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Mardi 26 juin 2007

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Où en est Ségolène Royal ? De moins en moins dans les instances du parti. Plus que jamais sur les extérieurs. «Là où je dois être», a-t-elle expliqué samedi depuis sa région Poitou-Charentes, où elle s'était dérobée à un conseil national du PS qui s'annonçait délicat pour elle. «Je suis dans la France paisible, aux côtés de personnes paisibles» , a-t-elle distillé entre signature d'un contrat régional de développement durable et visite d'un site magdalénien à Angles-sur-l'Anglin. Il y a des choses importantes dans la vie politique. Et le raout socialiste de samedi, à l'évidence, n'en faisait pas partie à ses yeux...

Le coup de com est habile, quoiqu'un peu téléphoné, qui consiste à mettre en scène son éloignement par rapport au vieux parti. Mais cette retraite picto-charentaise présente un autre avantage : éviter à Royal de subir les foudres d'un appareil qui lui est majoritairement hostile. Le PS était déjà échaudé d'avoir été maintenu à l'écart de sa campagne, puis tenu pour responsable de sa défaite. Les initiatives tous azimuts de Royal, ces deux dernières semaines, ont achevé de l'ulcérer, entre l'ostentatoire coup de téléphone à François Bayrou, le faire-part de sa rupture avec François Hollande en pleins résultats du second tour, ses attaques contre le projet socialiste ­ Smic à 1 500 euros et 35 heures ­ et, enfin, l'annonce de sa «probable» candidature à l'investiture pour 2012.
Fossé. Se heurtant de plein fouet, pour la première fois depuis sa désignation, au PS, à ses statuts et à sa majorité, Royal n'a qu'une seule issue : mettre en cause la légitimité de l'appareil en lui opposant celle du peuple militant. Lequel, aujourd'hui fort de 265 487 adhérents, l'avait choisie à 60 % en novembre. C'est pourquoi ses partisans ont exigé, sans l'obtenir, une consultation des adhérents sur le calendrier. Et demandent toujours, comme François Rebsamen, «que soit lancée une nouvelle campagne d'adhésions» : «N'ayons pas peur des adhérents. Ouvrons les portes et les fenêtres» , a lancé au conseil national l'ancien codirecteur de campagne de Royal, sous les sifflets et les huées. Une cartouche qu'a utilisée de nouveau Julien Dray, hier sur Radio J, décrivant le «fossé» existant «entre une sorte de petit état-major et la réalité militante du terrain» .
Equation. Cette stratégie du «fossé» n'a pas échappé à Hollande qui, dès samedi, anticipait sur l'offensive : «Je ne laisserai pas s'installer l'idée qu'il y aurait d'un côté les responsables et de l'autre les militants. Les responsables procèdent des militants», a-t-il rappelé, déplorant que «ceux qui ne se sont jamais comptés devant les militants viennent maintenant dire ce qu'il faudrait faire».
Hier, Claude Bartolone, proche de Fabius, a lui aussi fait feu sur ce thème au micro de France Inter : «Ségolène Royal continue à essayer de jouer l'opinion publique contre le PS. Là, elle nous a fait le coup de ces responsables brutaux qui sont réunis pendant qu'elle est dans la légèreté et l'authenticité de sa région.» Mais Royal n'en a cure. Le socialisme buissonnier ne suffisant pas à faire passer le message, elle s'est offert deux passages télé, hier, y flattant volontiers la base. «Le PS n'appartient pas à un groupe ou une minorité de personnes dirigeantes. Il appartient à tous les militants, a-t-elle martelé sur Canal +. Personne n'en est propriétaire, et certainement pas ceux qui sont à la tête des courants, qui ont été si destructeurs.» Avant de recommander «de faire voter les militants pour structurer la nouvelle pensée politique du socialisme du XXIe siècle» . Délicate équation qu'elle a désormais à résoudre : elle est contrainte, comme ses rivaux, de compter ses troupes pour peser dans le jeu interne du parti.
Mais, surtout, de ne pas perdre son originalité.

David REVAULT D'ALLONNES / Libération
Mardi 26 juin 2007
Manuel vallsManuel Valls, député PS de l'Essonne, a demandé lundi une consultation des militants socialistes afin qu'ils "tranchent les questions essentielles et imposent une nouvelle direction".

Sur France 2, il a regretté que lors de son conseil national samedi, le PS ait "préféré l'immobilisme, alors qu'il fallait répondre à la crise de projet, aux problèmes par rapport aux alliances et à la crise de leadership". "La majorité des socialistes a préféré attendre, c'est la plus mauvaise des solutions qui a été choisie", a-t-il dit.

"Il fallait nous donner les moyens d'une autre organisation qui nous sorte des luttes de clans, de courants, d'écuries présidentielles, qui paralysent le parti socialiste et qui le minent", a déclaré encore le député.

"Je demande qu'on consulte les militants", a-t-il ajouté, estimant que ce sont eux qui "peuvent rénover le parti socialiste".

"Il faut leur demander leur avis, qu'ils tranchent sur les questions essentielles, qu'ils imposent une nouvelle direction", a-t-il dit, vilipendant un appareil "replié sur lui-même, qui a peur de Ségolène Royal, qui a peur des adhérents".

Sur l'absence de Ségolène Royal au conseil national de samedi, il a estimé qu'"il vaut mieux participer à un travail collectif" mais que vu les critiques, "parfois injustes" entendues au conseil, "peut-être elle a eu raison de rester en Poitou-Charentes".

Il a estimé encore que, pour certains au PS, il y avait un "tout sauf Ségolène", ce qui expliquerait selon lui que "les principaux responsables du PS se sont rassemblés autour de François Hollande pour que rien ne bouge".

Manuel Valls a fait valoir néanmoins qu'il n'y a "pas de leader autoproclamé" au PS, considérant que ça n'a "aucun sens" de préparer déjà la présidentielle de 2012.

"C'est sur le fond que nous avons perdu, notre propre logiciel de pensée n'est plus adapté aux évolutions du monde et de la société", a-t-il affirmé.

Source : AFP

 

Mardi 26 juin 2007

"On ne réformera pas les universités en douce, à la sauvette, comme tente aujourd'hui de le faire le Gouvernement".

 

J'ai soutenu l'indépendance des universités. Je pense en effet que c'est aux universitaires de réfléchir par eux-mêmes aux modes d'organisation souhaitables. Chacun doit être dans son rôle :

- L'Etat doit fixer les objectifs à atteindre, qu'il s'agisse de la réussite des étudiants sur le marché du travail ou de la qualité de la recherche

- aux universités de les atteindre.

Je me réjouis donc que ce grand chantier, qui doit être non partisan, soit annoncé comme une priorité par le gouvernement.

Le Gouvernement n'a cependant pas choisi la bonne méthode, et ce faisant il met en péril le grand chantier de rénovation qui est nécessaire :

- Qui peut croire en effet qu'une loi réformant les universités puisse être faite à la sauvette, pendant l'été, alors que les principaux intéressés, les étudiants et les enseignants, sont absents ?…

- Qui peut croire que l'on puisse sans concertation autoriser la sélection, comme il est prévu de le faire au niveau des maîtrises, sans vérifier au préalable que cette réforme soit comprise, admise ?

- Qui peut décider de modifier les structures de gouvernance des universités sans prendre le temps de veiller à ce que les différentes catégories de personnels concernées soutiennent la démarche proposée ?

L'Université doit être réformée. L'autonomie peut être l'un des leviers de cette transformation, je l'ai affirmé durant la campagne. Mais on ne réformera pas les universités en douce, à la sauvette, comme tente aujourd'hui de le faire le Gouvernement, retrouvant des méthodes qui, sur d'autres sujets, le CPE, n'avaient guère réussi à son prédécesseur.

Moi je fais confiance à l'intelligence collective des acteurs du monde universitaire. Je ne m'en méfie pas. Je ne crois pas sage d'organiser dans leur dos une réforme essentielle à l'avenir du pays.

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Mardi 26 juin 2007
1/ Le déficit public de la France s'élève à 2,6% du PIB fin 2006. La France a pris l'engagement devant la Commission Européenne, dans le cadre du "programme de stabilité des finances publiques françaises" présenté en janvier 2006 de réduire ce déficit à zéro (et donc de ramener les comptes à l'équilibre) en 2010.

Les hypothèses présentées pour atteindre cet objectif était à la fois une croissance de 2,25% par an en moyenne et une maitrise renforcée de la dépense publique.

2/ Cet engagement s'inscrit dans le cadre des régles européennes en la matière, respectées strictement par l'ensemble de nos grands partenaires européens [pour info, dans la zone euro, seuls l'Italie et le Portugal ne respectent aujourd'hui pas le ratio maximum de 3% de déficit/PIB].

3/ La Commission Européenne vient, le 13 juin dernier, de rappeler la France à l'ordre (par la voix de son Commissaire à l'économie, Joaquim Almunia).

Elle a ainsi indiqué que la stratégie budgétaire mise en oeuvre par Nicolas Sarkozy laisse entrevoir une aggravation des déficits et ne répond pas aux engagements pris.

Notamment, Nicolas Sarkozy a annoncé que la France ramènerait son déficit à zéro en 2012, et non plus en 2010. Ce décalage est "contraire à un accord de tous les pays de la zone euro conclu en avril 2007" a estimé la Commission.

Comment peut-on vouloir définir les règles pour vivre ensemble (le "mini-traité"), les imposer à tous, et au même moment ne pas les respecter soi-même ?...


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Mardi 26 juin 2007

Le président sortant du groupe PS est apparu comme un homme de compromis dans un parti en proie à la division. Il a été reconduit dans ses fonctions à une forte majorité.

 

 

Les résultats du premier tour du vote des députés socialistes pour l'élection de leur président parlent d'eux-mêmes : 78 voix pour Jean-Marc Ayrault, 38 pour le fabiusien Philippe Martin, 33 pour le jospiniste Jean Glavany et 30 pour le ségoliste Arnaud Montebourg. Fin du premier round : les fabiusiens sont un peu déçus. Au sortir d'un Conseil national qui avait scellé l'alliance des deux grands courants du parti contre Ségolène Royal, ils espéraient plus de reports de voix de la part des partisans de Dominique Strauss-Kahn. Mais lorsqu'Arnaud Montebourg retire sa candidature au profit de celle de Jean-Marc Ayrault, les jeux sont faits. Philippe Martin et Jean Glavany n'ont plus aucune chance de l'emporter : ils se retirent eux aussi. Le deuxième tour, laissant Jean-Marc Ayrault seul en lice, est purement formel : le président sortant l'emporte avec 117 voix. Au sortir du vote, personne n'affiche l'exaltation, mais personne n'est franchement mécontent non plus.

« C'est le candidat du compromis, analyse Patrick Roy, député du Nord, qui pourtant a voté pour Philippe Martin au premier tour. Il saura peut-être faire le lien entre la candidate et le parti. Mais surtout, il a prouvé, par son action, pendant toutes ces années, qu'il un homme du rassemblement. » Dans son discours, face à l'opposition frontale que proposait Philippe Martin, Jean-Marc Ayrault a prôné une opposition constructive. Et même s'il a fait toute la campagne au côté de Ségolène Royal, il s'est bien gardé, tout comme Arnaud Montebourg, de faire mention de ce parrainage à double tranchant, préférant mettre en avant son expérience après deux mandats réussis à ce poste. Dans la foulée, Jean-Marc Ayrault a désigné le fabiusien Didier Migaud à la tête de la Commission des finances. Du côté des partisans de Ségolène Royal, on ne se plaint pas pour autant. « Jean-Marc a pris en compte quelques propositions que j'avais formulées », revendique Gaëtan Gorce.

De fait, le président du groupe a promis quelques innovations : dès demain, quinze députés seront désignés pour répondre pied à pied à l'action des quinze ministres du gouvernement. Un « cabinet fantôme », reconnaît Jean-Marc Ayrault. « Ils seront en même temps responsables des commissions qui seront chargées de suivre l'action gouvernementale mais en même temps de faire un travail d'opposition et aussi de proposition », a-t-il fait savoir à l'issue de sa réélection. Il va également désigner un porte-parole du groupe. Si le nom d'Arnaud Montebourg circule, rien n'est assuré. Jean-Marc Ayrault apparaîtrait alors comme un homme à la croisée des courants dans un parti en proie à la division. En fin d'après-midi, François Hollande s'est félicité de ce scrutin remporté avec « une majorité très large »: « C'est bien qu'il en soit ainsi au moment où on s'interroge pour savoir si les socialistes sauront trouver le chemin de l'unité. Ils l'ont montré encore une fois ici avec leurs députés », a déclaré le premier secrétaire.

 

 

Lundi 25 Juin 2007

 

Anna Borrel

 

 
 
Dimanche 24 juin 2007
Dimanche 24 juin 2007

 

 

Invitée de Dimanche + sur Canal+, Ségolène Royal a souligné que certains propos tenus au Conseil national du PS ne rendait "pas service au collectif, à notre combat commun, à notre idéal commun.

J'avais fait le choix d'être dans ma région. J'ai été écartée longtemps de cette région parce que j'ai été engagée dans une campagne nationale, la présidentielle et les législatives.

Il n'y avait pas forcément que des propos aimables qui ont été échangés. Je me suis posée une règle éthique depuis toujours c'est de ne dire jamais de mal d'un autre socialiste, et en ce qui concerne les adversaires politiques c'est de ne jamais les attaquer sur le plan personnel. Je continue à me l'appliquer.

J'entends un certain nombre de choses qui sont dites par ceux là mêmes qui sont ensemble venus pour me demander de les aider à gagner les élections législatives. Tout cela n'est pas grave. Je trouve que cela ne rend pas service au collectif, à notre combat commun, à notre idéal commun.

Ce n'est pas à ce niveau que doivent se situer les prises de paroles politiques. Cela nous fait du mal collectivement et en même temps je ne veux pas me situer sur ce même niveau. J'ai rassemblé sur mon nom 17 millions d'électeurs et d'électrices qui attendent que nous continuions à travailler pour assurer demain une relève, à incarner l'avenir, voilà ma tâche aujourd'hui.

Je ne suis pas pressée. Le Parti socialiste n'est pas un objectif en soi. C'est la plus grande organisation politique qui est au service des Français pour préparer une alternance et pour rénover la vie politique.

Après une élection présidentielle, il y a deux solutions.

Soit on dit on arrête, comme l'avait fait Lionel Jospin (en 2002). Ce n'est pas le choix que j'ai fait (...) Soit on dit comme François Mitterrand après 74 'je continue' (...) Pas pour moi. Ce n'est pas un itinéraire personnel mais parce que il y a eu une espérance qui s'est levée, un mouvement très fort qui s'est mis en mouvement lors de cette campagne".

Dimanche 24 juin 2007

 

François Rebsamen (n°2 PS, ex-coDirecteur de campagne de Ségolène Royal): "Il y a eu pire. Simplement, on sent bien que derrière les prises de positions de rassemblement et d'unité, il y a beaucoup d'arrières pensées. Et il ne faudrait pas que l'unité de façade, l'unité qui a été proclamé par tous ce matin, derrière cette unité se cache une stratégie d'enlisement. Je crois qu'il faut de l'audace et du courage et surtout de la sincérité."

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