Une petite brise d'ORTF sur la télé publique

Publié le par webmaster

Nicolas Sarkozy a annoncé une reprise en main spectaculaire de la télévision publique: c'est l'exécutif qui nommera son président.



Sarkozy caricaturé en De Gaulle (Jiho).

C'est la mesure la plus commentée par l'auditoire: alors que la "commission pour la nouvelle télévision publique" -dont le rapport de 77 pages peut être téléchargé- préconisait une nomination du PDG par le conseil d'administration (et non plus par le CSA), le Président s'est déclaré partisan d'un système "simple et robuste":

"Une nomination par l'exécutif (sur avis conforme du CSA en l'espèce) sous réserve qu'une majorité qualifiée de parlementaires n'y fasse pas obstacle."

En gros, un système conforme au projet de loi de réforme des institutions, et qui fera de France Télévisions un équivalent d'EDF. Un lien plus direct avec l'Etat-actionnaire, donc. Dans la cour de l'Elysée, le président du CSA, Michel Boyon, n'a pas répondu à la question "à quoi sert désormais le CSA?"

La question du financement n'est pas totalement tranchée

Autre annonce de Nicolas Sarkozy, la suppression de la publicité après vingt heures dès le 1er janvier 2009, et non au 1er septembre 2009 comme préconisé par la commission. Cette nouvelle s'accompagnerait d'un petit tour de magie budgétaire: Copé et consorts prévoyaient une compensation de 450 millions d'euros en 2009, mais à partir du 1er septembre, donc. Avec la nouvelle décision du Président, cette somme serait par conséquent étalée sur un an… Frédéric Lefèbvre, un député UMP proche de Nicolas Sarkozy et principal lobbyiste de l'audiovisuel privé à l'Assemblée, en est convaincu: "La compensation sera de 450 millions d'euros en 2009, c'est clair. Jusqu'ici, tout le monde racontait n'importe quoi."

Le président de la République n'a pas été très clair sur ce point. Un flou qui laisse redouter le pire, puisque la suppression totale de la publicité -prévue le 1er décembre 2011- coûterait 1,2 milliards d'euros, en incluant le budget nécessaire au remplissage des trois heures quotidiennes libérées. Selon un syndicaliste reçu par Nicolas Sarkozy avant son discours, la compensation s'élèverait à 800 millions d'euros par an en l'absence totale de publicité.

Par ailleurs, le Président a aussi annoncé que la taxe pour les fournisseurs d'accès Internet et opérateurs mobiles serait de 0,9% de leur chiffre d'affaires, et non plus 0,5%. La taxe sur les télévisions privées sera de 3%.

Les syndicalistes priés de quitter l'Elysée

Cette question du financement n'a donc pas totalement été tranchée. Ce qui semble inquiéter Patrick de Carolis. Visiblement très heureux du satisfecit décerné par Nicolas Sarkozy sur son "virage éditorial" -l'expression désigne principalement les pièces de théâtre et fictions littéraires-, il l'a laissé entendre à demi-mot, à la sortie du petit cocktail où seuls les plus célèbres journalistes étaient conviés:

"Sur le plan financier, nous allons maintenant travailler à un plan d'affaires [...] pour arriver à un équilibre financier, qui est absolument nécessaire."

Le président Sarkozy a aussi répété qu'"aucune chaîne ne sera privatisée".

Côté mondanités, il a plaisanté un moment avec son ami Michel Drucker et les producteurs Paul Amar et Serge Moati, juste après avoir claqué la bise à Arlette Chabot, la directrice de l'information de France 2.

Pendant ce temps, les membres de l'intersyndicale de l'audiovisuel public, qui avaient été reçus par Nicolas Sarkozy et Christine Albanel juste avant la remise du rapport, étaient poliment mais fermement reconduits à l'extérieur de l'Elysée. Pour éviter que leur voix ne vienne troubler la belle fête sarkozyenne? "Des policiers nous ont empêché de rejoindre la rue du Faubourg-Saint-Honoré, où nous attendaient des journalistes qui devaient nous interviewer", raconte l'un d'entre eux. Ils s'en émeuvent dans le communiqué qui relate leur rencontre avec le Président. Ils estiment que "le service public n'a pas plus de perspectives que le 8 janvier dernier".


A cette allure il ne faudra pas attendre 2012 pour avoir une France transformée en champ de décombres.

Comme le pré&cise un commentaire ci-dessous mis dans la journée je pense que l'on peut dire qu'on s'approche d'une certaine forme de dictature. Entendez-vous le gouvernement parler, une assemblée nationale et un sénat s'exprimer ?
Oh ! ils disent t peut-être quelques mots mais c'est bien timide et surtout avec le petit doigt sur la couture du pantalon ou de la robe.


 

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André 26/06/2008 18:04

N'est-ce pa cela qui s'appelle la dictature? On fait ce qu'on veut et le peuple doit fermer sa gueule de toute façon on est trop cons pour comprendre, un peu comme pour le traité européen. Nous sommes des taches pour ce gouvernement. Qui va en Israel avec 200 amis invités par le président, enfin, par nous. Comme disait Coluche c'est pas cher quend c'est nous qu'on paye. Trés bon article.