Birmanie : Le Charençon libéré en rage contre la pétition et contre Rama Yade

Publié le par webmaster

 

Faut leur dire, aux bonzes et aux manifestants.

Qu’ils sachent tout de suite.

Histoire qu’ils se replient en bon ordre.

Qu’ils cessent d’agiter le drapeau de la liberté là où les balles volent un peu trop bas.

Et qu’ils arrêtent de se mettre en danger inconsidérement.

 

Donc : plus besoin de manifester, les gars.

La communauté internet a pris les choses en main.

Se mobilisant avec force et audace.

Et lançant ce qui devrait définitivement mettre fin au sale pouvoir de la junte birmane.

Soit une… (tenez vous bien !)

Une… (vous n’allez pas en croire vos yeux)

Un pétition en ligne !

Et oui…

Autant dire que les généraux de la junte doivent en faire dans leur froc grave.

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Ça s’appelle Stand with the Burmese Protesters (je mets le lien, mais ne vous sentez pas obligé de signer, hein).

Et ça a déjà recueilli les courageux clics de 162 210 internautes dans le monde.

Tous soucieux de peser sur le régime chinois pour qu’il s’entremette dans le conflit.

Tant nul n’ignore que les grands démocrates de la République populaire sont sensibles aux jolis élans des citoyens sur le web. 

"We stand alongside the citizens of Burma in their peaceful protests. We urge you to oppose a violent crackdown on the demonstrators, and to support genuine reconciliation and democracy in Burma. We pledge to hold you accountable for any further bloodshed", disent les pétitionnaires.

Ces fichus apôtres de la démocratie du clic et de la contestation en fauteuil.

 

Mais rassurons-nous.

Les héroïques internautes qui ont pris conscience que les Birmans "need our help" ne sont pas seuls dans leur difficile combat.

Et peuvent compter parmi les soutiens de leur contestation inutile sur l’appui de la secrétaire d’Etat française aux droits de l’homme. 

Tant Rama Yade aime bien pisser au vent.

A condition d’être sûre que les gouttes ne risquent d’éclabousser personne.

 

La jolie péronnelle l’a ainsi avoué sans détours hier, lors d’un déjeuner avec la presse diplomatique.

Elle "a une espèce de passion pour Aung San Suu Kyi", figure de proue des opposants au régime.

Oui : "une espèce de passion"…

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Voilà qui doit faire chaud au coeur de celle qui n’a cessé d’être assignée à résidence et emprisonnée depuis 1989.

De quoi lui remonter un peu le moral…

On dit merci qui ?

Oui : merci Rama.

 

Vaudrait d’ailleurs mieux qu’Aung San Suu Kyi se contente d’inspirer une "espèce de passion" à Rama Yade.

Parce que pour le reste…

Pour le reste, la secrétaire d’Etat a clairement signifié qu’elle s’en fichait un brin de ce qui pouvait se passer en Birmanie.

Et même qu’elle s’en battait la race avec plus de conviction que Ponce Pilate lui-même.

Paris "n’est pas l’un des partenaires principaux" de la Birmanie et "la France à elle seule n’aura pas d’impact décisif" parce que "ses relations avec la Birmanie sont très relatives", a t-elle ainsi déclaré hier.

Affichant clairement sa résolution de ne rien faire, si ce n’est s’afficher devant les caméras de télé en compagnie de Jane Birkin comme le raconte Rue 89 : "Etrangement, l’entourage de Rama Yade insiste alors, à plusieurs reprises, pour que Jane Birkin soit présente lors du rendez-vous. Un people, c’est toujours mieux pour faire passer l’info."

Comme c’est mignon…

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Rama Yade a aussi expliqué qu’elle ne souhaitait pas le retrait de Total de Birmanie.

"Imaginez que Total sorte de Birmanie, qu’est ce que ça change ? ", s’est-elle courageusement interrogée.

Hein, on vous le demande un peu ?

Nul doute que les dizaines de milliers d’esclaves forcés de l’entreprise pétrolière auraient leur petit avis sur la question.

Mais bon…

 

Et la séduisante idiote de poursuivre : "Les Américains ont (le groupe pétrolier) Chevron qui est sur place et qui n’est pas touché par les sanctions, donc il faut savoir ce que l’on veut."

C’est vrai, quoi : il n’y a pas de raison que ces salopards de Ricains exploitent le pays et pas nous.

Exactement le genre de réflexion que l’on attend d’une secrétaire d’Etat aux droits de l’homme…

 

Bref, les militaires birmans n’ont pas trop à s’en faire.

La France ne se mouillera pas pour soutenir les manifestants.

Ce qui ne nous empêche nullement d’aller signer la pétition en ligne.

Ou de nourrir "une espèce de passion" pour Aung San Suu Kyi.

L’indifférence a des limites…

Quand même…




29 septembre 2007 | Le Charençon libéré in Betapolitique

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