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Mardi 10 juillet 2007

François Fillon prépare une cure d'austérité pour l'Etat. Le Premier ministre convoque mardi à Paris les directeurs d'administration centrale et les préfets de région pour engager une vaste "révision des politiques publiques". L'objectif est de faire des économies pour financer les promesses présidentielles tout en revenant dans les clous européens, avec un modèle: le Canada.

Confronté dans les années 1990 à un déficit budgétaire chronique et à une dette de plus de 64% du PIB en forte progression, le gouvernement du Premier ministre canadien Jean Chrétien avait lancé en 1993 un vaste plan d'économie, basé sur la réduction drastique des effectifs de la fonction publique.

Bilan: la suppression de quelque 66.000 emplois au sein de l'administration publique fédérale, soit plus d'un fonctionnaire sur six entre 1994 et 1999, pour l'essentiel via des départs en retraite anticipés. Des ministères entiers avaient disparu. Dans le même temps, les rémunérations des fonctionnaires étaient gelées pendant plus de six ans.

Le résultat, renforcé par le retour de la croissance, a été spectaculaire: entre 1992 et 2001, le solde des administrations publiques est passé d'un déficit de 9% du PIB à à un excédent de 3%.

C'est ce remède de cheval que Nicolas Sarkozy et François Fillon disent ouvertement vouloir appliquer à la France. "Dès cet été, une révision générale des politiques publiques, à l'instar de celle réalisée par le Canada au milieu des années 90, sera entreprise", écrivent-il ainsi systématiquement dans les lettres de mission envoyées depuis quelques jours aux ministres. L'objectif est de "réallouer les moyens publics des politiques inutiles ou inefficaces au profit des politiques qui sont nécessaires et que nous voulons entreprendre ou approfondir".

Et d'avertir: "Un bon ministre ne se reconnaîtra pas à la progression de ses crédits, mais à ses résultats et à sa contribution à la réalisation du projet présidentiel, y compris sur le plan financier".

C'est dans ce cadre que doit être mis en oeuvre le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Cette mesure devrait permettre dès 2007 "une économie qui est de l'ordre de 1,5 milliard d'euros", a affirmé lundi le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez.

L'objectif de la révision est "de s'interroger vraiment sur le fond des missions", a-t-il insisté. Il ne s'agit pas "de faire une gestion comptable où on se contente un peu, comme on a fait jusque-là, de rabioter par-ci par-là", mais "de reposer en profondeur le sens des missions de l'administration". Bref, "c'est typiquement la démarche qui a été réussie par un pays comme le Canada et il n'y a aucune raison que la France n'y arrive pas".

François Fillon, qui a réuni le 6 juillet les membres de son gouvernement à Matignon pour évoquer le sujet, "a demandé très clairement à chacun des ministres de faire des propositions originales et d'ampleur en la matière", a ajouté le porte-parole du gouvernement.

Le Premier ministre s'est fixé pour objectif de ramener la dette publique sous la barre des 60% du PIB et le budget de l'Etat à l'équilibre "en 2012 au plus tard". Le déficit atteignait 2,9% du PIB et la dette 66,6% du PIB fin 2005.

Reste que, parallèlement, "le gouvernement annonce des cadeaux fiscaux et un paquet fiscal qui risquent de grever les finances publiques", a souligné lundi le directeur de cabinet du Premier secrétaire du PS François Hollande, Stéphane Le Foll. "Toute cette politique qui fait que l'Etat aura de moins en moins de recettes et de plus en plus de difficultés à atténuer le déficit budgétaire et l'endettement, va se reporter sur les collectivités locales", a-t-il prédit.

co-sch/mw - in latribune.fr



Quelques réflexions:

* Les non-remplacements de fonctionnaires de l'ordre de 1 pour 2 partant à la retraite sont déjà effectifs dans certaines administrations (finances, par exemple). Donc, encore un effet d'annonce.

* Si le modèle canadien est choisi, nos fonctionnaires vont voir leurs salaires gelés pendant quelques années? Cela veut dire que les Cadre D de la fonction publique verront peut-être les salariés du privé au SMIC gagner plus qu'eux, ce qui existait déjà pour des facteurs débutants à la Poste.
Cela veut dire que les promesses du candidat Sarkozy de revaloriser le salaire des enseignants ne seront pas au rendez-vous.
Cela veut dire que les infirmières, qui ont des diplômes Bac+3, n'auront pas des salaires équivalents au Cadre A de la Fonction Publique.
Cela veut dire que les médecins ou personnels soignants dans les hôpitaux seront toujours sous payés par rapport à leurs homologues français, qu'ils démissionneront et partiront travailler à l'étranger où leurs compétences sont mieux reconnues (lire le bouquin de Patrick Pelloux). Etc...

* Enfin, et c'est le noeud du problème.. Le Service Public! 
Nos campagnes sont déjà désertées. On ferme les écoles publiques laïques; les bureaux de Poste, n'en parlons plus; le nombre de médecins généralistes va décroissant (ils font tellement d'heures par semaine!); les hôpitaux ferment, etc etc...

Voilà un problème de société à défendre: le Service Public!.. Mais bien entendu, M.Fillon préfère parler Pack Fiscal!

Mardi 10 juillet 2007

Didier Migaud (PS), président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, a jugé mardi le paquet fiscal "inopportun et déséquilibré, avec des mesures qui risquent d'être inefficaces économiquement et vont être coûteuses" pour le budget.

Dans un entretien au quotidien Libération, Didier Migaud a indiqué redouter "une dégradation des comptes publics et une aggravation des inégalités", en rappelant que le projet de loi sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat (TEPA) - dit "paquet fiscal" - est évalué par le gouvernement "à plus de 13 milliards d'euros en année pleine".

L'examen de ce projet commence mardi à l'Assemblée nationale.

Selon le député de l'Isère, "si la France devait être rappelée à ses engagements européens, cela serait au détriment des plus modestes et des classes moyennes, par exemple à travers l'augmentation de la TVA".

"L'habileté de Nicolas Sarkozy, c'est d'avoir fait croire que sa politique allait profiter au plus grand nombre", a-t-il ajouté.

Didier Migaud a estimé que la France a besoin "d'une bonne articulation entre une politique de l'offre et de la demande, les deux étant nécessaires". Il évoque à ce propos la nécessité "de mesures de soutien à la consommation" et d'"une modernisation de l'impôt sur les sociétés".

 in boursorama

Mardi 10 juillet 2007

 

« Dans l'état-major du PS souffle un vent d'affolement », révèle le sénateur maire socialiste Gérard Collomb dans Le Figaro. Ce n'est pas un simple vent, mais un mistral, un blizzard, une tempête tourbillonnante de vents brûlants et glacés à la fois qui semble leur faire perdre la tête, ou du moins ce qu'il en reste. Pas un jour en effet sans que le Président ne prenne une initiative qui referme davantage encore sur eux les mâchoires de fer du piège de l'ouverture. Démonstration éclatante avec la candidature de DSK pour le FMI que soutient Nicolas Sarkozy au nom de l'expérience, des qualités de l'homme et de l'intérêt supérieur de la France. Refuser cet appui majestueux, c'est passer pour mauvais français, opposant grognon et sectaire. Surtout quand on ne demande qu'une chose, c'est de décrocher ce poste !

Les strauss-kahniens peuvent bien expliquer que ce sont les européens qui ont poussé la candidature de leur chef et que Sarkozy ne fait que faire semblant d'organiser ce qui lui échappe, il n'empêche : le bénéfice politique de cette affaire est encore pour le Président père Noël de la nation. Il conforte encore son personnage de chef d'Etat débonnaire et moderne en missionnant et commissionnant partout des socialistes. Hubert Védrine à la mondialisation, Jacques Attali au développement micro et macro, et puis aux institutions Jack Lang mais aussi Olivier Schramek, l'ex-directeur de cabinet de Jospin et encore Guy Carcassonne, l'ancien rocardien. Des personnages, des personnalités légitimes, reconnues comme ces ministres et ces sous-ministres qui participent plein sourires à ce gouvernement sarkozyste en criant et en sautant comme des cabris : « Je suis de gauche, je suis de gauche… » Mais alors qui est encore dans l'opposition si la gauche est au pouvoir avec la droite et que la direction du PS ne s'en offusque pas outre mesure ? Il s'en faut…

La vérité oblige à dire que les élus du PS regardent les transfuges comme des veinards davantage que comme des égarés ou des traîtres. Alors que les militants socialistes, eux, dénoncent violemment ces félons, ces socialistes de la soupière et, pour certains, rendent leurs cartes, écoeurés. Alors que l'hémorragie, au sommet, se poursuit, s'aggrave, aucune décision collective n'est prise. Quand Jean-Marc Ayrault, le président du groupe menace Jack Lang de rétorsion, d'autres voix crient au sectarisme, alors qu'il y aurait quelque raison d'exiger que le parlement dise son mot sur une réforme institutionnelle, et que la commission de révision ne soit pas celle du bon plaisir sarkozyste, mais qu'elle soit représentative des forces partisanes. C'est là où le piège est redoutable. Car s'opposer aux manœuvres présidentielles, c'est paraître aller contre un chef de l'Etat d'apparence magnanime qui vise un double but : améliorer le fonctionnement de la démocratie française et… achever de décapiter comme de désorienter la gauche avant les municipales. L'objectif politicien est bien là, ainsi que Nicolas Sarkozy en personne l'a expliqué aux dirigeants de l'UMP réunis à l'Elysée la semaine dernière.

Les grandes villes ayant voté à gauche et au centre, il faut prendre en compte ces votes et poursuivre la politique d'ouverture non seulement au niveau national, mais aussi au niveau local. Ça ne sera pas facile, car on a vu les résistances lors du conseil national de l'UMP. Nombre d'élus trouvent qu'ils sont les « cocus de l'affaire », comme ils disent et qu'on confie les responsabilités plus facilement à des socialistes arrogants qu'à des militants de droite fidèles et dévoués. Mais il faut en passer par là. Un bon socialiste est un socialiste acheté. « Regardez les sondages, cette ouverture c'est ce que les Français veulent », a martelé Sarkozy, jubilant devant le désarroi des adversaires. « Ils ne savent plus où sont leurs marques, profitez-en. Ils sont perdus ».

C'est exact. Le défaut de réponse collective, le chacun pour soi qui règne au PS, le triomphe des ambitions personnelles, l'absence totale de direction, le manque absolu de repères idéologiques… Nicolas Sarkozy fait éclater ces vérités cruelles au grand jour. Il les amplifie, ce qui jette les militants dans une rage folle et une déprime terrible. Mais on peut y voir un point positif : en accélérant la crise au PS, Nicolas Sarkozy peut accélérer aussi sa résolution. Il bouscule le calendrier de l'immobilisme. Les jeunes lions qui n'en pouvaient plus des éléphants vont avoir l'occasion de donner de la dent même si ce sont des dents de lait. Le temps des Cambadélis, des Mélenchon, des Valls, des Bartolone est venu puisque les anciens dégagent ou défaillent. On voit donc que Sarkozy fait vraiment tout. C'est lui qui rénove maintenant le PS ! Ce qui promet…
 



Lundi 09 Juillet 2007 - 12:32
Nicolas Domenach - MARIANNE2007.INFO


Sarko 1er, invité du congré de 2008?
Mardi 10 juillet 2007


Discours prononcé au Sénat le 4 juillet par Robert BADINTER en ouverture du débat sur la récidive.

 

"C'est la première fois que vous intervenez dans cet hémicycle, madame la Garde des Sceaux, et je considère avec sympathie votre accession à la Chancellerie. J'y vois un symbole extrêmement important de l'intégration républicaine à laquelle nous sommes tous très attachés.

Pourtant, j'aurais souhaité que vous fassiez vos débuts sur un autre texte. Il ne manque pas de sujets brûlants : ainsi en est-il de la réforme de la carte judiciaire, ou de la situation dans nos prisons pour laquelle nous souhaitons depuis très, trop longtemps une loi pénitentiaire. Vous auriez rencontré alors nos critiques, mais aussi notre volonté constructive.

Mais le texte que vous nous soumettez est inutile, implicitement vexant pour la magistrature et, ce qui est plus grave encore, potentiellement dangereux.

Inutile ? C'est une évidence. Nous ne vivons pas dans un désert législatif. Tous les Gardes des Sceaux, tous les parlementaires, tous les citoyens souhaitent qu'on lutte contre la récidive. D'ailleurs, le législateur n'est pas resté inactif et il n'a pas pris conscience en mai de cet état de fait.

Durant les trois années écoulées, nous n'avons pas eu moins de trois textes à examiner concernant la lutte contre la récidive : il y a eu Perben II en mars 2004, il y a eu celui de votre prédécesseur, Pascal Clément, tout entier consacré au traitement de la récidive, en décembre 2005 et, il y a quelques mois, le ministre d'État, ministre de l'intérieur de l'époque, nous a présenté un texte sur la prévention de la délinquance dans lequel figurait nombre de dispositions sur la récidive. Tous vos prédécesseurs ont-ils cédé à une quelconque tentation laxiste ? Les commissions des lois du Parlement auraient-elles négligé des mesures importantes pour lutter contre la récidive ? Certainement pas !

La nécessité de ce texte n'apparaît donc pas, à moins que vous ne taxiez vos prédécesseurs d'incompétence, ce que je ne crois pas. Les effets de ces lois se sont-ils révélés décevants ? Nous n'en savons rien puisqu'il n'y a pas eu d'études ni de suivi de ces textes. Le Conseil d'État l'a, à juste titre, fait remarquer. Cette loi n'a pas non plus été précédée d'une étude d'impact, notamment sur la situation carcérale à venir.

Vous dites que ce texte est l'expression de l'engagement du Président de la République. Certes, il vient d'être élu, mais ce n'est pas pour autant qu'il a raison sur tous les points de son programme !

Revenons à l'essentiel. Un texte doit répondre à une finalité. D'ailleurs, l'article 8 de la Déclaration des droits de l'Homme ne dit pas autre chose : « La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires ». Dans le rapport de notre commission figure un tableau très intéressant relatif aux peines actuellement prononcées en cas de récidive. Les magistrats disposent-ils des moyens légaux pour prononcer les peines que le législateur souhaite qualifier de plancher ? Sans aucun doute. Ils peuvent d'ores et déjà prononcer les peines que vous souhaitez instaurer.

Alors, pourquoi ce texte alors que les moyens existent déjà ? La deuxième partie du tableau présenté par notre rapporteur retrace la pratique au regard des peines prévues. Pour les crimes, les magistrats et les jurys vont très au-delà des peines plancher. La qualité de récidiviste n'est apparemment pas la meilleure carte à jouer pour susciter l'indulgence d'une cour d'assises. Concernant les crimes, ce texte ne sert donc à rien. Reste la question des délits. Dans ce domaine, la moyenne des condamnations est effectivement très en-dessous des peines plancher que vous voulez instaurer. Si les magistrats ne les prononcent pas, c'est qu'ils jugent, en leur âme et conscience, en fonction des circonstances et de la diversité des êtres humains. N'oublions pas qu'ils engagent leur responsabilité morale.

C'est pourquoi, lors de nos auditions, pas une voix ne s'est élevée au sein des associations de magistrats pour réclamer l'instauration de ces planchers. Ils nous ont tous demandé instamment de ne pas les prévoir. Et cependant vous le faites. Pourquoi ? Parce que vous estimez que les décisions des magistrats ne satisfont pas aux attentes du gouvernement et du Président de la République.

Il veut donc adresser aux magistrats une sorte d'injonction, en fonction de ce qu'il estime nécessaire en matière de sanction. Lorsqu'il s'adressait à la Nation en tant que candidat, chacun comprenait que les peines plancher ne concerneraient que les délits les plus graves. Alors, certes, vous avez ouvert une fenêtre, que dis-je, un interstice afin de sauvegarder le principe constitutionnel de la liberté des magistrats. Mais soyons réaliste : lorsqu'une loi dit aux magistrats les peines qu'ils doivent prononcer, au minimum, pour les récidivistes, tout en leur donnant aussi la possibilité d'aller en-dessous si ils motivent leur décision, que croyez-vous qu'il va se passer ? Si le juge décide, en son âme et conscience, de ne pas appliquer la peine plancher, il prendra un risque. Si le récidiviste commet un nouveau crime ou délit, qui sera stigmatisé ? Qui verra sa responsabilité engagée devant l'opinion publique et le gouvernement ? Le magistrat ! Certes, il existe des âmes intrépides et des coeurs courageux, mais gageons que la plupart ne prendront pas le risque de subir des critiques stigmatisantes et s'aligneront.

C'est pourquoi j'ai parlé, dans mon propos introductif, du caractère inutilement blessant de ce texte à l'égard des magistrats, car il sous-entend qu'ils sont laxistes et qu'ils n'appliquent pas, ou mal, la loi. Certes, la magistrature française n'a pas que des vertus, mais elle a beaucoup plus de qualités que celles que l'on veut bien lui reconnaître et le laxisme ou la faiblesse à l'égard des récidivistes ne sont en rien ses caractéristiques.

Ce texte est inutile et vexatoire, je l'ai dit. Mais, ce qui est plus grave, il est dangereux. Car il va accroître la surpopulation carcérale. Or, vous connaissez la situation actuelle : plus 18 % de prisonniers au cours des cinq dernières années. Nous en sommes à 63 500 détenus et les prévisions font état de 20 % de plus dans les prochaines années. Les maisons d'arrêt et les centres de détention connaissent un taux de remplissage qui va de 120 à 200 %. Le rapport sur la récidive rédigé par la Commission d'analyse et de suivi de la récidive, présidée par le professeur Jacques-Henri Robert, rappelle que les peines plancher instaurées aux Etats-Unis et au Canada n'ont pas eu les effets escomptés.

Nous savons -le constat est ancien- que le premier foyer de récidive, c'est la prison ; que dans les maisons d'arrêt surpeuplées se côtoient dans la même cellule de vieux chevaux de retour et des primo-délinquants, des professionnels du crime et des jeunes qui sortent de prison avec des adresses et des leçons. Vous jouez avec ce texte au pompier pyromane ; on comprend pourquoi vos prédécesseurs n'avaient pas voulu de peines plancher.

Nous pensons, nous, que la vraie question est celle de la signification de la récidive. C'est évidemment une faute du récidiviste, mais c'est aussi un échec qui le dépasse, un échec familial et social, un échec de l'institution judiciaire elle-même. Comment y remédier, sinon en agissant pour une réinsertion réussie ? Les procédures qui la permettent ont été multipliées ces dernières décennies, libération conditionnelle, semi-liberté, placement à l'extérieur, mais elles sont insuffisamment mises en oeuvre, faute de moyens ; éducateurs, travailleurs sociaux, médecins psychiatres sont trop peu nombreux. Nous luttons avec des textes, nous produisons du papier là où il nous faudrait combattre avec des professionnels.

Avec ce projet de loi, madame la garde des Sceaux, vous vous fourvoyez si vous croyez ainsi réduire la récidive. Lutter contre ce phénomène est avant tout affaire de moyens, donc de volonté politique. Nous ne voterons pas ce mauvais texte."

DA

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