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Lundi 16 octobre 2006
dimanche 23 avril 2006, 22h30
 
Tout le monde court ???
Jean-Louis Debré accuse Nicolas Sarkozy de courir après l'électorat "le plus extrémiste"
PARIS (AP) - Le président UMP de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré a critiqué dimanche les propos de Nicolas Sarkozy sur l'immigration et l'a accusé de "courir après un électorat: le plus extrémiste".
"Je ne veux polémiquer avec personne, ce n'est pas ma personnalité, mais je ne reprendrai ni la formulation ni l'esprit de ces phrases", a souligné Jean-Louis Debré lors du Grand Jury "RTL-LCI-Le Figaro".
Samedi, le président de l'UMP avait déclaré devant des centaines de nouveaux adhérents de son parti réunis à Paris: "si certains n'aiment pas la France, qu'ils ne se gênent pas pour la quitter".
"La politique s'est, pendant longtemps, résumée à des petites phrases totalement inutiles: nos concitoyens en ont assez de ces petites phrases cinglantes qui veulent tout dire et rien dire et on se fait plaisir", a-t-il déploré. "Le vrai problème -c'est là que je crois que le ministre de l'Intérieur a raison- c'est qu'il y a nécessité (de passer) d'une immigration subie à une immigration choisie".
"Je dis des choses voisines" de Nicolas Sarkozy mais "sans blesser et sans vouloir courir après un électorat (...) le plus extrémiste", a lancé le président de l'Assemblée nationale.
Mais "n'oublions jamais que derrière les problèmes, il y a des hommes et des femmes, des gens qui souffrent et qui hélas sont obligés de quitter leur pays alors qu'ils voudraient y rester", a analysé M. Debré. "Essayons de faire cela avec un peu d'humanité."
Interrogé sur la place de Nicolas Sarkozy dans le gouvernement, le député de l'Eure s'est déclaré "inquiet sur le fonctionnement des institutions de la Ve République". "Il y a beaucoup de difficultés dans un gouvernement où le numéro deux est le chef du parti majoritaire et semble avoir en tant que tel une politique différente de celle suivie par le gouvernement auquel il appartient".
"C'est une gymnastique qu'on a bien connue sous la IIIe et la IVe République qui a abouti à une instabilité gouvernementale (...) et au déclin de la France", a prévenu ce proche de Jacques Chirac. "J'ai un peu le sentiment que, dans les déclarations du président de l'UMP, il se permet un certain nombre de critiques à l'égard du Premier ministre ou du gouvernement: ce n'est pas sain."
Le député de l'Eure a d'autre part assuré que Dominique de Villepin pouvait "tout à fait" être candidat à l'élection présidentielle. Par contre, "il ne sait pas" si Jacques Chirac pourrait à nouveau se présenter à la course à l'Elysée. AP
Lundi 16 octobre 2006

Accueillie par des congas et des rythmes africains, la présidente de la région Poitou-Charentes a conclu sa visite dans l'île de la Réunion vendredi soir par un meeting à Saint-Joseph, dans le sud de l'île.

A Saint-Joseph, une ville qui affiche un taux de chômage de 52% et compte le plus grand nombre de Rmistes de l'île, Mme Royal a délivré un discours très social. Affichant sa "fierté" pour les valeurs socialistes, elle a ainsi fermement dénoncé "les précarités ultralibérales" provoquées par les politiques en place depuis 2002. Devant un gigantesque fond bleu frappé du slogan "Alon bouge ensamb avec Ségolène" ("avançons ensemble avec Ségolène", en créole), la députée, visiblement dopée par un séjour en terrain ami, auprès d'une fédération socialiste "royaliste" à près de 90%, a touché son public, parlant d'un "pacte social rompu".

Exemples à l'appui, elle se déclare favorable au "recrutement local", afin de protéger les jeunes diplômés réunionnais touchés par "un plafond de verre invisible". Et sur le thème du logement, elle vise les mairies de droite qui ne respectent pas la loi sur les quotas de logements sociaux. Sous l'emblème socialiste du poing et de la rose, elle s'attire les applaudissements en refusant que "l'argent aille à l'argent" et en demandant par exemple que les droits à défiscalisation dans l'île soient interdits aux "entreprises qui profitent de La Réunion" et ne font que de la spéculation.

Mais Mme Royal n'avait pas complètement oublié la métropole, et notamment le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy. "Promettre pour demain ce qu'aujourd'hui on est dans l'incapacité de faire, c'est le contraire de ma conception de la vie politique et de la crédibilité de la parole politique", a-t-elle accusé, rappelant que M. Sarkozy est ministre depuis 2002 dans les différents gouvernements du président Chirac.

Thème du chikungunya a l'appui, Mme Royal a également visé le Premier ministre Dominique de Villepin. "La République française a quand même les moyens de payer des vaporisateurs anti-moustiques à toutes les familles de la Réunion", a-t-elle ainsi lancé à Saint-Paul, dans l'ouest de l'île, dénonçant le manque de mesures de l'Etat alors que l'été austral approche et avec lui la menace d'un retour de ce virus qui a touché quelque 270.000 Réunionnais, en tuant 249. "Le gouvernement ne pourra pas dire deux fois qu'il n'était pas au courant"," a averti Mme Royal.

Encouragée par les vivas des militants et sympathisants socialistes de Saint-Joseph, elle semblait bien au-delà de l'investiture socialiste vendredi soir: "Seule je ne peux rien, mais avec vous, en 2007, tout sera possible".

AFP

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