Désirs d'Avenir
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PARIS (AP)
Prise de vitesse par Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal est attendue lundi soir au Sénégal, où elle est née il y a 53 ans, pour une visite de deux jours sur l'immigration et le co-développement.
Un sujet qui s'annonce comme un des enjeux de la présidentielle, alors que la pression des clandestins s'est nettement accrue au sud de l'Europe.
Les dates de ce voyage de la très probable candidate à la primaire du PS ne sont pas anodines: il intervient peu avant l'ouverture, ce samedi, de la période de dépôt des candidatures rue de Solferino. Et quelques jours après qu'elle eut fêté son anniversaire. Or, Ségolène Royal est née le 22 septembre 1953 sur la base militaire de Ouakam, près de Dakar, où son père militaire fut affecté un temps. Le Sénégal était alors une colonie française, avant de devenir indépendant en 1960. La présidente de la région Poitou-Charentes y est retournée depuis à titre personnel et comme ministre de l'Enseignement scolaire, selon son entourage. "Elle a une relation particulière affective au Sénégal", explique un proche.
Lors de sa visite au pas de charge, la "Zapatera" devrait défendre ses idées en matière d'immigration et de co-développement, en prenant soin de se démarquer de son possible rival de l'UMP, Nicolas Sarkozy.
Elle ne veut "pas faire de l'immigration un sujet de polémique" comme Jean-Marie Le Pen ou Nicolas Sarkozy, décrypte son entourage.
La question s'annonce cruciale en vue de la présidentielle, alors que l'Espagne notamment affronte un afflux sans précédent de clandestins.
Partisane d'une immigration "partagée", Ségolène Royal voit dans l'immigration "choisie" du ministre de l'Intérieur une "politique néo-coloniale".
Après avoir abordé récemment ce sujet avec les chefs de gouvernement italien Romano Prodi et espagnol José Luis Zapatero, elle doit déjeuner mardi avec le président sénégalais Abdoulaye Wade. En mai, celui-ci s'en était pris à la loi Sarkozy II sur l'immigration: "Je ne forme pas des hommes pour qu'ils viennent développer la France". Une allusion à la carte "compétences et talents" créée par cette loi pour attirer en France les migrants hautement qualifiés.
"La philosophie de Sarkozy, c'est de faire du 'brain-drain', de faire venir en France les élites des pays en développement", déplore l'entourage de Ségolène Royal.
Lors de son séjour africain, celle-ci entend donc s'adresser "à ces gens qualifiés, pour leur dire de rester, de retrouver espoir dans le développement de l'Afrique", selon un proche.
Mais le ministre de l'Intérieur a pris soin de déminer le terrain en la prenant de vitesse dans la course au Paris-Dakar. Alors qu'il n'était pas attendu avant octobre à Dakar, il s'y est rendu samedi en visite éclair pour parapher un premier accord, jugé historique, sur les flux migratoires. L'occasion d'afficher sa réconciliation avec M. Wade.
"Je vois qu'un ministre du gouvernement s'y est précipité pour me préparer sans doute le terrain", a ironisé Mme Royal, pas désarçonnée. Coupant l'herbe sous le pied de sa rivale, Nicolas Sarkozy a promis une aide de 2,5 millions d'euros pour améliorer la situation des jeunes Sénégalais et les dissuader de partir illégalement pour l'Europe.
Mercredi, Ségolène Royal doit rencontrer une association de femmes qui tentent de contenir les départs des jeunes en pirogue.
Enfin, la favorite des sondages à gauche doit se rendre au siège d'une ONG spécialisée dans le co-développement, thème qui lui est cher. Elle milite ardemment pour une hausse de l'aide au développement. La France est certes le troisième contributeur en volume, mais le septième rapporté au produit national brut.
"C'est par le droit des familles à vivre dignement dans leur pays d'origine que l'on mettra fin à l'immigration clandestine", prédit-elle, voyant là une "utopie réalisable".
Nathalie Schuck-- AP | 24.09.06 |
SANS-PAPIERS:
- Une "régularisation massive n'est pas la solution" car cela risque de créer un appel d'air. Ségolène Royal préfère une démarche "au cas par cas", "dans un flux continu", pour "régulariser" de façon progressive "ceux qui sont sur notre sol et dont notre économie a besoin". A cet égard, elle déplore la suppression de la régularisation "au fil de l'eau" au bout de dix ans de présence clandestine en France.
- Expulser "systématiquement" à leur sortie de prison les "délinquants dangereux". Mais cela ne concernerait que "les auteurs de crimes ou de délits arrivés depuis peu" en France. Sur ce point, Ségolène se défend de vouloir rétablir la double peine.
EMPLOI:
- Faire correspondre les autorisations de séjour aux besoins des entreprises, afin de fournir de la main-d'oeuvre aux métiers qui peinent à recruter tels que le bâtiment ou la restauration. Les migrants "font un travail que les Français ne veulent pas faire, notamment dans le bâtiment, dans le ramassage des ordures, dans le nettoyage", constate-t-elle. Cette mission incomberait aux préfets de région, qu'elle juge davantage en prise avec la réalité économique. Elle se démarque sur ce point de l'immigration "choisie", qu'elle qualifie de "politique néo-coloniale". "La philosophie de Sarkozy, c'est de faire du 'brain-drain', de faire venir en France les élites des pays en développement", analyse l'entourage de Mme Royal. "Les entreprises françaises n'ont pas besoin que de gens à BAC+15", ajoute-t-on de même source.
- Travailleurs saisonniers: face à l'insécurité juridique qui frappe ces travailleurs, elle propose "un visa saisonnier". Une carte similaire est déjà prévue par la loi Sarkozy II sur l'immigration, pour une durée de trois ans renouvelable, sous réserve de ne pas rester en France plus de six mois par an. Ségolène Royal prône, elle, un système permettant d'avoir des visas aller-retour sur trois, quatre, cinq ans. - Regroupement familial: "il n'est pas question de supprimer le regroupement familial tel qu'il existe", certifie son entourage.
CO-DEVELOPPEMENT:
- Augmenter "considérablement" l'aide au développement. En 2004, celle-ci atteignait 0,42% du PIB français, alors que Paris s'est engagé à la porter à 0,7%.
- Préoccupée par l'après-pétrole, Ségolène vante les mérites de l'énergie solaire pour les pays africains. Elle propose d'orienter les aides vers des projets innovants tels que des panneaux solaires activant des pompes à eau ou des réchauds solaires.
- Privilégier les "coopérations décentralisées" en région, qui permettent de s'assurer que les aides ne sont pas détournées. - S'appuyer sur les femmes, pivot de l'économie en Afrique, en leur permettant par exemple d'accéder au micro-crédit.
AP
Communiqué de presse - Région Poitou-Charentes
La région Poitou-Charentes, c'est un bilan positif élaboré collectivement. Dès notre élection, en mars 2004, nous avons engagé avec la présidente Ségolène Royal, la mise en Oeuvre de notre projet, élaboré en concertation avec les citoyens de notre région. Deux ans plus tard, malgré les transferts de charges effectués par l'Etat et la réduction des moyens financiers en direction des régions, les résultats sont là, incontestables.
En voici quelques exemples :
- Emploi : plus de 2000 bourses tremplins pour l'emploi (créations et reprises d'entreprises), plus de 1800 emplois tremplins pour les associations
- Environnement : 1055 chauffe-eau solaires installés en 2006, 8742 récupérateurs d'eau, lancement du premier lycée « autonome en énergie » de France, premiers TER fonctionnant aux agro carburants, emplois tremplins
- Lycées : aide significative à l'acquisition des manuels et de l'équipement professionnel, budget participatif, fonds social renforcé pour venir en aide aux familles en difficultés.
- Transports : achat de matériel ferroviaire neuf, développement de dessertes, augmentation du trafic usager de 20%,
- Maîtrise foncière en faveur du logement social avec la mise en place d'un établissement public foncier. La logique de « projets » est une voie exigeante, plus difficile que celle des « guichets ».
Nous continuerons à tracer la route autour des priorités qui ont été définies et partagées par les électeurs de la Région Poitou-Charentes.
C'est tous ensemble, que nous oeuvrons chaque jour, pour et avec les picto-charentais, dans une coopération constructive nous permettant aujourd'hui de porter haut notre bilan. C'est notre seule et unique préoccupation.