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Samedi 29 juillet 2006
Le terme d’ordre est équivoque.
En un sens, il renvoie à l’idée de paix sociale. Imposée, restaurée ou instaurée par la force et au détriment de toute autre considération, l’ordre est connoté négativement. Il est une valeur conservatrice et réactionnaire, bref l’étendard d’une certaine droite.
En un autre sens, il est le véhicule des idées d’organisation, de rassemblement, de regroupement (cf. les ordres religieux, les corporations étudiantes, et les groupements professionnels), mais aussi des idées de classification, ordonnancement (en biologie) et de proportionnalité, équilibre et beauté (en musique et architecture). Dans ce cas, l’ordre vient modifier, rectifier, améliorer, parfaire, arranger le réel. Il s’oppose profondément à toute forme de conservatisme.
Aux côtés des valeurs de progrès et de justice, il peut, de droit, servir d’étendard à la gauche non-révolutionnaire.

 
L’expression "ordre juste" est tout aussi équivoque.
Equivocité qui, reconnaissons-le, n’est pas seulement vécue comme une forme de richesses mais aussi comme une source d’ambiguïtés, de perplexités et de craintes. La polysémie de la langue fait peur…le désordre du langage fait (aussi) paniquer.
Passons.
 
Cette expression (ordre juste) est un amalgame honteux :
- si l’on tient pour acquis que l’ordre est, par principe, essence ou nature injuste. Derrière tout ordre (présent ou actuel) se cache/rait des injustices passées. Enfouies et tenaces, elles n’en sont pas moins ignobles, obscènes et écoeurantes.
- par conséquent, rendre l’ordre juste c’est rendre acceptable ce qui ne l’est pas, ne peut l’être et ne doit pas l’être.
 
Cette expression est aussi une juxtaposition nécessaire :
- si l’on part du principe que la réalité chaotique et désordonnée ne profite qu’aux plus forts (les plus riches et les plus puissants), le désordre, source d’inégalités et de violences doit être considéré comme l’ennemi, l’allié objectif de ceux qui créent et se nourrissent des injustices.
- il convient, dès lors, pour créer du lien social, de la cohésion et de l’harmonie de combattre le désordre, c’est-à-dire de corriger les déséquilibres.
 
Synthèse drôle ou seulement juste :
* L’ordre est juste. Il faut le maintenir (à tout prix) = Approche conservatrice.
* L’ordre est injuste. Il faut le détruire (à coup sûr) = Approche révolutionnaire.
* Le désordre est juste. Il faut le créer (le plus possible) = Approche libérale.
* Le désordre est injuste. Il faut le combattre (à bon escient) = Approche socialiste.

Maintenant si on n’y prête pas garde (ou si l’on fait exprès, cela arrive !), il ressort que comme aux
yeux d’un conservateur l’ordre est juste (ce qui signifie incidemment mais pas exactement que le désordre ne le serait pas) et que comme pour un socialiste le (quelque chose du) désordre est injuste, il y aurait comme une communauté de pensée entre le conservatisme et le (un certain) socialisme.
Pourtant, ce n’est qu’un tour de passe-passe conceptuel, tant l’ordre auquel se réfère les socialistes diffère de celui valorisé par les conservateurs.
 
Ordre à inventer et non à restaurer
S’il ne s’agit que de restaurer un ordre passé (dépassé devrait-on dire !), le souci d’introduire un ordre juste devient passéiste, conservateur, une authentique perversion/régression aux yeux d’un socialiste.
A l’inverse, s’il s’agit de répartir, rééquilibrer, réguler, maîtriser, transformer la réalité, le projet d’introduire un « ordre juste » devient un idéal de gauche à part entière, pour ne pas dire une utopie nécessaire.
Par conséquent : démontrer, constater que le désordre est source d’injustices, revient à penser qu’inventer de nouvelles sécurités (un ordre ni donné, établi, naturel ou ancien mais à construire, à négocié, conventionnel et nouveau) est un authentique projet de gauche et non seulement une synthèse entre progressisme et conservatisme, entre droite et gauche.
 
Conclusion :
Ce n’est pas seulement s’il est associé à l’idée de justice que la notion d’ordre est une idée de gauche. C’est en elle-même que l’idée d’ordre est porteuse d’un idéal socialiste. Encore faut-il avoir à l’esprit que cet ordre qui s’oppose à un certain désordre (la violence, la pauvreté, la guerre, les inégalités) doit être inventé.
Ainsi l’analyse de Michaël Fœssel qui considère que "l’essentiel n’est pas tant le contenu de l’"ordre juste" que l’unité qu’il réalise entre conservatisme et progressisme" (Cf. 
http://www.esprit.presse.fr/esprit/word.php?code=2 nous semble insuffisante, non pas erronée mais unilatérale et réductrice. Elle ne voit que la dimension négative de l’idée d’ordre et en oublie les aspects positifs.  
 
 
Pascal Heisserer.
 
Http://pheisserer.org 
Mardi 25 juillet 2006

Pour faire preuve d’objectivité, nous nous sommes contentés de synthétiser les analyses de Mme Royal en introduisant "un ordre juste" entre ses différentes déclarations. A nos yeux, rien n’est pire pour un électeur que de ne jamais pouvoir juger sur pièces. C’est pourquoi, à l’exception des titres, sous-titres et autres arrangements formels, vous lirez la prose de Ségolène.

Pour des commodités de lecture, nous n’avons mis les guillemets que lorsque la situation l’exigeait expressément.

Grâce à cette façon de procéder, nous espérons qu’à l’avenir les débats (interne et externe au PS) porteront davantage sur ce que Ségolène dit/fait/propose plutôt que sur ce qu’elle ne dit pas, ne propose pas, ne veut pas.

Au lieu de passer du temps à faire connaître ce qu’elle dit vraiment, nous préférerions consacrer notre énergie à débattre de la valeur de ses idées. Pour le moment, nous ne pouvons pas encore nous consacrer à cet objectif. D’autres tâches retiennent notre attention, surtout celles qui consistent à lui rendre justice. Le plus "drôle", c’est que ces opérations de désinformation ne viennent pas que de la droite. Elles proviennent aussi (surtout) de notre camp.

Nous pensions naïvement que la mauvaise foi était l’apanage de l’homme de droite, aurions-nous fait fausse route ! Pire, les hommes politiques de gauche peuvent-ils véritablement trouver du plaisir en caricaturant les propos de l’une des leurs !

Espérons qu’il ne s’agisse que d’un plaisir estival ! L’esprit du 21 avril 2002 rôde toujours. [...]

Si vous souhaitez découvrir la suite de cet article analytique écrit par Pascal Heisserer sur son excellent blog politique et philosophique, rendez-vous immédiatement à l'adresse suivante http://pheisserer.org/

Dimanche 16 juillet 2006

A l'heure où Nicolas Sarkozy donne un élan supplémentaire à sa candidature, il est plus que jamais temps de favoriser la candidature de Ségolène Royal à la présidence de la République, seule candidate à gauche qui puisse manifestement avoir quelques chances de gagner en 2007. Aussi, Désirs d'Avenir à Créteil reprend à son compte l'appel aux élues parisiennes à soutenir Ségolène Royal :

 

Nous vivons un moment historique : pour la première fois en France, l’élection d’une femme démocrate et de gauche, à la Présidence de la République, est envisageable.

 

Ségolène Royal à l’Elysée, ce serait une autre alternance : le fait qu’elle soit une femme n’est pas en soi suffisant mais il serait hautement symbolique que le Parti socialiste présente une candidate au mandat le plus élevé de nos institutions.

 

 

Ségolène Royal a toutes les qualités pour être cette candidate : conseillère de François Mitterrand à l’Elysée, quatre fois Ministre, quatre fois élue, députée dans des circonscriptions difficilement gagnables, Présidente de région, elle n’a plus à démontrer ses compétences.

 

 

Fidèle à son Parti et à la gauche, elle est en même temps porteuse d’une véritable rénovation et de l’espoir de lever en 2007 les blocages de la politique. Pour répondre à une nouvelle demande politique, il faut en effet s’affranchir de la grille de lecture traditionnelle, trop éloignée des
attentes et de la vision de la réalité de la société.

 

 

Femme de terrain, elle parle du sociétal et, pour nous, élues locales, c’est important car cela touche à la vie des Français et des Françaises.

 

 

Une nouvelle politique de gauche à l’écoute des vibrations de la société est possible ; aussi, côté raison et côté cœur, pour 2007, des élues rejoignent Ségolène Royal.

Pour Ségolène Royal à la Présidence d’une République démocratique, participative et paritaire.

Si vous voulez aller consulter l'original de l'appel, ainsi que de nombreux articles, portraits, points de vue, etc… n'hésitez pas à aller consulter le site de Désirs d'Avenir à Paris en cliquant sur le lien suivant : http://www.segoleneparis.fr

 

Dimanche 2 juillet 2006
Dominique de Villepin a tenu le 28 juin 2006 sa conférence de presse mensuelle pour annoncer la "bonne nouvelle" de la baisse prochaine du chômage, qui devrait passer sous la barre des 9% "dans les prochains mois". Il a souligné les "efforts" du Gouvernement et "en particulier de Jean-Louis Borloo" et appelé de ses vœux un "nouvel équilibre social fondé sur le plein emploi et non plus sur la pénurie de travail". Le Premier ministre a d’autre part jugé indispensable de "réfléchir à l'adaptation de notre modèle social".

A ces propos, il convient d'apporter les précisions suivantes :

 1- Seuls Dominique de Villepin et Jean-Louis Borloo croient que le chômage baisse et que la politique du Gouvernement a un effet positif sur l’emploi  

Enquête BVA de juin 2006 :

a- Sur l’avenir de la situation de l’emploi en France

- 68% des Français sont plutôt moins confiants

- 29 % sont plutôt confiants

b- A la question "à quoi est due la baisse du chômage ?", les Français répondent 

- Au départ à la retraite de toute une génération de salariés : 32%

- Au renforcement des mesures de recensement et de contrôle des chômeurs : 24%

- Aux mesures économiques prises par le Gouvernement comme le CNE : 10%

 

 

 2- La baisse du chômage est artificiellement construite par le Gouvernement

La baisse actuelle du chômage ne correspond pas à une amélioration réelle, elle est artificiellement construite par le gouvernement pour préparer les élections de 2007 :

-  l’ANPE atteint des records de radiation (déjà + de 600.000 pour le 1er trimestre 2006), à comparer avec la progression du nombre de Rmistes (+ 6,2 % ces 12 derniers mois) ;

- le soit-disant "plan Borloo" ne fait que créer des contrats aidés dans un but purement statistique, sans financement durable et sans plan d’ensemble pour l’insertion des publics en difficulté, alors que la gauche avait mis en place des dispositifs préparant à une insertion professionnelle durable (cf emplois-jeunes)

Cette baisse n’a que peu de lien avec une reprise réelle de l’activité. La Lettre de l'OFCE d’avril 2006 considérait que la baisse du chômage sur 2006 proviendrait pour un tiers seulement des créations d’emplois marchands. Et en 2007, la baisse devrait être moindre… en raison des réductions de quotas de contrats aidés.

Rappelons également que, toujours selon l’OFCE, la baisse du chômage est très liée au ralentissement de la hausse de la population active. Le taux de croissance du PIB à partir duquel le chômage commence à reculer se situe aujourd’hui à 1,6 %. A titre de comparaison, il fallait 2,1% de croissance pendant la période 1994-2004 pour faire baisser le chômage… Or, de 1997 à 2001, le chômage a baissé de plus de 3,5 %.

3- Une politique de droite contre une politique de gauche  

Dominique de Villepin a parlé de la nécessaire "adaptation de notre modèle social", pour constater que "ce sera un des enjeux des prochaines échéances électorales". Soyons d’accord pour une fois avec le Premier ministre : là est la ligne de clivage entre la droite et la gauche.

On sait en effet ce que "adaptation de notre modèle social" veut dire : remise en cause du CDI, privatisation des services publics, restriction du champ de la sécurité sociale, passage à une société de la précarité, augmentation des écarts de revenus.

En opposition à ce modèle et à cette politique de courte vue qui favorise les revenus boursiers au détriment de ceux du travail, délaisse les services publics, et laisse en déshérence la recherche et l’innovation, travaillons plutôt pour une société où chacun acquiert une qualification et une compétence et peut l’améliorer tout au long de la vie, où les revenus sont équitablement répartis et la protection sociale assurée, où les charges sociales ne pénalisent pas l’emploi, où on conforte le lien social au lieu de développer la précarité et où on prépare l’avenir en investissant massivement dans l’intelligence.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dimanche 2 juillet 2006

Au-delà des raccourcis et des interprétations qui ont pu être faits des idées et propositions de Ségolène Royal, rien ne vaut une lecture du texte même de l'interview qu'elle a donné au Monde le 23 juin 2006 et que vous retrouverez ci-dessous.

A son arrivée au pouvoir, le gouvernement socialiste espagnol a régularisé les sans-papiers puis il s'est trouvé confronté à un afflux d'émigrants subsahariens. Quelles solutions novatrices préconisez-vous ? Les régularisations massives en Espagne et en Italie, héritage des années Aznar et Berlusconi, résultent d'abord de l'absence de mécanisme efficace de gestion en continu de l'immigration. Plutôt que de durcir brutalement le droit de vivre en famille (qui concerne 25.000 personnes par an) ou de détruire le dispositif de régularisation au bout de dix ans de séjour en France (3.000 personnes par an), comme le fait la droite, je crois qu'il faut, comme dans d'autres domaines, un ordre juste qui allie fermeté, efficacité et humanité. Il faut surtout, pour l'immigration de travail, instaurer un droit moderne à l'aller et au retour. Aujourd'hui, beaucoup d'immigrants, qu'ils soient qualifiés, chercheurs, universitaires, cadres ou saisonniers, sont d'autant plus tentés de rester qu'ils craignent de ne pas pouvoir revenir faute d'un visa permanent ou pluriannuel. En Europe, la France attire pourtant la plus faible proportion d'étrangers ayant une formation supérieure. Pour les travailleurs qualifiés, la France était dotée de moyens réglementaires assez efficaces, avec une première circulaire de 1998 sur les informaticiens, puis une seconde en 2002 qui prévoyait l'accueil d'étudiants étrangers ayant achevé leur cursus et de salariés dont l'embauche s'inscrivait dans le cadre d'un projet de codéveloppement. La droite a abrogé le premier texte et négligé le second. Aujourd'hui, les entreprises et les laboratoires n'arrivent pas à recruter les salariés formés dont ils ont besoin. Le bilan de la droite, c'est une baisse de l'immigration de travail, notamment qualifiée, de 88.000 en 2001 à 67.000, et une augmentation de l'immigration à vocation permanente. La fébrilité législative de Nicolas Sarkozy est l'aveu d'une faillite. La France n'a pas besoin de loi supplémentaire. Des instructions claires, des services renforcés, des procédures qui fonctionnent vite et bien, cela suffirait. Au Royaume-Uni, l'Etat répond en quinze jours aux dossiers de demandes des entreprises. On pourrait aussi imaginer que les autorisations de travail soient gérées par les préfets de région en concertation avec les régions qui sont responsables du développement économique et en contact avec les entreprises.

 

 

 

La gauche doit-elle poursuivre la pratique des charters ? La question n'est pas celle du moyen de transport mais des critères de reconduite à la frontière et du respect de la dignité des personnes dans l'application des décisions de justice. Plutôt que de s'attaquer aux familles et aux enfants - je veux d'ailleurs rendre ici hommage à la mobilisation des parents et des enseignants contre les expulsions d'enfants scolarisés -, il vaudrait mieux être beaucoup plus ferme contre les trafiquants et les employeurs de clandestins. Et reconduire systématiquement hors de France, à leur sortie de prison, les délinquants dangereux.

 

 

 

Vous rétablissez la double peine ? Absolument pas, car je ne parle pas de ceux qui ont grandi en France mais des auteurs de crimes ou de délits arrivés depuis peu.

 Eléments d’analyse sur l’immigration

 

 

 

 

a. Il existe trois moyens d’amener un étranger à quitter le territoire

 

 

 

-          l’arrêté de reconduite à la frontière, qui est une mesure administrative, qui vise les étrangers séjournant sans titre en France (font obstacle à une reconduite des considérations tirées de la durée de séjour des étrangers, de l’existence d’une vie familiale en France, de problèmes graves de santé, etc.). La reconduite à la frontière est régie par le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (articles L.511-1 à L.514-1).

 

 

 

-          l’arrêté d’expulsion, également une mesure administrative, qui vise les étrangers dont "la présence en France constitue une menace grave pour l’ordre public". Cependant, si l’étranger a une vie familiale en France, y séjourne depuis longtemps (quinze ans), s’il est marié à un ressortissant français, etc., il ne suffit pas d’une "menace grave", mais il faut une "nécessité impérieuse pour la sûreté de l’Etat ou la sécurité publique". Enfin, s’il y a "atteinte aux intérêts fondamentaux de l’Etat", lien avec des "activités à caractère terroriste", "actes de provocation explicite et délibérée à la discrimination, à la haine ou à la violence contre une personne déterminée ou un groupe de personnes", l’expulsion peut être décidée sauf si les attaches avec la France sont très profondes (séjour depuis l’âge de 13 ans, résidence depuis plus de 20 ans, etc.). L’expulsion est régie par le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (articles L.521-1 à L.524-4) ;

 

 

 

-          l’interdiction du territoire français, qui est une peine prononcée par les tribunaux. Cette peine constitue en général une peine complémentaire de la condamnation principale à une peine d’emprisonnement (l’interdiction des droits civiques, civils et de famille, l’interdiction d’émettre des chèques, la suspension du permis de conduire constituent d’autres peines complémentaires). Etant une peine correctionnelle, elle figure au code pénal (articles 131-30, 131-30-1 et 131-30-2).

 

 

 

           b. La "double peine" n’a pas été supprimée par N. Sarkozy

 

 

 

La loi Sarkozy de 2003 n’a pas supprimé la double peine : des étrangers condamnés à une peine principale peuvent toujours être condamnés en même temps à une peine d’interdiction du territoire français. La seule modification qu’a apportée cette loi, c’est d’introduire des cas dans lesquels la peine d’interdiction du territoire français ne peut pas être prononcée ou ne peut être prononcée que sous certaines conditions :

 

 

 

-          article 131-30-1 du code pénal : l’interdiction du territoire français ne peut être prononcée "que par une décision spécialement motivée au regard de la gravité de l’infraction et de la situation personnelle et familiale de l’étranger" (c’est à dire lorsque l’infraction est grave et en faisant la balance entre cette gravité et la situation familiale de l’intéressé), à l’encontre de l’étranger parent d’un enfant français mineur et contribuant à son éducation, à l’encontre d’un étranger marié depuis au moins 2 ans avec un ressortissant français, à l’encontre d’un étranger résidant depuis plus de 15 ans en France (même sans titre de séjour), à l’encontre d’un étranger résidant avec un titre de séjour depuis plus de 10 ans en France, ou à l’encontre d’un étranger titulaire d’une rente d’accident du travail ou de maladie professionnelle (avec un taux d’incapacité de plus de 20%) ;

 

 

 

-          article 131-30-2 : l’interdiction du territoire français ne peut jamais être prononcée, sauf atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation, actes de terrorisme ou infractions en matière de fausse monnaie, si les attaches avec la France sont très profondes : étranger résidant depuis l’âge de 13 ans en France, étranger résidant avec un titre de séjour depuis plus de 20 ans, étranger résidant avec un titre de séjour depuis plus de 10 ans et, soit marié depuis plus de 3 ans avec un ressortissant français, soit parent d’un enfant français mineur à l’éducation duquel il pourvoit.

c. Les déclarations de Ségolène Royal ne remettent en rien en cause l’adoucissement de la double peine.

 

 

 

Il s’agit de dénoncer une politique dure avec les familles et les étrangers qui résident depuis longtemps en France, et inefficace avec les délinquants que la justice a condamnés à une peine d’interdiction du territoire. Pour cela, il faut améliorer l’efficacité des services de l’Etat dans les situations où il faut être ferme.

 

 

 

Ce n’est pas aux enfants qu’il faut s’en prendre, mais aux délinquants et criminels qui n’ont pas d’attaches dans notre pays. Plutôt que d’organiser des descentes dans les écoles, le ministre de l’intérieur devrait examiner le taux d’(in)exécution des interdictions du territoire : moins de la moitié des interdictions du territoire est exécuté (2.360 sur 5.089 prononcées en 2004).

 

 

 

Dans ce domaine, l’objectif n’est de pas de réviser encore la loi dans un mouvement de fébrilité permanente, mais de revoir les priorités de l’action des services en charge de la politique de l’immigration et de se concentrer sur leur efficacité opérationnelle dans les domaines où la fermeté est nécessaire.

 

 

 

d. Les enjeux de la politique de l’immigration

1) Créer un droit moderne à l’aller et au retour. La législation sur l’entrée et le séjour doit être en phase avec les migrations modernes de circulation. C’est dans cette direction que doit s’orienter la réflexion, et non autour de postures intenables du type de celle de Nicolas Sarkozy, qui entend durcir la loi sur l’immigration mais fait au même moment la démonstration que la loi actuelle est déjà inapplicable (circulaire du 13 juin sur les étrangers en situation en irrégulière dont un enfant est scolarisé).

2 ) Abroger les dispositions des lois Sarkozy qui ont précarisé la situation des immigrés installés depuis longtemps dans notre pays, et notamment restaurer la possibilité de régularisation après 10 ans de résidence.

3) Construire un partenariat avec les pays d’origine fondé sur le co-développement.

 

 

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