La leçon de Ségolène

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Par Claude ASKOLOVITCH
Le Journal du Dimanche

 A un peu plus de deux semaines du congrès du PS à Reims, Ségolène Royal - après une période de creux - a de nouveau le vent en poupe. Epaulée dans son combat par des quadras ambitieux, elle sillonne les fédérations pour emporter les votes des militants. Un an et demi après l'élection présidentielle, Ségolène Royal a changé, fait ses deuils, s'est adoucie, mais n'a rien perdu de sa combativité.

En un an et demi, Ségolène Royal a fait sa mue.
(Patrick Othoniel pour Le JDD)




C'était une féministe qui parlait au peuple, elle parcourait la France pour raconter l'économie aux prolétaires et leur dire de s'unir, et demain serait beau. Elle s'appelait Flora Tristan, une icône de la gauche, devenue héroïne de roman: contemporaine de Marx, femme de coeur moquée et morte à la tâche, martyre de la Révolution... Ségolène Royal ne sera pas martyre, même si elle en joue parfois, mais elle a désormais des accents de Flora. La voici racontant la crise aux enfants de France, investie d'une mission: expliquer leur malheur aux citoyens, victimes d'un chaos auquel ils ne comprennent rien. "On nous a embrouillés, on veut nous faire peur avec des mots compliqués. Mais ce qui arrive est très simple!" Et dans ses réunions, Ségolène raconte les traders irresponsables, les "sommes pharaoniques" qu'on offre pour sauver les banques, "l'argent des Français donné sans contrepartie", quand il suffirait "de prendre l'argent là où il est, chez Total, chez Areva, chez Elf"...

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