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Vendredi 6 juillet 2007

Sarkozy hyperprésident ? Cela pose en réalité deux problèmes bien distincts.

On peut tout à fait admettre qu’un chef de l’Etat moderne se préoccupe de sujets concrets, faisant écho à la thématique des « cages d’escaliers » développée par Michel Rocard voici près de vingt ans. Il est aussi loisible de ne pas regretter trop ostensiblement l’époque du splendide isolement élyséen, car il faut bien vivre avec son temps. L’ADSL a remplacé la lampe à huile et la marine à voile.

Mais, et c’est la première question, cette surexposition prive le Président de tout fusible et, à force de se trouver seul sur chaque front, il est assez probable qu’un retour de bâton s’ensuivra un jour. Au surplus, la question se pose de savoir si les Français, au fond, ont élu un chef de l’Etat à cette seule fin d’activisme du quotidien : il est sans doute trop tôt pour le mesurer avec certitude.

Le second problème est plus fondamental, car il touche aux règles du jeu institutionnel. La référence au modèle américain, qui est des jours-ci sous toutes les plumes, est parfaitement incongrue. En effet, comme nos observateurs hexagonaux l’ignorent ou l’oublient trop souvent, la démocratie américaine est autrement plus robuste que la nôtre, en ce sens qu’à un président fort et seul pôle de l’Exécutif, fait pièce un Congrès particulièrement puissant. Chez nous, ce n’est certes pas, quelles que soient les qualités de l’impétrant, la désignation (« l’octroi ? ») de la présidence la commission des finances à l’opposition, qui va transformer l’Assemblée nationale en autre chose que la célèbre collection de godillots dont la tradition gaulliste s’est fait une vieille spécialité

Finalement, une chose est que Nicolas Sarkozy fasse apparemment tout pour carboniser son Premier ministre - un grand meeting politique tenu la veille même du discours de politique générale de F Fillon et une interview du tout puissant secrétaire général de l’Elysée le même jour, ne sont certes pas des signaux de soutien massif…- une autre qu’il veuille décider de tout, une troisième que nul contre-pouvoir digne de ce nom ne se profile à l’horizon.

Finalement, la solitude voulue du chef de l’Etat est son problème. Mais qui contestera que son omnipotence actuelle est le nôtre ?

 6 juillet 2007 | Josh Lymann in betapolitique.fr

Vendredi 6 juillet 2007

Le chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, n'y retrouvera pas son petit. Contrairement aux attentes, le premier grand projet de loi fiscal du quinquennat est sorti hier soir sensiblement modifié de son examen par la commission des Finances de l'Assemblée, présidée par le socialiste Didier Migaud. Les députés de la majorité y ont adopté 58 amendements qui étendent ou reviennent sur des engagements pris par le président. Et qui pourraient bien alourdir la facture, déjà élevée, de ce « paquet fiscal ». Mercredi, la ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi, Christine Lagarde, a parlé d'une enveloppe globale de 13,5 milliards d'euros en régime de croisière, à partir de 2012. Pour l'an prochain, le coût est estimé à 10,1 milliards (contre 11,6 milliards précédemment), car l'impact du bouclier fiscal a été revu à la baisse. L'examen en séance débutera le 10 juillet. Voici les principales modifications apportées.

· Bouclier fiscal. Défendu par Charles de Courson (Nouveau Centre), contre l'avis du rapporteur général Gilles Carrez (UMP), un amendement a été adopté pour exclure la CSG et la CRDS du bouclier fiscal. Selon l'élu centriste, la réforme envisagée par le gouvernement consiste à abaisser le plafond d'imposition « non pas à 50 %, mais à 39 %. En d'autres termes, cela revient à supprimer l'ISF pour les riches. Cette baisse est exagérée ».

· Intérêts d'emprunt. La déductibilité des intérêts d'emprunt pour l'achat d'une résidence principale a vu son champ d'application étendu hier par la commission des Finances. Là encore contre l'avis du rapporteur général, Gilles Carrez (UMP), Marc Le Fur (UMP) a fait adopter un amendement qui y rend éligibles les prêts contractés pour gros travaux dans l'habitat, au motif que ces derniers ne bénéficient pas du taux réduit de TVA à 5,5 % applicable depuis 1999 à l'entretien et l'amélioration des logements. Marc Le Fur a également convaincu de rendre le dispositif pérenne en cas de mutation professionnelle, quand l'emprunt ne concerne plus, de facto, l'habitation principale. Le gouvernement étant contre ces aménagements, leur vote en séance n'est pas acquis.

· Successions. Les députés, qui envisagent, avec le soutien de la ministre Christine Lagarde, d'exonérer les droits de succession entre frères et soeurs, soumettront des amendements en ce sens mardi, lors d'un ultime examen en commission des Finances.

· ISF. La conversion de l'impôt sur la fortune en investissement dans les PME a été étendue hier aux établissements de recherche privée et aux chantiers d'insertion. En revanche, elle a été interdite aux PME détenues par le concubin de l'assujetti. Par ailleurs, elle concernera non seulement les titres émis lors d'une augmentation de capital, mais aussi les titres du capital initial de la PME, comme le réclamait le Medef.

· Parachutes dorés. Actuellement, les indemnités de départ et de licenciement des patrons sont déductibles de l'impôt sur les sociétés payé par l'entreprise. Sur proposition de Michel Bouvard (UMP), ce ne sera plus le cas au-delà de 1 million d'euros par dirigeant. Par ailleurs, le critère de performance ouvrant droit à une indemnité de départ concernera non seulement le dirigeant mais aussi sa société.

· Heures supplémentaires. La commission des Finances n'a pas bouleversé le dispositif gouvernemental. Gilles Carrez a obtenu de renforcer le bénéfice des exonérations patronales, égales à 0,50 ou 1,50 euros selon que les entreprises emploient plus ou moins de vingt salariés, en avançant au 31 mars 2005 la date de comptabilisation des effectifs. Dans la configuration actuelle, les établissements ayant embauché un 21e salarié sont en effet les seuls à subir une « double peine » : ils ont dû relever la majoration salariale de 10 % à 25 % au moment de ce recrutement, et disposeront d'un niveau d'exonération minimal (0,50 euros). La commission a adopté un autre amendement empêchant certains salariés d'avoir un montant de cotisations salariales négatif. Un cas qui, bien que très rare, aurait obligé les Urssaf à leur envoyer un chèque de remboursement.

Aucun amendement n'a été déposé, en revanche, pour retarder, au-delà du 1er octobre, l'entrée en application du dispositif et permettre aux entreprises d'adapter leurs logiciels dans les temps impartis. Certains amendements, dont ce dernier, pourraient cependant être présentés en séance la semaine prochaine. Des députés de la majorité ont en effet retiré leurs propositions hier matin pour ne pas prendre le risque d'un rejet par la commission (ce qui exclut leur examen en séance). L'une d'entre elles vise à améliorer le dispositif d'exonérations des cadres au forfait jour en faisant sauter le verrou légal des 218 jours. De nombreux accords collectifs ont en effet retenu des plafonds inférieurs. Ainsi, l'amendement présenté par Louis Giscard d'Estaing (UMP) vise à étendre les exonérations de charge à tous les jours travaillés au-delà de ces plafonds conventionnels (212 jours, par exemple).

GUILLAUME DELACROIX ET LUCIE ROBEQUAIN - [ 06/07/07 ] - les echos
Vendredi 6 juillet 2007

Nouveau psychodrame au PS, déstabilisé par la politique d'ouverture de Nicolas Sarkozy. Jack Lang a annoncé hier qu'il boycotterait les réunions du groupe socialiste « aussi longtemps » que Jean-Marc Ayrault les présidera. Il a aussi entretenu le flou sur son éventuelle participation à la commission sur la réforme institutionnelle créée par le gouvernement Fillon. L'ancien ministre a expliqué qu'il n'a « aucune leçon de fidélité et de solidarité à recevoir » du président du groupe, qui l'avait exhorté à ne pas se lancer dans « une aventure individuelle » en acceptant d'entrer dans cette commission. « Ce ne sont pas les menaces que tu profères qui dicteront ma conduite aujourd'hui ou demain », a prévenu Jack Lang. S'il affirme n'avoir « donné aucun accord pour participer à une mission aux contours encore indéfinis », il a toutefois estimé que « la rénovation de la maison commune de la République - notre Constitution - réclame la contribution intellectuelle de tous les démocrates ». Volant à son secours, Manuel Valls, député PS de l'Essonne, qui avait évoqué la « qualité » du discours de politique générale de François Fillon, a dénoncé « le climat de suspicion et la chasse aux sorcières » dans le parti et a exigé que l'on se montre « respectueux » à l'égard de Jack Lang.

lesechos.fr

Pitoyable et infantile...

Vendredi 6 juillet 2007

"Ce n'est pas parce qu'on ne s'agite plus à un moment donné dans les médias qu'on disparaît!" a déclaré Ségolène Royal jeudi en expliquant qu'elle se préparait "à reprendre une parole politique" à la rentrée pour "contribuer à la rénovation de la pensée à gauche".

"Aujourd'hui, je maîtrise mon temps et je reprends la région bien en main", a affirmé la présidente (PS) de Poitou-Charentes en marge d'un déplacement à Nueil-Les-Aubiers (Deux-Sèvres).

"J'entends faire de la politique de façon moderne, simple et authentique. J'encourage en particulier les entreprises et l'emploi, ce qui me donne aussi la connaissance du concret et de la réalité de la vie économique et sociale", a ajouté Ségolène Royal.

Elle a précisé: "Je me suis remise sereinement et tranquillement au travail pour être prête à la rentrée à reprendre une parole politique et contribuer à la rénovation de la pensée à gauche".

L'ex-candidate socialiste à l'Elysée s'est défendue de tracer un chemin en solitaire: "Je suis déterminée à participer à la reconstitution d'une pensée politique claire qui sera utile dans les années qui viennent. Je pense notamment aux 17 millions de Français qui ont voté pour moi et qui attendent une suite dans le cadre d'un travail collectif en restant surtout à l'écart d'un travail d'appareil".

Ségolène Royal a aussi indiqué qu'elle prendrait de "longues vacances" cet été. "Elles seront studieuses. Je vais beaucoup lire, beaucoup écrire tout en profitant de mes enfants", a-t-elle indiqué. Sur le lieu, elle est restée évasive. "Je vais être en France mais loin de l'hexagone!"

La présidente de région a signé ce jeudi après-midi dans le département des Deux-Sèvres un contrat régional de développement durable, avant de visiter un commerce de proximité ayant bénéficié d'une "bourse emploi tremplin" de la région Poitou-Charentes et l'entreprise Body Nature, spécialisée dans la fabrication de produits écologiques et biologiques en vente à domicile.


pan/cre/cb in latribune.fr

Vendredi 6 juillet 2007

Ils ne savent plus où ils habitent les socialistes. Les voilà qui s'agitent en tous sens, désorientés, paniqués, en couinant : « ça ne peut plus durer ! ». « Il faut y mettre le holà… » Ils n'en peuvent plus d'être bordés, débordés, subornés par un Président de la République toujours à l'initiative, en mouvement et qui braconne à gauche en toute impunité jubilatoire. « Ce n'est plus un parti, c'est une débandade », s'est exclamé stupéfait le vieux sage Pierre Mauroy alors que Jean-Christophe Cambadélis sonnait l'alarme, ou le tocsin. « A ce rythme-là, s'inquiétait-il, nous ferons bientôt tous partie d'une commission ».

Sarkozy le diable, le Belzébuth infâme d'hier maraude aujourd'hui en effet à sa guise nommant l'un au gouvernement, missionnant l'autre, commissionnant un autre encore. Il multiplie les offres de service que certains refusent comme Jean-Yves Le Drian, Manuel Vals ou Malek Boutih mais non sans se dire charmés et flattés, alors que d'autres acceptent, parfois même avant qu'on leur ait offert quoi que ce soit. Ne parlons pas de tous ces ministres passés à l'ennemi mais de Jack Lang qui est volontaire pour tout depuis plusieurs semaines, alors qu'Hubert Védrine a topé pour une mission sur la mondialisation. Du coup, la suspicion est partout, chacun se demandant sur qui on peut encore compter et qui n'est pas prêt à vendre son âme au diable.

Personne ne manifeste d'hésitation ou de remords : les ministres de gauche se prétendent toujours de gauche et au banc du gouvernement affichent le sourire drapeau du contentement et mènent l'oriflamme de la fierté ostentatoire. Sur internet pourtant, les militants socialistes se déchaînent contre ces félons qui « courent à la soupe ventre à terre » et « déshonorent la politique ». Mais à l'Assemblée, les parlementaires ne savent pas trop comment se comporter avec leurs camarades d'hier, comme s'ils se disaient qu'ils pourraient être à leur place. Comme s'ils comprenaient ! Comme s'ils les enviaient !

Faut-il les chambrer à la chambre, les ignorer ou les attraper ? Et comment ? Comme des ministres de droite comme les autres ? Pire encore, comme des traîtres ? Mais ce sont des « amis » dont personne n'ose dire quels engagements ils ont trahis, quels idéaux ils ont abandonnés. Pour pouvoir les accuser de trahison, encore faudrait-il être au clair avec soi-même. Mais il n'y a rien de plus obscur, de plus trouble que les convictions actuelles des dirigeants socialistes. Rue de Solferino, c'est eau, gaz et confusion à tous les étages.

Alors, pour tenter de s'en sortir et éviter la dislocation, les rappels à l'ordre ont commencé et vont se multiplier. Jean-Marc Ayrault, le président du groupe, a averti Jack Lang qu'il ne ferait plus partie du groupe socialiste s'il participait à titre individuel à la commission de rénovation des institutions. On imagine comme cette mise en garde a dû effrayer l'ancien ministre de l'Education qui n'a plus grand chose à espérer de ce parti à la dérive ! Mais pour montrer qu'il tient encore la barre, François Hollande en personne devrait publiquement refuser de se rendre à l'Elysée pour la prochaine rencontre avec Sarkozy. Certains l'y poussent. Au risque de passer pour mauvais joueur et pour affreux sectaire. Car on ne refuse pas une invitation du Président de la République. C'est bien le piège de « l'ouverture », qu'à aucun moment la gauche n'est parvenue à faire passer pour « débauchage ». Ce qui était la preuve de sa déroute.

Laurent Fabius est revenu en réunion de groupe sur cette bataille des idées et donc des mots qui le PS doit livrer à fond s'il veut espérer remporter les futures guerres électorales. Il est vrai que Sarkozy avait gagné en imposant son « travailler plus pour gagner plus » alors que Ségolène Royal avait perdu avec son « ordre juste » naufragé par c'est « juste l'ordre » inventé par ses « amis ». Fabius, cette fois, proposait de ne plus parler « d'hyperprésidence », mot trop sympathique, et de le remplacer par « l'omniprésidence », ce qui ferait vorace et glouton, mais divin aussi. Et l'on voit mal le PS s'en prendre à Dieu qui, comme chacun sait, est de leur famille.

 


Jeudi 05 Juillet 2007 - 12:01 - Nicolas Domenach, directeur adjoint de la rédaction de Marianne
 

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