La suppression du samedi dans les écoles fait bloguer

Publié le par webmaster

Les annonces du ministre de l'Education Xavier Darcos sur la suppression des heures de cours du samedi dans les écoles ont été accueillies, sur Internet, avec un mélange d'intérêt et de scepticisme.

Les élèves, on le sait, perdront deux heures de cours par semaine, à l'exception de ceux (15% environ) qui ont besoin de soutien. Actuellement, une bonne partie des écoles étaient déjà au régime de la semaine des quatre jours, avec pour contrepartie un raccourcissement des vacances. Pour ces élèves, les vacances "normales" seront rétablies. Dans les collèges, enfin, les heures de cours du samedi seront transférées sur le mercredi dès la rentrée 2008.

Les syndicats reconnaissent qu'ils sont pris de court, à l'instar de Ensemble, un courant du Snuipp-FSU:

"Est-ce une réaction syndicale de ne trouver qu’à dire qu’on s’inquiète d’un allègement des programmes et qu’il faut une 'concertation avec les enseignants, les parents, des chercheurs, des spécialistes des programmes'?"

 

Dans la blogosphère, les uns s'inquiètent, comme Vincent Jarousseau, maire adjoint PS du XIVe arrondissement de Paris, chargé des affaires scolaires:

"Je fais le pari que le ministère se dirige vers l'instauration de la semaine de quatre jours, dont tous les experts, chronobiologistes, chronopsychologues et inspecteurs généraux de l’Education nationale, dénoncent le caractère néfaste pour les enfants.

"L'objectif du ministre est simple, baisser le nombre d’heures de classe annuelles pour mieux faire passer la pilule du non-remplacement en retraite d'un enseignant sur trois.

 

"Je n'ai à priori rien contre la suppression de l'école le samedi matin. Cependant, s'arrêter à cette décision est très réducteur. C'est faire une croix sur une réflexion globale indispensable à propos des rythmes scolaires et de l'enfant."

 

Les autres applaudissent: "Ne crions pas victoire, mais c'est de bonne augure" clamait jeudi le blog militant Samedi sans école:

"OUAH! Quelle bonne nouvelle. Chaque jour, je vois les cernes de mon fils s’allonger alors que nous n’en sommes qu’au tout début de l’année. Et ce samedi non libéré, il n’ira pas à l’école. c’est décidé.

 

"Que vont devenir ces samedi enfin libérés pour de bon? L’option la plus raisonnable, me semble-t-il, serait de racourcir les vacances.

"On ne sait jamais, dans la foulée de cette bonne décision (encore à venir) le ministre Xavier Darcos, va peut être s’attaquer à cette aberration des vacances à n’en plus finir.

 

Eh non, le ministre a finalement décidé de maintenir les "vacances-à-n'en-plus finir"... C'est du moins ce que son entourage a indiqué vendredi. D'où le débat qui ne va pas manquer de poindre: est-il de bonne politique, alors que l'on parle de baisse du niveau scolaire, de réduire le nombre d'heures de cours à l'école?

Le blog Desirrepublicain (pro-Ségolène Royal) persifle:

"Un rapport vient tout juste de dénoncer le niveau plus que faible des enfants à la sortie de l'école primaire, mais c'est pas si grave que ça et c'est bien connu c'est parce que 'Les enfants ont trop d'heures de cours'."

 

Le gouvernement explique, en réponse à cet argument, que la baisse du nombre d'heures ne concernera que 85% des élèves, ceux qui n'ont pas de difficulté. Et que les meilleurs systèmes scolaires du monde ne sont pas ceux qui empilent un grand nombre d' heures de cours. De plus, comme le souligne cet article de Libération, les petits Français resteraient soumis à un rythme plus que raisonnable:

"En primaire, ils ont plus de 900 heures obliga­toires par an, contre 740 en Suède et ­entre 530 et 650 en Finlande, deux pays souvent cités pour leur réussite sco­laire. A partir de la rentrée 2008, les petits Français n’en auront donc plus que 864, 'ce qui les place encore dans le ­peloton de tête européen'."

 

Question: est-ce qu'il ne faudrait pas aussi regarder les programmes suédois ou finlandais? Si on réduit simplement le nombre d'heures de cours, mais que les programmes ne changent pas, en quoi cela améliorera-t-il l'enseignement?

Sur son blog Chronique éducation, Philippe Watrelot se demande si tout cela ne cache pas une "entourloupe" pour les enseignants:

"Il faut bien préciser que ce sont les élèves qui sont concernés. Pour les enseignants du primaire, c’est plus compliqué. On peut même discerner une 'entourloupe': pour compenser les 3 heures perdues du samedi, on pourrait leur demander d’assurer les études et autres activités après la classe. Ce que certains font déjà mais de manière payante. Ce serait alors une baisse sensible de leur revenu. Derrière cette décision peut donc se cacher une économie faite sur le dos des enseignants."

 

L'anonyme blogueur de Desirrepublicain souhaite également plus de détails sur le financement des activités extra-scolaires envisagées par le gouvernement pour le samedi:

"L'organisation d'activités périscolaires serait aussi envisagée, comme l'a expliqué récemment Xavier Darcos, pour que les enfants ne soient pas livrés à eux-mêmes: 'On pourrait imaginer que les écoles restent ouvertes le samedi et qu'on puisse proposer en lien avec la ville des activités sportives et d'éveil.'"

 

Il résume sa critique d'une phrase: "On supprime quatre heures de cours payées par l'Etat et on transfère ces quatre heures aux villes!"


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