Le moral des ménages chute, les chances d'atteindre 2% de croissance s'éloignent

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Ce sont deux mauvais chiffres que l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a publiés vendredi 28 septembre : le premier révèle un net recul du moral des ménages (- 6 points) en septembre, le second confirme le chiffre décevant de la croissance française au deuxième trimestre (+ 0,3 %). Il éloigne – voire compromet – les chances de voir le produit intérieur brut (PIB) progresser de 2 % en 2007, ce qui était l'hypothèse basse retenue par le gouvernement Villepin pour bâtir son projet de budget pour 2007.

 

Publiés au plein cœur de l'été, les premiers résultats de la croissance française au deuxième trimestre avaient surpris nombre d'économistes par leur faiblesse – un petit + 0,3 % –, liés notamment au ralentissement de l'industrie manufacturière, à la contribution négative du commerce extérieur et au fléchissement de l'investissement. Vendredi matin, l'Insee a confirmé ce chiffre et réévalué de 0,1 point à + 0, 6 % la progression du PIB au premier trimestre. Selon Ronan Mahieu, chef de division des comptes trimestriels, "ces révisions à la marge portent l'acquis de croissance pour 2007 de 1,3 % à 1,4 %". "Il faudrait, ajoute-t-il, une croissance soutenue au second semestre, de l'ordre de + 0,8 % à chacun des deux derniers trimestres, pour atteindre les 2 % de croissance en 2007". Compte tenu de l'environnement international, du ralentissement de la croissance aux Etats-Unis et de l'appréciation de l'euro qui va creuser le déficit commercial français (plus de 30 milliards d'euros en cumulé), on voit mal les raisons qui pourraient permettre un tel redécollage de l'économie française.

Sur la foi notamment des chiffres "catastrophiques" de la balance commerciale, Jean-Christophe Caffet, économiste France chez Natixis, table sur une progression de 0,5% du PIB aux deux derniers trimestres, et sur une croissance annuelle de 1,8% cette année comme en 2008. Depuis l'été, la plupart des économistes ont revu à la baisse leurs prévisions et s'attendent à la persistance d'une croissance molle en 2008. Si leurs chiffres se révélaient justes, ils compliqueraient singulièrement la tâche du ministre du budget Eric Woerth et celle de la ministre de l'économie Christine Lagarde.
 
PESSIMISME

Le climat, en tout cas, a bien changé depuis le printemps. En mai, dans la foulée de l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence, l'Insee avait constaté une amélioration spectaculaire du moral des ménages : une hausse de 6 points. Il fallait remonter aux législatives de juin 1997 pour trouver une plus forte progression (+ 9 points). En septembre, c'est l'évolution inverse qui est relevée : l'indicateur mesurant ce moral est en net recul, puisqu'il s'établit à - 21 points contre - 15 en juillet. La baisse la plus notable, souligne l'Insee, concerne l'opinion des ménages sur les perspectives d'évolution du niveau de vie en France, qui se dégrade fortement (- 15 points). Les ménages sont de nouveau plus pessimistes sur leur situation financière future et plus nombreux, ce qui est mauvais signe, à douter de l'opportunité de faire des achats importants. Tout se passe comme si l'opinion publique française n'anticipait pas d'effet bénéfique sur le pouvoir d'achat des mesures prises depuis le printemps par le gouvernement Fillon, "paquet fiscal" présidentiel en tête.

Claire Guélaud - LE MONDE | 28.09.07 
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