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Mercredi 22 novembre 2006
22/11/2006 - 19h50
par Laure Bretton
 
PARIS (Reuters) - Ségolène Royal a défendu mercredi son concept de campagne présidentielle "décentralisée" et "participative", François Hollande assurant à nouveau que le Parti socialiste dans "toutes ses sensibilités" serait au coeur de la bataille pour 2007.
Lors de la première sortie officielle de la candidate présidentielle, au congrès des maires de France, tous ont insisté sur le "rassemblement" en train de s'opérer au Parti socialiste après six semaines de campagne interne pour l'investiture parfois houleuses.
Dernière illustration du "pack" socialiste retrouvé, après Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, Lionel Jospin, grand pourfendeur de la démocratie participative, s'est rangé mercredi derrière la présidente de Poitou-Charentes.
Mercredi 22 novembre 2006
Pendant 8 mois, une équipe de journalistes de l’émission « Envoyé Spécial » a suivi la campagne de Ségolène Royal. Comment est-elle devenue la première femme présidentiable ? Le reportage, intitulé « La révolution Royal » sera diffusé jeudi 23 novembre à 20h50 dans « Envoyé Spécial » sur France 2.
Mercredi 22 novembre 2006
NOUVELOBS.COM | 22.11.06 | 18:44
 
Lionel Jospin manifeste son soutien à Ségolène Royal. "Il va de soi" qu'elle "est désormais la candidate de tous les socialistes", dit l'ex-Premier ministre.
Mercredi 22 novembre 2006
Voici les réactions de la presse européenne, vendredi 17 novembre, après la victoire de Ségolène Royal à l'investiture du PS pour la présidentielle.

 
LE TEMPS (Suisse)
Sylvain Besson

"L'écrasante victoire octroyée par les socialistes français à Ségolène Royal traduit un puissant désir de renouvellement, doublé d'un rejet presque violent – visible dans l'ampleur du score – des élites au pouvoir.Ce phénomène d'apparence "populiste" s'était déjà manifesté, sous d'autres formes, avec l'arrivée de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002, et le refus de la Constitution européenne en mai 2005. Face à cette envie d'un "coup de balai" politique et générationnel, l'expérience et la compétence de Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius n'ont été d'aucun secours. Au contraire : l'ancien ministre de l'économie et l'ancien premier ministre sont apparus comme les représentants de la classe dirigeante traditionnelle.
 

Ségolène Royal, elle, a réussi à incarner le changement, grâce à sa fraîcheur et son discours centré sur les valeurs ("ordre juste") et les attentes des citoyens ("démocratie participative"). La candidate a aussi été portée par l'impression, renforcée par de multiples sondages, qu'elle est la seule à gauche à pouvoir battre Nicolas Sarkozy. Son aura, la mystique qu'elle entretient soigneusement autour de sa personne – voire son culte de Jeanne d'Arc – ont convaincu les militants socialistes qu'une victoire présidentielle était possible l'an prochain.
Elle a désormais le redoutable privilège de devoir transformer cette promesse en réalité."

LE GUARDIAN
Angelique Chrisafis

"(...) La "madone des urnes", dont l'opposition personnelle à un père autoritaire, militaire de carrière, et le combat contre le sexisme perceptible de la vieille garde de son parti, ont fasciné la France beaucoup plus que ses propositions politiques, a remporté une victoire décisive après une primaire acrimonieuse très américaine dans son style.
Elle a surpris les socialistes de la vieille école en esquivant la machine du parti, utilisant Internet pour se construire une base de soutien et attirer directement les électeurs en promettant de rompre avec l'élite politicienne française distante et impopulaire. Ses supporters, appelés "royalistes", disent qu'elle est la figure la plus populaire à gauche et la seule capable de battre le candidat de centre-droit Nicolas Sarkozy, le ministre de l'Intérieur, à la présidentielle.
Un sondage publié hier dans Le Point montre qu'elle pourrait être coude à coude avec lui s'ils étaient tous les deux au deuxième tour. La victoire de Mme Royal fait d'elle la première femme, d'un parti important, candidate à la présidentielle en France. Son investiture marque un changement dans la manière dont les socialistes se positionneront pour arracher des voix à la droite. Avec M. Chirac, le président le plus impopulaire de l'histoire de la cinquième république, la gauche espère gagner pour la première fois depuis M. Mitterand.
Mme Royal semble représenter une troisième voie pour la gauche française, même si son admiration pour Tony Blair la fait apparaître aux yeux de certains comme une traître à la cause socialiste."

TIMES

"La victoire de Mme Royal après la première primaire organisée en France menée à l'américaine, est une révolution dans la vie des partis politiques traditionnels du pays. La photogénique compagne de François Hollande, le leader du parti socialiste, organisa sa campagne sans la hiérarchie du parti, prêchant les valeurs plutôt que pointant les problèmes et jouant de sa médiatisation.
La gauche traditionnelle accuse Mme Royal de populisme et de se vendre au "Blairisme". Sa campagne ressemblait à celle du Parti travailliste dans ses valeurs morales et elle fût adroite dans son utilisation des médias et sa capacité à se connecter avec le public. Concernant l'économie et l'Etat-Providence, elle reste fidèle à la tradition du socialisme orthodoxe français."

PRESSE ESPAGNOLE

Ségolène Royal en route pour l’Elysée, par Jeanne Charain
Ségolène gagne les primaires et révolutionne le socialisme français, annonce ABC.
Un triomphe écrasant, ajoute El Pais qui souligne la forte participation aux primaires socialistes. Alors que El Correo offre un portrait de "la Zapatera" française.

 
LE SOIR (Belgique)
Edwy Plenel

"(…) Ce n’est pas succomber à la divination que de prédire d’autres surprises après la fulgurante percée de Ségolène Royal, intronisée sans coup férir, dès le premier tour, candidate de tous les socialistes à l’élection présidentielle. L’effet Royal est la première alerte : cette campagne électorale ne ressemblera à aucune autre.Il y a près d’un quart de siècle, les mêmes ou leurs semblables n’avaient pas cru sérieusement, lors de ses débuts, à l’effet Le Pen. Ce ne pouvait être qu’un feu de paille, une flambée poujadiste sans lendemain, une aigreur extrémiste que digérerait rapidement la sage et sereine démocratie française.
Cette double cécité — hier, vis-à-vis de Jean-Marie Le Pen ; aujourd’hui, vis-à-vis de Ségolène Royal — témoigne de la longévité et de la profondeur de la crise française dont le signe le plus alarmant est le désarroi des élites dirigeantes, leur aveuglement et leur inconséquence.
 
C’est là, dans ce mélange d’espérance et d’exaspération, d’attente et de lassitude, qu’il faut aller chercher l’origine de la vague Royal, tout comme c’est en fouillant ce terreau qu’on trouvait les racines du lepénisme. Effet Royal contre effet Le Pen : deux dynamiques radicalement opposées mais qui partagent des intuitions et des ressorts, entre constat politique et dynamique sociale. Deux réponses, l’une vertueuse, l’autre scandaleuse, l’une progressiste, l’autre réactionnaire, au même drame.Ce drame, c’est l’exclusion du peuple : oui, la triple crise — démocratique, sociale et territoriale — de la nation française a pour dénominateur commun la marginalisation du plus grand nombre. Le système institutionnel semble confisqué et épuisé, sans ouverture ni souffle, sans efficacité ni imagination."

Mercredi 22 novembre 2006

PARIS (AP) -- Réunion de ses partisans, tournée des élus du PS, débat sur les banlieues: en attendant son "sacre" dimanche lors du congrès d'investiture de la Mutualité, Ségolène Royal n'entend pas relâcher la pression et va arpenter le terrain cette semaine. En coulisses, les tractations continuent sur la réorganisation de son état-major de campagne mais ne devraient pas aboutir cette semaine. Mardi, à la mi-journée, la nouvelle égérie des socialistes a réuni ses partisans au deuxième sous-sol de l'Assemblée nationale. "Il y avait foule", selon un participant. "Elle est à la fois sur terre et dans les étoiles", "elle bosse", glisse Jack Lang, qui était présent.

Selon Gaëtan Gorce, qui co-anime son "conseil politique", la candidate n'y a pas évoqué la composition de son état-major, mais sa volonté de mener une campagne participative et l"'articulation" entre le PS et ses comités "Désirs d'avenir". L'équipe de campagne ne devrait pas être connue avant le milieu ou la fin de semaine prochaine. "Rien n'est calé" mais "toutes les cartes ont été rebattues", répète-t-on dans l'entourage de Mme Royal. Tout juste sait-on que le poste de directeur de campagne devrait échoir au N2 du PS François Rebsamen.

D'ici la fin de semaine, Ségolène Royal ne va pas laisser "retomber le soufflé", selon le mot du porte-parole du PS Julien Dray. Elle se rendra mercredi midi au 89e congrès des maires de France, porte de Versailles à Paris, pour déjeuner avec les maires PS. La présidente de région Poitou-Charentes poursuivra sa tournée des élus locaux du PS en réunissant jeudi à huis clos les présidents de région socialistes, dont la quasi-totalité l'a soutenue pendant la campagne interne.

Le meeting qu'elle avait envisagé vendredi dans l'Essonne a été annulé. Samedi matin, elle participera à un débat sur l'emploi lors du "Parlement des banlieues" à Bondy, ville de Seine-Saint-Denis dont le maire PS Gilbert Roger est un ami. Enfin, elle sera la grande vedette du congrès d'investiture organisé dimanche à la Mutualité.

Quelque 1.500 délégués du dernier congrès et membres de droit sont attendus à cette réunion, qui s'annonce comme un "Ségo show" avec mise en scène soignée. La liste des invités a donné lieu à un savant dosage pour faire en sorte qu'elle soit composée à 60% de "ségolénistes", soit un nombre proportionnel à son score à la primaire. Son entourage promet un discours "important". Il n'était pas certain que Laurent Fabius et DSK, que la candidate a enfin rappelés mardi, acceptent d'intervenir.

Mardi, Laurent Fabius a aussi convié ses partisans à l'Assemblée. "Très serein", il a procédé à une analyse "clinique" du vote au PS et estimé que la victoire de Ségolène Royal était "probable" à la présidentielle. Selon l'ancien Premier ministre, elle peut en effet espérer un effet "21 avril" (le remords des électeurs qui n'ont pas voté Jospin en 2002) au premier tour et un vote anti-Sarkozy au second.

Laurent Fabius "pense qu'elle a effectivement et véritablement les atouts pour l'emporter et que sa victoire est probable", sous réserve qu'elle ne délaisse pas les thématiques chères à son challenger, a rapporté le fabiusien Philippe Martin. Dans la campagne qui s'ouvre, les fabiusiens comptent d'après lui "montrer une disponibilité" et voient dans le fait que Ségolène Royal a parlé de pouvoir d'achat lundi soir sur TF1 "un petit signe" dans leur direction.

Enfin, Dominique Strauss-Kahn a également réuni 65 de ses délégués départementaux. "Vous pouvez être fiers de cette campagne et le PS peut être fier de cette primaire", a dit le candidat malheureux. Il "souhaite que nous soyons l'aile marchante, cohérente et conquérante du combat contre Nicolas Sarkozy, ce que nous ferons", a promis à l'issue son lieutenant, le député Jean-Christophe Cambadélis.

Par Nathalie Schuck-- AP | 21.11.06 | 18:23

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