Les ambitions de Ségolène

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LE CONGRES DU PS

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 APRES LE VOTE des militants socialistes, il y a désormais clairement des gagnants et des perdants. Les perdants, c’est la coalition de l’ancienne équipe, que soutenait François Hollande en appuyant la motion de Bertrand Delanoë qui, dans Paris, n’a obtenu qu’un score décevant. Signe avant-coureur : même Lionel Jospin n'est pas allé voter. La surprise est venu de Ségolène Royal qui est arrivée en tête, Martine Aubry et le Maire de Paris étant touche-touche, l’autre surprise venant du score de Benoît Hamon dont les positions radicales ont été raffermies par l’étendue de la crise mondiale. Mais désormais, Ségolène Royal tient la main. C’est à elle de constituer une majorité, comme l’a méchamment rappelé François Hollande en rappelant que le problème "ce n'est pas l’ordre d'arrivée"…Car hier dans le camp de l’ancienne majorité, clairement désavoué, on faisait grise mine. Évidemment que Ségolène Royal va constituer une majorité. Une majorité ambitieuse. Comme l’a dit hier Jean-Louis Bianco "le PS a besoin d’une ligne claire et d’une majorité large. Les deux seraient très bien. On ne veut pas d’une majorité à 51%. Le PS est dans une situation d’étape historique. Si on réussit ce congrès, il y a une analogie avec celui d’Epinay".
Paradoxalement, Ségolène Royal qui s’était mis à dos les éléphants lors de la campagne présidentielle, en décidant de se mettre "au frigidaire" a été relativement peu attaquée par ses adversaires, ce qui peut faciliter d’éventuels rapprochements. On a donc commencé à prendre des contacts. Mais comme le disait encore Jean-Louis Bianco ces "discussions doivent se faire dans la clarté, devant les militants et les Français, pas dans une obscure nuit de congrès". Tout indique que Ségolène Royal n’entend pas poser sa candidature à la succession de François Hollande, mais plutôt y mettre l’un de ses partisans,
Vincent Peillon, talentueux, bon orateur, agrégé de philosophie, auteur d’un essai récent dans lequel il plaide pour que le renouvellement de la politique en France – et particulièrement la politique des socialistes – passe par un réinvestissement dans la philosophie et dans l’histoire. Mais Ségolène Royal n’entend pas abandonner ses objectifs qui, dans la dernière campagne, ont fait sa singularité : Rénover le PS, son mode de fonctionnement, avec une consultation fréquente des militants et l’adhésion à 20 euros, condition pour faire du PS un parti de masse. Une volonté de renouvellement que ce vote a confirmé. Aux yeux de l’ancienne candidate, "cela me donne une responsabilité. Je dépends des autres, mais les autres dépendent de moi".

Jean-Marcel Bouguereau
(le samedi 8 novembre)

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