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Mardi 31 juillet 2007

A-sarko.jpg

                                                        et  COMMENTATEUR d'OPERA aux CHOREGIES d'ORANGE


Ce soir diffusion du TROUVERE de VERDI dans le cadre splendide d'ORANGE sur ANTENNE2. 
Longue et intéressante présentation de cet opéra par le journaliste Christophe Hondelatte.
Puis vers 21 heures qui voit on arriver sur scéne ? Devinez !
Nicolas Sarkozy qui commente durant 10 minutes.
Ensuite dans les minutes précédant la représentation, nombreux "zooms" vers la tribune sur qui ? Nicolas Sarkozy.......
MOI, MOI, MOI, encore MOI. 
On peut supposer que la fin de l'opéra verra  cette personne interviewant le ténor Roberto ALAGNA.......
Je n'attendrai pas la fin, dommage........
Cet envahissement des médias TV commence à devenir lassant.
Ne peut on plus voir une seule émission sans le voir se faufiler partout à tout moment ?
Mardi 31 juillet 2007

Monsieur le président,

J’ai entendu votre appel à la jeunesse africaine pour qu’elle se prenne en main afin de développer l’Afrique, appel lancé depuis Dakar (Sénégal) le 26 juillet dernier, lors de votre première tournée subsaharienne.

Je partage la pertinence de cet appel mais je voudrais relever que vous éludez les vrais problèmes de cette jeunesse: vos pairs africains qui nous imposent de mauvaises politiques.

Il vaut mieux s’en prendre à ces derniers qu’à la jeunesse africaine. Cette jeunesse qui ne croit plus aux chimères, et qui découvre, avec grande amertume, qu’aucun avenir ne lui est véritablement préparé par ces aînés qui ne lui ont légué que la honte, la fatalité et la misère... Bref un continent sinistré.

Vous marchez sur les pas de vos prédécesseurs en voulant nous donner des leçons tout en faisant semblant de ne pas comprendre nos problèmes.

Mitterrand nous avait donné de l’espoir en imposant une exigence démocratique à nos dirigeants à la Baule. Mais vingt ans plus tard nos pays sont toujours gouvernés pas des dirigeants corrompus (comme Bongo qui dirige le Gabon depuis plus de quarante ans), pour qui les élections ne sont que l’occasion de légitimer leur pouvoir en organisant des fraudes systématiques et une répression sanglante.

Dans ces conditions, comment voulez-vous que nous prenions nos destins en main ?

Les Français se sont-ils débarrassés des Allemands nazis par des discours au contenu vague comme le vôtre ? Que seraient-ils devenus si les Américains n’avaient pas débarqué sur les côtes françaises ? Que serait devenue la France sans le plan Marshall ? Les Américains sont-ils allés à Paris avant, pour demander aux Français s’ils voulaient leur libération quand les Allemands occupaient leur pays ?

Ne nous demandez pas si nous voulons de la démocratie, si nous voulons que l’argent soit investi au lieu d’être détourné.

Cela va de soit, et il faut que la France arrête de soutenir nos dirigeants corrompus qui pillent nos ressources pour alimenter leurs comptes en banque suisses, acquérir des biens immobiliers en France et asseoir leur pouvoir dictatorial en entretenant des armées prétoriennes et des réseaux politico-mafieux.

Vous dites que « l’Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur et que la colonisation n’est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux, des génocides, des dictateurs, de la corruption et de la prévarication ». Vous oubliez de désigner les vrais coupables, vos pairs africains, et de dire que la politique française en Afrique depuis 1960 a contribué à cette situation.

Louis de Guiringaud n’avait-il pas déclaré dans l’Express du 15 décembre 1979 que « l’Afrique est le seul continent qui soit encore à la mesure de la France, à la portée de ses moyens. Le seul où elle puisse encore, avec 500 hommes, changer le cours de l’histoire » ?

Alors, monsieur Sarkozy, posez-vous la bonne question de savoir comment aider notre jeunesse à changer le cours de l’histoire de l’Afrique en la débarrassant des dictateurs pilleurs.

La rupture que vous prônez en France vaut aussi pour les Africains et pour la politique africaine de la France.

Il urge de vous voir réviser cette politique trop complaisante pour vos pairs africains en exigeant plus de démocratie et de transparence dans leur gestion, seul gage pour l’implication des jeunes dans le développement du continent. Il n’y a pas d’autre alternative, et nous n’aurons d’autres choix que de vouloir quitter le continent sinistré en tentant de rejoindre l’ « eldorado européen » ou de nous libérer par tous les moyens.

Bruno TSAKADI in agoravox

Mardi 31 juillet 2007
 
 
Le président de la Région Aquitaine assure que les perturbations dans les transports sont peu dues aux grèves.
 
LE FIGARO. - Le texte débattu prévoit que les collectivités publiques - dont les Régions - définiront les modalités de mise en oeuvre du service garanti. Qu'en pensez-vous ?
 
Alain ROUSSET. - Il s'agit d'une pression pour limiter le droit de grève. Or, les perturbations dans les transports collectifs sont peu liées aux grèves, mais plutôt dues à un manque de personnel, de maintenance de matériel ou à l'état des voies, notamment pour ce qui concerne la SNCF. La vraie réponse aux perturbations dans les trains express régionaux ne peut venir que d'un effort de l'État, de la SNCF et de Réseau ferré de France. Soit l'État met en oeuvre des moyens financiers pour les moderniser, soit il permet aux Régions d'avoir les moyens financiers de le faire.
 
Vous êtes aussi en désaccord sur le système d'indemnisation des usagers, qui pourrait vous incomber dans le cadre de cette loi.
 
Oui, parce qu'il y a un double risque : celui d'une usine à gaz contentieuse et celui de faire payer deux fois le contribuable. Il paierait pour la modernisation des services, du matériel et pour les indemnisations.
 
Vous êtes président de l'association des Régions de France. S'agissant de la décentralisation, que vous inspire la victoire de Nicolas Sarkozy ?
 
J'ai rencontré il y a quelques jours François Fillon. Je compte lui envoyer un mémorandum sur l'état de la régionalisation et de la décentralisation. Actuellement, nous avons une double inquiétude : un discours du président de la République extrêmement centralisateur, et une situation financière des Régions plus que jamais préoccupante avec des transferts de compétences loin d'être financés en totalité et un dramatique blocage annoncé de nos dotations. Si le président de la République souhaite, comme il le dit, mettre en place des bonnes pratiques européennes en France, il y en a une qui doit être prioritaire parce qu'elle réussit partout : la régionalisation.
Propos recueillis par SOPHIE AUSTRUY.
 Publié le 31 juillet 2007 - lefigaro
 
 
Mardi 31 juillet 2007

PARIS (Reuters) - François Fillon va dévoiler ce mardi les grandes lignes du volet dépenses du projet de loi de finances pour 2008, qui devrait être marqué par la rigueur.

 

Le Premier ministre réunit le gouvernement à Matignon dans l'après-midi.

Il devrait annoncer le montant des crédits alloués aux différents ministères, leurs objectifs en matière d'emploi et les hypothèses de croissance et d'inflation retenus.

Pour tenir les engagements européens de la France sur la réduction du déficit public et le désendettement de l'Etat, le gouvernement devrait annoncer le non-remplacement de dizaines de milliers de fonctionnaires partant à la retraite.

Le président Nicolas Sarkozy s'était rendu en personne devant les ministres des Finances de l'Eurogroupe le 9 juillet à Bruxelles pour tenter de rassurer les partenaires européens qui pressent la France d'assainir ses finances.

Dans un premier temps, le chef de l'Etat avait reporté de deux ans la réalisation de l'objectif fixé par le gouvernement de Dominique de Villepin - le retour à l'équilibre budgétaire et le passage de la dette publique sous le seuil de 60% du PIB en 2010.

Face aux critiques des partenaires européens de la France, Nicolas Sarkozy a promis de tenir ce délai si la croissance le permet.

Le gouvernement estime qu'une croissance de 3% en 2009 est nécessaire pour y parvenir mais assure que ces deux objectifs seront atteints au plus tard en 2012.

Lors du débat d'orientation budgétaire, le ministre du Budget, Eric Woerth, a expliqué que l'effort engagé devrait permettre "dès 2008 d'amorcer une baisse du déficit".

30.000 À 40.000 FONCTIONNAIRES EN MOINS

La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a précisé de son côté que le déficit pourrait être réduit à 2,3% du PIB l'an prochain contre 2,5% prévu pour 2007.

Selon l'Insee, la dette publique française s'est accrue de près de 34 milliards d'euros au premier trimestre 2007 pour atteindre 1.175,9 milliards, soit environ 65% du PIB contre 63,7% fin 2006.

Lors de sa déclaration de politique générale, le 3 juillet, François Fillon s'était engagé à ce que "dès 2008, les dépenses de l'Etat (soient) strictement reconduites en volume", c'est-à-dire inflation non comprise.

Cet engagement est en retrait par rapport à la loi de finances 2007, qui prévoit pour cette année une augmentation des dépenses de l'Etat inférieure d'un point à l'inflation, soit une baisse d'un point en volume.

Le Premier ministre avait averti que l'Etat ne serait pas seul à se serrer la ceinture et que les collectivités territoriales seraient aussi mises à contribution.

Selon Christine Lagarde, le coût des mesures fiscales prévues par la loi sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat est évalué à 10 à 11 milliards d'euros en 2008 et 13,8 milliards en régime de croisière.

A cela s'ajoutent notamment le coût de la réforme de l'université (cinq milliards d'euros sur cinq ans) et la hausse de la charge de la dette.

Le principal levier choisi par le gouvernement pour faire des économies est le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite dans la fonction publique d'Etat, ce qui devrait se traduire par la suppression de 30.000 à 40.000 postes.

L'Education nationale, premier employeur de la fonction publique d'Etat, devrait être le principal contributeur à cette réduction des effectifs.

Compte tenu d'une hypothèse de croissance moyenne du PIB de 2,5% par an et de 30 milliards d'euros de dépenses nouvelles envisagées par le gouvernement sur la législature, la commission des finances du Sénat évalue à plus de 80 milliards d'euros les économies à faire d'ici à 2012.


Le Monde, avec Reuters


Sarko veut supprimer entre 40 et 41 000 fonctionnaires par an, pendant 5 ans. Soit, mais dans quelle secteur?

Nous savons que le chiffre serait de 17 000 dans l'Education Nationale. Par an?  Ce qui ferait 85 000 de personnel en moins en 2012. Dur dur dans notre pays qui a un taux de natalité les plus élevé d'Europe. Dur dur pour lesclasses déjà surchargées.

Mardi 31 juillet 2007

François Brun, chercheur, revient sur les propos du ministre de l’Immigration :


Par SONYA FAURE
LIBERATION : mardi 31 juillet 2007


 
Le gouvernement répète depuis quelques semaines son nouveau credo : lutter contre le travail des sans-papiers. Hier, le Parti socialiste évoquait une «chasse aux sorcières». Et mettait au défi le gouvernement de «s’attaquer aux vraies racines de l’immigration clandestine». Dans le Parisien d’hier, le ministre de l’Immigration, Brice Hortefeux, a encore insisté sur «sa détermination totale». François Brun, du Centre d’études de l’emploi (CEE), revient sur quelques-unes de ses affirmations.
 
Le gouvernement parle de 200 000 à 400 000 étrangers clandestins en France. Ces chiffres sont-ils fiables ? 
Notons déjà que l’écart entre ces deux chiffres est considérable. Mais même avec une fourchette si large, il est assez imprudent de vouloir chiffrer le nombre de sans-papiers en France ou ailleurs. Un récent rapport d’Eurostat, l’office de statistiques européen, a montré que les mesures de l’immigration irrégulière avaient partout des degrés d’imprécision considérables. Ce que souligne en revanche cette estimation c’est, en regard, la goutte d’eau que représente le passage de 20 000 à 25 000 environ du nombre d’étrangers reconduits à la frontière. Les mesures du gouvernement, au-delà des gesticulations, ont des conséquences humaines dramatiques pour ceux qu’elles frappent et leurs familles, mais leur impact économique est minime : on n’est pas prêt de se priver des services rendus à des pans entiers de l’économie par les sans-papiers !
Selon Brice Hortefeux, 10 000 personnes ont été contrôlées depuis janvier, 275 employeurs et 536 étrangers interpellés. 
Il entretient la confusion en mettant sur le même plan les employeurs et les employés. Mais dans le droit français, seuls les employeurs peuvent être poursuivis pour travail dissimulé ; les employés, eux, en sont les victimes ! C’est si vrai que l’article L.341-6-1 prévoit que l’étranger employé irrégulièrement est «assimilé, à compter de la date de son embauchage, à un travailleur régulièrement engagé en ce qui concerne les obligations de l’employeur relatives à la réglementation du travail.» Le ministre veut-il alors dire que 536 étrangers ont été interpellés pour séjour irrégulier à l’occasion de ces contrôles ? Ou tente-t-il plutôt d’inventer insidieusement un délit d’exécution d’un travail illégal ? En 2003 déjà, Nicolas Sarkozy avait réussi à faire voter un article à l’Assemblée nationale en première lecture, selon lequel les étrangers qui travaillent sans autorisation de travail pouvaient être poursuivis et sanctionnés pénalement. Avant de reculer face à une levée de boucliers.
Le ministre dit vouloir responsabiliser les employeurs : depuis le 1er juillet, ceux-ci doivent saisir les préfectures pour qu’elles vérifient les titres de séjour des candidats au poste à pourvoir. 
Il ne s’agit que d’un décret d’application de la loi du 25 juillet 2006. Il n’y a donc pas là d’innovation considérable. Comme les récentes décisions de justice, plus sévères (1), cette nouvelle obligation accentue la pression sur les employeurs, au moins les sous-traitants et les petites sociétés, car pour les donneurs d’ordre, c’est une autre affaire. Mais beaucoup prendront encore sans doute le risque d’embaucher un sans-papiers, compte tenu du bénéfice qu’ils en tirent.
Brice Hortefeux justifie sa politique en disant que les premières victimes de l’immigration clandestine sont les étrangers «légaux». Est-ce légitime ? 
C’est un grand classique : on sait que la grosse majorité des sans-papiers travaillent. Ils sont en effet très «attractifs» pour des patrons qui par le biais des horaires qu’ils imposent et du travail à la tâche, parviennent, en les employant, à abaisser considérablement le coût du travail. Le même mécanisme joue d’ailleurs pour les étrangers réguliers dotés d’un titre de séjour précaire. Et ce qui est exact, c’est que les étrangers dotés d’un titre de séjour durable, exposés à la conjonction des discriminations et du dumping social provoqué par la politique migratoire, en pâtissent également. 

(1) Le responsable d’une des plus grosses entreprises de BTP de Bretagne a été condamné il y a dix jours à dix-huit mois ferme pour «travail dissimulé» après avoir employé des ouvriers turcs en situation irrégulière.
Mardi 31 juillet 2007
 
 
 
La commémoration de l’assassinat de Jaurès, le 31 juillet, prend cette année un relief particulier, en raison des nombreuses invocations, sollicitations et références dont il a été l’objet au cours des récentes campagnes électorales, et en premier lieu de la part du candidat élu président, Nicolas Sarkozy.
Sans doute peut-on penser qu’il entrait dans cet enthousiasme récent une part de calcul politique, le plaisir et l’intérêt d’élargir sa base et de jeter la confusion chez l’adversaire. Mais pourquoi pas ? C’est un peu la loi du genre, et au fond, si Jaurès devient aussi une référence obligée de la droite, il assure ainsi sa consécration nationale, fait pleinement partie de notre patrimoine commun, et c’est très bien. Nous pouvons même espérer que les choses vont aller plus loin encore, et, qu’au-delà des hommages et des cérémonies, chacun prenne un peu de temps pour entendre la voix de Jaurès, être attentif à ce qu’il a cru, voulu et pensé.
Prenons l’actualité de cet été 2007 : réforme fiscale, loi sur la récidive, réforme des universités. Évitons les polémiques faciles, contentons-nous par exemple de feuilleter la collection de La Dépêche, «journal de la démocratie du Midi» comme elle s’appelait si joliment alors.
Le 15 avril 1888, Jaurès, qui est encore loin d’être socialiste - il se définit comme républicain et défend l’action de Gambetta et de Ferry -, s’en prend à la réaction qui veut «accroître les impôts de consommation qui pèsent partout, à la campagne comme à la ville, sur les pauvres gens». Il lui oppose son projet : «Nous voulons remplacer l’impôt foncier par un accroissement des droits qui frappent les successions au-dessus d’un certain chiffre» car «nous pouvons demander quelques sacrifices aux capitaux mobiliers ou immobiliers que les générations se transmettent souvent sans les féconder sans les légitimer par leur travail propre».
Sans abuser du parallèle historique, au titre de jeu d’été, ce Jaurès, encore bien modéré, aurait-il voté le projet gouvernemental ? L’autonomie des universités ? Un sujet de prédilection pour Jaurès, maître de conférences à la faculté de Toulouse, avant et après son premier mandat de député, et aussi adjoint au maire de Toulouse (1890-1893) chargé de l’instruction publique dans son ensemble, mais en fait d’abord du projet de création d’une université régionale. Jaurès n’a rien d’un centralisateur, et ce défenseur de la «liberté universitaire» (titre d’un article de La Dépêche, 25 juin 1894) va même plus loin que la plupart des républicains de son temps quand il envisage des «expériences» diverses. Rappelons-nous aussi qu’il vit dans un temps où même l’enseignement secondaire reste réservé à une infime minorité, mais cela dit, le fond de sa pensée est bien que la République suppose une démocratie, donc des citoyens instruits. Sa préoccupation est d’assurer l’enseignement du peuple : c’était alors la fonction de l’instruction primaire, aujourd’hui le même objectif suppose un accès généralisé aux universités, qui ne soit pas seulement formel, mais substantiel. C’est toujours l’enjeu des débats actuels.
La récidive ? La délinquance ? Des sujets qui deviennent sans doute des questions politiques au temps de Jaurès, avec déjà la fascination pour l’argent facile, la perte des repères, le rôle des médias dans l’exaltation de «bandits tragiques» [la bande à Bonnot, ndlr] en même temps que la surexcitation des peurs. A l’époque, non seulement Jaurès, mais l’ensemble de la gauche se bat pour une justice plus humaine, qui ne soit pas seulement répressive, mais aussi éducative, qui refuse les facilités de l’élimination sociale. Jaurès mena en vain le dernier grand combat parlementaire contre la peine de mort (1908) avant celui que put faire aboutir deux générations plus tard Robert Badinter (1981).
Ce n’était pas facile, mais le généreux Jaurès professait aussi qu’il fallait parfois savoir «dépenser sa popularité» en allant à contre-courant de l’opinion, de la mode, « ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe» (lycée d’Albi, discours à la jeunesse, 30 juillet 1903). Il citait Hugo ( «construire des écoles, c’est abattre les murs des prisons») et qualifia un jour le code pénal de «barbare», un mot rare chez lui. Se serait-il reconnu dans le projet de loi défendu par Mme Dati ?
Bien sûr, le monde a changé. Jaurès ne donne pas de solutions pratiques à tout. Mais il reste une référence, un inspirateur : nous l’avons bien entendu voici quelques semaines. Et il n’est pas inutile de revenir aux valeurs sur lesquelles il s’appuyait. Nos interprétations seront diverses, des discussions probables. Mais nous sommes certainement nombreux à espérer qu’une politique de gauche moderne, efficace et résolue puisse continuer à faire entendre et à renforcer l’autorité du message jaurésien. Une initiative comme celle de Gauche Avenir n’a pas d’autre ambition que d’y contribuer. 




Gilles Candar, historien, jaurésien, signataire de l’appel Gauche Avenir (1) - LIBERATION : mardi 31 juillet 2007
(1) www.gaucheavenir.org
La politique gouvernementale à la lumière des écrits de cette figure historique de la gauche.
Mardi 31 juillet 2007

Pendant l'examen du texte, les députés de gauche ont relayé la colère des syndicats qui appellent à manifester mardi.

 

L'Assemblée nationale (AFP)

 

L'Assemblée nationale (AFP)

 

Les députés ont entamé lundi 30 juillet l'examen du projet de loi sur le service minimum dans les transports, alors que la contestation monte contre l'instauration d'un préavis individuel pour tout salarié gréviste. Les parlementaires de gauche ont relayé dans l'hémicycle la colère des syndicats, qui appellent à manifester mardi contre ce texte.

Les organisations syndicales dénoncent essentiellement deux dispositions du projet de loi, déjà adopté par le Sénat le 19 juillet: l'organisation dans l'entreprise d'un vote à bulletin secret au bout de huit jours de conflit social et la déclaration individuelle obligatoire 48 heures avant la participation à une grève.

Les salariés qui ne se déclareront pas grévistes au moins deux jours à l'avance ne pourront pas changer d'avis, sauf à encourir une sanction, contrairement aux grévistes déclarés, qui pourront finalement décider de ne pas faire grève. En pratique, cette mesure devrait mettre fin aux mouvements de protestation spontanés, après une agression par exemple.

Saisie possible du Conseil constitutionnel

Le groupe SRC (socialiste, radical et citoyen) à l'Assemblée nationale a annoncé lundi sa décision de saisir le Conseil constitutionnel dès le vote du texte.
"Il s'agit d'une rupture juridique qui bafoue les principes constitutionnels régissant le droit de grève", a déclaré Alain Vidalies (PS), qui défendait lundi à l'Assemblée une motion de procédure, "l'exception d'irrecevabilité".
Pour le groupe SRC, la caractéristique du projet de loi de Xavier Bertrand (Travail) "est de s'attaquer aux conditions d'exercice du droit de grève et de s'immiscer dans la libre administration des collectivités territoriales".
Parmi les dispositions qui "seront soumises à l'examen du Conseil constitutionnel", figurent notamment celles de l'article 5, qui imposent à "chaque salarié l'obligation d'informer le chef d'entreprise de sa participation à la grève 48 heures avant son début".
 

"Logique pratique"

"Le but, c'est que la règle du jeu soit respectée par tout le monde", a souligné lundi le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez, en précisant que les "pénalités financières" en cas de non-respect du préavis individuel de grève seraient "négocié(es) branche par branche".

Alors que les syndicats dénoncent une remise en cause du droit de grève, le ministre du Travail et des relations sociales Xavier Bertrand a assuré lundi devant les députés que "ce projet de loi n'entend nullement le remettre en cause". "Si on veut aujourd'hui faire grève, est-ce qu'avec ce texte on le pourra? Oui, on le pourra", a-t-il affirmé.

Il est "impératif que les entreprises puissent savoir précisément qui sera présent le jour de la grève" afin d'organiser le service, a-t-il plaidé. La déclaration préalable n'a donc "rien d'idéologique (...) Notre logique est purement pratique".

"Il s'agit manifestement d'une atteinte au droit de grève", a protesté le député socialiste Alain Vidalies. "Quand le métro ne vient pas, quand le train n'arrive pas, c'est d'abord pour des raisons techniques à 98%", a souligné de son côté sur i>Télé la députée socialiste de Paris Annick Lepetit.

"Bras de fer avec les syndicats"
 
"On ne peut plus aujourd'hui exercer librement son droit de grève. On a l'impression que le gouvernement a engagé une espèce de bras de fer qui est inquiétant avec les syndicats", a déploré sur LCI le secrétaire national du Parti socialiste Faouzi Lamdaoui.

"S'attaquer au droit de grève dans les transports, sous couvert de garantir à l'usager un 'service minimum', est hypocrite et populiste", a également estimé dans un communiqué Yann Wehrling, porte-parole national des Verts. "Le projet du gouvernement n'a pas pour objectif le dialogue social ni l'amélioration du service public. Il s'agit en fait pour lui d'avoir les mains libres en diminuant la capacité de résistance des salariés, face aux réformes à venir".

Extension du service minimum

La commission spéciale de l'Assemblée nationale a adopté lundi un amendement UMP au texte sur le service minimum dans les transports publics terrestres, prévoyant un bilan le 1er octobre 2008 sur le dialogue social dans les autres modes de transports publics, a-t-on appris de source parlementaire.
L'amendement, examiné juste avant le début de l'examen du projet de loi en séance publique, permettra, s'il est voté par les deux assemblées, d'enclencher l'extension du service minimum à tous les transports publics.

Xavier Bertrand a pourtant rejeté lundi toute extension du service minimum aux transports maritime et aérien, contrairement au souhait des sénateurs. Malgré les assurances gouvernementales, la plupart des syndicats voient néanmoins ce texte comme une première étape, surtout après les propos du Premier ministre François Fillon, qui avait évoqué récemment une possible extension du service minimum à l'Education nationale.

Le projet de loi prévoit par ailleurs que les directions des entreprises et les organisations syndicales devront négocier avant le 1er janvier 2008 un accord de prévention des conflits. Il crée un "véritable droit à l'information des usagers", en imposant aux entreprises de transport de faire connaître, au moins 24 heures avant le début de la grève, le service qui sera assuré durant celle-ci.

L'adoption définitive du texte est prévue pour le vendredi 3 août, jour de clôture de la session extraordinaire du Parlement. 


NOUVELOBS.COM | 30.07.2007 | 19:34 (avec AP)


Quelques réflexions sur ce projet, et en particulier sur le fait de devoir se déclarer gréviste 48 heures avant le jour de grève:

Je me déclare gréviste: de fait je vais être fiché par l'entreprise comme forte tête, élément perturbateur.. et l'entreprise aura tout loisir de me virer un jour ou l'autre ou de me harceler dans mon métier..

Je ne me déclare pas gréviste et je participe au mouvement tout de même: je vais être fiché par mon entreprise comme un élément incontrôlable qui ne respecterait pas les textes, etc.. et celle-ci aura loisir de déclarer mon absence comme irrégulière et de décider que celle-ci en tant que manquement au service peut être considérée comme faute grave. D'où licenciement sur le champ!...

* Je me déclare gréviste, et ne fait pas la grève: l'entreprise va me prendre comme un élément pas sûr, et je serai fiché comme élément instable, potentiellement perturbateur...

Lundi 30 juillet 2007
filippetti.jpg

Propos recueillis par Bertrand GRECO
Le Journal du Dimanche

Dimanche 29 Juillet 2007

 

Le Journal du Dimanche poursuit sa série d'entretiens avec la jeune garde du Parti socialiste. Après Benoît Hamon et Christophe Girard, place à l'une des benjamines de la rue de Solferino, Aurélie Filippetti. A 34 ans, cette normalienne agrégée de lettres, accienne des Verts, est désormais porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée nationale ainsi que du "shadow cabinet".

 

Quel est votre diagnostic sur l'état du PS ?
Même s'il a plus de députés que sous la précédente législature, il n'est évidemment pas au mieux de sa forme, après les défaites qui font suite au traumatisme de 2002. Une profonde et nécessaire remise en cause s'impose. Mais ce n'est pas parce que Sarkozy est à l'Elysée que l'Histoire s'arrête.

Le PS est-il "complètement nécrosé", comme le disent certains quadras socialistes ?
Le parti est aujourd'hui dans une situation de blocage. En même temps, l'année dernière, des dizaines de milliers de nouveaux adhérents ont apporté un formidable vent d'air frais. Et on verra assez vite les limites de la politique de Nicolas Sarkozy, qui sera douloureuse pour les catégories populaires et les classes moyennes. Notre pays va avoir besoin rapidement d'une gauche forte et structurée. Le PS devra alors être au rendez-vous.

Faut-il "faire imploser le PS", comme le préconise Manuel Valls ?
Je n'aime pas l'image violente de l'implosion, car elle porte l'idée d'un repli sur soi. Je préfère l'idée d'un grand rassemblement. Selon moi, le changement ne viendra pas de l'intérieur du PS. Je voudrais qu'on s'ouvre à nos sympathisants qui ne sont pas encore encartés, à la société civile, aux associations, aux mouvements intellectuels, au monde de la recherche, mais aussi bien sûr aux autres partis de la gauche. Nous devons également reprendre le dialogue avec les éléments du MoDem les plus progressistes. Je plaide pour la création d'une grande confédération de la gauche démocratique.

"Sortir de cette logique mortifère des courants qui se regardent le nombril"

L'ex-Verte que vous êtes a-t-elle un regard différent ?
Le PS doit s'inspirer du comportement exemplaire des Verts en matière de parité. Mais je connais aussi les limites d'un fonctionnement groupusculaire. Je ne voudrais pas que le PS soit victime d'une insupportable bataille de courants.

En voulant prendre la tête du parti, Ségolène Royal n'est-elle pas en train de relancer la guerre des écuries ?
Non, justement, c'est tout ce qu'elle ne veut pas: enfermer le PS dans des guerres picrocholines. Il faut sortir de cette logique mortifère des courants qui se regardent le nombril. L'urgence est de travailler sur le fond, sur le programme, en trouvant un nouveau langage, en sortant du prêt-à-penser idéologique et des solutions rabâchées depuis des années. Par exemple, pour répondre à Sarkozy sur les heures sup', on pourrait parler de la santé au travail, des maladies professionnelles, des nouvelles formes de pression que subissent les salariés...

Ségolène Royal a du mal à reconnaître ses responsabilités dans la défaite. Peut-il y avoir rénovation sans véritable autocritique ?
Ce terme d'autocritique est trop connoté. En revanche, il faut analyser l'échec. Ségolène sortira un livre pour expliquer ce qui s'est mal passé. Il y a eu des relations difficiles avec le PS, mais aussi une certaine désorganisation. On a surtout eu un problème de temps: Sarkozy a fait campagne pendant cinq ans, Ségolène pendant cinq mois.

"C'est un peu facile de faire de la politique-fiction rétroactive"

Michel Rocard raconte dans Paris Match qu'il a proposé à Ségolène Royal de se retirer à son profit pendant la campagne. Qu'en pensez-vous ?
C'est une fausse révélation, Ségolène en avait déjà parlé. Je ne vois pas pourquoi Rocard ou DSK auraient été de meilleurs candidats, en particulier auprès des jeunes des "quartiers". C'est un peu facile de faire de la politique-fiction rétroactive.

Comment percevez-vous l'ouverture de Nicolas Sarkozy ? Un acharnement ou une opportunité de s'affranchir des éléphants ?
Il faut être cynique pour dire "chouette, Sarkozy affaiblit la gauche, ça va faire de la place aux jeunes !". Sa stratégie consiste à couper l'herbe sous le pied à toute contestation. Le meilleur moyen d'empêcher l'opposition de s'exprimer, c'est de la discréditer, en l'intégrant à son gouvernement ou aux instances qu'il met en place. C'est dangereux ! Les limites de cette prétendue ouverture se voient dans la politique qui est menée: les premiers projets de loi examinés à l'Assemblée ne sont en rien des projets d'ouverture. La politique fiscale, par exemple, s'adresse aux plus riches, mais sera payée - 15 milliards d'euros - par l'ensemble des Français via une augmentation de la TVA. Cette politique n'est pas faite pour tous les Français.

 

 
 
 
 
 

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