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Désirs d'Avenir
Créteil - Bonneuil
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ET QUE TOUTE NOTRE ENERGIE ACCOMPAGNE SEGOLENE ROYAL
REUTERS. Des tentes pour les sans-abri, le long du canal Saint-Martin à Paris, le 18 décembre 2006.
Des «igloos» de Médecins du monde au campement des Enfants de Don Quichotte, l'heure est à la visibilité des sans-logis.
Samedi 16 décembre au matin, sur les bords du canal Saint-Martin. Marie, 22 ans, qui habite Paris : «Sauf à avoir des oeillères, on ne peut pas échapper au constat qu'il y a des gens qui vivent dans la rue.» Pendant longtemps, elle s'est demandé ce qu'elle «pouvait faire». Ce jour-là, cette élève infirmière «bien logée» a décidé de camper avec des SDF dans l'une des cent tentes rouges installées par l'association les Enfants de Don Quichotte de part et d'autre du canal. Quinze jours plus tard, les tentes sont toujours là, en plus grand nombre (environ 250). Et le fondateur des Enfants de Don Quichotte, Augustin Legrand, espère que son initiative sera reprise dans les prochains jours dans d'autres villes.
Trois kilos. La tente, ou comment imposer dans le débat présidentiel un thème, celui de la grande précarité, en rendant visibles ceux qui vivent cachés. Derrière leur carton. Derrière l'indifférence. Voilà plus d'un an maintenant que la tente s'est imposée dans le paysage parisien, quand des équipes de Médecins du monde (MDM) ont suscité la polémique en distribuant des tentes igloos, de forme ronde. Les leurs sont grises, mais pèsent comme les rouges du canal Saint-Martin, environ trois kilos, et peuvent abriter une ou deux personnes. «A défaut d'un toit, une toile de tente. Chaque tente est un toit qui manque», indique une pancarte parfois posée près de l'abri de fortune. «Ce sont comme des balises de détresse vouées à nous faire réagir», lance alors Graziella Robert, responsable de la mission SDF à MDM. C'est ce qui se passe. Catherine Vautrin, la ministre de la Cohésion sociale, juge cette action «contre-productive», car elle pousse les SDF à rester dans la rue. Elle redira peu ou prou la même chose à propos des tentes des Enfants de Don Quichotte. Les associations, elles, clament que l'objectif est de sortir les sans-logis du circuit infernal centre d'hébergement d'urgence-retour à la rue-centre d'hébergement d'urgence. Peu avant l'initiative de MDM, Dominique de Villepin avait, avec une grande maladresse, demandé «au 115 [le Samu social, ndlr] de proposer un hébergement stable et d'une durée minimale d'un mois pour les personnes qui sont sans toit et qui ont un contrat de travail». Cette discrimination entre les titulaires d'un emploi et les autres fait bondir toutes les associations s'occupant des questions de précarité. Le Samu social produit alors une étude qui définit, à partir des appels passés au 115, l'évolution de la précarité entre 1999 et 2004. Cela fait froid dans le dos : à Paris, les pauvres, parmi lesquels les femmes, les jeunes et les couples croissent, séjournent de plus en plus longtemps dans les centres d'urgence. De trois semaines en moyenne en 1999, la durée moyenne d'hébergement est passée à quatre mois en 2004.
Canicule. Les tentes refont parler d'elles en juillet. Paris Plages débute. Mais, sur les quais de Seine, des villages de tentes ont pris leurs quartiers d'été. Certains sont sommés d'aller ailleurs. Et le débat recommence, Bertrand Delanoë justifiant son choix par le souci d'aider les SDF à «accepter des solutions concrètes d'hébergement». La canicule menace. Agnès de Fleurieu, la présidente de l'Observatoire national de la pauvreté, mène un audit et préconise un allongement de la durée de l'hébergement d'urgence. Un premier centre voit le jour mi-novembre. Un mois après, une centaine de tentes surgit canal Saint-Martin.
Fabrice TASSEL
LIBERATION : samedi 30 décembre 2006
Ségolène Royal exprime un «sentiment de dégoût indéfinissable»
Rappelant son opposition à la peine de mort, Ségolène Royal a exprimé «un sentiment indéfinissable de dégoût» après la pendaison de l'ancien président irakien Saddam Hussein samedi avant l'aube. «Je suis opposée à la peine de mort, fût-ce pour un dictateur abominable», déclare la candidate socialiste à la présidentielle dans un entretien à paraître dans le «Journal du Dimanche».
«De plus je m'interroge», ajoute Mme Royal. «Quel retentissement profond vont avoir sur une partie de la population irakienne les images de cette exécution diffusées dans le monde entier?»
«C'est ajouter l'humiliation à la honte», souligne-t-elle. «Il ne faudrait pas que la manipulation de ces images finisse par créer un sentiment de solidarité avec un dictateur dont les actes sont définitivement indéfendables».
Associated Press (AP)
30/12/2006 14h08