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Dimanche 5 août 2007

En octobre se tiendra un "Grenelle de l’environnement", appelé de ses vœux par le président de la République. A cette occasion, l’ensemble des acteurs concernés par la protection de l’environnement (pouvoirs publics, patronat, syndicats, associations...) négocieront des mesures prioritaires destinées à inverser la tendance actuelle. Le constat est en effet connu: notre mode de vie est incompatible avec les limites de la planète. Les remèdes, par contre, font débat. C’est tout l’intérêt du Grenelle que de donner un cadre à ce débat.

France Nature Environnement (FNE), fédération française de 3000 associations de protection de la nature et de l’environnement, d’envergure nationale et territoriale, a décidé de participer, sans naïveté mais sans procès d’intention, à ces travaux. Le but premier de la fédération est en effet de porter les revendications et les idées de toutes ses associations qui sont mobilisées en métropole mais aussi outre mer, où se nichent des joyaux de notre biodiversité.

En relais avec le Bureau européen de l’environnement, dont elle assure la vice présidence, FNE entend également rappeler systématiquement que la France évolue dans une démocratie européenne et que le droit de l’environnement est à 85% produit par les institutions de l’Union européenne.

Pour nous, le Grenelle ne permettra pas de régler définitivement et en trois mois la question de l’urgence écologique. Le Grenelle ne sera peut-être même qu’une opération de communication. Nous espérons simplement qu’il soit une première étape qui consacre la reconnaissance de "partenaires environnementaux". Nous défendons cette idée depuis longtemps. Nous souhaitons en effet que la défense de l’environnement ne soit pas que l’affaire de professionnels de l’écologie mais que chaque citoyen soit concerné et impliqué dans cette cause.

Pour cela, nous défendons le modèle de l’association de bénévoles qui donnent de leur temps et de leur énergie pour que nous ne léguions pas une poubelle à nos enfants. Pour autant, les actions des associations doivent être jugées, non pas uniquement en fonction de leur générosité mais aussi de leur efficacité.

Pour ce faire, le Grenelle doit créer les conditions et garanties d’un véritable dialogue environnemental qui associe de manière permanente les élus, les entreprises, les syndicats et les associations. Cela suppose notamment une réforme profonde de la troisième chambre délibérante de ce pays –le Conseil économique et social-, un nouveau système d’agrément et de financement des associations représentatives et légitimes, une refonte des procédures d’information, de concertation et de participation du public en matière environnementale.

Ce n’est peut-être pas la révolution mais nous n’avons peut-être pas le temps d’attendre des lendemains qui chantent. Il nous faut changer maintenant de paradigme politique et économique, par des mesures ambitieuses et réalistes, pour éviter le pire.

Président de France Nature Environnement in Rue89

Dimanche 5 août 2007

Emmanuel Altit, l'avocat des infirmières bulgares, revient sur le coût politique de leur libération par la Libye. Entretien

En charge du dossier depuis plus de deux ans et demi, Emmanuel Altit revient sur la campagne en faveur de la libération des infirmières et du médecin bulgares et insiste longuement sur l'unique mission des avocats: sortir les Bulgares de Libye. Pour cela, une stratégie, élaborée par les avocats, a été mise en place: d'abord, frapper aux portes des institutions internationales et des gouvernements. Ensuite, alerter les médias et la communauté scientifique. L'avocat français rappelle fièrement leur record du monde: "114 Prix Nobel se sont mobilisés en partenariat avec le magazine Nature." Le tout étant évidemment destiné à frapper fort et à éveiller l'attention de l'opinion publique internationale. "Nous avons réussi."

"C'est un triomphe pour le colonel Kadhafi"

Emmanuel Altit reproche toutefois aux Occidentaux une forme d'amateurisme: "Il est plus simple de passer par des professionnels que de faire agir une diplomatie classique, qui n'agit pas beaucoup en réalité." Et se félicite du travail accompli: "Nous avons voulu transformer l'affaire des infirmières bulgares, dont tout le monde se fichait, en une question de politique internationale, en un obstacle pour tous ceux qui voulaient passer des contrats avec la Libye. Le seul moyen qu'avaient les diplomaties européennes de renouer des relations avec le colonel Kadhafi était de libérer les Bulgares."

C'est chose faite. La France a ainsi normalisé ses relations avec Tripoli, nouvel eldorado méditerranéen. Mais n'a-t-on pas payé trop cher pour cette libération? Me Altit reconnait que, symboliquement, la facture a été salée. Certes, les infirmières ont été sauvées mais le triomphe est d'abord libyen. Alors que le discours sur les contreparties reçues par Tripoli se fait de plus en plus confus ces derniers jours, l'avocat rappelle que le colonel Kadhafi a obtenu tout ce qu'il voulait. Hommages et retour sur la scène internationale en prime. Etait-ce nécessaire? Pas sûr... (Voir la vidéo)

 


 

Logés dans une résidence présidentielle, à une demie heure de Sofia, les ex-otages se sentent, aujourd'hui, isolés. En effet, l'Union européenne leur a fait signer des documents les engageant à ne pas poursuivre l'Etat libyen. Or un tel document n'a pas de valeur légale, selon Emmanuel Altit.

Tripoli pourrait être poursuivi

Dans un pays autrefois allié à Tripoli (de nombreux hommes politiques y ont des intérêts), les ex-otages de la Libye pourraient avoir du mal à se reconstruire, explique Me Altit: "On ne peut pas les empêcher de prendre leur vie en main. Elles sont détruites. Pour certaines, je ne suis même pas sûr qu'elles puissent retrouver l'intégralité de leurs capacités. Or, elles doivent se reconstruire physiquement, psychiquement et socialement." L'avocat rappelle qu'elles disposent de multiples possibilités de recours juridiques. Certaines, fatiguées des pressions subies en Bulgarie, ont évoqué la possibilité de demander l'asile politique à la France. (Voir la vidéo)

 


Par Zineb Dryef (Rue89)    00H20    05/08/2007

Dimanche 5 août 2007

La polémique enfle autour des révélations du fils KADHAFI, et du démemti catégorique opposé, en guise de défense, par Nicolas SARKOZY. L'Elysée (spécifiquement Claude GUEANT et David MARTINON) semble pourtant de plus en plus ennuyé, quand il s'agit de fournir des explications crédibles concernant la libération des infirmières bulgares. Notre Président parait néanmoins avoir trouvé une parade pour désamorcer la crise: la commission d'enquête parlementaire.

 

Celle-ci sera sans doutes chargée d'établir "toute la vérité" sur l'ensemble des négociations et accords, passés entre la FRANCE et la LYBIE. Mais lorsque l'on voit les résultats fournis habituellement par ce type de commission, sur ce genre d'affaire ont peut alors légitimement douter de la sincérité de la manoeuvre (rappelons-nous la commission sur le génocide rwandais, qui exonérait la FRANCE de toute responsabilités, mais dont les conclusions sont battues en brèche dix ans plus tard).

François FILLON a dores-et-déjà annoncé la couleur en affirmant sans retenue que : "cette commission permettra d'illustrer l'absence d'ambiguïté du comportement du gouvernement français, qui peut être fier d'avoir contribué sans contrepartie, à la libération des infirmières bulgares" (sources LE MONDE). La messe est dite. Mais le Premier Ministre assure ses arrières en ajoutant que: "le gouvernement ne saurait interdire l'aboutissement de négociations commerciales, engagées depuis longtemps, dès la levée de l'embargo à l'égard de la Lybie, validée au plan international". Ceux qui savent lire entre les lignes auront noté un "aboutissement des négociations commerciales" dont le timing correspondrait parfaitement à la libération des infirmières, de là à parler de "contrepartie"...

medium_saroko-kadhafi.4.jpg

En diplomatie, tout est affaire de mots, et ces derniers ont un sens. Il ne m'apparait pas pariculièrement surprenant de conclure un marché avec un pays, dans le but d'en obtenir une contrepartie (ici, c'est "armes contre vies humaines"). Les relations entre états ont toujours fonctionné ainsi depuis la nuit des temps, et les résultats sont là: les infirmières et le médecin sont libres...

Mais pourquoi Nicolas SARKOZY et son gouvernement s'osbtinent-ils à nier l'évidence ? C'est sans doute cette attitude qui, ayant froissé TRIPOLI, aura poussé KADHAFI à "lâcher le morceau" par l'intermédiaire de son fils. Aujourd'hui, c'est la GRANDE-BRETAGNE qui se rétracte, en niant toute possibilité d'extradition du prisonnier lybien, lié aux attentats de LOCKERBIE.

Aujourd'hui, Nicolas SARKOZY paie sans doutes le prix du mensonge. N'est-ce pas paradoxal pour le champion auto-proclamé de la "Nouvelle Politique" ?

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