Bayrou, les syndicats de magistrats, RESF, experts... L’autre opposition

Publié le par webmaster


Chaque présidence apporte son lot de nouveauté. Celle de Nicolas Sarkozy est déjà riche d’enseignements. L’opposition change de nature et d’origine. On s’attendait à voir un PS déchaîné à chaque sortie présidentielle ou gouvernementale. Mais, empétré dans ses querelles internes, le PS a laissé la voie libre à d’autres adversaires.

Des adversaires absents

La stratégie politique de Sarkozy, et il ne s’en cache pas, a parfaitement fonctionné. Misant tout sur l’asphyxie de ses adversaires politiques, il a ouvert ses palais ministériels et ses sous-secrétariats à d’éventuels futurs adversaires politiques. C’est ainsi qu’il a étouffé bon nombre de perturbateurs potentiels : Bernard Kouchner, Fadela Amara, Hervé Morin… Beaucoup d’autres noms ont circulé : François Bayrou, Julien Dray, Chrstine Taubira… Si François Bayrou continue à donner son avis sur tout en tirant à boulet rouge sur « la cour » de notre nouveau président, les socialistes sont curieusement assez absents des traditionnels joutes oratoires entre majorité et opposition. Pire, ils sont inaudibles. On parle plus de leurs querelles internes que de leur point de vue sur le phénomène Royal. Le PS joue sa survie politique en cette phase de recomposition du champs politique français.

Une opposition de droite inattendue

Qui aurait pu croire que Dominique de Villepin serait le plus fervent opposant à Sarkozy Ier ? Jacques Chirac sans doute. Pas les Français. Une position trop politique. C’est pourtant cela qui s’est passé. En plein cauchemard judiciaire —l’ancien premier ministre est mis en examen dans le cadre de l’affaire Clearstream— Dominique de Villepin a dégainé son arme : une biographie de Napoléon Bonaparte. Une opération de double communication, littéraire et commerciale, on ne peut plus subtile. En parlant de la chute prévisible de Bonaparte le nain, Dominique de Villepin fait d’une pierre deux coups. Il tend des perches dorées aux journalistes qui le reçoivent dans sa tournée de promo et fait ainsi sa rentrée politique plus que littéraire (la rentrée judiciaire est pour plus tard). « Quand vous parlez de signes annonciateurs d’une terrible fin napoléonienne, vous pensez à Nicolas Sarkozy ? » tentent les journalistes. Villepin est tout sourire et là… il casse. De l’est à l’ouest, du nord au sud. Là voilà l’opposition à Sarkozy, elle vient de son propre camp. Les plus cyniques rappeleront les mots de Devedjian au début de l’été. L’ouverture était difficile à avaler, sauf « vers la droite ».

L’opposition des techniciens des dossiers

En ne misant que sur le politique, Nicolas Sarkozy a sous-estimé deux oppositions possibles. Celle de ceux qu’ils a étouffé au sein de son propre camps et celle des experts, des techniciens. Le milieu judiciaire doit faire l’objet d’une refonte. Son organisation est en passe d’être remodelée et ses principes sont bousculés. L’accent est mis sur les victimes plutôt que sur l’humanisme républicain qui voudrait qu’un coupable soit aussi un homme capable de changer. Si la majorité applaudit devant cette nouvelle fermeté —très rentable en terme électoral— les magistrats sont beaucoup moins convaincus. Traditionnellement positionnés plutôt à gauche, les syndicats de magistrats n’ont pas cessé de montrer au créneau contre les propositions de loi du Garde des Sceaux, Rachida Dati. Bruno Thouzellier, président du Syndicat de la magistrature, n’en finit pas de donner son terrible avis sur la loi sur la récidive, la décision de convocation d’un magistrat alors qu’il n’a pas appliqué la peine-plancher etc… Même schéma à propos des nouvelle orientations en matière d’immigration. À gauche, peu ou prou de réactions audibles. Par contre, du côté des associations, on se mobilise. RESF, par exemple, est au taquet.

Nicolas Sarkozy a le génie, le mot est utilisé à dessein, d’avoir su s’imposer dans une course à l’Elysée dont on sait combien elle est périlleuse. Il doit désormais gérer un pays, plus une candidature. Il avait réussi à étouffer Villepin, celui-ci renaît de ses cendres pour mieux l’attaquer. Et si le PS suivait le même chemin…


mardi 25 septembre 2007, par Anne Soetemondt - lecourant.info

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