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Mardi 24 juillet 2007

La Pologne souhaite "rejoindre les Britanniques" dans leur refus du caractère contraignant de la Charte des droits fondamentaux. C'est le "principal problème" auquel ont été confrontés les 27 membres de l'Union européenne réunis pour commencer la rédaction du nouveau traité.

Selon l'eurodéputé britannique Andrew Duff, la ministre polonaise des Affaires étrangères, Anna Fotyga, a demandé lundi 23 juillet de pouvoir garder la possibilité de "rejoindre les Britanniques" dans leur refus du caractère contraignant de la Charte des droits fondamentaux.
André Duff est l'un des trois députés qui participent à la conférence intergouvernementale chargée de finaliser la rédaction du traité, qui s'est ouverte lundi. Selon lui, cette demande polonaise de rejeter comme juridiquement contraignante la Charte des droits fondamentaux a constitué "le principal problème apparu lors de la séance d'ouverture de la CIG". 

Difficile de refuser

Pour sa part, le ministre luxembourgeois des Affaires européennes Nicolas Schmit a jugé "regrettable" cette demande "de la part d'un pays qui a tant investi dans la lutte pour la liberté".
"On pourra difficilement refuser à la Pologne ce que l'on a accepté pour le Royaume-Uni", a-t-il cependant estimé.
La Charte des droits fondamentaux est considérée comme une des grandes avancées du traité qui doit remplacer la Constitution européenne.

La rédaction du traité lancée

Les 27 ministres européens des Affaires étrangères ont officiellement lancé lundi la rédaction finale du nouveau traité remplaçant la Constitution européenne, qui devrait être conclue mi-octobre.

La rédaction du nouveau traité, sur la base du compromis trouvé au sommet de juin, doit permettre à l'Union européenne de mieux fonctionner après le rejet de la Constitution européenne par la France et les Pays-Bas.
La conférence intergouvernementale (CIG) chargée de cette rédaction, qui réunit les 27 ministres des Affaires étrangères, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et trois eurodéputés, a été formellement ouverte par la présidence portugaise.
La présidence portugaise de l'UE a distribué aux ministres un projet de traité, sur lequel les experts juridiques devraient commencer à plancher mardi et mercredi, en attendant des discussions approfondies à partir de fin août.

Pas un Super Etat

Le Portugal espère que le texte - qui devrait faire environ 200 pages, dont 100 pages de traité plus les protocoles et déclarations annexes - pourra recueillir l'assentiment des 27 lors du sommet des 18-19 octobre à Lisbonne, puis être formellement signé d'ici la fin de l'année.
Le traité devra être ensuite ratifié par tous les pays membres pour pouvoir entrer en vigueur avant les élections au Parlement européen de juin 2009.

Les Etats membres ont  décidé de garder les innovations de la Constitution destinées à faciliter les décisions dans l'UE élargie, comme l'augmentation des décisions à la majorité qualifiée plutôt qu'à l'unanimité et le renforcement des compétences du Haut représentant de l'UE pour la politique extérieure. Et abandonné ce qui pouvait donner à l'UE les caractéristiques d'un super-Etat, comme le terme même de Constitution.
Après des discussions difficiles avec Londres et surtout d'épiques tractations avec le Premier ministre polonais Jaroslaw Kaczynski, les dirigeants européens avaient trouvé à l'aube du 23 juin un accord sur les principaux points du futur traité.

Deux ans de blocage

Mais quelques jours plus tard, Jaroslaw Kaczynski avait confirmé sa réputation de partenaire imprévisible en affirmant avoir reçu des "assurances verbales" au-delà de l'accord trouvé.
Il avait affirmé qu'on lui avait promis qu'une minorité de pays pourrait bloquer pendant deux ans des décisions prises à la majorité qualifiée - alors que les textes adoptés à Bruxelles ne parlent que d'un "délai raisonnable".
Un diplomate portugais a expliqué vendredi que son gouvernement avait eu depuis des "contacts" avec Varsovie. Et que Lisbonne n'avait reçu "aucune indication" que les Polonais pourraient revenir sur l'accord trouvé en juin.



NOUVELOBS.COM | 23.07.2007 | 14:37


"Tout va bien, braves gens", c'est un peu ce que nous disait M.Sarko en triomphant au sortir de son cirque européen..

A trop et trop vite vouloir tout faire notre magicien d'Oz va manger un jour sa cravate!

Mardi 24 juillet 2007

Une étude de l'Insee pointe une baisse de 0.9 % du salaire net des agents de la fonction publique d'état entre 2004 et 2005, compte tenu notamment de l'inflation.

Les agents de la fonction publique d'Etat ont perçu en moyenne 2.127 euros nets par mois en 2005, soit 0,9% de moins qu'en 2004 compte tenu de l'inflation, selon une étude de l'Insee publiée mardi 24 juillet.
Le salaire brut moyen s'élève à 2.540 euros par mois pour la même année. Mais la moitié du 1,84 million de fonctionnaires d'Etat (titulaires et non titulaires des ministères civils en poste en métropole) ont perçu un salaire mensuel net inférieur à 1.974 euros.
Au bas de l'échelle, 10% d'entre eux ont gagné moins de 1.287 euros nets par mois et, en haut, 10% ont gagné plus de 3.114 euros.
Hors inflation, la rémunération des agents de l'Etat a donc progressé de 1,6% (brut) et de 0,9% (net) entre 2004 et 2005.
Mais les prix ayant augmenté de 1,8% en moyenne annuelle en 2005, les salaires ont en fait diminué de 0,2% (brut) et de 0,9% (net) en euros constants.

Les salaires des hommes toujours plus élevés

Les syndicats de fonctionnaires dénoncent depuis plusieurs années la dégradation du pouvoir d'achat dans la Fonction publique (-6% depuis 2000) et réclament une hausse substantielle du point d'indice.
La rémunération nette moyenne des cadres, à 2.465 euros, a sensiblement diminué en 2005 (-2% en euros constants) de même que celle des employés et ouvriers (1.600 euros -0,4%). Le traitement des professions intermédiaires est quant à lui quasiment stable (1.822 euros -0,1%).
Autre enseignement : les salaires masculins, à 2.312 euros nets en moyenne, restent supérieurs de 15,9% aux salaires féminins (1.994 euros nets).
Selon une méthode de calcul différente prenant en compte seulement les agents présents à la fois en 2004 et en 2005 - et non l'ensemble des fonctionnaires d'Etat - le salaire brut augmente de 1,1% et le salaire net de 0,4% en euros constants.
Cette croissance est toutefois inférieure à celle observée depuis 2000 : sur la période 2000-2005, la rémunération des personnes en place deux années de suite a progressé de 1,8% (net et brut) par an, selon l'Insee.
"Ces fluctuations, à la hausse ou à la baisse, sont dues à l'évolution de la valeur du point d'indice (qui sert à calculer le traitement des fonctionnaires) et aux revalorisations catégorielles qui varient d'une année sur l'autre en fonction des négociations salariales", précise l'institut.

 De plus en plus de fonctionnaires qualifiés

L'étude révèle par ailleurs que la proportion des corps les plus qualifiés et donc les plus rémunérés dans la fonction publique d'Etat s'est accrue par rapport à 2004. En 2005, on compte 57,3% d'agents de catégorie A, la plus élevée, (contre 55,8% en 2004), 13,3% de catégorie B (contre 14,5% en 2004).
La baisse des agents de catégorie B est notamment la conséquence de la transformation des emplois d'instituteurs (catégorie B) en professeurs des écoles (catégorie A). Des changements qui représentent au total +0,8% dans l'évolution du salaire net moyen, selon l'Insee.
Le salaire brut des fonctionnaires d'Etat s'obtient en ajoutant au traitement indiciaire brut l'indemnité de résidence, le supplément familial éventuel, les primes et les indemnités. Le salaire net est obtenu en retranchant du salaire brut les cotisations sociales ainsi que le contribution sociale généralisée (CSG) et la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS).



NOUVELOBS.COM | 24.07.2007 | 09:23

Mardi 24 juillet 2007

Les cinq infirmières et le médecin bulgares condamnés en Libye viennent d'atterrir à Sofia. Une procédure est ouverte pour les gracier.

Les infirmières et le médecin bulgares détenus par la Libye ont atterri à Sofia, la capitale bulgare, mardi 24 juillet, à 8h45 (heure de Paris).
Le porte-parole du ministère bulgare des Affaires étrangères Dimitar Tsantchev a déclaré à la télévision bTV qu'ils seront graciés au moment de leur arrivée à Sofia: "La procédure est en cours, il n'y a pas encore de décret (présidentiel), on met au point les détails techniques afin qu'elle se termine au moment même où ils toucheront le sol bulgare".

Communiqué de l'Elysée

La libération des soignants a d'abord été annoncée par un communiqué de l'Elysée, à 6h30 mardi matin (heure de Paris). "L'avion de la République française vient de décoller de Libye à destination de Sofia avec à son bord Mme Cécilia Sarkozy, Mme Bénita Ferrero-Waldner, M. Claude Guéant, les infirmières et le médecin palestinien", précise le communiqué.
La radio nationale bulgare avait annoncé au cours de la nuit de lundi à mardi que des parents des infirmières bulgares les attendaient déjà à l'aéroport de Sofia.
Le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, interrogé en direct sur LCI depuis l'aéroport de Sofia, a déclaré que Le président de la République Nicolas Sarkozy se rendra en Libye dans les "deux jours".

Virus du sida

Benita Ferrero-Waldner, commissaire européenne chargée des relations extérieures, se trouvait depuis dimanche à Tripoli, avec le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant et l'épouse du président français, Cécilia Sarkozy.
La première dame de France a rencontré Aicha, la fille du colonel Mouammar Kadhafi, qui dirige une organisation caritative, mais ne s'est pas entretenue avec le chef de la révolution libyenne.
Cécilia Sarkozy et Claude Guéant s'étaient déjà rendus en Libye le 12 juillet pour rendre visite aux cinq infirmières et au médecin, accusés depuis 1999 d'avoir inoculé le virus du sida à plus de 400 enfants dans un hôpital libyen. Leur condamnation à mort a été commuée la semaine dernière en peine de prison à vie, ouvrant la voie à leur extradition vers Sofia. Ils ont passé huit ans et demi en prison en Libye.

Conditions

De son côté, la commissaire européenne a eu des entretiens avec des responsables libyens qui ont présenté des conditions pour la libération et le rapatriement des cinq infirmières et du médecin bulgares.
Un responsable du gouvernement libyen a affirmé mardi que les conditions posées par la Libye "ont été satisfaites", a déclaré un responsable gouvernemental libyen.
Selon une source diplomatique dans la capitale libyenne, Tripoli a notamment exigé une "normalisation complète des relations de la Libye avec les pays de l'Union Européenne dans tous les domaines" ainsi que des garanties pour le traitement des enfants libyens atteints du sida.
 


NOUVELOBS.COM | 24.07.2007 | 09:16


Rappelons-nous, au-delà du cirque médiatique sarkozien, que cela fait au moins 3 ans que la Commission Européenne négocie, que même Douste-Blazy était dans le coup...

Et puis, petite question: A part la rançon demandée officiellement à l'Europe par ce grand démocrate de Kadhafi, qu'est-ce que çà va coûter à la France?....

Apparemment, Kadhafi a fait le forcing sur 3 choses: un partenariat privilégié avec l'Europe, une ligne de chemin de fer et une autoroute.... Tout cela pour rembourser les frais de bouche de Cécilia et le voyage des otages en Airbus de la République Française?....

Et, souvenons-nous d'Ingrid Betancourt.. et des journalistes français pris en otages à travers le monde.. Que fait Sarko'mmunicant pour eux?....

Mardi 24 juillet 2007
Le projet de loi sur la récidive ne nécessitait pas la procédure d’urgence, au contraire.
 
Le projet de loi sur la récidive, en cours d’examen par le Parlement, est le septième projet de loi en six ans réformant le code pénal en vue de parvenir, directement ou indirectement, à une régression de la récidive. Une analyse lexicale détaillée des discours de présentation de ces sept textes montrerait que, chaque fois, ils furent présentés comme LA loi qui permettrait enfin de traiter au fond le sujet.
Il y a évidemment une profonde contradiction entre les discours tenus et l’apparition annuelle de LA loi nouvelle. On assiste en réalité à un dévoiement de la loi : le fait d’annoncer un projet de loi, d’en parler, d’en débattre, constitue un placebo des actions concrètes qu’il faudrait conduire, et dont la fonction est de masquer leur carence. Avec le projet de loi sur la récidive, cette méthode est poussée à son paroxysme.
Ce texte est présenté selon la procédure d’urgence, c’est-à-dire qu’il n’y aura qu’une lecture dans chaque assemblée. Il faut impérativement - nous dit-on - que cette loi soit votée fin juillet. Or le paradoxe c’est qu’il est sûr qu’aucune des dispositions qu’elle comporte n’a de chance d’avoir d’effet - si effet il y avait - en terme de lutte contre la récidive avant longtemps. Nous disposons donc de tout le temps nécessaire pour procéder à toutes les lectures dans chaque assemblée qui sont prévues par la Constitution. Mais, pratiquement, le temps médiatique l’emporte. Il faut que l’illusion - le placebo - produise son effet dans les quinze jours ! Qu’on en juge par les trois dispositions majeures du texte.

Les peines planchers, d’abord, qui visent à réduire la liberté d’appréciation des juges, à accroître les durées de détention, et donc - si elles ont de l’effet - à surpeupler dans les prochaines années des prisons déjà surpeuplées. Or il est clair qu’il n’y a aucune corrélation entre la durée de la détention et la récidive ou la non-récidive. On sait, en revanche, qu’il y a un rapport très étroit entre les libérations conditionnelles, les alternatives à la prison, les conditions de détention (et donc le non-surpeuplement pénitentiaire), l’accompagnement des détenus à leur sortie et la non- récidive. Or, sur tout cela, le projet de loi est muet. C’est un projet qui parle de ce qui n’a pas d’effet et ne parle pas de ce qui a de l’effet.

Seconde disposition : celle qui concerne les mineurs. On sait que les choses étant ce qu’elles sont, le séjour en prison n’est pas la meilleure solution pour les mineurs, loin s’en faut. On sait que les centres éducatifs fermés sont une bien meilleure solution. Il a été dit et redit qu’il n’en existe qu’un pour toute l’Ile-de-France et que celui qui existe ne permet pas même d’accueillir un jeune de 16 à 18 ans par département de l’Ile-de-France ! Dans ces conditions, on voit bien que la priorité n’est pas d’édicter les dispositions, au demeurant très contestables, du projet de loi, mais de se donner les moyens concrets de créer - notamment - de nouveaux centres éducatifs fermés. Mais de cela le projet de loi, dont l’urgence est chaque jour proclamée, ne dit rien !

Troisième disposition du texte : l’extension de l’injonction de soins, dès lors qu’un expert la juge nécessaire, dans un certain nombre de circonstances précisées, sans que le juge ne puisse, sauf exception, rien faire d’autre qu’obtempérer, ce qui constitue une nouvelle limite à sa liberté d’appréciation. Remarquons d’abord que ce dispositif ne fait que renforcer la dérive hygiéniste dont on constate chaque jour les progrès. Entendons-nous : il est clair qu’il est des cas où l’injonction de soin est justifiée. Mais ajoutons que le soin, pour être efficace, suppose le consentement de l’intéressé et un rapport de confiance entre ce dernier et le médecin.

Ajoutons aussi que c’est une illusion - l’illusion hygiéniste - que de croire que le soin médical et le recours aux médicaments sont des réponses universelles permettant, en particulier, de guérir les troubles de la personnalité. Ceci étant dit, comment ne pas entendre les juges qui dénoncent la carence grave en termes d’experts, de médecins coordonnateurs et de psychiatres ainsi que la misère de la psychiatrie dans nos prisons, qui rendront largement inopérantes les dispositions du projet de loi ? A cela, le texte qui sera voté dans l’urgence n’apporte pas le moindre commencement de réponse.

Conclusion : au moment où on parle de revaloriser le rôle du Parlement, on fait le contraire en dévoyant spectaculairement - c’est le mot ! - le processus législatif. 
Par Jean-Pierre Sueur, sénateur du Loiret, ancien ministre.
LIBERATION : mardi 24 juillet 2007
Mardi 24 juillet 2007

François Hollande fait ainsi écho au livre de François Mitterrand, "Le coup d'Etat permanent", qui critiquait le régime du général de Gaulle. 

François Hollande et Nicolas Sarkozy

 

François Hollande et Nicolas Sarkozy

(c) Reuters

 

Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, reconnaît l'"habileté" de Nicolas Sarkozy tout en critiquant, dans un entretien au quotidien Le Monde daté du mardi 24 juillet, sa "stratégie de coup d'éclat permanent".

La formule fait écho au livre de François Mitterrand "Le coup d'Etat permanent" qui critiquait en son temps la présidence de Charles de Gaulle.

Pour François Hollande, le président de la République a "du sens politique" et la "volonté de rompre avec son prédécesseur" mais il oppose à ces qualités "la réalité de la politique menée", notamment en matière fiscale.

"Quand son déficit est de l'ordre de 40 milliards d'euros et celui de la Sécurité sociale de 13 milliards, accorder 6 milliards à une minorité de contribuables c'est insensé sur le plan budgétaire, inespéré pour les bénéficiaires et inacceptable sur le plan social", explique le premier secrétaire du PS.

"Les Français au spectacle"
 
Selon lui, "pour le moment, les Français sont au spectacle".

"Certains, souvent les plus modestes, se sont même laissé convaincre que si les plus fortunés ont des cadeaux, ils hériteront au moins des rubans. A nous de démontrer qu'il n'en sera rien, que l'argent public sera distribué en pure perte et que la politique économique du gouvernement n'encourage ni l'effort, ni l'investissement, mais la rente", ajoute-t-il.

Le chef de l'Etat pourrait connaître l'"état de disgrâce", prévient François Hollande "si, d'ici les élections municipales, les Français ont le sentiment que leur travail n'est pas correctement rémunéré, que les prélèvements augmentent alors que la rente, le profit et la spéculation sont récompensés".

Contre la "conception purement personnelle du pouvoir"

Le premier secrétaire du PS condamne la "conception purement personnelle du pouvoir" de Nicolas Sarkozy et l'ouverture du gouvernement à des personnalités issues de l'opposition.

"Il faut rejeter la confusion des politiques, des programmes, des personnes", estime-t-il. "Vieille chimère, le 'gouvernement des meilleurs' conduit à la politique du pire", poursuit-il. 


NOUVELOBS.COM | 23.07.2007 | 20:56 (avec Reuters) 




et l'article du Monde:

 
A quoi attribuez-vous la popularité de Nicolas Sarkozy?
 Pour tout vainqueur d'une élection présidentielle, s'ouvre toujours une période de grande liberté. Tout semble alors possible. C'est l'état d'apesanteur. Et convenons que Nicolas Sarkozy a pris ses aises depuis deux mois. Par rapport à sa fonction, qu'il occupe au-delàmême de ses attributions; par rapport à sa propre majorité, qu'il soumet au-delà même de la souffrance. Et par rapport à l'opposition, qu'il a tenté de réduire, et même de choisir.

Lui reconnaissez-vous des qualités?
De l'habileté, Nicolas Sarkozy en est pourvu. De sens politique aussi. Et sa volonté de rompre avec son prédécesseur est évidente. Mais devant lui, il y a tout simplement la réalité. La réalité de la politique menée, qui risque d'être aussi efficace qu'in juste. Et la réalité de l'héritage : le sien, puisque sa majorité s'est succédé à elle-même.

Quel bilan faites-vous de ses deux mois de présidence?
Alors que les présidents élus engagent souvent le plus ardu durant les premiers mois de mandat, Nicolas Sarkozy a fait le plus facile en accordant à crédit des cadeaux fiscaux. Tout en faisant croire que les largesses distribuées à quelques-uns bénéficieront au plus grand nombre. Ainsi le bouclier fiscal va-t-il permettre à moins de 1000 contribuables de se voir rembourser 250 millions d'euros! Avec la réforme des droits de succession, la suppression de l'impôt sur la fortune, c'est plus de 6 milliards d'euros que l'Etat va perdre. Quand son déficit est de l'ordre de 40 milliards d'euros, et celui de la Sécurité sociale de 13 milliards, accorder 6 milliards à une minorité de contribuables c'est insensé sur le plan budgétaire, inespéré pour les bénéficiaires, et inacceptable sur le plan social.

Pourquoi ce type de mesures ne suscitent-elles pas de réactions?
Pour le moment les Français sont au spectacle. Nicolas Sarkozy est dans une stratégie de "coup d'éclat permanent". L'omniprésidence suppose le coup d'éclat. Chaque jour vient changer la donne du précédent, et est effacé par le jour suivant.

En quoi cette méthode pose-t-elle problème?
C'est une conception purement personnelle du pouvoir. Comme les Français, je veux que le président préside. Doit-il être pour autant le seul acteur? Face à un exécutif fort, il faut un Parlement puissant qui maîtrise une part de l'initiative législative et contrôle le gouvernement, à condition qu'il y en ait un! Or la méthode de Nicolas Sarkozy, c'est de laisser croire qu'il peut tout faire tout seul et de le faire savoir à la télévision.

Pourquoi n'êtes-vous pas entendu?
Les Français veulent que ça marche. Ils ont raison. Ils sortent d'une longue période d'immobilisme, une suite d'illusions perdues et d'échecs. Ils espèrent une réussite que nous souhaitons tous. Pourquoi faudrait-il qu'une grande majorité de nos concitoyens soient déjà dans la condamnation ou la suspicion? Certains, souvent les plus modestes, se sont même laissé convaincre que, si les plus fortunés ont des cadeaux, ils hériteront au moins des rubans. A nous de démontrer qu'il n'en sera rien, que l'argent public sera distribué en pure perte et que la politique économique du gouvernement n'encourage ni l'effort ni l'investissement, mais la rente.

N'avez-vous pas aussi perdu la bataille des valeurs ?
Nous avons perdu la bataille présidentielle, mais pas le combat sur les valeurs. Sur le travail, la propriété, la cohésion nationale, Nicolas Sarkozy a su se faire entendre en délivrant une philosophie consumériste : "Je vais vous permettre de réussir individuellement là où le collectif vous en empêche." Il a installé une machine à rancunes! En mettant en cause les valeurs collectives et en contestant les principes de solidarité, la droite installe la concurrence partout. Quand on est dans une logique individuelle, alors chacun demande à "en avoir pour son argent". Ce sera la questiondans les mois qui viennent : est-ce que chacun en a pour son argent, pour son vote? La gauche, pour sa part, doit concilier les mécanismes de solidarité avec ceux de la performance personnelle. Il faut en terminer avec l'image d'une gauche qui serait simplement dans la redistribution ou dans la sanction de la réussite.

Nicolas Sarkozy a fait davantage que le PS pour la diversité…
Reconnaissons que la composition du gouvernement marque un progrès. Mais la vraie diversité doit être au Parlement. Dans le rapport entre majorité et opposition, mais aussi dans la présence de familles politiques à l'image de la société française, et d'élus qui lui ressemblent. Je souhaite que cette diversité soit assurée par une réforme des modes de scrutin, avec une dose de proportionnelle à l'Assemblée nationale et au Sénat. Enfin, la question du droit de vote des étrangers aux élections locales doit figurer dans le champ de la révision constitutionnelle.

Pratiqueriez-vous à votre tour l'ouverture si vous reveniez aux responsabilités?
 Ce n'est pas la bonne démarche. Il faut rejeter la confusion des politiques, des programmes, des personnes. Vieille chimère, le "gouvernement des meilleurs" conduit à la politique du pire. C'est antipolitique et adémocratique. Une Assemblée nationale a été composée par le peuple français sur la base de programmes différents. On ne pourra pas faire avec les uns le programme des autres. Cela n'empêche pas d'utiliser au mieux les talents. Mais dans le respect des engagements et des partis politiques et non pas contre eux. C'est pourquoi l'ouverture doit se faire autour d'un contrat de gouvernement. Elle s'appelle alors coalition. Et elle est annoncée avant le scrutin et pas après.

Qu'est-ce qui pourrait modifier la perception qu'ont les Français de M. Sarkozy ?
Le premier critère sera le pouvoir d'achat. Si d'ici les élections municipales, les Français ont le sentiment que leur travail n'est pas correctement rémunéré, que les prélèvements augmentent alors que la rente, le profit et la spéculation sont récompensés, alors leur jugement sera sévère. Le deuxième critère sera la création d'emplois. Si la précarité s'étend, et si en plus le contrat de travail est modifié, sans que la croissance soit au rendez-vous, la frustration sera forte. Le troisième critère, enfin, ce sera la cohésion de la société. Si les inégalités se creusent, si les quartiers restent à l'abandon, et si la division est installée entre les Français (usagers contre fonctionnaires, chômeurs contre salariés, retraités contre actifs), alors l'état de disgrâce ne sera pas loin.

 

Propos recueillis par Caroline Monnot et Jean-Baptiste de Montvalon - LE MONDE | 23.07.07 | 12h06  •  Mis à jour le 23.07.07 | 12h06

 



François Hollande : "Nicolas Sarkozy a installé une machine à rancunes"
Mardi 24 juillet 2007

De François Mitterrand, les socialistes n’ont rien retenu et c’est Nicolas Sarkozy qui en a appliqué les meilleurs principes. Pire, quand les Socialistes parlent d’avenir, on se sent dans le vide incarné par Ségolène. Pourtant, l’avenir est à la gauche, et voici peut-être pourquoi.

La gauche française s’est effondrée sur elle-même, soit. Mais ses capacités de reconstruction sont intactes. Trois facteurs principaux l’expliquent. Tout d’abord, sociologiquement, être de gauche signifie quelque chose, comme être de droite signifie également quelque chose. Les lignes bougent, certes, en fonction des circonstances intérieures et extérieures au pays, mais les racines des deux philosophies qui président à ces choix restent les mêmes. On ne peut pas les résumer en quelques lignes. Mais il est intéressant de constater que les débats nés de la Révolution française il y deux siècles sont d’une étonnante actualité. On y trouve, à la fois, une disposition naturelle, un état d’esprit, une structure de raisonnement et une communauté de destin. Le second facteur est encore plus évident. Il consiste dans la nature même de la marche du monde, fait de mouvements bien identifiés. Les sociétés se replient sur elles-mêmes et s’ouvrent vers l’extérieur à temps plus ou moins réguliers. Elles réagissent à une multitude de facteurs qui influent sur ses convictions et produisent inévitablement un décalage entre le pouvoir en place, élu sur une sorte d’instantané et toujours incapable, par nature, de modifier les bases de son élection, et l’opinion qui réclame des ajustements constants. Le troisième facteur, c’est la faute. On élit des responsables pour qu’ils soient un reflet aimable de nous-mêmes. Lorsqu’ils cessent de l’être, c’est le désamour, brusque et parfois cruel. Or, il n’est aucun système politique au monde capable d’empêcher la production de fautes, qu’elles soient humaines, politiques ou institutionnelles. On peut donc dire sans crainte d’être démenti que la gauche est, par nature, appelée à revenir au pouvoir dans les prochaines années.

La question ici, bien sûr, est de savoir quelle gauche, et comment. L’erreur de ceux que l’on appelle les "éléphants" du PS, pour parler du principal parti d’opposition, est de n’avoir jamais su sortir de l’ombre de François Mitterrand. Une erreur commune, d’ailleurs, avec certains plus jeunes de ce parti qui se sentent soit enfermés dans une fascination désuette, soit confinés dans une détestation troublante. L’un de ces "jeunes" qui ressemble à s’y méprendre aux éléphants est Manuel Valls, présenté comme l’un des architectes de l’avenir du PS. Très acide vis-à-vis de François Mitterrand alors même que celui-ci était encore en vie et se débattait face à une opinion déchaînée sur son rôle durant Vichy, on le voit tenir un discours qui est en tous points ringard, et n’a d’idée à donner que celle de trouver des idées. On est loin de l’imaginaire qui sous-tend une vision politique et c’est révélateur. Du reste, cette opposition entre éléphants et quadras a de quoi faire sourire tant la communauté de défaite est entière. Il eut mieux valu, pour le PS, retenir de François Mitterrand les leçons magistrales et rester simple vis-à-vis de ses erreurs. Ce qu’il y a de bon à retenir chez François Mitterrand, c’est la construction patiente, cohérente, de sa pensée, y compris dans son glissement progressif vers la gauche, dans son acceptation de la réalité communiste pour un programme commun, puis dans l’application de principes sur la scène intérieure et extérieure qui ont permis à la France de poursuivre son Histoire. Oui, en introduisant à son époque une rupture spectaculaire, avec son élection en 1981, et en engageant immédiatement son progamme bien établi, noir sur blanc, au fil de ses 110 propositions qui avaient été soutenues par les forces de gauche, François Mitterrand avait suscité un certain enthousiasme. Ce que Nicolas Sarkozy vient de faire, est en train de faire, lui dont Mitterrand écrivait qu’il lui reconnaissait la capacité de présider la France (tout comme, d’ailleurs, il le reconnaissait à François Bayrou, déniant en revanche à Chirac cette capacité). A partir de là, Mitterrand serait resté exemplaire d’une faconde, point barre. Mais les Socialistes n’ont pas su ne pas s’embourber dans la fin de son règne calamiteux. En cela, ils montrent un problème sérieux au niveau de l’oedipe. Amusant d’ailleurs de noter une démonstration chez l’un des plus proches de Mitterrand qu’est Jack Lang. L’ancien ministre de la Culture a été fait par Mitterrand, soutenu par celui-ci pendant quatorze années, puis s’est débattu dans son besoin d’exister une fois ce père politique disparu. Ce n’est qu’à la faveur de l’apparition d’un second père, en la personne de Nicolas Sarkozy, qui veille sur lui, que Lang retrouve sa capacité à tenir un rôle important et à défier l’autre père qu’il ne pouvait se résoudre à tuer, François Hollande. Jamais Lang n’aurait claqué la porte du parti sans avoir son entrée dans l’ouverture sarkozyenne. Mais trève de psychanalyse plancher ici.

On voit donc les Socialistes qui se barrent, ceux qui trépignent d’impatience devant le manque de diligence de François Hollande à laisser les rênes, ceux qui font bloc autour de lui, et cet électron libre de Ségolène Royal dont on ne comprend toujours pas ce qu’elle veut dire. Pour certains, c’est désespérant. Mais le plus désespérant est sans doute que dans ce maelstrom, peu se taisent pour se consacrer à un temps de réflexion nécessaire. Il va falloir un peu de temps, ou, mais pas trop. Et rien à voir avec le départ de Hollande. Les Français sont toujours disposés à écouter ce que la gauche a à dire. Mais les Socialistes doivent parler avec ce qui constitue l’ensemble de la mouvance de gauche, y compris les Verts, et doivent, surtout, voilà un point crucial, s’abreuver aux sources qui sont les leurs. Car on n’entend plus guère d’intellectuels participer vraiment à leurs débats. On ne leur voit plus de presse digne de ce nom. On ne les retrouve plus dans une certaine forme d’audace tranquille qui pouvait devenir séduisante pour les électeurs.

Le monde se trouve dans un mouvement très rapide, qui n’implique aucune uniformisation, pourtant. De nombreux modèles de société coexistent déjà et peuvent coexister, tout en relevant de ce que l’on appelle la démocratie. Mais comme assommée par la mondialisation, le terrorisme, les déficits vertigineux de la France, et tant d’autre grands traits du moment, les partis de gauche sont littéralement sidérés, c’est-à-dire privés de désir, et recroquevillés dans un refus de ceci ou de cela. En réalité, il existe bel et bien un modèle français, une manière de vivre dans ce pays, que l’on peut préserver. Tôt ou tard, la droite attaquera en profondeur les bases d’un consensus auquel les Français tiennent, car ils ne se reconnaissent pas dans d’autres formes de société qui anticipent à leurs yeux ce que le tout libéralisme pourrait provoquer chez eux. Il faudra alors que la gauche soit en phase avec cette aspiration à maintenir l’unicité d’un modèle tout en incorporant des nouveautés incontournables. De grands défis nous attendent, que le mot de mondialisation ne peut situer justement. Ce qui permet d’identifier communément ces défis, c’est la création de nouvelles ressources et de nouvelles richesses. La France a d’excellents pôles de compétences. Mais depuis des années, les filières qui les nourrissent sont abîmées voire détruites pour certaines. L’université française est un amoncellement de débris. L’artisanat est mal mené. Deux exemples parmi tant d’autres. Or, la seule solution proposée par le pouvoir actuel est de faire financer l’université par les fonds privés. Pas un mot pour le moment sur les filières du savoir. Quant à l’artisanat, en quoi est-il un sujet ringard, puisque, dans le monde entier, l’heure est à la réapparition des micro-économies locales, en particulier dans l’optique du développement durable.

On s’agite beaucoup autour de débats institutionnels, autour de réformes qui s’annoncent difficiles, autour de la fin d’une époque. Comme on a tort. Les institutions ne soucient pas grand monde dans un pays où l’on a besoin de travail, de moyens financiers, de logements, etc. Les réformes, chacun pourrait les comprendre si l’on ne voyait déjà à quoi elles nous mènent. Une société fortement inégalitaire. Quant à la fin d’une époque, c’est un thème curieusement attribué souvent à la gauche, et pourtant typiquement de droite. Mais il n’a pas grand sens. Personne ne sait l’heure qu’il est à la grande horloge de l’Histoire.

On ne saurait dès lors trop conseiller aux Socialistes de se mettre au travail et de se garder, pour quelques temps, de ces rivalités qui les déchirent. On ne saurait trop leur conseiller de comprendre, et vite, que les autres forces de gauche sont un vivier important, tout comme le paysage intellectuel, l’ouverture à l’extérieur du pays, la recherche d’idées non pas révolutionnaires, mais bien ancrées dans les défis du futur. En un mot : Socialistes, redevenez intéressants.

 in agoravox

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