Nicolas Sarkozy Fiscalité MEDEF | 30 août 2007 | Raphaël
Anglade (bétapolitique)
Nicolas Sarkozy s’est exprimé, ce jeudi 30 août, devant plus de 2000 patrons survoltés à l’université d’été du MEDEF à Jouy en Josas.
Il a choisi de prononcer son grand discours économique de rentrée devant cet aéropage. Passons sur l’incongruité de la démarche, soulignée ce matin dans
Betapolitique par Josh
Lyman. Que le Président de la République rencontre les "partenaires sociaux" et les forces économiques, c’est bien le moins. Qu’il choisisse cette
tribune pour parler de politique générale, et faire des annonces substantielles qui sont, de facto, des arbitrages entre des intérêts contradictoires, c’est plus gênant. Mais Sarkozy commence à
nous habituer à la confusion des genres et au conflit d’intérêt. Stratégie de poudre aux yeux permanente ? Véritable confusion mentale ? Les historiens trancheront...
"Je veux aller plus loin dans la remise à plat de nos prélèvements obligatoires. Je veux aller plus loin dans la réforme fiscale", a déclaré le chef de l’Etat
dans un discours devant l’université du Medef.
"Si l’on taxe trop le travail, il se délocalise, si l’on taxe trop le capital, il s’en va. Dans le monde tel qu’il est, taxer directement les facteurs de
production, taxer directement le travail et le capital c’est se condamner à moins d’emplois, à moins de production, à moins de croissance, à moins de pouvoir d’achat", a-t-il
souligné.
"Il faut avoir le courage de le dire : la question de la taxe professionnelle, la question de la taxe sur les salaires, la question de l’assiette des
cotisations sociales doivent être posées"
Ceux qui suivent savent bien combien Sarkozy hésite actuellement sur la TVA sociale que lui
conseille avec insistance le traître Besson.
La TVA sociale ? Vous vous souvenez, ce truc qui a coûté si cher à la droite (et à Borloo) entre les présidentielles et les législatives ? Eh bien la
revoilà.
Cette idée, chère à Bayrou, pose en effet à la droite un problème épineux.
D’un côté, c’est sympa. Voilà un impôt qu’acquittent tous les résidents en France, qui ne fait fuir ni le travail ni le capital, et qui s’applique au contraire aux
produits d’importation, pénalisant ainsi les productions délocalisées. Sympa.
D’un autre côté, c’est l’impôt injuste par excellence, qui frappe aussi durement les pauvres que les riches, c’est une sorte de dévaluation, et c’est une annonce
difficile à faire quand on vient de faire 15 milliards de cadeaux fiscaux aux plus riches, que la croissance est en panne, la bourse en crise et le pouvoir d’achat en berne.
Et pourtant, si nous savons encore lire, c’est l’arbitrage auquel le Président de la République nous prépare.
Il n’a vraiment peur de rien.