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Jeudi 28 septembre 2006

Durant ses trois jours de déplacement au Sénégal, Ségolène Royal s'est entretenue avec le Président Abdoulaye Wade mais elle est également allée à la rencontre du peuple sénégalais et des ONG. "Si je suis en responsabilité, je redéfinirai la politique de coopération de la France", a-t-elle assurée en réaffirmant sa volonté de "lier le codéveloppement à la politique des flux migratoires." 

En visite au Sénégal du 25 au 27 septembre 2006, Ségolène Royal a insisté sur la nécessité de "repenser la relation avec l'Afrique". "Ma conviction profonde, dit-elle, est qu'on doit impérativement lier le codéveloppement à la politique des flux migratoires. Il n'y aura pas de limites à cette pression si on ne règle pas les problèmes d'inégalités."

Sur place, elle a rencontré, mardi, plusieurs acteurs locaux et responsables d'ONG, dont Madjiguene Cissé, ex-porte-parole des sans-papiers en France. Elle a insisté sur la nécessité de "rebâtir l'aide au développement", de faire "du développement respectueux des gens", plutôt que de "penser à la place des gens dans une logique néo-colonialiste". "Si je suis en responsabilité, je redéfinirai la politique de coopération de la France", a-t-elle assuré, se disant soucieuse, au cours de ce voyage, d'"écouter les gens" et de se "nourrir" de ce qu'ils disent.

"Le co-développement est lié à la politique des flux migratoires", a-t-elle dit, tout en se refusant à "définir de but en blanc une politique d'immigration".

Ségolène Royal a eu un entretien mardi à Dakar avec le président sénégalais Abdoulaye Wade axé sur la coopération et les énergies renouvelables. M. Wade et Mme Royal ont discuté de la coopération et de la nécessité, selon la présidente de la région française de Poitou-Charentes, d'"écoutes mutuelles qui seront le mieux à même de bien cibler l'aide au développement". A propos des énergies renouvelables, Mme Royal a évoqué son "appel à projet auprès des industriels" de sa région, pour mettre au point des réchauds solaires à destination de villages africains. M. Wade, a-t-elle dit, a décidé de s'associer à cet appel, et a suggéré que les réchauds soient fabriqués au Sénégal. Mme Royal a par ailleurs estimé que la question de l'immigration était "totalement liée à la résolution des inégalités de revenus" entre le Nord et le Sud. "Il y a là une urgence, un impératif absolu", a-t-elle dit;

Elle s'est longuement promenée dans le bidonville Khadim Rassoul, où vivent 2.450 personnes. Avec le soutien actif d'une ONG internationale, ENDA-Tiers monde, plusieurs activités y ont été lancées: fonderie, travail de l'aluminium, mécanique auto, services de nettoyage, tricotage de sacs en plastique...

Au dernier jour de sa visite au Sénégal, Ségolène Royal s'est entretenue mercredi avec des femmes qui tentent de dissuader les jeunes de partir en pirogue vers les côtes européennes, parfois au péril de leur vie, pour leur promettre de l'aide matérielle. "Il leur faut des moyens modestes" pour que "les jeunes ne partent pas pour des destinations inconnues, dans la détresse, dans la misère et parfois dans la mort", martèle Ségolène Royal, en "colère", qui voit là une illustration de son combat pour des coopérations décentralisées, au plus près du terrain, en matière d'aide au développement.

Mme Royal a reçu un accueil chaleureux. "Bon courage, bonne continuation, bonne chance pour la France !", lui a lancé une femme. Un joueur de kora a fredonné "vive la présidente de la France", tandis que Mégué Thiam, créateur d'une machine à fabriquer les emballages pour des graines de mil, affirmait "elle va être élue". "Je le sais, parce que c'est une femme très simple", a-t-il confié. Devant la tombe de Léopold Sédar Senghor, Léonard Eklou, chef de village au Togo, a lancé d'une voix forte : "ta fille Ségolène est venue de France te saluer et demander que les esprits de nos ancêtres la protègent durant cette période difficile de la campagne. Nous te demandons de la soutenir".

Jeudi 28 septembre 2006

Pierre Mauroy choisit Ségolène Royal ( AP, jeudi 28 septembre 2006, 13h00)

LILLE (AP) - Pierre Mauroy, ancien Premier ministre et sénateur PS du Nord, s'est officiellement prononcé jeudi en faveur de la candidature de Ségolène Royal à l'investiture du Parti socialiste, a-t-il annoncé lors d'une conférence de presse à Lille.

Royal, DSK et Fabius incarneront les "trois lignes" proposées aux militants socialistes, selon Claude Bartolone PARIS (AP) 

Le retrait de Lionel Jospin de la course à l'investiture socialiste redessine l'offre politique pour la campagne interne du PS en "trois lignes", selon le fabiusien Claude Bartolone.

"Une ligne très 'opinion publique' présentée par Ségolène Royal dont on a du mal quelquefois à comprendre quelles sont toutes les positions", a indiqué Claude Bartolone jeudi sur LCI.

"Une ligne portée par Dominique Strauss-Kahn qui se veut plus sociale-démocrate, et puis la ligne présentée par Laurent Fabius qui veut, sur des propositions précises, donner envie aux électeurs de gauche d'aller voter parce que c'est vraiment l'objectif", a estimé le directeur de campagne du député de Seine-Maritime.

Claude Bartolone s'est dit soucieux de ne pas voir les électeurs "se réfugier dans le populisme" ou "l'abstention", et a plaidé pour "le rassemblement de la gauche pour un vrai changement".

Interrogé par l'Associated Press, le député de Seine-Saint-Denis a estimé que la décision de Lionel Jospin "ne change rien sur les rapports de force" au PS.

En revanche, "la parole de Lionel Jospin sur sur son opposition à Ségolène Royal sera beaucoup plus audible maintenant qu'il n'est plus candidat", a espéré M. Bartolone. Il a invité les jospinistes à se rallier à Laurent Fabius. "Je le souhaite, mais ce sera à eux de se déterminer", a-t-il dit.

AP

Jeudi 28 septembre 2006

LE QUOTIDIEN

"Ségolène Royal dénonce l'accord sur l'immigration concertée. Le bluff choisi de Sarkozy", titre à la Une le journal, en référence au concept de l'"immigration choisie" cher au ministre français de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, venu samedi à Dakar signé cet accord. Dans un éditorial intitulé "Royal-ement dans la farine", le journal affirme que "les autorités sénégalaises ont été flouées comme de gros enfants par Nicolas Sarkozy".

LE MATIN

Le quotidien titre en Une : "Ségolène Royale (sic) trouve que ce Sarkozy a signé avec le Sénégal est flou". "Mme Royal se dit partisane d'une immigration favorisant l'équilibre des échanges ", écrit le journal en page intérieure, précisant que les "camarades" socialistes sénégalais "ont réservé un accueil chaleureux à leur hôte".

WALFADIRI

L'accord sur l'immigration "a été fait dans la précipitation et est sous-tendu par un 'mensonge' de la part de Nicolas Sarkozy qui a fait croire qu' 'il y aura une aide supplémentaire' de la France au Sénégal", écrit de son côté le quotidien.

LE SOLEIL

"L'aide à l'Afrique doit être débloquée" préfère pour sa part titrer en une le quotidien progouvernemental Le Soleil, avec une photo de Ségolène Royal et du président Abdoulaye Wade, soulignant les préférences de la socialiste envers la "coopération décentralisée".

Jeudi 28 septembre 2006

AP | 27.09.06 | 22:07

PARIS (AP)

Ségolène Royal arrive légèrement en tête des intentions de vote pour le premier tour de la présidentielle avec 31%, devant Nicolas Sarkozy (30%) et Jean-Marie Le Pen (15%), selon un sondage CSA pour Le Bleu de Profession politique diffusé mercredi. Au second tour, la socialiste l'emporterait avec 52% (+1 point par rapport à juin), bénéficiant de bons reports de voix, contre 48% pour le président de l'UMP (-1 point). L'abstention, le vote blanc ou nul totaliseraient 32% (contre 38% en juin).

Pour le premier tour, la présidente de Poitou-Charentes est créditée de 31% des voix (soit un point de plus qu'en juin dernier), contre 30% pour le ministre de l'Intérieur (-2 points), et 15% pour le président du Front national (stable).

Le président de l'UDF François Bayrou arriverait en quatrième position avec 6% (+1 point), devant le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire Olivier Besancenot (5%, -1 point) et la porte-parole de Lutte ouvrière Arlette Laguiller (4%, -1 point). Marie-George Buffet, Dominique Voynet et Philippe de Villiers recueilleraient respectivement 3% (stable). Quant à l'abstention et au vote blanc ou nul, ils représenteraient au total 33% (-5 points par rapport à juin).

Le sondage a été réalisé par téléphone les 13 et 14 septembre auprès d'un échantillon national représentatif de 907 personnes inscrites sur les listes électorales, constitué d'après la méthode des quotas. CSA souligne que ces résultats doivent être "interprétés comme des rapports de force à la date de l'enquête et en aucun cas comme prédictifs des résultats le jour du vote".

AP

 

Outre Sarkozy, n'oublions pas les 15% du FN!..

Mercredi 27 septembre 2006

Communiqué de presse commun des trois groupes socialistes et apparentés, PC, et Verts rassemblant la totalité des élus de la Majorité du Conseil Régional

Certains livres parus récemment n'hésitent pas à dévaloriser, voire à occulter l'action de la majorité régionale en POITOU-CHARENTES.

Ces rumeurs infondées sont pour nous l'occasion à affirmer l'unité de la majorité régionale.

Nous sommes fiers du travail déjà réalisé pour une région efficace:

- qui lutte contre la montée des précarités et des exclusions par des actions résolues en faveur de l'emploi et du pouvoir d'achat, de l'accès au sport et à la culture du plus grand nombre,

- qui s'inscrit dans le futur par l'éco industrie et l'excellence environnementale,

- qui associe les territoires au développement structurant et de proximité,

- qui promeut la démocratie participative pour construire, ensemble des réponses adaptées aux besoins des habitants de la région.

Dès notre élection, en mars 2004, nous avons engagé avec la présidente Ségolène Royal, la mise en oeuvre de notre projet, élaboré en concertation avec les citoyens de notre région.

Deux ans plus tard, malgré les transferts de charges effectués par l'Etat et la réduction des moyens financiers en direction des régions, les résultats sont là, incontestables.

En voici quelques exemples :

- Emploi : plus de 2000 bourses tremplins pour l'emploi (créations et reprises d'entreprises) , plus de 1800 emplois tremplins pour les associations.

- Environnement : 1055 chauffe-eau solaires installés en 2006, 8742 récupérateurs d'eau, lancement du premier lycée « autonome en énergie » de France, premiers TER fonctionnant aux agro carburants, emplois tremplins.

- Lycées : aide significative à l'acquisition des manuels et de l'équipement professionnel, budget participatif, fonds social renforcé pour venir en aide aux familles en difficultés.

- Transports : achat de matériel ferroviaire neuf, développement de dessertes, augmentation du trafic usager de 20%.

- Maîtrise foncière en faveur du logement social avec la mise en place d'un établissement public foncier.

La logique de « projets » est une voie exigeante, plus difficile que celle des « guichets ».

Nous continuerons à tracer la route autour des priorités qui ont été définies et partagées par les électeurs de la Région Poitou-Charentes.

C'est tous ensemble, que nous oeuvrons chaque jour, pour et avec les picto-charentais, dans une coopération constructive nous permettant aujourd'hui de porter haut notre bilan.

C'est notre seule et unique préoccupation.

Nous vous invitons à rencontrer, en toute transparence, chacun des élus régionaux majoritaires du Poitou-Charentes qui ont en commun d'être responsables de leurs choix, et fiers de leurs actions, quelle que soit leur sensibilité politique.

Mercredi 27 septembre 2006

Ségolène Royal a esquissé par petites touches ces derniers mois ses principales idées pour instaurer un "ordre juste" où "tout se tient: emploi, sécurités, famille, école". Inventaire:

ECONOMIE ET EMPLOI: "reconstruire la valeur travail"

- Elle préconise une "nouvelle donne" économique qui allie "agilité" (elle préfère le mot à "souplesse") pour les entreprises et "sécurité" pour les salariés, sur le modèle scandinave. Les salariés seraient couverts par une "Sécurité sociale professionnelle", prévue par le projet du PS, qui les protégerait en cas de perte d'emploi.

- Chômage: réforme "profonde" de l'ANPE pour adapter les "qualifications" des salariés aux "besoins des entreprises". "Personne ne devrait être payé à ne rien faire", juge-t-elle par ailleurs.

- 35 heures: elle n'exclut pas des assouplissements pour ceux "qui veulent travailler plus" ou "moduler" leur temps de travail "selon les étapes de la vie". Elle dresse un bilan "mitigé" des lois Aubry.

- Allégement de charges pour les entreprises qui embauchent des salariés non qualifiés, des jeunes sans expérience professionnelle, des chômeurs de longue durée ou des salariés âgés.

- Fiscalité: "réforme en profondeur" des stock-options.

SECURITE: "une sécurité durable"

- Les parents seraient contraints à faire des "stages" dans des "écoles de parents" au "premier acte d'incivilité" de leur enfant en primaire.

- Les "perturbateurs" des collèges seraient placés "d'office dans des internats-relais". - "Deuxième poste d'enseignant" dans les classes difficiles.

- Placement "d'office dans un service à encadrement militaire à vocation humanitaire ou pour apprendre un métier" pour les jeunes de plus de 16 ans, dès le premier acte de délinquance.

- Mise sous tutelle des allocations familiales des parents défaillants, comme le prévoit déjà une loi de 1966.

- Soutien scolaire individuel gratuit pour les enfants en difficulté.

- "Tutorat" des étudiants de deuxième cycle sur ceux du premier cycle pour les aider.

IMMIGRATION (voir aussi http://www.segoleneroyal2007.net/article-3948642.html): "partagée" et non "choisie"

- Contre une régularisation massive, elle préfère un règlement "au cas par cas" et déplore la suppression du système de régularisation au bout de dix ans. Elle veut mettre en regard les autorisations de séjour et les besoins des entreprises, mission qui incomberait aux préfets.

- Elle propose un "visa saisonnier régulier" pour les travailleurs saisonniers. - Expulser "systématiquement" à leur sortie de prison les "délinquants dangereux" arrivés "depuis peu" en France.

- Accroître l'aide au développement des pays pauvres, en leur apprenant notamment à utiliser l'énergie solaire.

SOCIETE:

- Homosexualité: initialement réservée sur le mariage et l'adoption par les couples homosexuels, elle a promis des "avancées". Mais "sur ces questions de société, il faut rassembler une majorité de Français" et ne pas "déchaîner les passions", a-t-elle nuancé. Elle s'est toutefois prononcé en faveur de l'égalité des droits et de l'homoparentalité.

- Education: "assouplissement" de la carte scolaire pour laisser aux parents le choix entre deux ou trois établissements. Du « soutien scolaire gratuit aux enfants, au bon moment, quand ils en ont besoin », une mission que les étudiants pourraient être incités à mener moyennant « des points supplémentaires, des unités de valeur » dans leur propre cursus. Ce « travail d'encadrement » serait étendu aux universitaires de troisième et quatrième année : « Tous devront faire du tutorat » auprès de leurs cadets de première et deuxième année.

- Syndicats: faire "émerger un syndicalisme de masse". Elle a émis l'idée de rendre l'adhésion à un syndicat obligatoire.

- Retraites: réforme du régime de retraite des élus.

- Internet: création d'un "système de licence globale forfaitaire" pour financer en partie la création.

- Drogues: pas de dépénalisation.

- Faire de la France le pays de "l'excellence environnementale".

INSTITUTIONS: une "République du respect"

- Instaurer le vote obligatoire, le non-cumul des mandats, la reconnaissance du vote blanc, une décentralisation "radicale".

- Démocratie "participative" pour que les citoyens prennent part aux décisions qui les concernent.

- Faire respecter la parité.

DIPLOMATIE:

- Etats-Unis: elle refuse de s'"agenouiller" devant George W. Bush, dont elle juge la théorie de l'Axe du mal "simpliste". Elle considère que "les guerres préventives aggravent les problèmes".

- UE: elle veut faire l'"Europe par la preuve" en lançant des "programmes européens" sur "l'après-pétrole" ou "la recherche".

Avec AP

Mercredi 27 septembre 2006

 

PARIS (Reuters) -

François Rebsamen, numéro deux du Parti socialiste, a officiellement annoncé qu'il soutenait Ségolène Royal dans la course à l'investiture présidentielle, ce qu'il laissait entendre depuis le début de l'été.

"Elle représente aujourd'hui je le crois une attente dans les milieux populaires parce qu'elle a une personnalité ancrée à gauche, parce qu'elle est porteuse d'espoir, d'espérance, de renouvellement, de changement profond", a déclaré le maire de Dijon sur RTL.

"Elle correspond en ce moment (...) à ce que les Français veulent et attendent, en tout cas les Français de gauche", a-t-il ajouté.

Mardi soir, le code de bonne conduite adopté à l'unanimité par le Bureau national du PS stipule que "les membres de la direction nationale du PS s'imposeront à l'égard des candidat(e)s pendant toute la durée de la campagne électorale interne une stricte impartialité dans l'exercice de leurs fonctions".

Une consigne avec laquelle François Rebsamen a pris ses distances, au nom de ses "convictions".

"Je ne suis pas en ce moment dans l'exercice de mes fonctions au sein du Parti socialiste", a-t-il expliqué.

"J'assure la coordination dans le Parti socialiste et je crois que je le fais à la satisfaction générale. Je le ferai dans cet esprit de rassemblement mais j'ai mes convictions".

Réputé proche de François Hollande, François Rebsamen a estimé que les conditions fixées par le premier secrétaire pour se présenter à la candidature n'étaient pas réunies, ce qu'il "regrette".

"Il a défini lui même les conditions de sa candidature. Il veut être le seul à rassembler mais les conditions ne sont pas réunies".

Mercredi 27 septembre 2006

 Ségolène Royal, candidate potentielle du parti socialiste français aux élections présidentielles de 2007, est en voyage officiel au Sénégal jusqu’à mercredi. L’accord sur l’immigration signé entre Nicolas Sarkozy, le ministre français de l’Intérieur, et les autorités du pays a suscité de vives réactions dans l’opinion locale, que son homologue sénégalais a dû apaiser. C’est dans ce climat que la candidate a amorcé sa visite.

Par Franck Salin (Afrik.com)

L’immigration ! C’est le dossier sur lequel Ségolène Royal est attendue au cours de sa visite officielle de deux jours au Sénégal. Arrivée lundi soir, la présidente de la région Poitou-Charentes et candidate potentielle du parti socialiste français aux élections présidentielles de 2007 devra se démarquer de Nicolas Sarkozy. Le ministre de l’Intérieur l’a devancée sur le sol sénégalais où il s’est rendu la semaine dernière. Il a signé samedi avec les autorités locales un accord sur « l’immigration concertée ».

Cet accord a fait couler beaucoup d’encre au Sénégal et alimenté une polémique que le ministre de l’Intérieur et des Collectivités, Ousmane Ngom, a voulu tuer dans l’œuf. Après le départ de Nicolas Sarkozy, le journal Sud Quotidien titrait à sa Une "revoilà les charters !", et Le Quotidien écrivait "Les charters de Sarkozy vont, sous peu, reprendre du service. Dans une conférence de presse tenue dès lundi, Ousmane Ngom a assuré qu’ « il n’y aura pas de charters clandestins ». Il a ajouté que « désormais, le retour des migrants dans leur pays d’origine sera organisé conjointement par les deux pays », et ce « dans des conditions qui respectent la dignité et les droits de l’Homme. » Ousmane Ngom a également donné des gages de transparence sur la gestion des 2,5 millions d’Euros issus de l’accord sur la gestion des flux migratoires signé avec la France.

Immigration et co-développement

Ségolène Royal a estimé lundi qu’il y a « des choses pas mal » dans cet accord, mais qu’il « ne va pas très loin en termes d’aide au développement ». Le co-développement est le second dossier sur lequel elle est attendue au Sénégal, un sujet qu’elle affectionne particulièrement. Ségolène Royal devait être reçue ce mardi midi par le Président de la République, Abdoulaye Wade. Une entrevue suivie d’une série de rencontres avec les dirigeants du Parti socialiste du Sénégal (PS, opposition). Au menu de ses activités qui s’achèveront mercredi, il y aura aussi, entre autres, des débats sur l’émigration clandestine à Thiaroye, la signature d’un mémorandum de coopération entre la région Poitou-charentes et celle de Fatick, et la rencontre, à Niakhar, d’un groupement de femmes qui s’activent dans la vente de produits paysans.

Au cours de son séjour, Ségolène Royal a exprimé sa volonté d’ « écouter les gens » et de se « nourrir de ce qu’ils disent ». A son arrivée à Dakar, elle a déclaré que son déplacement au Sénégal « est un voyage exceptionnel auquel [elle] pense depuis longtemps, peut-être qu’inconsciemment il y a un retour aux sources ». Elle est née il y a 53 ans dans la banlieue dakaroise, sur une base militaire où son père était affecté.

La venue de Ségolène Royal au Sénégal s’inscrit clairement dans la course à la présidence. Son voyage, deux jours après celui de Nicolas Sarkozy, autre candidat potentiel à l’investiture suprême, prouve que l’Afrique et la question de l’immigration pèseront lourd dans les élections françaises de 2007.

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