L'assurance-maladie veut réformer la prise en charge des patients atteints de maladies graves

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LEMONDE.FR | 24.06.08 | 09h15  •  Mis à jour le 24.06.08 | 12h28

Jeudi 26 juin, l'Union nationale des caisses d'assurance-maladie (Uncam) présentera lors de son conseil une feuille de route, publiée par Le Figaro, pour ramener son déficit de 4,1 milliards d'euros cette année, à 2,8 milliards d'euros en 2009. Pour ce faire, Frédéric van Roekeghem, directeur de l'Uncam, révèle aux Echos qu'il faudra "opérer un redressement de l'ordre de 3,2 milliards d'euros".

Dans un entretien accordé au quotidien d'information économique, il détaille les mesures proposées pour fournir un tel effort, avec en ligne de mire le retour à l'équilibre des comptes pour 2011. Parmi les nouveautés, et outre les recommandations classiques de baisse des prix des médicaments et de maîtrise des prescriptions, la réforme de la prise en charge des maladies graves devrait alimenter les débats.

"Nous devons faire face à la hausse tendancielle des dépenses liées à l'accroissement de la prévalence de pathologies lourdes et chroniques : actuellement, 40 % de la population concentre 90 % des remboursements", constate Frédéric van Roekeghem. Le directeur propose ainsi de se pencher sur les dispositifs des affections de longue durée (ALD). Actuellement, les 8 millions de bénéficiaires d'un dispositif ALD sont pris en charge à 100 % pour leurs soins. Or, selon Frédéric van Roekeghem, leur nombre augmente de 4 % par an, pour un coût qui progresse, lui, de 6 %.

LE DÉREMBOURSEMENT PARTIEL DE CERTAINS MÉDICAMENTS

L'Uncam propose ainsi de freiner cette hausse du nombre de bénéficiaires. "La réglementation prévoit que le dispositif est réservé aux maladies 'longues et coûteuses', ce qui n'est pas toujours le cas, notamment dans le domaine cardio-vasculaire", justifie le directeur de l'Uncam. Les cas d'hypertension artérielle ou certains types de diabète pourraient donc être exclus des nouveaux dispositifs. En décembre 2007, la Haute Autorité de santé avait déjà préconisé de retirer certaines pathologies de la liste des 32 ALD.

Pour éviter un mauvais accueil, l'Uncam prévoit que cette nouvelle disposition concernant les ALD ne s'applique pas rétroactivement, mais uniquement aux nouvelles demandes. Une autre mesure devrait cependant attirer l'attention : le déremboursement partiel de certains médicaments. Ceux à vignette bleue, actuellement remboursés à 100 % pour les bénéficiaires d'un dispositif ALD, ne le seraient plus qu'à 35 %. Une décision qui devrait permettre une économie de 250 millions d'euros.

Frédéric van Roekeghem explique que ce déremboursement pourra s'effectuer sans augmentation de charges pour les malades, le ticket modérateur étant transféré vers les organismes complémentaires. Encore faut-il que le patient souscrive à une telle assurance, ce qui n'est pas le cas de 8 % de la population française.

Le Monde.fr

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