"Il faut éviter les querelles de personnes"

Publié le par webmaster

08 novembre 2008 sur le blog de Vincent Peillon

Le_parisien Vincent Peillon a répondu aujourd’hui aux questions du quotidien Le Parisien.

"Le Parisien" : Le fait que votre motion soit en tête permet-il à Ségolène Royal de reparler de sa candidature au poste de premier secrétaire ?

Vincent Peillon : Depuis le début, nous disons que, pour donner de la force à ce congrès, il faut éviter les querelles de personnes. Ceux qui ont privilégié ces questions de chefferie n’ont pas été gagnants. Aujourd’hui, nous sommes très conscients, et Ségolène Royal la première, de notre responsabilité. Comme l’avait dit François Hollande, c’est autour de la motion arrivée en tête que doit s’opérer le rassemblement. C’est ce que nous faisons maintenant : rassembler tous ceux qui, dans le respect du vote des militants, veulent construire une majorité dont l’orientation, sur le fond, les pratiques et les équipes, sera le changement. La question de la personne qui doit conduire ce changement n’est pas un préalable, on n’a pas changé d’avis là-dessus.

Vous ne craignez pas qu’un front « tout sauf Ségolène » vous empêche de construire cette majorité ?

Je ne crois pas. Et ce n’est pas du tout l’état d’esprit des militants, même chez ceux qui n’ont pas voté pour notre motion. On va continuer sans paranoïa et sans prêter attention à quelques-uns qui peuvent être un peu dépités et bougons.

Vous pensez que cette motion a été choisie pour son équipe ou par rejet de la direction sortante ?

Notre score et celui de Benoît Hamon montrent que ceux qui ont porté en avant la volonté de renouvellement ont eu des résultats meilleurs que ceux qui ont donné l’impression de vouloir poursuivre de la même façon. Manifestement, la motion de Bertrand Delanoë, François Hollande, Lionel Jospin, Michel Rocard n’a pas incarné le renouveau que demandent les militants. On n’a aucune agressivité à l’égard de personne. L’essentiel maintenant, c’est que tout le monde se remette au travail et tire dans la même direction.

Le rassemblement que vous souhaitez peut-il se construire avant l’ouverture du congrès de Reims ?

Il le faut, c’est notre responsabilité vis-à-vis des socialistes, mais aussi de tous les Français. Ces jeux très compliqués qui sont les nôtres ne doivent pas durer trop longtemps, surtout quand le suffrage s’est exprimé.

Vous ne pensez pas que ceux qui vous reprochent d’évoquer des alliances avec le centre refuseront un rassemblement autour de vous ?

C’est une hypocrisie car nous sommes tous sur la même position. Michel Rocard, soutien de Bertrand Delanoë, avait demandé lors de la présidentielle l’alliance avec le MoDem dès le premier tour. Dans le même camp, Michel Destot a fait une alliance à Grenoble. Martine Aubry, elle, l’a faite au second tour à Lille. Même chez les proches de Benoît Hamon, certains ont fait une ouverture au centre aux municipales. Notre ligne est claire : on veut un grand PS, un parti de masse où viennent les jeunes, les classes populaires. Ensuite, nous voulons le rassemblement de la gauche et enfin, comme cela a toujours été fait, y compris par François Mitterrand, nous voulons rassembler sur nos valeurs et sur notre projet socialiste tous ceux qui veulent battre la droite. Cessons les comportements sectaires à l’intérieur du PS, à l’égard des partenaires de la gauche plurielle, à l’égard de l’extrême gauche, puis à l’égard des démocrates. Nous n’avons pas à distribuer des paires de claques à tout le monde à l’intérieur du PS, ni sur notre gauche, car les mêmes qui rejettent le centre critiquent violemment Besancenot, ni vers les démocrates.

Publié dans L'avenir du PS

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