Jean-Pierre Mignard répond à Lionel Jospin sur le voyage de Ségolène Royal en Chine

Publié le par webmaster

30 septembre 2007 | Jean-Pierre Mignard  

 

Dans son livre l’Impasse M. Lionel Jospin stigmatise << les propos de touriste >> de Ségolène Royal lors de son voyage en Chine, qui aurait vanté les mérites de la justice chinoise.

Accompagnant, en qualité d’avocat de nombreux étudiants poursuivis après les évènements de la place Tien An Men, Ségolène Royal lors de ce voyage, et sur sa demande, je me dois d’apporter les précisions suivantes puisque cette mise en cause concerne directement ou indirectement tous ceux qui faisaient partie de sa délégation.

Ségolène Royal a dès ses premiers pas à l’aéroport de Pékin demandé aux autorités chinoises à rencontrer des détenus ou condamnés, dont trois journalistes et deux avocats, dont un dit << aux pieds nus >>.

Elle m’a demandé, ainsi qu’à un parlementaire français de porter une lettre aux présidents de l’association des journalistes chinois et à l’association des avocats chinois pour les interroger sur le sort de ces professionnels dissidents réprimés. Nous avons accompli ensemble avec M. Bruno Le Roux député de Seine Saint Denis cette mission, en compagnie de M. Jean Luc Domenach, avec un relatif succès auprès de l’Association des journalistes et sans résultat apparent en direction de l’association des avocats.

Elle a remis copie de cette lettre à un représentant du comité central du PCC.

Plus tard elle a interrogé à maintes reprises le ministre du commerce extérieur en présence d’une nombreuse délégation sur l’avenir du Tibet et elle a protesté contre le refus du dialogue opposé au Dalai Lama.

Dans sa conférence de presse elle a notamment indiqué que si elle était élue Présidente de la République elle suspendrait la signature de la convention d’extradition franco chinoise à la ratification des instruments du Pacte relatif aux droits civils et politiques de 1966 de l’ONU par la Chine, ce que ce pays n’a toujours pas fait. Ceci en contradiction avec le choix du gouvernement français de l’époque. C’était évidemment cela l’information.

Ouvertement solidaire des démarches identiques effectuées par Mme Merkel, Ségolène Royal a fait informer les autorités allemandes de ce qu’elle avait entrepris durant ce voyage pour que dans l’avenir puissent se coordonner leurs démarches respectives.

La campagne lançée contre Ségolene Royal, suite à un de ses propos détaché de son contexte, l’a été, avec un talent consommé, par Mme Myriam Levy, journaliste au Figaro, devenue depuis membre du cabinet de M. François Fillon.

Voilà les faits et rien d’autre qui ressemble à une soumission quelconque de Mme Royal vis-à-vis de la justice chinoise.

Que 9 mois après M. Jospin se joigne à une contre information de nature aussi orientée et partiale, sans avoir même tenté d’en vérifier le bien fondé, est consternant. Qu’il puisse penser que les personnalités nombreuses qui accompagnaient Ségolène Royal, dont trois présidents de Région, auraient pu cautionner une quelconque complaisance vis-à-vis de l’arbitraire est tout simplement humiliant.

 
 
 
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