A l'UMP, les tribus d'opposants se multiplient

Publié le par webmaster

Quatre mois après l'élection présidentielle, les critiques pleuvent déjà au sein de l'UMP. Certains osent s'exprimer à voix haute, et d'autres n'en pensent pas moins...

 

 

Les débats ont été houleux à Strasbourg, le week-end dernier, aux journées parlementaires de l'UMP. Face à la grogne des députés contre la stratégie d'ouverture de Nicolas Sarkozy et contre la réforme des institutions, Jean-François Copé et Patrick Devedjian ont dû jouer les modérateurs. Un comble pour ces deux fidèles serviteurs du candidat de l'UMP remerciés à minima après la campagne présidentielle. Quand le premier doit se contenter de la présidence du groupe UMP et finir ses fins de mois grâce à ses revenus d'avocat d'affaires, l'autre, qui espérait au moins la présidence des Hauts-de-Seine, s'est vu gratifier de la charge de secrétaire général de l'UMP… Patrick Devedjian était même le premier à tacler l'ouverture au printemps dernier. Aujourd'hui, il se voit contraint de la défendre face à un Josselin de Rohan, sénateur du Morbihan, très remonté. En déclarant que « les courants d'air proviennent de ce qu'il y a trop d'ouverture », le sénateur vient grossir les rangs des mécontents, déjà forts de quelques frondeurs de la première heure, tels Arlette Gosskost, député du Haut-Rhin, ou Lionel Lucas, le député des Alpes-Maritimes.

Députés dépossédés
Après l'ouverture, la deuxième pomme de discorde est la réforme des institutions. Sur ce sujet aussi, les polémiques ont été vives, Josselin de Rohan étant cette fois épaulé par Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille. « Au fond, les parlementaires sont malheureux parce qu'ils se sentent délaissés par le pouvoir, analyse François Goulard, député UMP du Morbihan. On est dans un régime parlementaire mais le Premier ministre n'est qu'un « collaborateur » du Président. Or c'est François Fillon qui vient nous voir, pas Claude Guéant ! Les députés ont le sentiment, encore confus mais bien réel, que les choses se passent sans eux. » Selon ce libéral fidèle à Dominique de Villepin, « le malaise ne va faire que grossir. On n'en est qu'au début, la rentrée parlementaire n'a même pas encore eu lieu. » Et François Goulard ne fera surtout rien pour apaiser les foules…

UMPistes ancienne école
Car il fait partie d'une autre caste de frondeurs, plus ancienne, qui comprend villepinistes, chiraquiens, villepino-chiraquiens et autres gaullistes ou néo-gaullistes. Si le député de l'Essonne George Tron s'est fait plus discret après l'élection, et si Michèle Alliot-Marie est tenue à la réserve de par ses fonctions de ministre, on entend encore parmi ceux-ci Hervé Mariton, qui ne perd pas une occasion d'assaisonner l'actualité gouvernemental de ses critiques. Sur son blog, le député de la Drôme se met d'ailleursen scène dans un jeu de questions réponses-émaillé de petites piques sur le manque de rigueur budgétaire du gouvernement.

Economistes, anti-atlantistes, élus locaux...
Et dans le champ de la critique économique, il a quelques alliés au Nouveau Centre, comme le député Charles de Courson, et l'approbation rigoriste de certains UMP comme le sénateur Alain Lambert, ou encore, plus discrètement, le rapporteur du budget Gilles Carrez. Ajoutons enfin à la liste des rabats joie les anti-atlantistes farouches, tels le député des Yvelines Jacques Myard, et les élus locaux agacés par la réforme de la carte judiciaire. Pour un peu, on finirait presque par se demander si l'opposition ne pourrait pas à son tour proposer l'ouverture en direction… de la majorité!

 

 

Lundi 01 Octobre 2007 - 23:37

 

Anna Borrel- Marianne2.fr

 

 
 
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