Fortes de 10 milliards, les bancaires se sont envolées

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Le Crédit Agricole, BNP Paribas et la Société Générale, qui vont recevoir 3, 2,55 et 1,7 milliards de l'Etat, ont signé les trois plus fortes hausses du CAC 40.

Les valeurs bancaires se sont envolées, mardi 21 octobre, après l'annonce la veille du versement par l'Etat, dès cette semaine et au plus tard d'ici la fin de l'année, de 10,5 milliards d'euros aux six plus grandes banques privées. Crédit Agricole s'est située en tête des hausses du CAC 40 (+15,74%), suivie de la Société Générale (+10,23%) et BNP (+7,47%), dans un marché en hausse de 0,78%.

Selon l'Etat, ces 10 milliards ont pour but de permettre à ces établissements de jouer "leur rôle majeur dans le financement de l'économie française", et non pas de les sauver de difficultés financières. Mardi, le président de la Banque de France, Christian Noyer, a insisté sur le fait que, ces banques étaient "solides et profitables".
Le versement se répartira comme suit: le Crédit Agricole recevra 3 milliards d'euros, BNP Paribas 2,55 milliards, la Société Générale 1,7 milliard, le Crédit Mutuel 1,2 milliard, les Caisses d'Epargne 1,1 milliard et les Banques Populaires 950 millions. Ces deux dernières banques ont annoncé qu'une partie de la somme pourrait servir à renforcer leur filiale commune Natixis.
Une nouvelle tranche du même montant pourrait être souscrite en 2009 si les tensions persistent. L'accord de principe est soumis à l'examen de la Commission européenne.

Migaud s'interroge sur les modalités

Cette aide de l'Etat ne se fera pas sous forme d'une entrée au capital, même si Bercy ne l'exclut pas en réaffirmant "l'engagement, d'une nature distincte, de l'Etat à investir le cas échéant en capital si un établissement venait à connaître des difficultés majeures".
Elle se fera donc par la souscription par la Société française de financement de l'économie (SFFE) de titres de dette subordonnée (une dette remboursée après celles aux autres créanciers), avec un taux d'intérêt supérieur d'environ 400 points de base au taux utilisé pour des prêts "sans risque".
Le président PS de la commission des Finances de l'Assemblée, Didier Migaud, s'est interrogé mardi sur ces modalités, qui privent l'Etat d'éventuels dividendes ou plus-values liés à la détention d'actions.

Les six banques s'engagent à développer le crédit

En contrepartie, les six banques sélectionnées se sont engagées à "développer le crédit aux ménages, aux professionnels, aux entreprises notamment PME et aux collectivités locales".
Elles ont aussi promis d'adopter "des règles éthiques en matière de rémunération des dirigeants", avec le plafonnement des indemnités de départ des dirigeants, l'abandon du cumul entre contrat de travail et mandat social et l'installation d'un comité des rémunérations. Toujours au niveau "éthique", Didier Migaud a réclamé que ces banques cessent toute activité dans les paradis fiscaux.
Par ailleurs, chacune des institutions promettra dans une convention signée avec l'Etat de "rechercher des solutions au cas par cas pour les personnes qui connaîtraient des difficultés liées à un crédit relais immobilier" et "faciliter le financement des PME" (petites et moyennes entreprises).

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