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Dimanche 31 décembre 2006
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Dimanche 31 décembre 2006
Dimanche 31 décembre 2006

REUTERS. Des tentes pour les sans-abri, le long du canal Saint-Martin à Paris, le 18 décembre 2006.

Des «igloos» de Médecins du monde au campement des Enfants de Don Quichotte, l'heure est à la visibilité des sans-logis.

Samedi 16 décembre au matin, sur les bords du canal Saint-Martin. Marie, 22 ans, qui habite Paris : «Sauf à avoir des oeillères, on ne peut pas échapper au constat qu'il y a des gens qui vivent dans la rue.» Pendant longtemps, elle s'est demandé ce qu'elle «pouvait faire». Ce jour-là, cette élève infirmière «bien logée» a décidé de camper avec des SDF dans l'une des cent tentes rouges installées par l'association les Enfants de Don Quichotte de part et d'autre du canal. Quinze jours plus tard, les tentes sont toujours là, en plus grand nombre (environ 250). Et le fondateur des Enfants de Don Quichotte, Augustin Legrand, espère que son initiative sera reprise dans les prochains jours dans d'autres villes.

Trois kilos. La tente, ou comment imposer dans le débat présidentiel un thème, celui de la grande précarité, en rendant visibles ceux qui vivent cachés. Derrière leur carton. Derrière l'indifférence. Voilà plus d'un an maintenant que la tente s'est imposée dans le paysage parisien, quand des équipes de Médecins du monde (MDM) ont suscité la polémique en distribuant des tentes igloos, de forme ronde. Les leurs sont grises, mais pèsent comme les rouges du canal Saint-Martin, environ trois kilos, et peuvent abriter une ou deux personnes. «A défaut d'un toit, une toile de tente. Chaque tente est un toit qui manque», indique une pancarte parfois posée près de l'abri de fortune. «Ce sont comme des balises de détresse vouées à nous faire réagir», lance alors Graziella Robert, responsable de la mission SDF à MDM. C'est ce qui se passe. Catherine Vautrin, la ministre de la Cohésion sociale, juge cette action «contre-productive», car elle pousse les SDF à rester dans la rue. Elle redira peu ou prou la même chose à propos des tentes des Enfants de Don Quichotte. Les associations, elles, clament que l'objectif est de sortir les sans-logis du circuit infernal centre d'hébergement d'urgence-retour à la rue-centre d'hébergement d'urgence. Peu avant l'initiative de MDM, Dominique de Villepin avait, avec une grande maladresse, demandé «au 115 [le Samu social, ndlr] de proposer un hébergement stable et d'une durée minimale d'un mois pour les personnes qui sont sans toit et qui ont un contrat de travail». Cette discrimination entre les titulaires d'un emploi et les autres fait bondir toutes les associations s'occupant des questions de précarité. Le Samu social produit alors une étude qui définit, à partir des appels passés au 115, l'évolution de la précarité entre 1999 et 2004. Cela fait froid dans le dos : à Paris, les pauvres, parmi lesquels les femmes, les jeunes et les couples croissent, séjournent de plus en plus longtemps dans les centres d'urgence. De trois semaines en moyenne en 1999, la durée moyenne d'hébergement est passée à quatre mois en 2004.

Canicule. Les tentes refont parler d'elles en juillet. Paris Plages débute. Mais, sur les quais de Seine, des villages de tentes ont pris leurs quartiers d'été. Certains sont sommés d'aller ailleurs. Et le débat recommence, Bertrand Delanoë justifiant son choix par le souci d'aider les SDF à «accepter des solutions concrètes d'hébergement». La canicule menace. Agnès de Fleurieu, la présidente de l'Observatoire national de la pauvreté, mène un audit et préconise un allongement de la durée de l'hébergement d'urgence. Un premier centre voit le jour mi-novembre. Un mois après, une centaine de tentes surgit canal Saint-Martin.

Fabrice TASSEL

LIBERATION : samedi 30 décembre 2006

Dimanche 31 décembre 2006

Ségolène Royal exprime un «sentiment de dégoût indéfinissable»

Rappelant son opposition à la peine de mort, Ségolène Royal a exprimé «un sentiment indéfinissable de dégoût» après la pendaison de l'ancien président irakien Saddam Hussein samedi avant l'aube. «Je suis opposée à la peine de mort, fût-ce pour un dictateur abominable», déclare la candidate socialiste à la présidentielle dans un entretien à paraître dans le «Journal du Dimanche».

«De plus je m'interroge», ajoute Mme Royal. «Quel retentissement profond vont avoir sur une partie de la population irakienne les images de cette exécution diffusées dans le monde entier?»

«C'est ajouter l'humiliation à la honte», souligne-t-elle. «Il ne faudrait pas que la manipulation de ces images finisse par créer un sentiment de solidarité avec un dictateur dont les actes sont définitivement indéfendables».

Associated Press (AP)

30/12/2006 14h08

Samedi 30 décembre 2006

RESISTANCE
envoyé par damfr
Samedi 30 décembre 2006
Samedi 30 décembre 2006

Actiontoulon
envoyé par MJS83
Samedi 30 décembre 2006
rappel du 22/12/06
Nicolas Sarkozy découvre la "France qui souffre"
Dans un discours à "la France qui souffre", lundi à Charleville-Mézières, Nicolas Sarkozy s'était engagé “à que d'ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid".
 
«Je me garderai de faire ce type d'annonce. Le changement politique qu'attendent les Français, c'est de dire les choses quand elles sont faites», a assuré Ségoléne Royal , en marge d'un déjeuner avec des associations caritatives de la Vienne.

Pour François Hollande,”Nicolas Sarkozy découvre qu'il y a des pauvres, qu'il y a des Français qui souffrent. Pour Nicolas Sarkozy, la France qui souffre, c'est celle des privilégiés, pas celle des salariés qui se lèvent tôt le matin", rappelant que le projet électoral de l'UMP prévoit "la suppression de l'impôt sur les successions pour les plus richesou encore la réforme de l'impôt sur la fortune. Il ne nous fera pas croire qu'il peut avoir une politique sociale, sinon nous l'aurions déjà vue. Il nous fait encore des promesses, les mêmes que Jacques Chirac en 1995. Il n'appelle plus ça la fracture, mais la rupture. Franchement, on a l'impression d'avoir déjà vu le film. » François Hollande l'a sommé de profiter des derniers mois avant les élections pour "débloquer les moyens nécessaires pour qu'il n'y ait plus personne qui dorme la nuit dehors. Il s'agit tout de suite de dégager les crédits indispensables pour qu'il y ait des logements d'urgence. Quand on est aux responsabilités du pays, la première responsabilité, c'est d'agir".

Pour Jean-Marc Ayrault, "ça fait un peu du déjà vu. Le coup de la fracture sociale, on l'a déjà entendu en 1995. Nicolas Sarkozy est le meilleur élève de Jacques Chirac, c'est un clone de Jacques Chirac. Les Français ont besoin d'y voir clair dans les propos de M. Sarkozy. A chaque catégorie qu'il rencontre, il fait une promesse et quand vous additionnez ses promesses, quand vous les comparez les unes avec les autres, vous voyez qu'il y a tromperie sur le programme. Si aujourd'hui, il y a une crise de confiance dans le pays, nous la devons pour une grande part à ce type de discours."

“Dans les Ardennes, Nicolas Sarkozy tient le langage de la CGT mais il ne s'effraie pas de tenir le langage absolument opposé devant l'assemblée générale du Medef” commente Arnaud Montebourg. “ A qui ment-il ? Il n’assume pas les conséquences de sa politique alors qu’il gouverne la France de fait, même s'il n'est pas chef du gouvernement. Il contrôle une majorité de députés. Il a les médias avec lui, le haut patronat, le Conseil constitutionnel. “

Pour Martin Hirsch, président d'Emmaüs France, l'objectif brandi par Nicolas Sarkozy d'offrir un logement à tous les SDF dans un délai de deux ans resterait illusoire si l'on ne s'attaque pas "en amont" au phénomène des travailleurs pauvres."Bien sûr, il faut tendre vers zéro SDF, mais on n'y arrivera jamais si on ne s'attaque pas au fait qu'il y a 30% de travailleurs pauvres dans la rue, si l'on n'agit pas en amont. Sinon, on restera dans des slogans assez creux. Le Revenu de solidarité active, c’est une chose pour laquelle on se bat avec les syndicats et les associations familiales depuis deux ans. Aujourd'hui, il ne faut plus plafonner les personnes en les empêchant de retourner au travail".

En l'absence de tout recensement précis, la Fondation Abbé Pierre chiffre à 3,2 millions le nombre de personnes mal logées, parmi lesquelles presque un million privées de domicile personnel

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