Quand la ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi, Christine Lagarde, raconte n’importe quoi...

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La ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi, Christine Lagarde, s’est exprimée dans un entretien aux Echos mardi 2 octobre sur la fusion UNEDIC/ANPE en rapportant notamment une énormité qui laisse rêveur sur la connaissance du dossier par la ministre.

Rentrons de suite dans le vif du sujet, Mme la ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi, Christine Lagarde, a tenu les propos suivant dans un entretien aux Echos mardi 2 octobre relatif à la futur fusion de l’UNEDIC et de l’ANPE : "A terme, chaque agent [de la futur structure, auteur] aura en charge non plus une soixantaine de demandeurs d’emploi en moyenne comme aujourd’hui, mais la moitié, comme c’est le cas dans les pays européens performants".

Propos sidérants de Mme la ministre ! Dans le cadre du suivi mensuel des demandeurs d’emploi instauré il n’y a pas si longtemps (2005/2006), les conseillers à l’emploi ANPE en agence ont obligation de suivre par instruction de la direction générale de l’ANPE 130 demandeurs d’emploi "actifs" (pas de créateurs d’entreprise, pas de métiers particuliers comme les nourrices, les personnes en CDD/missions d’intérim/formations sont considérées bien qu’étant inscrites comme des demandeurs passifs et n’entrent pas en compte dans le calcul de charge pour le portefeuille d’un conseiller ANPE en agence).

Sachant que comme on est passé d’un suivi semestrielle, un RDV tous les 6 mois, à un contact (RDV voire appel téléphonique, réunion collective, atelier ou autres) tous les mois, a effectif constant, la charge réelle des conseillers à l’emploi ANPE est plutôt de 150 à 200, et même 250, demandeurs d’emploi à suivre...

Où Mme la ministre va-t-elle chercher que les conseillers de l’ANPE suivent 60 demandeurs d’emploi ? Eh bien dans une expérimentation de l’ANPE, mise en place dans quelques régions. Un dispositif particulier nommé Cap vers l’Entreprise (CVE) est testé, de petites équipes de conseillers à l’emploi accompagnent un portefeuille de 60 demandeurs vers l’emploi (pas de travail autour de la formation ni des contrats aidés ni de la création d’entreprise). Nous sommes bien là dans le cadre d’une expérimentation, qui ne concerne que quelques centaines de conseillers à l’emploi de l’ANPE et milliers de demandeurs d’emploi, soit un faible pourcentage de ces deux catégories de personnes.

Mme la ministre maîtrise d’évidence bien mal son dossier. Car passer à un suivi de 30 demandeurs d’emploi par conseiller de l’ANPE, et même en tenant compte de la fusion ANPE/UNEDIC, cela signifie un budget colossal à dégager pour embaucher des milliers, peut-être des dizaines de milliers de personnes. Et même en sous-traitant à des opérateurs privés, le budget devra être là. Et même avec ce dernier recourt, encore bien plus important, les conseillers ANPE ne coûtant pas très cher (un rapport réalisé par Jean Marimbert pour le gouvernement Raffarin a démontré que les conseillers de l’ANPE à travail égal était moins payé de 30 % que le personnel de l’UNEDIC ou des missions locales).

Ambitionner grâce à la fusion UNEDIC/ANPE un taux de chômage de 5 % en 2012 en maîtrisant si peu son dossier, cela ne peut que laisser sceptique... 

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