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Vendredi 5 octobre 2007

Le regroupement de la quasi totalité des médias français dans le giron d’une poignée de groupes industriels et financiers a de quoi inquiéter. Jamais une telle concentration n’a existé depuis la fin de la Seconde guerre mondiale !

Jamais non plus, un ministre-candidat devenu chef d’Etat, n’est intervenu de manière aussi brutale dans le travail des médias : il les a soumis unilatéralement à son service grâce à la complicité de ses amis financiers.

Les interventions directes de Sarkozy sur les patrons de chaînes, de radios, de journaux ou d’agences de presse sont devenues pratique courante. On voit fleurir limogeages ou adoubements des responsables de l’info, du privé comme du public, selon leur degré de résistance ou de servilité face au monarque et à sa cour.

Malgré une apparente surabondance de médias, jamais l’information n’a été aussi uniformisée, calibrée dans un seul sens : celui de l’obéissance au pouvoir politique et du Medef. Jamais depuis la fin de la guerre.

L’autocensure règne en maître : les grands médias deviennent les sherpas de la pensée unique. L’impertinence ne survit encore que dans quelques très rares rédactions et dans les médias alternatifs affranchis des grands groupes financiers.

La droite dure et violente bafoue les droits fondamentaux et porte des atteintes récurrentes aux médias et donc à la démocratie. Il est urgent pour l’ensemble du mouvement social et notamment les travailleurs des médias, journalistes et non journalistes, d’unir leurs forces et dire non à la régression sociale programmée. Cette lutte ne peut avoir lieu individuellement. Elle doit passer par une forte syndicalisation, seule manière de s’organiser face au pouvoir en place.

Pour résister, nous appelons les travailleurs des médias et l’ensemble du mouvement social à :

Résister lorsque le gouvernement Sarkozy utilise les médias pour faire présenter les mesures anti-sociales comme des lois aussi irréfutables que les lois de la nature.

Résister à l’envahissement des sondages, instruments trop souvent destinés à formater l’opinion publique et à remplacer l’analyse critique par la propagande.

Résister au matraquage financier qui tend à transformer tout auditeur ou lecteur en investisseur, boursicoteur... Résister au démantèlement des services publics de l’information.

Paris, le jeudi 4 octobre


Resistance, seule action qui nous reste et vous reste
Vendredi 5 octobre 2007

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Entre le 2 octobre 17h et le 5 octobre 18 heures la pétition lancée par

Charlie Hebdo et SOS Racisme contre les tests ADN à l’adresse

http://www.touchepasamonadn.com/

 

a recueilli 97200 signatures (243 pages de 400 signatures)

(Un plaisantin a même signé au nom de Nicolas Sarkozy Président RF)

Vendredi 5 octobre 2007
A lire d'urgence l'article de nos amis de Résistance2007, ainsi que les commentaires:


http://www.resistance2007.com/article-12750258-6.html#anchorComment


Je confirme les dires du webmaster1 : Urgent et indispensable d'aller  lire l'article de ce jour 5 octobre "Militants de tous les parties......Unissez-vous ?" et surtout ne pas oublier la lecture des commentaires. 
Le webmaster2 - yc
Vendredi 5 octobre 2007
 

A l'occasion d'une journée de mobilisation, les syndicats ont avancé plusieurs propositions pour préserver l'indépendance des médias alors qu'ils dressent un sombre tableau de la profession.

La journée de mobilisation pour l'indépendance de la presse s'est conclue, jeudi 4 octobre, par une soirée de débat qui a rassemblé près de 200 journalistes et citoyens. Ce fut l'occasion pour les syndicats de journalistes d'avancé des propositions pour préserver, par la loi, l'indépendance des rédactions et de faire part de leur inquiétude face à la multiplication des "pressions politiques et économiques".
Pour Jean-François Téaldi (SNJ-CGT), journaliste à France 3, "dans la vie des rédactions, les pressions se sont extrêmement banalisées, à tel point que les jeunes qui arrivent trouvent ça normal". Près de 200 journalistes et citoyens étaient rassemblés à la soirée-débat.

Un sombre tableau

"Personne ne peut nier que la presse est dans la tourmente. Lagardère intervient sur le contenu éditorial de ses titres, quand il n'exerce pas directement de pressions sur ses salariés. A France Télévisions, des émissions sont supprimées, des journalistes mis au placard. La presse ne remplit plus sa mission", a renchéri Nathalie Boisson (CFDT).
Pressions "politiques et économiques", concentration des titres de presse dans les mains de groupes industriels, manque de moyens, perquisitions dans les locaux de journaux, précarité (un tiers des 37.000 journalistes sont en situation précaire selon les syndicats)... autant de sujets qui préoccupe la profession et dont les intervenants ont dressé un sombre tableau.

Une profession inquiète

S'il n'y avait pas de "tête d'affiche" du journalisme, des professionnels des Echos, de la Tribune, du Monde, de France 2, ou de RFI ont insisté sur leurs inquiétudes quant à l'avenir de la profession.
"Quand j'ai commencé, Antenne 2 était réputée pour son impertinence, crainte, aimée, respectée. Aujourd'hui, on ne fait plus son métier de journaliste à la télévision, les conférences de rédaction sont devenues des chambres d'enregistrement", a témoigné un journaliste d'une chaîne publique.
Dans ce contexte, "il faut de nouvelles lois pour protéger les journalistes, au risque de les voir disparaître", a souligné Davad Larbre (SNJ).

Les propositions

Cinq syndicats (SNJ, SNJ-CGT, USJ-CFDT, SJ-CFTC et SJ-FO) ont présenté des propositions pour qu'une loi garantisse l'indépendance juridique des rédactions. La CFE-CGC, initialement présente dans l'intersyndicale, s'en est récemment retirée, ont-ils précisé.
Ils souhaitent notamment que l'équipe rédactionnelle soit "obligatoirement consultée" sur tout changement de politique éditoriale ou rédactionnelle.
Ils demandent que l'équipe soit également consultée lors de la nomination du responsable de la rédaction et puisse, le cas échéant, s'y opposer.
Les syndicats veulent aussi que les entreprises de presse soient obligées de publier "toutes les informations relatives à la composition de leur capital et de leurs organes dirigeants" chaque année, ainsi qu'à chaque changement dans le statut, l'organigramme ou la composition du capital.

Appel à manifester le 5 novembre

"Nous ne demandons pas à cogérer l'entreprise, ni même à définir la ligne éditoriale, nous demandons à pouvoir bien faire notre métier", ont-il expliqué.
Sur la base de ces propositions, les syndicats veulent mobiliser l'ensemble des journalistes, appelé à manifester le 5 novembre devant l'Assemblée nationale à Paris, mais aussi les citoyens.
Dans la salle, ces derniers ont fait part de leur soutien, mais aussi de leurs critiques.
"Pour être informé correctement sur le 11 septembre, l'Iran, la bulle immobilière c'est sur internet qu'il faut aller. Autant de sujets sur lesquels la profession défaille", a lancé un "citoyen" présent dans l'assistance.
 


NOUVELOBS.COM | 05.10.2007 | 08:16
     
Vendredi 5 octobre 2007

Dans la série: "La Chasse à l'Homme"

Mardi 2 octobre, M. Chen, papa de trois enfants scolarisés, rue de Tanger, XIXe arrondissement, est arrêté. Il est sans papier. Garde à vue au commissariat, puis centre de rétention à Vincennes. Pourtant, deux de ses enfants sont nés en France et ils sont tous les trois scolarisés depuis de nombreuses années. M. Chen attend sa convocation au tribunal. Il risque un rapide aller simple pour la Chine. Et une séparation interminable, loin de sa femme et de ses trois enfants.

Encore un. Un de plus. Un sans papier de plus dans un charter pour la Chine. Oui, mais pour moi, c’est le premier qui me touche vraiment. Parce que son petit garçon est scolarisé dans l‘école de ma petite dernière. Parce que ses deux grandes filles sont en CP et en CM1 dans l’école primaire de mon aînée.

Ce n’est pas une bonne raison. On devrait s’indigner pour chaque sans-papier séparé de sa famille. Oui mais voilà, dans le flot d’informations, dans la course du quotidien, c’est le premier cas sur lequel je prends le temps de réfléchir.

Egoïstement. Parce que ce mardi 2 octobre, les directrices des deux écoles m’ont demandé de les accompagner au commissariat, rue de la Goutte d’Or. Là, la policière au guichet nous prend de haut. Non, elle ne prendra pas les documents apportés par les directrices, prouvant la scolarisation des enfants. Non, elle ne nous dira pas si M. Chen est encore en garde-à-vue dans ce commissariat "pour respecter l’intimité de M. Chen"! "Vous comprenez, il n’a pas peut-être pas envie que tout le monde sache qu’il est arrêté et sans papier", affirme-t-elle sans rire.

A qui peut-on prouver que M. Chen est un homme qui s’occupe bien de ses enfants? Que ses enfants sont bien scolarisés? A-t-il un avocat commis d’office? Comment peut-on le savoir? Comment le contacter? "Je ne peux rien vous dire", conclut la policière du guichet. Nous ressortons avec une impression de flottement.

Nous vivons en démocratie et on ne peut pas savoir où se trouve un homme arrêté. On ne peut contacter personne pour fournir des documents prouvant sa bonne intégration… Il est quelque part, et nous, nous sommes là, rue de la Goutte d’Or, les bras ballants et impuissantes.

En rentrant, nous passons chez Mme Chen. C’est une jeune femme en jean et tee-shirt qui nous ouvre. Sourire d’usage malgré son abattement. La pièce principale sert de cuisine, de salon et de chambre. Deux lits d’enfants, des cahiers d’école, et en guise de table de chevet, un petit bureau avec un ordinateur portable dessus. Il est allumé et sur l’écran, défilent les photos de la famille.

Premier cliché: Parc de la Villette, par un après-midi ensoleillé. Isabelle et Shu-Ying, les deux fillettes, portent de jolies robes à bretelles. Charles, le petit dernier, leur donne la main. Ils se tiennent debout, en équilibre, sur les fameux boudins à rebondir du Jardin des Dunes, à la Villette. Eux aussi, comme mes enfants, comme tous ceux du quartier, comme beaucoup de petits Parisiens, adorent sauter, rebondir, s’essouffler sur ces matelas à rebondir.

Photo suivante: M. et Mme Chen se tiennent la main, lors d’une promenade le long du canal de La Villette, quai de Seine. Le dimanche, lorsqu’un brin de soleil apparaît, c’est la ballade rituelle. Amoureux, familles, ados, branchés et habitants du quartier s’offrent un tour du canal. Un œil sur les péniches et les avirons. Un autre sur les affiches de films du MK2.

Après nous avoir offert un verre d’eau, Mme Chen nous raccompagne. Dans l’ascenseur, le silence est pesant. Mme Chen sourit toujours. Ses yeux sont toujours rouges.

Il est 16h30. Plus la peine de retourner travailler. Plus l’envie non plus. J’ai juste envie de m’occuper de mes enfants. J’appelle la nounou pour la décommander. Ce soir, exceptionnellement, je vais les récupérer à la sortie des classes. En rentrant à l’appartement, on croise des flics en civil qui passent des menottes à deux adolescents noirs du quartier. A la maison, je fais griller du pain pour mes filles. Elles y font fondre des morceaux de chocolat en racontant leur journée. Puis j’accompagne la grande à son cours de danse.

Le long du quai de la Loire, une voiture de police passe à toute vitesse, sirène et gyrophare en action. Je me demande sur quelle planète je vis. J’appelle une copine au Journal Du Dimanche, un copain à Libé. "Tu sais, on nous appelle tous les jours pour des arrestations comme celle de M. Chen. Pas sûr qu’on puisse passer un papier", préviennent-ils.

Dimanche prochain, des centaines de familles retourneront se promener le long du canal, et iront s’amuser sur les "boudins" à La Villette. Pendant ce temps-là, Charles Isabelle et Shu-Ying seront privés de leur papa parce qu’il a commis un crime abominable: il est né en Chine.

Certes, la France ne peut pas accueillir la terre entière. Mais il y a juste une question à laquelle je ne trouve pas de réponse. M. Sarkozy, M. Hortefeux, dîtes-nous comment on doit expliquer à un enfant né en France qu’il ne verra plus son papa parce que ce dernier aurait dû avoir l’intelligence de naître dans un pays riche?

Vendredi 5 octobre 2007

Poursuivons notre petite exploration des joyeusetés du salariat contemporain, avec, aujourd’hui, cette merveille du capitalisme contemporain qu’est le concept du salarié au sifflet.

Pendant que certains aspirent à gouverner nos destinées nationales et assènent leur attachement à la valeur travail dans un élan lyrique qui n’a rien à envier au Pétain des années 40, contentons-nous d’arpenter les bas-fonds de la réalité quotidienne des plus fragiles d’entre nous.

Tout commence toujours par un petit message sur le forum des empêcheurs d’exploiter en rond :

Bonjour,

je suis actuellement en contrat CDD 20h chez Decathlon depuis le 6 Février 2006 et à compter du 1er Février 2007 je dois signer un CDI 15h par semaine.

J’ai touché depuis le 6 Février 2006, un complément de salaire des assedis, que je ne touche plus depuis….

du Fait que je passe de 20h à 15h par semaine quels sont mes nouveaux droits ?
Est-ce que je vais avoir droit encore à un complément de salaire des assedics ?
Est-ce que je vais avoir droit à une prime de précarité étant donné que de 20h en Cdd je passe à 15h en CDI, parce que là on peut dire qu’il va y avoir de la précarité dans l’air !

Pour moi il me semble trés logique que si je peux plus toucher une quelquonque indemnité lorsque je serais à 15h, autant que je refuse ce CDI et toucher un revenu décent en étant au chomage ou bien même au RMI. Il faut savoir que 15h par semaine c’est même pas le salaire d’un Rmiste.

Merci pour vos réponses.

Déjà, avec un mi-temps, on peut dire que la paye était plutôt calculée pour couvrir les besoins… jusqu’au 15 du mois! Les bons mois. Ce qui explique que ce genre de boulot fait disparaître les chômeurs des listings des ASSEDIC mais les laisse plutôt dépendants des subsides de l’État. Mais bon, admettons que ce soit là l’étape obligée pour retrouver sa dignité et le chemin glorieux du travail et de son Saint-Graal : le CDI!
Voilà donc que notre petite chanceuse qui décroche enfin un beau CDI après un an de bons et loyaux services. Manquerait plus qu’elle ne soit pas contente en plus, non?Ben si, elle n’est pas contente, l’ingrate. Parce qu’en plus, il lui faudrait un plein temps!

Bon, faut bien dire qu’avec 15 heures par semaine, elle va gagner 537€/mois… bruts. Ne jamais oublier que les exonérations de cotisations sociales ne sont jamais qu’à destination des patrons. Ce qui fait qu’en net, elle devrait arriver à toucher un peu plus que le RMI! À peine! Mais bon, à quoi peut-on s’attendre, je vous le demande, quand on bosse pour le leader mondial de la vente de tente pour SDF?

Sur ce, arrive la question cruciale : quel est l’intérêt de ce type de contrat?

Le management de la misère

Pour le salarié, franchement, je ne vois pas. Autonomie, retour à l’emploi, dignité de l’utilité retrouvée, sortir de la merde, ne plus être assisté… franchement, ça ne sert à rien de tout cela. Mais d’un autre côté, le choix est de plus en plus retreint : c’est ça ou le RMI. De ce point de vue, le RMI est plus avantageux, puisque pour le même prix, il n’y a pas toutes les dépenses annexes : vêtements décents pour aller bosser, transports pour le trajet travail-domicile, garde des nains, restauration extérieure. Finalement, ce type de contrat, c’est presque le RMA : le RMI contre du travail!

Par contre, pour l’employeur, c’est tout bénef!
En imposant au salarié un contrat avec une base horaire au plancher, il s’offre le rêve patronal : un salarié au sifflet!

Avec un CDI à temps très partiel, le salarié a absolument besoin de travailler plus. Pour travailler plus comme le dit si bien le petit Nicolas, c’est en fonction des besoins de l’entreprise, pas de ceux du salarié. Lequel est appelé quand il y a du travail, des périodes d’affluence, des absences. Donc il y va. Et plus il y va, plus il ferme sa gueule et plus il accepte tout et n’importe quoi, plus il aura d’heures de travail complémentaires, jusqu’à arriver à une trentaine d’heures.
Donc pas assez pour le sortir de la pauvreté et de la précarité. Juste de quoi surnager encore un peu.
Ben oui, c’est ça la magie du CDI à temps ultra partiel : cela maintient les salariés dans la super précarité. Parce que le salaire minimum garanti à temps partiel a été calculé pour ne pas suffire. Il est même effectivement sous les minima sociaux, une fois les frais déduits. Pour que le salarié soit toujours en attente de quelques heures de plus. Au bon vouloir de sa hiérarchie. Selon sa bonne gueule. Et qui ne lui paie que juste les heures dont l’entreprise a besoin quelques soient les fluctuations d’activité.

C’est ça la flexibilité!!!
Alors, si en plus, le CDI à temps très partiel est aussi un CNE, vous imaginez la danse du slip pour l’employeur!

Des hommes comme des marchandises

Le plus intéressant dans tout cela, c’est d’examiner de quelle manière s’est construit le salariat au sifflet, lequel sera à n’en pas douter un instant, la norme d’emploi dans un avenir des plus proches.

L’employé au sifflet est déjà la norme dans la grande distribution, alimentaire et spécialisée, la restauration rapide, (mais je pense que la traditionnelle peut être touchée) et les services à la personne. C’est-à-dire tous les secteurs à faible valeur ajoutée dont l’essentiel de la prestation est fournée par du travail humain.

Il s’agit en fait de la transposition de la logique des flux tendus, applicable aux stocks de marchandises, sur les humains.
Si vous avez un gros entrepôt avec plein de marchandises à vendre, vous êtes sûr de n’être jamais en rupture de stock. Le soucis, c’est que le volume de stockage a un coût et toute marchandise prête à vendre qui ne l’est pas immédiatement correspond à de la trésorerie immobilisée et non rentable.
D’où la mise en place des GPAO (logiciels de gestion de la production) évolués avec gestion des flux tirés : c’est la demande qui crée l’acte de fabrication et le stock tampon est réduit à son minimum. C’est le concept de production on demand. Ce qui signifie que l’outil de production (y compris les bonshommes) ne doit fonctionner/exister dans l’entreprise qu’en phase de production. Cette gestion en flux tendu du travail a été rendue possible… par l’annualisation du temps de travail.

À volume horaire constant, voire diminué (35 heures), on ne mobilise la main-d’oeuvre qu’en fonction du besoin, c’est à dire beaucoup en période de gros besoin et peu en période de creux. Mieux utilisée, signifie, globalement, économie sur les effectifs globaux, puisque les salariés permanents deviennent des sortes d’intérimaires de l’intérieur. Ce qui évite d’en recruter à l’extérieur.
Cependant, si le salarié est à plein temps, cela implique que l’on doit le payer le même tarif tous les mois (grâce à l’annualisation) et donc que l’on est contraint de lui faire une sorte d’avance sur boulot les mois creux. Donc, de la trésorerie dehors non traduite immédiatement en production/ création de valeur ajoutée.

C’est donc la réduction à presque rien du coût des heures sup’ (lesquelles ne sont plus des heures sup’ sous le seuil des 35 heures, mais des heures complémentaires) qui permet d’arriver au summum de la gestion des ressources humaines en flux tendu : le CDI à temps très partiel. En fait, le contrat est basé sur le plus petit contingent possible d’heures. En gros, l’entreprise sait que même à marée basse, elle utilisera sa main-d’œuvre ultra flexible dans les 15 heures par semaine (dans le cas qui nous intéresse).
C’est donc le montant de son contrat et de son salaire mensuel fixe et garanti.

Et il suffit de lui filer en heures complémentaires tout ce qui va correspondre à un surcroit de travail qui sera affecté au salarié selon la méthode du juste-à-temps, très prisé des responsables de production. Cela revient à coller virtuellement un bouton on/off sur le salarié : y a du boulot, t’es là, t’es payé. Y en n’a pas, tu sors, t’es pas payé. Et un grand merci au téléphone mobile qui permet de siffler son salarié pratiquement en temps réel! Ainsi, on a déstocké les heures de travail sur le dos des salariés.

Et grâce à l’annualisation du temps de travail, jusqu’à hauteur de l’équivalent annuel de 35h/semaine, les heures payées en plus du contrat initial ne coûtent pratiquement pas plus cher que si elles étaient contractuelles et surtout, au final, on économise sur les salaires équivalents temps plein qui auraient été payés pendant les périodes creuses.

Ainsi, l’entreprise se décharge sur le salarié du risque des creux de production, et cerise sur le gâteau, en le maintenant à un salaire garanti au niveau des minima sociaux, la nécessité de parvenir à faire des heures sup’ en pagaille à n’importe quelles conditions pour le salarié au sifflet devient vitale.
Il saura donc se rendre très disponible, et être le plus arrangeant possible avec son chef, lequel a le pouvoir exorbitant de décider si son employé sera pauvre ou miséreux ce mois-ci!

En gros, je ne vois pas pourquoi ce genre de pratique ne s’étendrait pas à l’ensemble du corps salarial dans un très proche avenir!

Travailler plus pour gagner plus!!!
Si ce n’est pas le top de la fumisterie, ça!



equilibreprecaire in rezo.net

Vendredi 5 octobre 2007

Jack Lang s'agite beaucoup en ce moment. Il n'est pas interdit de l'aider à obtenir son job de ministre.

Jack Lang est formel. Il ne pense pas à l'avenir. Il se « concentre » pour le moment sur la Commission Balladur sur la réforme des institutions. Il fonctionne par « séquence ». Il n'a pas déclaré au journaliste du Parisien-Aujourd'hui en France Frédéric Gershel : « S'il y a un sujet qui touche à mes compétences, sur le droit, l'international, la culture l'éducation, je peux rendre service. Je n'ai aucune raison de dire non si cela est fait dans des conditions de transparence », puisqu'il a démenti ce propos dans le jdd.fr. Transparence ? S'il souhaite être transparent, Jack Lang n'a donc aucune raison de cacher qu'il a été reçu lundi matin par Alain Minc. Aucune raison de cacher non plus qu'il rêve tout haut, selon tous les happy few qu'il croise dans les restaurants parisiens, non pas d'une commission, mais bien d'un poste de ministre de l'Union méditerranéenne, qu'il aimerait bien voir créer avant même le remaniement ministériel qui suivra les élections municipales de mars. 

De quoi ont parlé les deux hommes ? « De philosophie kantienne », se moque l'excellent Alain Minc. Plus probablement d'envisager ou d'ajuster les modalités de cette opération « ralliement à Sarko » en bénéficiant des amicaux conseils d'Alain Minc, « passeur » professionnel du monde des affaires mais aussi, parfois, de celui de la politique. Une fois Lang rapatrié dans le sarkoland, il faudra attaquer le plus gros morceaux : Julien Dray. Mais là, il faudra peut-être un autre « passeur » que Minc. Pierre Bergé ?

 


Jeudi 04 Octobre 2007 - Philippe Cohen - marianne2007.info


Remaniement? Mais oui, bien sûr.. La soupe est si bonne!

Vendredi 5 octobre 2007
Le rapport de l'Autorité des marchés financiers montre qu'à l'exception de Louis Gallois, 21 dirigeants d'EADS, Français ou Allemands, ont profité de leur position pour vendre au plus haut leurs actions de l'entreprise. Lagardère gagne du temps, Breton proteste de son innocence, et le gouvernement est embarassé.



 

Cette fois-ci, l'Autorité des marchés financiers a « fait le job » : la note dont le quotidien Le Figaro s'est fait l'écho mercredi 3 octobre, met en cause l'ensemble de l'état-major d'EADS, à l'exception notable du Président d'EADS Louis Gallois. Elle jette aussi un regard cru sur le rôle de Thierry Breton, qui avait succédé à Nicolas Sarkozy à Bercy. La quasi-totalité de l'état-major d'EADS connaissait donc parfaitement dès le mois de mai 2005 l'existence de gros problèmes dans les usines du groupe, problèmes qui allaient entraîner un retard dans la mise au point de l'A380 et pénaliser l'exploitation et les profits de l'entreprise. Toutes ces belles âmes ont choisi de se servir dans la caisse en vendant leurs actions au moment où l'action EADS était au plus haut puisque les marchés et le public ne détenaient pas cette information sur les difficultés à venir. Total du butin : 90 millions d'euros ! En droit, cela s'appelle un délit d'initié, et cela amène ceux qui en sont convaincus au pénal avec le risque de peines de prison avec sursis. Au total, 1200 cadres seraient concernés ! Mais l'AMF a choisi de concentrer ses tirs sur les plus hauts dirigeants.

L'extrait de la note interne à Bercy est, à elle seule, un énorme scandale dans le scandale :
« Nous avons conclu après cette réunion qu'EADS allait traverser une zone de turbulences et qu'en conséquence, il était opportun pour l'Etat de profiter de la valorisation du titre de l'époque qui n'intégrait que les nouvelles positives de l'exercice écoulé et de proposer au ministre une cession partielle de la participation de l'Etat. » Traduction pour le commun des mortels : l'Etat est ici invité à un actionnaire privé veillant à ses intérêts à court terme ! Le ton froid et anodin de la note exprime mieux qu'un long discours la profonde dégradation de l'esprit public et du sens de l'Etat : l'inspecteur des finances auteur de cette lettre n'a aucunement conscience qu'en suggérant au Ministre de vendre les participations de l'Etat, il risque de le mettre hors la loi. En l'occurrence, et c'est sans doute le clou de ce dossier, l'Etat pourrait bien être soupçonné d'avoir lui-même non pas commis un délit d'initié, mais laissé Lagardère et Daimler Bentz le faire. Plus grave : qui est-ce, si ce n'est Thierry Breton, alors Ministre des Finances, qui a ordonné à la Caisse des Dépots de racheter les actions de Lagardère dans EADS, comme l'a souligné Arnaud Montebourg à l'Assemblée ?

La défense des personnalités et des institutions mises en cause semble bien faible. Du côté de Lagardère, on cherche à gagner du temps en indiquant que la note se situe très en amont des conclusions d'une enquête qui n'est pas terminée. Le groupe Lagardère a indqué par ailleurs dans un communiqué laconique qu'il avait « décidé d'introduire toutes les procédures judiciaires nécessaires pour obtenir réparation des dommages qu'il a subis. » De son côté, Dans un premier temps, Thierry Breton n'a pas réagi officiellement mais un de ses proches a déclaré au Monde « Nous n'avions aucun moyen de bloquer la vente de titres. C'est de l'anti-délit puisque l'Etat a toujours gardé ses titres, considérant qu'il s'agissait d'un actif stratégique et qu'il fallait au groupe un actionnaire de long terme. » Enfin, interpelé par les députés socialistes à l'Assemblée, le gouvernement a botté en touche, Christine Lagarde semblant défendre Thierry Breton. Dans la soirée, ce dernier a fini par s'exprimer, démentant que l'auteur de la note ou lui-même ait été au courant des difficultés de fabrication de l'A-380.

Que va-t-il se passer à présent ? On notera d'abord que la note de l'AMF ne fait que confirmer ce qui se disait depuis fort longtemps dans l'entourage de Sarkozy. Ce n'est pas pour rien que le président a semblé prendre ses distances avec celui qui l'appelle « son frère », notamment après que ce dernier ait été entendu le 28 mai, 9 heures durant, par les fins limiers de l'AMF. Quand à Thierry Breton, considéré par Sarkozy depuis le départ comme un pion de Chirac, on comprend que sa seule solution professionnelle ait été de retourner travailler dans le secteur privé, où, hélas, l'égoïsme, même quasi-frauduleux, n'est pas considéré comme un défaut…. C'est justement ce qui débloque dans le néolibéralisme : le refus de payer le travail par un salaire auquel les entreprises préfèrent substituer des stocks options aboutit à des comportements illicites et aberrant pour l'intérêt de l'entreprise, de ses salariés et de ses petits actionnaires. Voilà qui peut faire exploser la machine. Même si aujourd'hui, la Bourse de Paris n'a pas chahuté le titre EADS, comme si le marché jugeait le comportement de ses dirigeants parfaitement normal. En revanche, le titre Lagardère a dévissé de 5% en une séance.

Il reste à deviner comment va réagir l'Etat-actionnaire au sein d'EADS : Nicolas Sarkozy a une occasion unique d'éloigner Arnaud Lagardère d'une entreprise et d'un secteur qui ne l'a jamais intéressé. Et de montrer que les discours vitupérant d'Henri Guaino contre les « patrons-voyous » durant la campagne valaient engagement présidentiel. Le problème va devenir de savoir si lesdits patrons-voyous sont l'exception ou la règle d'un système devenu fou.
Mercredi 03 Octobre 2007 - Philippe Cohen - marianne2007.info

Si l'on croit Fillon entendu hier au soir sur SOIR 3 (donc tard, et  s'exprimant devant l'Assemblée ?) : l'Etat bien qu'actinonnaire chez EADS, (avec normalement des moyens de contrôle) ne pouvait rien faire : c'est de la faute du dernier gouvernement socialiste qui lors de la restructuration d'EADS avait soi-disant inséré une clause dégageant l'Etat de toute responsabilité !!! 
En droit français il semble bien qu'il existe une loi spécifiant que toute personne ayant connaissance d'un délit doit en informer le Procureur de la République.....

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