Royal : "Ma force ? Mon contact particulier avec le peuple"

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Par Chloé Durand-Parenti (avec agence)

"Je symbolise le changement et même la rupture (...) J'incarne la légitimité que m'a donnée la campagne présidentielle (...) J'ai un contact particulier avec le peuple. Cela fait ma force et intrigue certains", estime Ségolène Royal © Marlene Awaad / MAXPPP

Quoi qu'il arrive, qu'elle soit élue ou qu'elle soit battue pour devenir premier secrétaire du Parti socialiste, Ségolène Royal ne quittera pas le PS. Elle l'a assuré mardi soir sur Canal+. "Oui ! Vous en doutez ? Ca fait 25 ans que je suis là (...) alors la légende selon laquelle je suis en marge du Parti socialiste...".

Pour elle, le congrès de Reims a été un "jeu de poker menteur". "En principe, le rassemblement se fait autour de la motion arrivée en tête. C'est la règle. Mais parce que c'était moi et une nouvelle génération, ils ont refusé de s'y plier. Ils ont fait de ce congrès une question de personnes", lâche-t-elle à l'adresse de ses adversaires, Martine Aubry et Benoît Hamon, dans un entretien publié dans Le Monde daté de jeudi. "Il s'agissait d'un congrès d'obstruction à la motion arrivée en tête", insiste-t-elle en allusion au scrutin du 6 novembre qui a placé sa motion en première position avec 29 % des voix . Pour mémoire, Bertrand Delanoë qui s'est retiré a recueilli 25,2 %, Martine Aubry 24,3 % et Benoît Hamon 18,5 %.

Interrogée sur l'hostilité vive de ses rivaux socialistes, Ségolène Royal avance trois explications. "D'abord, je symbolise le changement et même la rupture. Cela en dérange beaucoup alors que j'ai 25 ans de militantisme au sein du PS. Ensuite, j'incarne la légitimité que m'a donnée la campagne présidentielle. Enfin, j'ai un contact particulier avec le peuple. Cela fait ma force et intrigue certains", explique la présidente de la région Poitou-Charentes.

"Le vrai risque c'est l'immobilisme"

"Le PS est devant un choix crucial : se recroqueviller ou s'envoler, se refermer sur lui-même ou s'ouvrir au monde, s'étioler ou renaître en prenant le risque de créer un parti joyeux, métissé, créatif, constructif", assure l'ancienne candidate la présidentielle de 2007. Le PS a "l'obligation de changer. Aujourd'hui, le vrai risque c'est l'immobilisme. S'il y a là un deuxième vote (en ma faveur), je pense que nous aurons toute liberté d'action", dit-elle à propos de son équipe à qui elle entend laisser "de l'oxygène", avant d'ajouter à propos de ses challengers : "Nous irons les chercher."

Si elle est nommée premier secrétaire du PS, Ségolène Royal, qui projette de réformer les instances du parti, affirme en effet vouloir "constituer une équipe ouverte aux autres motions, y compris celle de Benoît Hamon". Et, sa première décision sera de contacter immédiatement les responsables socialistes européens, puisque la France a la présidence de l'UE, pour organiser "un forum global avec les PS européens, le mouvement syndical et les ONG".

Publié dans L'avenir du PS

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