Les royalistes occupent l'aéroport de Bangkok

Publié le par DA Créteil, etc...

Mardi 2 décembre 2008,

par Najat Vallaud-Belkacem.

 

En entendant cette annonce mercredi matin à la radio au lendemain du Conseil national qui a entériné l'élection de Martine Aubry au poste de secrétaire générale et après ces jours de grande confusion et de doutes pas vraiment levés, je n'ai pas pu m'empêcher de sourire, mais aussi de me demander si nous étions allé assez loin dans notre contestation des résultats du scrutin. Beaucoup d'entre vous m'ont d'ailleurs interpellé sur ce sujet.


Je comprends et je partage la déception et même la tristesse de beaucoup, mais je crois aussi à la nécessité du rassemblement, ce rassemblement que quelques caciques ont refusé à Ségolène Royal, c'est a elle, forte du soutien de 50% des militants, qu'on le réclame aujourd'hui. Et c'est en responsabilité et sans renoncement aucun que Ségolène ouvre aujourd'hui la porte à l'unité et à la rénovation. Personne ne peut aujourd'hui contester sérieusement que la rénovation et l'espoir sont du côté de Ségolène Royal, il n'est qu'à lire les commentaires des analystes politiques pour en prendre la mesure. Le ton a changé, c'est heureux, mais il était temps !


Je crois aussi que ce n'est l'intérêt ni des socialistes, ni moins encore des Français, dans la situation troublée que nous traversons, que de laisser la droite et singulièrement Nicolas Sarkozy dans son exercice solitaire du pouvoir, un pouvoir hors de tout contrôle dès lors que l'opposition est muette, divisée, trop préoccupée en querelles intestines pour se préoccuper des vrais sujets. Il n'est qu'à voir l'indifférence quasi générale dans laquelle le gouvernement fait passer cette loi scélérate, sans équivalent dans les pays démocratiques, sur l'audiovisuel public au point que le parti socialiste en a repoussé la proposition faite par le modem de déposer une motion de censure. Peu de réaction également pour dénoncer le recul de l’âge de la retraite ou les conditions de mise en œuvre du travail le dimanche, ni même pour commenter la politique économique du gouvernement. Une politique de relance sans aucun doute nécessaire, mais une politique de l'offre qui ignore le pouvoir d'achat des Français et la relance de la demande. Une politique économique « courtermiste » de grands travaux destinés à contenir la chute des industries de main d'œuvre mais qui n'investit pas dans la recherche et l'innovation, c'est à dire dans l'avenir. Une politique qui réaffirme le rôle de l'Etat interventionniste mais refoule le rôle de l'Etat protecteur, en mettant à mal la solidarité nationale, en sapant notre modèle social, en poursuivant la dérégulation du marché du travail et en inscrivant durablement dans notre paysage la figure du travailleur pauvre que l'on croyait appartenir au modèle anglo-saxon...


Alors oui, nous avons besoin d'une gauche solide, d'une gauche de combat et d'un parti socialiste qui en soit le bras armé, un PS ouvert, moderne et fier de lui-même. Un parti de masse qui attire à lui de nouveaux talents, de nouveaux enthousiasmes, de nouvelles forces.

Ce parti socialiste a aussi plus que jamais besoin de Ségolène Royal et de ceux qui comme moi lui font confiance. Soyons fort dans une union exigeante des socialistes. Celle-là seule nous permettra de nous remettre enfin au travail.


Au travail !

 

 

 

Source et suite sur : Le Blog de Najat Vallaud-Belkacem

Publié dans L'avenir du PS

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