmatisme, il a su mettre en lumière certaines personnalités de gauche à ses côtés. Bien sûr, ne laissant rien au hasard, ces nouveaux membres de son gouvernement d’ « ouverture » sont strictement surveillés par des proches et voient leurs champs de compétence concrète sérieusement entamés. Mais qu’importe, la lumière médiatique ne porte pas sur ces détails mais bien sur les nouvelles « têtes d’affiches » de cette « ouverture à gauche ».

 

 

C’est un excellent stratagème que de faire croire en une certaine cohabitation telle que celle pratiquée en Allemagne. Monsieur Sarkozy se souvient du succès rencontré par François Bayrou lorsqu’il souhaitait mettre fin au « bloc contre bloc ». Voilà que le nouveau président fait mine de l’appliquer... en écartant tout proche du président du Mouvement démocratique.

 

 

 

 

Pour l’opinion publique « travaillée » et scrutée depuis cinq longues années, et qui forge essentiellement ses idées suite à ses lectures, écoutes ou visions de médias proches du pouvoir, l’illusion n’est pas perceptible.

 

 

Pourtant, là encore, une telle stratégie excellemment menée a un effet néfaste : le renversement implicite, camouflé, travesti de la démocratie en France. Ce que souhaite Nicolas Sarkozy s’apparente au contrôle et au pouvoir absolus.

 

En mettant en exergue son ouverture, il parvient en réalité à enfermer l’ensemble des positionnements idéologiques entre ses mains. Sa stratégie a pour objectif de décrédibiliser totalement le Parti socialiste et a lui laisser un minimum de sièges à l’Assemblée nationale. Monsieur Sarkozy forme doucement mais sûrement un régime à parti unique, l’UMP - dont il n’a pas délégué la présidence -, qui comprendrait un prétendu « pôle centre », et un supposé « pôle gauche » à côté d’une droite dure et décomplexée, qui en réalité mènerait la danse.

 

« C’est à travers le bon ordre que tous les peuples sont arrivés à la tyrannie »

 

Pour conclure, je voudrais simplement citer Alexis de Tocqueville qui dans la première moitié du XIXe siècle écrivait :

 

« (...) Si, à ce moment critique, un ambitieux habile vient à s’emparer du pouvoir, il trouve que la voie à toutes les usurpations est ouverte. Qu’il veille quelque temps à ce que tous les intérêts matériels prospèrent, on le tiendra aisément quitte du reste. Qu’il garantisse surtout le bon ordre. Les hommes qui ont la passion des jouissances matérielles découvrent d’ordinaire comment les agitations de la liberté troublent le bien-être, avant que d’apercevoir comment la liberté sert à se le procurer ; et, au moindre bruit des passions politiques qui pénètrent au milieu des petites jouissances de leur vie privée, ils s’éveillent et s’inquiètent ; pendant longtemps la peur de l’anarchie les tient sans cesse en suspens et toujours prêts à se jeter hors de la liberté au premier désordre.

 

« Je conviendrai sans peine que la paix publique est un grand bien ; mais je ne veux pas oublier cependant que c’est à travers le bon ordre que tous les peuples sont arrivés à la tyrannie (...) ».

 

 

Nicolas CADENE in agoravox

Lundi 28 mai 2007

Vous avez prétendu vouloir ramener les électeurs du Front National dans la République. Mais vous avez fait autre chose : ce ne sont pas tant les électeurs que vous avez ramenés, que les idées et le discours de l’extrême droite que vous avez incorporés à l’UMP. Votre campagne a été émaillée de propos pétainisants, voire carrément fascisants (voir « petit florilège » sur mon blog de simple citoyen http://defendons-la-democratie.over-blog.fr/) ce qui vous a fait sortir des clous de la république et franchir la ligne rouge qu’aucun autre candidat, hormis Jean-Marie Le Pen bien entendu, n’avait franchie jusqu’à présent. Et que dire de certains de vos actes commis lors des 5 dernières années ? Ces actes là rappellent à la fois — par l’esprit qui les guide, à savoir la recherche de boucs-émissaires, les sans-papiers, que l’on vise à éradiquer de la société française et que l’on expulse dans des pays où leur vie peut potentiellement être mise en danger — le régime de Vichy et — par le fichage en cours de généralisation et le détournement déjà avéré des fichiers ADN — la société fasciste décrite dans le film « Minority Report ».

A titre personnel, moi qui ai été élevé par l’école de la République dans le souvenir des horreurs du fascisme, je ne peux à titre personnel qu’être révulsé par votre comportement, qui, selon moi, aurait dû vous disqualifier illico de la course à l’élection présidentielle. Ces actes et ses propos, parce que tenus en pleine campagne électorale, valent programme idéologique et politique. S’ils n’étaient pas sincères et ne reflétaient pas votre pensée, ce serait peut-être encore pire car vous vous seriez alors permis de jouer avec des idées dangereuses et antirépublicaines.

Alors maintenant je ne peux qu’être très inquiet sur le régime politique que vous allez instaurer en France.

Au mieux, je ne vois qu’une sorte de chiraquie bis en plus dur, une espèce de berluskozysme en somme, où vous ne ferez rien pour la France et les Français, et tout pour vous et votre clan. Votre comportement le soir de l’élection et dans les jours qui ont suivi a d’ailleurs très mal auguré de ce que sera votre présidence : Fouquet’s, yacht et compagnie, c’était à vomir, une insulte jetée à la face des millions de Français qui survivent avec peine au quotidien.

Au degré supérieur, vous pourriez bien instaurer un régime présidentiel autocratique – les Institutions de la Vème République favorisent très bien cette dérive, d’ailleurs – avec muselage du gouvernement et de l’assemblée (et des medias pour faire bonne mesure), qui ne seront alors que des fantoches, des godillots au service de votre pouvoir personnel. Depuis que l’on vous voit à l’œuvre, depuis 2002, vous en présentez tous les signes.

Enfin, vous pourriez bien également nous imposer une dictamolle (la dictablanda mexicaine) qui ne vaut guère mieux qu’une vraie dictature. Votre manie de mettre les médias à votre botte, qui ne pourra qu’aller en s’amplifiant maintenant que vous êtes au sommet de l’Etat, en est également un bon signe.

Alors moi, je ne me reconnais pas du tout en vous, Monsieur Sarkozy, et pour l’instant ne vous accorde aucune confiance ni aucun respect : la confiance et le respect, ça se gagne, ça se mérite. A vous de me montrer que vous en êtes dignes, mais il va alors vous falloir faire un virage à 180°, ce que vous savez d’ailleurs très bien faire… quand ça vous arrange.

 
http://defendons-la-democratie.over-blog.fr/ - | 28 mai 2007 | betapolitique

Lundi 28 mai 2007

Comme l’avait si crûment reconnu en son temps Charles Pasqua, les engagements pris pendant les campagnes électorales ne valent souvent pas grand-chose… Le nouveau Président et son Gouvernement en donnent sans tarder une preuve éclatante en matière budgétaire.

Oubliés en effet les bonnes intentions et les appels déchirants à l’impérieuse nécessité de la réduction des déficits et de la dette publique !!!

Moins d’une semaine après sa nomination, le ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique le confirme : il veut « marquer une pause » dans la réduction des déficits.


Alors que le programme de stabilité 2008-2010 transmis à la Commission européenne et à nos partenaires européens fin 2006 prévoit une poursuite du processus de réduction des déficits afin de parvenir à l’équilibre des finances publiques en 2010, le nouveau ministre en charge des finances publiques renie cet engagement : son objectif est désormais de reconduire en 2007 le niveau de déficit public de 2006, soit 2,5% du PIB, et de rester en-dessous de 40 milliards d’euros de déficit budgétaire en 2007, alors même que ce déficit budgétaire s’est élevé à moins de 36 milliards d’euros en 2006.

Pourquoi un tel changement de cap ? De l’aveu même du ministre, il s’agit du « prix à payer » pour financer le « choc fiscal » promis par le Président de la République (défiscalisation des heures supplémentaires, baisse des droits de succession, déductibilité des intérêts d’emprunt, bouclier fiscal à 50% des revenus, réforme de l’ISF) qui devrait se traduire dès cet été par des mesures fiscales prises en urgence dans le cadre d’une loi de finances rectificative.

Le coût de ce « choc fiscal » est estimé par le ministre à « plusieurs milliards d’euros », ce qui est pour le moins imprécis…Étrange flou artistique !!! En réalité, selon les premières estimations réalisées, le coût total de ce « paquet fiscal » pourrait dépasser les 5 milliards d’euros, soit près de 0,3 point de PIB.

Mais d’après le ministre, ces mesures fiscales ne doivent pas être considérées comme un coût mais comme un investissement qui devrait permettre de relancer la croissance. Il demande ainsi d’être jugé en 2012 sur les résultats obtenus en matière de baisse du taux des prélèvements obligatoires et de réduction de la dette.

Voilà donc que la droite nous refait le coup de l’appel incantatoire à la croissance !!!

Pour mémoire, en 2002, le Président de la République de l’époque avait assuré que la baisse promise (et non réalisée…) de 30% de l’impôt sur le revenu ne coûterait rien car elle devait être financée par un surcroît de croissance généré par les allègements fiscaux. Résultat : la dette publique de la France a explosé entre 2002 et 2007 (+250 Md€) et la Commission européenne a ouvert en 2003 une procédure pour déficit excessif à l’encontre de la France.

Une nouvelle fois, le Gouvernement demande aux Français de payer pour voir. Et une nouvelle fois, comme au poker, le risque est grand de tout perdre !!!

 
Betapolitique | 27 mai 2007 | Budgetor 

Lundi 28 mai 2007
Le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, se trouve face à un casse-tête : il lui faut d'ici à la fin juin mettre au point un dispositif «assouplissant» la carte scolaire, qui permettrait à 10 % à 20 % des parents de choisir l'établissement de leurs enfants dès la rentrée 2007. Avec un objectif : supprimer, d'ici un an ou deux, la carte scolaire et faire ainsi une école plus «juste». Le problème est que les experts sont largement dubitatifs et que 54 % des Français y restent attachés (1).
Secteurs.  «La carte scolaire a été créée il y a quarante ans [en 1963, ndlr] dans une France qui n'a plus grand-chose à voir avec celle d'aujourd'hui», a plaidé samedi le ministre devant la FCPE, la puissante fédération de parents d'élèves marquée à gauche, en congrès à Montpellier. Elle était en pleine croissance démographique, on y construisait «un collège par jour». Il fallait donc dessiner des secteurs scolaires pour répartir au mieux les effectifs. Plus tard, on a aussi veillé à la mixité sociale.
Mais «gérer [la France] avec les outils de 1963» est impossible, a souligné le ministre. Des cités ont poussé dans les banlieues. Se pliant à la carte scolaire, leurs enfants sont allés dans le collège du «secteur». En revanche, dans les quartiers plus favorisés, les parents la contournent allégrement pour mettre leurs enfants dans les «meilleures» écoles grâce à mille astuces ­ fausses adresses, demande d'une langue rare...
Le ministre n'a pas précisé comment concrètement il entendait «assouplir» la carte scolaire. Des experts planchent au ministère. De nombreux spécialistes, y compris de gauche, ont été consultés.
«Quotas». Le grand problème est de savoir que faire de ces collèges ghettos plantés au milieu des cités, en périphérie des grandes villes... Comment imaginer qu'une fois la carte scolaire supprimée ils puissent attirer des élèves hors du quartier ? Pour les principaux de ces collèges, souvent classés «ambition réussite», c'est une vision de cauchemar. «Nos 10 % de bons élèves partiraient dans de meilleurs établissements, et nous resterions avec les moins bons, encore plus ghettoïsés», confie l'un d'eux.
«Tout en supprimant progressivement la contrainte qui pèse sur les familles, je demanderai aux établissements scolaires de veiller à une plus grande diversité sociale et géographique du recrutement», a expliqué le ministre. On a ainsi évoqué des «quotas» qui seraient imposés notamment aux établissements déjà très demandés et vers lesquels, en cas de libéralisation, on va se ruer. Dans le cadre de ses consultations, le ministre a demandé au principal syndicat des chefs d'établissement, le SNPDEN, de lui faire des propositions.
La plupart des organisations syndicales sont hostiles à la suppression de la carte scolaire. Reconnaissant ses imperfections, elles préfèrent des aménagements ­ à l'instar de la candidate socialiste, Ségolène Royal ­ comme un redécoupage des secteurs scolaires en tenant davantage compte de l'hétérogénéité sociale. La FCPE propose de rendre transparentes les commissions de dérogation au rectorat, ce qui permettrait de limiter les dérogations abusives.
(1) sondage Ifop publié par Ouest-France, effectué auprès de 1 009 personnes les 24 et 25 mai
 
Par Véronique SOULE
LIBERATION : lundi 28 mai 2007
 

 

Il nous faut refuser cette ghettoïsation rampante que serait la suppression de la carte scolaire..

Lundi 28 mai 2007

Pour Roselyne Bachelot, "la franchise doit être envisagée comme un élément indispensable de responsabilisation des patients." Ce système avait été dénoncé par le haut commissaire aux solidarités Martin Hirsch.

Roselyne Bachelot (Sipa)

Roselyne Bachelot (Sipa)

L'instauration des franchises médicales sera inscrite dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2008, présenté par le gouvernement en septembre, a annoncé dimanche 27 mai soir la ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports Roselyne Bachelot.
"Il verra le jour, mais non pas dans un projet de loi de financement de la Sécurité sociale rectificatif" mais "dans le projet de loi de finances sécurité sociale 2008", a expliqué Mme Bachelot, invitée du Grand Rendez-vous Europe-1/TV5Monde/Le Parisien/Aujourd'hui en France. Le texte sera présenté par le gouvernement en septembre et débattu par le Parlement à l'automne.

Précautions

"La franchise doit être envisagée comme un élément indispensable de responsabilisation des patients et non pas comme une mesure de comblement du déficit de la sécurité sociale", a expliqué Roselyne Bachelot. Ces franchises seront mises en place "avec toutes les précautions qui s'imposent", a assuré la ministre.
Avec le haut commissaire aux solidarités actives Martin Hirsch, "nous allons mettre ensemble des garde-fous qui vont permettre aux personnes les plus en difficulté" d'avoir "un meilleur accès aux soins".
Martin Hirsch avait critiqué l'instauration de franchises sur les soins médicaux, estimant qu'il ne s'agissait pas d'une "bonne mesure". Lors de la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy s'est prononcé pour l'instauration de quatre franchises non remboursées par la Sécurité sociale sur "les premiers euros annuels" d'examens biologiques, de médicaments, de visites médicales et d'hospitalisation.

(AP) NOUVELOBS.COM | 28.05.2007 | 08:53

Cela se précise aux niveau des franchises. Médecine à combien de vitesses? Et comme d'habitude les classes moyennes n'échapperont pas à cela..

Lundi 28 mai 2007
Les difficultés commencent à s'amonceler pour Sarkozy
Message de lighthouse le  27/05/07 23:48

Les intérêts déductibles : début de polémique : beaucoup de gens qui ont concrétisé un projet immobilier, notamment récemment, mais avant le 6 mai en sont pour leurs frais d'avoir voté Sarkozy...Ca leur apprendra à croire à ses sornettes.
Les vieux qui ont voté Sarkozy, persuadés qu'ils allaient faire profiter leurs 2 enfants d'une exonération de droits de succession pour la transmission de leur petit pavillon de 150.000 € et de leur compte épargne de 50000 €, soit 200.000€ au total, vont s'apercevoir, au travers des explications que les médias commencent (enfin, mais trop tard) à donner au compte-gouttes, qu'ils ne sont pas visés puisqu'ils étaient déjà exonérés (50000 € d'abattement général et 76000 € d'abattement par enfant = 212000 € d'abattement au total ) !
Miss Dominique, grande mégalo devant l'éternel et soutien de Sarkozy de la 25ème heure, affirmait récemment chez Ruquier, pour tresser des lauriers à Sarko 1er, qu'elle avait du payer des droits importants pour la succession de ses parents alors qu'ils sont 5 ou 6 dans la famille, soit un héritage évalué à plus de 600.000 € au minimum ! Pour quelqu'un qui disait qu'elle était dans la m....., c'est plutôt bizarre.
Bref le mensonge a régné partout et continuera à proliférer. Les angéliques se sont fait prendre mais ils ont été plus nombreux que nous.
Mais rassurons nous, personne ne dénoncera le mensonge par omission qui a régné dans la presse pendant toute la campagne...On préfèrera parler de robes Prada, (dont la directrice de com est la copine de Cecilia Sarko...), de jogging, de people, de Johnny, de la démonstration faite par le 1er sinistre Fion du changement intervenu à l'Elysée et illustré -selon lui- par la mine paraît-il ébahie des huissiers de voir des gens jogger en short dans tous les sens... Effectivement c'est le changement qu'attendaient tous les français, il n'y a nul doute...
Je ne parle pas des réserves du MEDEF sur le contrat unique (ils aimaient bien le CDD), ni du bouclier fiscal qui n'attire pas vraiment les riches mais vient e revanche de profiter à un heureux contribuable qui vient de recevoir un chèque de remboursement de trop-perçu du Trésor Public de 36 millions € ! (Non, non ce n'est pas le gagnant de l'EuroMillions du 15ème arrondisst).
Alors les sarkozystes, heureux et satisfaits ?

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