La semaine des quatre jours en primaire à la rentrée 2008 divise

Publié le par webmaster

La décision d'instaurer la semaine de quatre jours pour le primaire dès la rentrée 2008 "sans concertation" suscite la critique des syndicats enseignants et des associations de parents. Le ministère de l'Education nationale a annoncé vendredi que tous les élèves de primaire suivront une semaine de quatre jours à la rentrée 2008, avec la suppression de deux heures de cours hebdomadaires, afin de mettre fin "à une grande confusion". Aucune comission nommée par Sarko? Etonnant pour un sujet aussi important!...

Arguant qu'il faut "permettre aux familles de se retrouver" et mettre fin à une situation "incohérente", le ministère de Xavier Darcos précise que les élèves passeront de 936 heures de cours par an à 864 heures, avec la suppression de deux heures par semaine. Désormais, tous les élèves effectueront leur rentrée et partiront en vacances en même temps. Supprimer 2 heures par semaine.. Pour quelles matières?

Jeudi soir, M. Darcos avait annoncé la suppression des cours le samedi matin à l'école primaire dès la rentrée 2008, souhaitant l'étendre "très vite" au collège. Les heures libérées le samedi matin seront dédiées aux "15% d'élèves qui sont en très grande difficulté scolaire".

"Les modalités pratiques de cette mesure seront discutées avec les partenaires syndicaux, les représentants de parents d'élèves et des familles", indique vendredi le ministère dans son communiqué. Une réponse est prévue "fin octobre en même temps que les autres mesures visant l'école primaire".

Le président de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE, principale organisation de parents de l'enseignement public) Farid Amana a regretté cette décision alors même que le ministre connaissait "la position" de la FCPE opposée à la semaine des quatre jours. "Le coup de sifflet est donné (...) sans débat et sans en examiner les conséquences concrètes".

"Je ne comprends pas comment vont fonctionner" les heures dégagées pour les élèves en difficulté, a-t-il déclaré à l'Associated Press, évoquant "une école à deux vitesses" avec "24 heures" par semaine pour les bons élèves et "26 heures pour les plus mauvais".

Quant au Syndicat national unitaire des instituteurs (SNUIpp, principal syndicat catégoriel), son secrétaire général Gilles Moindrot a expliqué à l'AP qu'il aurait "préféré une concertation sur ce sujet important". "On souhaite en connaître les modalités" car cette mesure aura "des conséquences sur les programmes et les matières enseignées".

Sur les heures de soutien pour les enfants en difficulté, là aussi "le ministre n'a pas précisé le dispositif", mais cela "nécessite une concertation approfondie", a-t-il plaidé. "C'est un peu rapide de croire qu'on va s'occuper de la maternelle, du rythme scolaire et du métier d'enseignant" d'ici à fin octobre.

Le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri a également épinglé "une manière de procéder (qui) n'est pas admissible car il n'y a eu aucune concertation". "Sur le fond, cette absence de concertation nous laisse dans un tel flou que je suis incapable de dire si c'est une bonne ou une mauvaise solution".

Fustigeant "le monologue de Xavier Darcos", la SGEN-CFDT déplore cette décision prise "de manière unilatérale" et "l'absence de toute consultation des organisations syndicales de personnels, des associations de parents d'élèves et des partenaires de l'Education nationale". "Si cette décision peut rencontrer une demande sociale, elle n'est pas sans conséquences sur l'organisation de l'école, sur les rythmes scolaires et donc la fatigue des élèves et leurs capacités d'apprentissage, sur les services des personnels".

"Ce dossier est trop important pour être laissé à la réflexion d'un seul homme et tranché à la va-vite", note le SGEN-CFDT, en appellant à son tour "au dialogue et à une large concertation". 


AP | 28.09.2007 | 17:07 in nouvelobs

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