L’Etat guerrier, l’Etat financier... à quand l’Etat social ?

Publié le par webmaster

Dans les années 90, après la chute du Mur de Berlin, une représentation du monde dominait, l’idée que la globalisation, avec une puissance inouïe, balaye tout sur son passage, les Etats, les sociétés, qu’elle se joue des frontières et des Nations. Cette vision d’une planète soumise aux forces du tout économique a commencé à battre de l’aile avec les attentats du 11 septembre 2001.

Car l’entrée dans l’ère du terrorisme global a eu aussi pour effet de rendre possible, ou visible le retour politique des Etats et des Nations –du moins aux yeux de ceux qui les négligeaient ou en proclamaient le déclin inéluctable. Les Etats-Unis, avec des alliances dont la configuration s’est révélée à géométrie variable, sont entrés en guerre, contre le terrorisme, en Afghanistan, en Irak surtout, et de bons esprits ont commencé à évoquer la centralité de l’Etat ou la vitalité de la Nation, y compris pour affirmer l’existence d’un lien, et non d’une opposition, entre les progrès de la globalisation, et le dynamisme des Etats-nations. Par ailleurs, de nombreux pays sont engagés dans des opérations militaires, dont les fins déclarées sont civiles, voire humanitaires. En matière internationale, la politique, et en l’occurrence la géo-politique a repris ses droits.

Le retour de l'Etat dans l'économie

Puis sont venus les signes avant-coureurs de la crise financière actuelle, et cette crise elle-même. Avec une première conséquence, spectaculaire : le retour de l’Etat, là aussi, mais cette fois, dans ses dimensions économiques. Tout le monde le constate, l’Etat se présente comme le sauveur suprême, le seul recours capable, peut-être, d’enrayer les logiques de la catastrophe qui se profile. Le discours néo-libéral, de fait déjà bien affaibli depuis l’éclatement des premières « bulles » ou les scandales comme celui d’Enron, n’est plus seulement critiqué par l’altermondialisme, le gauchisme ou des pans entiers de la pensée de gauche (sauf quand elle se dit « libérale ») : il est rejeté de toutes parts.

Mais ce retour en grâce de l’Etat ne devrait être qu’une étape, la deuxième, financière, après la phase géo-politique, dans la grande mutation qui s’est ébauchée à partir du début de ce siècle. Car il laisse de côté une dimension fondamentale de la crise actuelle, qui est la quasi-disparition du social dans l’univers idéologique et politique du néo-libéralisme.

Pour lire la suite de cet édito de Michel Wievorka publié sur Rue89, cliquez là.

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