Le consensus fait défaut sur de grands dossiers

Publié le par webmaster


Fini de rêver ? Au moment de dresser le bilan de la première étape du Grenelle de l'environnement, les ONG pointent les désaccords persistants entre les différents groupes réunis autour de la table des négociations depuis le 6 juillet. Ces désaccords, nombreux, sont loin de porter sur des points de détail.

"Notre diagnostic sur la crise écologique n'est pas contesté, et c'est la bonne surprise du Grenelle, explique Yannick Jadot, l'un des porte-parole de l'Alliance pour la planète, mais il reste des conflits lourds, et globalement, aucun consensus ne s'est dégagé sur les moyens à mettre en œuvre pour dépasser cette crise."

Ce sentiment est partagé par France Nature Environnement (FNE), l'autre grand réseau associatif, qui lance une "alerte orange" sur le possible aboutissement de la négociation. "Les groupes de travail n'ont, pour la plupart, pas encore abouti à la définition de propositions concrètes, faisant consensus et permettant une vraie rupture avec les politiques actuelles", relève FNE.

DES SUJETS QUI FÂCHENT

Sur la liste des sujets qui fâchent se retrouvent, sans surprise, le nucléaire et l'abandon du projet de réacteur EPR que le gouvernement avait d'emblée sorti des sujets négociables. Mais aussi les pesticides ou le traitement des déchets.

"L'objectif de réduire l'utilisation des pesticides de 50 % d'ici à dix ans est approuvé par une majorité, mais dès qu'il s'agit d'imposer des contraintes, d'interdire certains produits, l'industrie chimique et le monde agricole montent au créneau. Compte tenu des enjeux de santé publique, on ne peut se satisfaire de ce statu quo", déplore André Cicolella, de la Fondation sciences citoyennes.

L'impasse est aussi patente dans le débat sur les incinérateurs. "C'est un point rouge des négociations, souligne Daniel Richard, du WWF. Ne pas envisager de remettre en cause les incinérateurs ferme la porte au déploiement d'un système plus intelligent fondé sur la valorisation des déchets, comme cela se pratique chez nos voisins."

L'absence de consensus entre les associations et le patronat sur l'arrêt de tout nouveau programme autoroutier promet aussi de cristalliser les tensions au cours des prochaines semaines, tout comme l'instauration d'une éco-redevance sur le transport routier ou la création d'une contribution climat-énergie mettant à l'effort tous les secteurs participant au réchauffement climatique.

"Rien n'est joué, nous sommes à un moment clé du processus", analyse Jean-Paul Besset, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot, pour qui il est normal que le débat sur les mesures à prendre fasse, à ce stade, ressurgir les conflits d'intérêts.

Mais il voit une avancée à mettre au crédit de cette première étape : "Le diagnostic fait consensus, et les choix se construisent désormais autour des propositions des associations écologistes".

Quelle position adoptera Nicolas Sarkozy, à qui reviendront en dernier lieu les arbitrages ? Cela reste évidemment la grande inconnue.




Les moyens financiers restent à trouver

Combien d'argent le gouvernement est-il prêt à mettre sur la table pour financer la politique écologique qui sera adoptée à l'issue du Grenelle ? Aucune réponse n'est donnée pour l'heure.

Le projet de budget 2008 du ministère de l'écologie (MEDAD), présenté mercredi 26 septembre, fait état de 20,1 milliards d'euros de crédits, soit une hausse de 2,6 % par rapport à 2007, à périmètre comparable.

Le MEDAD regroupe les anciens ministères de l'écologie, des transports, les services de l'aménagement du territoire et la direction générale de l'énergie et des matières premières.

"Le Grenelle fera l'objet de financements supplémentaires", a promis Jean-Louis Borloo, sans préciser comment le gouvernement, qui s'est fixé un objectif de déficit de 2,3 % du PIB, s'y prendrait.

 





LE MONDE | 27.09.07

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